‹ Les continuateurs de LoretChapitre 46 sur 217 · X. SEMAINE · texte numérisé non relu

X. SEMAINE

Du Jeudjr vingt-neufviéme Juillet 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Je ne sçais pas à quoy s'amuse Le Souverain des Piéhontois ; Sa charmante Espoiue l'accuse De l'avoir cajolée une seconde fois , ) Et , dit-on , la Cajolerie

Dans neuf mois doit paroisire en vie.

Comptons pour deux , Dauphin cuabunt ; C'est s'en aquiter galamment.

Si Dieu luy donne longue vie , 10 Sa race sera bien fournie.

Il fout bien des Sceptres aussi A qui veut travailler ainsi , Et c'est une terrible af&iire.

Toutesfois , MoNSEioNEnR , il n'en sçauroit trop faire ; ■} Et , de l'air qu'aujourd'huy, je voy qu'il tient son rang ,

On ne peut trop avoir de Princes de son Sang.

A son retour de nostre France , Cakocqo fut &it par ce grand Souverain Le premier Président du Sénat de Thorin , * Qui le receut pour Chef avec magnificence.

Ce ne rut pas pour recompense De l'ambassade qu'il nous fit , Car, long-temps devant qu'il nous vit , II meritoit déjà ce degré d'importance.

t L'estime que, dans nostre Cour,

Nostre Monabque en fit paroîstre Acheva seulement , prés du Prince son Maistre , De l'en foire estimer tres-digne à son retour.

Ah I pRiHCB , qu'on me vient de dire

I BC piriM dmpitmimt IX. Sctntine. 1 ij-i6 À Mul «la'iraportc? il «c>it *on il

A MuiMi RoTALLi I'mcuw. I Et n'cit pn an Prikcb ordiiuiT

^'Bif El n er ban jeu continue | j(nui<,<uin<l un Hlios comme tuy tient

^ *■>( M, Dieo-merqr, pour [ongtmpi loufteDut. | La Couronne ne minque i toui oeui de k

i5i. — Du 29. Juillet 1666 (Sdbugkt).

Une nouvelle qui fait rire

Les ennemis de nos Estats I

Apres qu'en cent fameux combats Le grand CoirrE d'Harcoort a conseiVé sa vie , Le grand Comte d'Hascourt est mort d'ApPOïLKxiB.

La mort, qui ne l'estonna pas Et qui devant ses yeux n'osoit jamais paroistre Que quand elle partoit de grands cous de son bras ,

N'osa le prendre aussi qu'en traistre.

C'estoit 1 inévitable sort De celuy qui cent fois a &ît trembler la terre , Et qu'on reconnoissolt pour un Foudre de guerre ,

De &ire encor peur à la Mort.

Laissons en parler nos Histoires ,

Et disons de luy seulement

Qu'il va porter au Jugement

Moins de péchez que de Victoires.

On dit aussi que Bucarai

En mesme jour passa le pas.

Peut-estre que je voua estonne

De vous dire ainsi qu'il est mort ?

Mais je vous avertis d'abon

Que je n'arme à tuer personne Et que rien ne m oblige à te faire mourir , Si la âevre en son lict ne l'a pas fait périr.

Vous, que chaque jour l'on révère

Et que l'on va voir chaque jour Apres qu'on a paru chea le Rot Vostre Père , Vous pourrez voir s'il manque à vous faire sa Cour.

Mais , s'il est mort de fièvre chaude ,

Comme m'a dit un Raisonneur , La Mort , qui l'a surpris ailleurs qu'au lit d'honneur ,

N'est, sur ma foy, qu'une Maraude.

Si , comme je le croy, vous estes curieux De açavoir ce que fait le Cohte de Vivonne ,

11 fait le Diable k quatre & donne

Sur tout ce qui s'offre à ses yeux.

Encore , depuis peu , sa raleur fortunée Trouva , fort à propos , quatre Vaisseaux Anglois

Dans la Mer Me<utcrranée, Qu'A la faveur d'un calme il prit tous b la (ois. Avec un peu de temps , nous en apprendrons d'autres , Car, de toute façon , personne, chez autruy.

Quand on a guerre avec les Nôtres , Ne cueille des Lauriers plus grassement que luy.

J'apprens une galanterie

a ne l'i prû qu'en lr*i>trc. I 7; giUntrie.

it d'un Foudre-dc-guerrc. |

nni„o,n,GoOglt'

■og i5t. — Du 29. Juillet 1666 (SoBuoirr].

Qu'a fûte Moimiint de MtmnïR ,

Qui mérite qu'on la publie ,

Et que je -ny Tcms raconter.

Cet ËVESQDE , durant ses guerres , b Avoit pris , dans quelques combats

Qui s'estotent donnez sur ses terres

Quelques Officiers des Estats ,

Et , comme , par faveur très-grande .

Il eut dit à l'un d'eux , dont Brasser est le nom , <s Qu'il pouvoit choisir sa prison

Et qu'en riant ce Chef eut choisi la Hollande ,

Il le renvoya sans rançon , A, la charge pourtant qu'après quelques semaines

11 viendroit reprendre ses chaines.

90 Pendant ce temps , on fit la Paii ;

Mais , quoy que l'on cessast d'ensanglanter la Terre , Les contraires partis n'estans pas satisfaits , On j retint encor les prisonmers de guerre. Ainsi dY retourner Brasser (ut obligé , V Suivant qu'il s'estoit engag^t

Il le fit , & sa Destinée , Luy faisant rencontrer ce PamcE en son chemin , Pour prix d'avoir tenu sa parole donnée , 11 en revînt encor les presens i la main. "•> Cet e^et n'est pas ordinaire ,

Et , lorsque ce Prélat dans son Camp se trouvoit , On avoit bien raison de dire qu'il sçavoit

Autre chose que son Bréviaire.

Naples ne se peignit pas mal 1°) Quand il prit autrefois un cheval pour ses Armes :

Il est en effet , un Cheval Pour qui le ^ein n'a point de charmea , Car ses peuples à tous momens , Y font de nouveaux remuemens.

"" Mais d'où peut en venir la faute?

Est-ce que l'on luy tient la bride un peu trop haute? L'Espagnol est pourtant assez bon Escuyer

Et ne sçait pas mal son mestier.

Ah I pRWCK , si Loois en faisoit le manège , "I Loin d'en porter la chorae avecque de 1 ennuv,

Ce grand Cheval , tout fier d'un si beau Privilège , M'iroit qu'à courbettes lous luf .

Par Lettre de I'Abb^-des-Roches , J'apprens qu'ayant sceu les approches '" De Chaulnbs , nostrs Ambasbasedr ,

Le Cardinal Antoine , avec un Equipage

"*' ^ Awit dasi de petit» combiti 1 88-89 -^ ^* jilimment pour (il Kmiatt'

H M prfaiMinler, deuni ui terrai . Loj pennît A'j porter tt clwîaM.

''■IwditiBMMMdechoifirwpriwn. | f6Â nuiiu DeMJnéc.

i5i. — Du ig. Juillet 1666 (Subuont).

Fort convenable il sa grandeur.

Fut bien loin au devant de ce giand Personnage ; Qu'en suitte ce Duc fut conduit , Avec grande pompe & grand bruit ,

Dans un Palais plus beau que n'estoîent ceux d'AKHiDE .

Où les RoMims , sçachant t^ue nos braves François

Se faisoîent depuis peu servir en Puuiudk .

Luy firent un festin digne des plus grands Roys.

De l'Anolbtbbiib l'on me mande Que la disette de Soldats S'y rencontre par tout si grande Que , pour combattre les Estats , Les Commissaires des Lbv^ss Furent contraints , dans une nuit , D'aller prendre jusques au lit Deux milles personnes privées.

Vous pouvez juger, Monseicneuk, Si cela fit de la Rumeur 1 ' ïlxa femmes en sont enragées , Et , se tenant fort outrc^ées Qu'on leur ait osté des Maris , La pluspart nouveaux & chéris , Jurent > en jeunes Mariées , De laisser de leur rage à Londres des témoins , Si l'on ne les rend , tout au moins , Encore pour quelques nuitées.

J« ne dis pas qu'un beau matin Elles ne fassent ce desordre Et qu'eUes ne donnent enfin Aux Anqlois du 61 à retordre.

Mais , pour éviter leur courroux , Si les MiLosDs m'en voulotent croire .

On les embarqueroit avecque leurs Espoux, Et cela c&useroit peut-estre leur victoire. L'interest que chacune auroit De conserver celuy qu'elle aîme , Les mettant en fureur extrême , Sans doute les seconderait.

Aussi bien , au siècle où nous sommes , On éprouve assez chaque jour Qu'en des combats &ts par amour Une femme tueroit dix hommes.

Un vaisseau Sviooia , chargé de plusieurs Mats

Pour le service d'ANOLETERRE , Tombant entre les mains des Troupes ses Estats ,

Crût estre pris de bonne guerre ;

160-16) A Et l'on tfut qu'*u liielc où nom te Lsn que It cour nt animi frai

i5i. — Du 39. Juillet t666 (Subuonv).

Mais le généreux di Rditer , Qui crût que , pour venir contre la HoLLàMDOisE ,

Ce grand secours pourrait haster

Le aépart de la Flotte Anoiaise ,

Bien loin de l'avoir arresté , Traita son Capitaine avec magnificence

Et luy donna la liberté

D'aller à Londre en diligence ;

Je ce sça; si les Hoix&hdois

Qui demeurent dans les Provinces Ont Eceu qu'il a beu mesme'à U santé des Pbinces

Et des Aniiuin des Amglois.

U dit encore au Capitaine

D'assuier ses fiers Ennemis

Que , quand ils voudroient qu'en Mer pleine

Le passage leur fiit permis ,

Loin de boucher leur avenue ,

11 reculerait à leur veue ,

Et, qu'afin qu'on ne doutflt point Qu'il n'attendit leur Flotib avec ardeur extrême ,

Pour la reparer de tout point ,

Il leur redonnoit ces Masts mesme.

Je ne sçay si RurrZR est cenain de courir

A quelque inctoire nouvelle ;

Mais , Prince , je puisse mourir

Si la bravoure n'en est belle I

Lt vent , s'opposant au dessein Qu'avoient les Holiandois de mettre pied à terre ,

Sauve un beau coup à l'Angleterre ,

Qu'elle alloit avoir dans le sein.

Cela confirme ma pensée

De croire que , doresnavant ,

Depuis la bataille passée , Le bon-beur des Anglois ne sera que du vent.

Je vous dis l'autre fois , je pense , Que l'on crayoit qu'on se baât ; Mais , quoy qu'un pescheur en ait dît , Je n'y voy pas trop d'asseurance.

Peut-estre ignorez-vous que je fus au Sermon Que MoKsiEDR Tallsmant nt de la pénitence ?

Envoyez dire en vostre nom ,

De grâce , qu'on le recommence.

Vous n'avez entendu jamais rien de charmant

Comme ce Monsieuk Taixmant.

I1SB-1S9 A Pour 1* prrpirer de tout point , II Itiir donnoit In Miti de cca Suiaors mnii 19J A Li bnvonre m'en lemUc bdl*.

i5i, — Du 29. Juillet 1666 (Sobuoht).

C'est la première ibif qu'il entre daiu la chijn ;

Mais CoRMXiLLK , qui l'entendit

Ih-escher en homme extr'ordinaire , Dit pour luy les deux Vers que son Cm avoit dit : Qd'a deox fois ses pareils nk n font pas connoistke Et pour lbubs coups d'essay vedixnt des coups de Maistke.

Il n'employa , dans son discours ,

Qu'amour tout pur & pures fiâmes , Et je ne doute pas qu'il n'ait gasné plus d'ames Qu'il n'eut fait , sans prescher, Te reste de ses jours.

Il faut aussi que l'on confesse Qu'a voir ainsi parler contre la vaniti

Un jeune homme de qualité , Qu'à le voir déplorer, avec tant de tendresse , Ce que le monde à Dieu fait d'infidélité ,

C'est , MoNSEiaNEOK , un bien doux charme

Et qui puissamment nous desarme.

Mais je n'ay pas dessein de vous faire un Sermon Pour dire que luy-mesme en fit un au Calvaiks ,

Devant la Divine Allbnçok ,

Qui , comme moy, ne s'en peut taire.

Je dis seulement , pour finir, Que , si la MAaDELAiNs , en son discours bien peinte ,

Pouvoit plus grande devenir , Il l'eut faite sans doute une plus grande Sainte.

Au reste , &ites-moy donner mon passe-port :

En dépit de toute la guerre ,

Quelque curieux d'ANGLETEsax Veut que j'aille chez luy publier vostre sort.

N'en appréhendez pas d'intrigue ,

D'intelligence , ny de ligue ; Je vay, tous les Jecdys , chez tous les Potentats

Qui sont voisins de nos Estats ,

Où , tranchant fort de l'entendue ,

Je dis à Messieurs leurs Agens

Que c'est de la peine perdue Que de chercheren France & séduire des gens ,

Et que, les secrets d'importance N'estant sceus que du Rov seulement, aujourd'huy.

Pour y former intelligence ,

11 faut que ce soit avec luy.

(A L* MuK de Ccrar 1666 (vojr. tante I , col. 909) , pp. 7;-Bo. B La Mu«e Dfuphinc 1667 — 8]-9l-

C L« Miue Draphine iMS — 83-91 ■>

.yGOQl^lC

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

\fM LA CRAVETTE h MAYOLAS.] Da I. Aoust 1666.

PttiNCXssE , voîcy, sans mentir.

Un PrfMnt propre à diTcrtir, Et tout ce que )e puis atendré Ou de mes Vers jamais prétendre, [ Je le donnerois , peu s'en faut.

Pour la moitié de ce qu'il vaut.

La manificence G^noize , A l'exemple de la Françoise , Paraît en cet Ambassadeur

10 QncGâNBenvoyeauGrand^igneur, Vêtu de la même manière Que rétoit sa Nation lîëre , Lors qu'elle eut , jadis cy-devant .

Conquis grand Pays au Levant ,

ij C'est-à-dire, ayant une Veste, Pour le métré en un état leste , De veloux rouge cramoizy.

Sans oublier eocor cecy.

Qu'elle est double de zibeline ,

M Et d'bennioe trés-blanche & fine.

Pour abréger ce discours-cy.

En TunjQÎe il porte cecy :

Deux miroirs de cristal de roche , Non de, petits miroirs de poche ,

>3 Mais en grandeur très-singuliers , Garnis de deux beaux chandeliers, Afec mcoK divers Lustres Qw sont pourvus de mêmes lustres; Un fauteuil d'argent figuré ,

)o Argenté , cîieU , doré ,

Ob pourra s'asseoir Sa Hautesse En y métant quelque molesse , Acompagné d'u pié d'estal , Compozé de même métal ;

)$ Une argentine cassolette Pour essence de violette , D'eau d'ange , de n«^ & jasmin ,

19 doubla — Cf. tr. fS.

De semblable travail enfin ; De corail rouge une écritoire ,

40 Où l'or, l'argent , au Ueu d'yvoire , Luy servent d'un beau paremant Rénaussant son éclat charmant; Deux grandes corbeilles encore , Pour y métré les fieurs de Flore

45 Ou de Pomone le cher &uit , Et l'argent en icelles luit :

QuanUté de montres brillantes.

Soit muStes ou bien sonantes , Avec des lettres & quadrans

50 A la mode des Otomans :

Une table d'or octogone Qui çeut servir d'un petit trône , A qui l'on en ajoute six , Et chacun a son beau châssis ;

j; Seize caisses de confitures.

Qu'on doit métré en déconfitures (Et lesdites caisses encor Sont doubles d'une toile d'or] ; Six toilétes .fort estimées ,

60 Excélemment bien parfumées (Et l'étofe est d'un beau brocart Où l'or reluit de part en part) , Avec brosses, peignes, pincette, Cure-<iens , poudre de civette ;

65 De corail pluzieurs bracelets ,

Garnis d'or, qui ne sont point laids.

Pour lier les bras des piicelles Et , peut-être , les cœurs des beUea ; Une cave pareillement.

70 Et très-grande infailliblement . ' Faite d'écaiUe de tortue , Des plus beUes que l'on ayt vue.

Chaude en Hyvcr, froide en Eté .

Suivant ce que l'on m'a conté ;

73 D'un fort cns^ douze bouteilles , Non pleines du vin de nos treilles , Mais de quelques eaux de seoteiir

iS2. — Du 1. Aoust 1666 (Màtolas].

Et de la plus suave odeur ; Des careaux environ quarante ,

SoCouvers d'une êtofe luizante.

Le brocard d'or et de velous , Et le broderie est sur tous ; Au surplus, quantité de vestes Illec seront trés-manifestes ;

S; Six-vingts pièces de tafetas , Brocard , satin , tabis , damas :

VoiU , franchement , ce que porte Cet Ambassadeur à la Porte , Pour régaler de ces prézans

90 Le Ghand-Tdrc & ses Courtizans.

Ce fameux Général d'ArmSe , Ce Prince , dont la renommée D'un bout du monde & l'autre court.

En un mot , le Comte d'HARCoonT , 95 De qui l'invincible vaillance Et la merveilleuse prudance Ont fait d'admirables Exploits Pour le service de nos Rois , De Caron a passé la Barque

100 Et payé son droit à la Parque ; Mais , allant aux Cieux tout de bon, Mars n'est plus-là sans compagnon.

Son Epouze est inconsolable , Sa douleur est inexpliquable ;

10$ La raizon , le deuil & l'amour Combatcnt son cœur nuit & jour.

Les qualhez de ce grand Prince, En qui l'on ne vit rien de mince , Font que nôtre Cour le plaint fort

1 10 £t l'aime encor après sa mort.

Elle seroit moins tolérable.

Si d'AsMAGNAC le Comte aimable , Que la France estime aujourd'huy, Ne le faizoir revivre en luy

iisPar sa clémence et son courage (Il nous montre sa vive image Et toutes ses perfections Par ses charmantes actions) ; Si le chevalier de Loraine,

130 Qui semble à ce grand Capitaine, Ne nous faîzoit voir, par son bras , Qu'il va renaître sous ses pas.

Ces Enfens , dignes d'un tel Père , Que j'estime et que je révère ,

1 15 Dans l'excez d'un si grand mal-heuj, Flatent un jpeu nôtre douleur.

Ces Héros & grands Personn^es , Qui sont aussi vaiUans que sages .

Devroient fitre exempts de mourir ;

ijoMeis ma Muze a beau discourir,

La mon étant universelle ,

C'est en vain qu'on peste contre elle.

Leurs Majestez firent l'honneur

De viziter, dans sa douleur, I3J La Veuve , très-grande Princesse ,

D'Arkagnac le Comte & Comtesse ,

Ainsi que le charmant Dadftn ,

Sur le sujet de leur chagrin ;

Et toute' la Cour, qui les aime, 140 Sur ce sujet en fait de même.

Le trionfant Duc de Beaii»obt,

Pour le Roy s'intèressant fort ,

Jaloux de l'honneur de la France ,

Dont on a bonne expériance , i45Ayan( sceu que quelque Espagnol

Auprès de luy prenoit le vol ,

Avec une petite Flote ,

Qui sur la Mer ou cingle ou trote ,

Sans avoir mis pavillon bas 130 Ou salué ses bons Soldats ,

Il fit scavoir au Capitaine

Qu'il lalloit qu'il prit cette peine ,

Si cela ne l'incommodoit , .

Ou sinon qu'il l'ataqueroit I j j Et , par force , luy feroit faire

La saluade nécessaire.

Due k nôtre Roy Trés-Chrétien :

L'Espagnol le ât , & fit bien.

Du Roy Portugais le cher Frère , I''^;

160 Prince trés-brave & débonnaire , »M" Qui ne craint le feu ny le fer, A douze milles de la Mer, Alla prendre l'Auguste Reine , Du Portugal la Souveraine , l^

165 Et , de la part de son Epoux , ituc

Luy fit des complimens bien doux. ^sTi Cette Princesse belle & bonne Par luy fut conduite à Lisbonne , Et puis entra dans le Palais ,

170 Plus paré qu'il ne fut jamais.

Le Roy, rempli d'împatiance , Et d'amour & de vigilance , Pour l'acueillir fit plusieurs pas Et fut charmé de ses apas ;

175 II luy dît (si l'on ne me trompe] , Au milieu de toute sa pompe , Qu'il s'estimoit beaucoup heureux De voir l'Objet de ses beaux feux ;

IJ9 Portugal.

i5a. — Du 1. Aoust 1666 {Matouis].

Qu'jl métoit son Sceptre & Couronne

tSo Entre les mains de sa Personne , Et que sa beauté valloit mieux Que son Royaume glorieux ; A quoy cet esprit angélique Ne demeura pas sans réplique ,

iijEt, luy parlant modestement , Galamment & sincèrement , Son discours augmenta la ââme Que son ceil jétoit dans son ame.

Je n'en dis plus... Ac^tsea;

190 Pensez-en ce qu'il vous plaira.

Pendant trois entières journées , Matinées , aprés-dlnées , Le soir ainsi que le matin , Ballet , Comédie & Festin ,

19J Carozel , chasse & promenade , Et Feu de joye & Mascarade , Courses de taureaux mémement , Regnoieat universellement.

Le renommé Prince Maorice ,

«Qui sçait bien régir sa milice , A fait prézent de deux Canons Au plus trionfant des Boukboks, Qui tirent avec certitude , Avec si grande promptitude .

Mj Que pistolets ny mousquetons A tirer ne sont pas si prompts.

Sans rien feindre ny rien rabatre / Us tirent six coups contre quatre.

Ces jours passez , le Roy charmant

110 En eut le divertissemant.

On les charge par ta culasse , Et poudre & baies on y place , Puis, on les ferme avec des coins , Avec de grands ou petits soins.

115 De 1& l'on voit comme on s'empresse A plaire au Prince de Lutéce.

Mj Dix Pages encor à cheval , Ce qui ne leur séoit pas mal ; De Vatets-de-pié prés de seize , Qui ^izoit un par dessus treize ; Et deux Trompétes mémement,

330 Qui sonnoient admirablement.

De la part de nôtre Monarque , Beaucoup plus sage que Plutarque, Le preux Maréchal de Grancet, Pour qui beaucoup d'estime j'ay,

3)5 Et l'Introducteur de Berlizb Allèrent , sans nulle remize , Le trouver jusqu'à la Forêt (Ce qui , sans doute , bien luy plaît} Dans un carosse magnifique

340 De nôtre Louis Héroïque ,

Et ceux des plus Grands de la Cour Y roulèrent tous en ce jour.

Pluzieurs Gens le complimentèrent Et de leur part l'acompagnérent

i4;Jus(^ues dedans l'Hôtel d'Albret, Qu'il trouva fort riche , fort net.

Il receut, dans ce domicile.

De beaux complimens Sle-ft-Sle :

Le Duc de Créqcy, pour le Roy,

3)o Luy parla fort-bien , sur ma-foy ; Pour nôtre aimable & belle Reine , Qui de vertus a l'ame pleine , Il fut bien harangué d'abord Par le Marquis de Haotefort;

};5 Pour Monsieur, Prince quej'honore, Le Comte du Plsssis encore Le salua bien comme il bat , Et le Marquis de CLiRAXBAur, Pour Madame, toute admirable,

360 Porta la parole agréable ; ,

Pour le grand Pnnce de Cond£ , Qui de son Fils est secondé , Le Comte de GurrAUo , qu'il ayme , Luy &t civilité de même ,

i6j Et le Comte de Lanobxon .

Pour le Ddc parla tout-de-bon.

'' M L'Ambassadeur des Polonois Vers le Monarque des François , Arivè dans nôtre Contrée .

imDîx joars après fit son Entrée Dans le divertissant Château Du superbe Fontainebleau.

Il avoit ringt-deux Gendls-faommes Et trois chu^ portoient tous ces

. [Hommes;

A Ptrii, Oui Ck. Ckenaylt , Imp. ât Ub., A*x Arma du Raj , if S. U. Eli Lyv, CJu^M. Mathmet , i S. TlumM iTAcquùi.

(Bibliolh. de M. le biron Jimci 6t Rotluchnd. — Cet ncmpliîrc porte la dite du 4 ■oat; noui «von» rtUblî U dite que dénient porter Ira ciemplilre* deatin^i i Ctre . nudua ■ Pirii.)

Prdicbssb , j'achève & je coupe , Cai' il est bien temps que je soupe.

Ecrit le dernier de Juillet, 17a Dans un fauteuil assez douillet.

'iu*4lU, Auf Priv.

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pa* Ch'ailo ROBINBT.]

Du I. Aoust 1666.

C'est à ma Lettre Hebdomadaire , Que je puis nommer Circulaire , Puis quelle court en tant de Lieux; C'est à cette heureuse Missive , Dont on ayme la Narrative , Qu'il faut, en ce moment > m'appÛquer de mon mieux.

Sa Royale Altesse Madame , Du grand Damier première Dame , L'attend comme un juste Tribut , Et, sous son Nom , son Nom illustre , Toute éclatante d'un beau lustre , Elle passe par tout , sans craindre aucun rebut.

Mais, pour conserver des Au^ces Si glorieux & si propices , Muse , en Attrais croissez toujours.

Et , montrant des grâces nouvelles Dans le Rédt de vos Nouvelles , De tous les beaux Espris devenez les Amours.

I IHmanche, cette Altbssb Acodstk,

10 Que d'encenser il est si juste , Cette DÉESSE de mes Vers , Qui pourroit charmer l'Univers I%r sa beauté presque divine , Dontje dis moins qu'on n'en devine,

15 Vint ici , de Fohtainebleau .

Dans sa Bergb , petit Vaisseau Cent fois plus beau que ne fut onque De Vends naissante la Conque , Sur qui dans Cypre elle surgit.

fo L'HâHOiNE dont il s'agît

Parut aussi cent fois plus belle Que cette Amoureuse Ikkortklle , Voguant sur la Seine aisément.

Dedans ce mignard Bâtiment.

j5 Au milieu de toutes sesDAicss.rmes, Ses Yeux . ces deux Sources de âà-

Semoyent sur l'Eau de plus beaux fFeux.

Et , comme le Flambeau des Cieox , Pour redonner le Jour au Monde ,

40 Ne faisoit que sortir de l'Onde , On l'eust prise , à son air riant , Pour la ^AUTÉ de I'Orient Qui vient , avec tant de lumière , Luy r'ouvrir sa vaste Carrière ,

45 Lors qu'il éteint . quittant TB^trrs , Les Astres & grands & petits.

MoNUBUR. premier Monsikor de [Fravce, Ce HIros beau par excellence Et , par un Destin des plus doux ,

jo De Madame l'heureux Epoux , Etant dans la Nef avec Elle , Je dia . en Narrateur Ëdelle ,

.C^oo^^lc

i53. — Du 1. AxiiiGt 1666 (Robinst}.

Qu'oa crût aussi voir le Chasseur Qui de I'Aorokb avoil le cœur,

55 Et que I'Amouk . qui tout accouple , One ne fit voir un si beau Couple Sur l'humide & Sount Séjour , D'où sa Mers sortit au Jour, Ni plus digne du doux Empire

6iDe cet aymable & petit Sike.

A la aescetite du Vaisseau , Laissans mille Charmes daas l'Eau, Monsieur monta dans son Carrosse, Où l'on ne voit aucune Rosse ,

ii Et vint dans le Palais Royal (Ci-devaot Palais CardwaiJ, Et Madake , au sien tout de mesme.

Avec une vitesse extrême , Tout droit à Colombes alla ,

ToOu , pour le mieux dire , vola , Pour y ■voir la Rkyne sa Méke , fre.

Qui luy fit graud'feste &. grand'oié-

Le Lundi , ce Pxinck charmant Assista douloureusement

j}(Car son deuil toujours se retrace) Au Service (ju'au Val de Gkace Go &jt , le vin^éme des mois , Pour la Reyne dont les François , Depuis la Saison Hjrémale ,

EoSoufFrent la perte si âtale.

Ce mesme jour, devers le soir.

Pareillement il alla voir La Majesté sa Bëlle-Mêrx , Que de tout son ccenr il révère ,

I) Comme de tout le sien aussi EHe le chérit , Dieu-merci ; Et de ce Lieu-U , ce me semble , Ayans soupe, dit-on , ensemble, Il fut coucner à son Saint Clou

90 Qui, certe, est un joli Bijou.

Le Mardi , son ëIpoqse aimable .

De Lui fresques inséparable , L'alla joindre en ce beau Pourpris , Aussi ravissant, prix pour prix ,

M Que celui que le Premier Hoiue Perdit pour un Morceau de Pohhe.

C'est U qu'avec leurs chers Enfans , Déjà si beaux . si trîomphans , Et ti dignes de leurs tendresses

100 Sont ces deux Royales Altesses Qui charment les cœurs & les yeux Encore pour un jour ou deux.

»t[] Ce SéDTtmux de remarque

Qui prétendoit à son Momarqck

lof Insolemment donner la Loy Et se rendre le Roy du Rov' N'a plus cette belle espérance , Et , venant à recipÎKence , Par un sentiment bien plus sain ,

1 10 II met de l'eau dedans son vin.

Ayant la Conscience large , II abandonne toute Charge Et réduit [Dieux ! le croiroit-on î) Toute sa haute Ambition

1 1 j A vivre en simple Gentu/^hûhiib , Ne demandant au Prince, en somme.

Tant il borne ses appétits Et rend ses grands désirs petits , Pour son Fils, qu'une Staxoctib,

iioSçavoin celle de Ciucoviz.

Comme il a l'esprit bien remis (Car il l'avoit un peu démis) , Il a décompté de la sorte (La raison est honneste & forte ,

la; Et n'en soyez point ébahis] , Pour mettre en repos son Païs Et mériter Grâce du Pwhce.

Ça donc , ça , qu'un verre on me Et que j'en boive à sa santé , [rince

130 Car je l'en aime , en vérité l

Mais non , ainsi l'on ne m'affine , Voici , sans que je le devine , La raison de son changement Et si soudain omandement ;

ilS C'est que le Monarque de l'Aiau , Qui promettoit à cet Espitoji De prompts & notables secours , Ne songeant plus qu'à ses AMOins , Dont l'esclandre fort le soucie ,

140 Manque à sa Promesse & l'oublie ; C'est , d'autre part , que Cazihik , Qui jure de ne point dormir Qu'il n'ait . en ordre de Bataillb , Défait la mutine Canaille , [breux ,

■45 Marche avecque deux Osn nom- Remplis de Soldats des plus preux .

Dont Celuy de Lithuanib Peut , seul , faire une Létanie

- D'Esclaves , de Blessez , de Morts

150 De tous les Rebelles Consom.

Voila le grand Motif, vous dis-je , Qui leur Chef à plier oblige .

Et , quoy i^u'il 6st tant le Méchant , Luy fait faire le Chien-couchant.

IJ5 Mais, quoy qu'il en soit, il n'importe: ifj il m'importa,

nc.,z.d.vC00t^lc

■ 53. — Du I. Aoust 1666 (Robinbt).

Qu'il tx)uque , ou le Diantre i'emtportel

[U. R*t] Le POLOKOIS Anbassadeds ,

Ayant sagesse , esprit, candeur, A fait , avec belle Livrée ,

léoA FoNTAiNBBLEAU SOn ENTItiK

Dans les Coches des Majestés , De plusieurs autres escortez.

lu^ii G''*'*'^^ t Seigneur plein d'accortise,

dsQnpotEt rimUDDUCTEUK de BeRUZE ,

163 Qui l'avoient été recevoir Selon l'ordinaire devoir, A l'Hôtel d'Albret l'amenèrent , Où maints Seigneurs le haranguèrent Et luy firent des Complimens

170 Et bien troussez & bien charmans , De par le Roy, de par la Reyne , Comme aussi , la cnose est certaine, De par Madame & par Monsieur , Dont il ûit ravi dans son cœur.

17$ 11 a depuis eu rAoDuncK De ce cher Sire de la France , De son adorable Morn£ Et du Fruit de leur Amitié , Ce beau Dauphin, qui leur ressemble

■Sa Et leurs beaux sangs en lujr r'as- Mais de qui l'éducation [semble , [Soit dit sans adulation} hnj parut chose surprenante , "^ Grâce à sa digne Gouvernante , "Et même à Monsieur Psrigny,

• De belles Lettres bien muni.

' Ajoutons , ce qu'on ne peut taire , Qu'A ce MmisTRE on a fait Chère Quatre jours , si splendidement ,

19081 noblement, si galamment.

Avec tant de Fruits & de Viandes , Des plus exquis , des plus friandes , Et tant de ^^n5 & de Liqueurs , Qui du Nectar ont les douceurs ,

19J Qu'il en fut souvent en extase , Et j'en atcste ici Pégase.

Bon jour, bonne ceuvre , comme [on dit.

DiitAHCHE , hélas I Cloton occil ^ttS?* Le fameux Henry de Lorraine , «nul Ce Mars qui, sans reprendre haleine. Avant commancé dés quinze ans D exercer I'Art des Combatans ,

En consuma quarante entières Dans les Occasions Guerrières ,

Ml Entassant Explois sur Explois A la gloire du Non François , Et, faisant par tout des Merveilles, Lesquelles ont peu de pareilles.

A ce grand Siège de Pisca ,

jio Qu'en la Honorie on ataqua.

Essayant sa valeur naissante , Dés lors elle fiit surprenante , Et l'on peut dire , sans mentir, Qu'Alexandre , à l'assaut de Thyr ,

11; Ne fit vraiment pas davantage

Que, là. son jeune & grand Courage.

Le Languedoc , I'Isle de R£ , Dont je passe ici le narré , La Rochelle , le Pas de Suze ,

])o Où point aussi je ne m'amuse , L'IsLE . encor, de Saint Honorât .

Où ce Héros fit tant d'éclat , Celle de Sainte MARGUERrrs , Qui prouva si bien son mérite ,

Mj Furent les Trâatres d'HoNMBUR Des Proorez de cette Valeur.

Ici , la Matière me gagne :

Je laisse I'Isle de Sarsaicne , D'où sa Retraite mêmement

ajo Le fit louer extrêmement :

Je tais le Combat de la Route . *<^

Qui l'èternisera , sans doute ; Les deux l>eaux Secours de Cazal , Dont LÉoutsz se trouva nul ;

IJ5 La Reprisé de la Savor ,

Qui comble encor son Duc de joye ; a^ Et le grand Choc de Liorsns , ^

Où , parlant tout franc , je me rens , ^ Découvrant , à perte de vue ,

140 Un Enchaînement sans issue D'autres pareilles Actions , Qui passeront pour Fictions A nos Neveux , ft qui I'Histoire En conservera la Mémoire, [veaux ,

145 D'ailleurs , un de nos grands Cer- Que l'on nomme leSiBURdeMBaui, Et Gentut-homme de Marseiu.e , Sur ce Sujet a fait mervùlle Par un Docte Eloge imprimé ,

IPtntnrilqiw dnoi^lad^inawt mrtala pil riala de SilBt»Mutiiarlla ot d* Sàl^Bononl J«Én do Mbui , imt. ilz, tOri, In-td.]

ijoQui m'a ravi , qui m'a charme , Et m'oste , en un mot, le courage De pousser plus loin mon ramage.

ns,i,z.dbvGoOi^lc

iS3. — Du t. Aoiut 1666 (Roumet).

Je doi trop jaaUnMat im Trait A U Gloire du Ddc d'Au»Br

1)5 Pour ne lui pas , dans cet» Eems , Eiprés consacrer un Ciupiexe.

En nôtre Sorbonhk , aujourd'lmy On n'entend parler que de Lui .

Et jusqu'aux Maîtres Barbons œfime

itioSont touchez d'une crainte extrême Qu'il ne fosse la Figue à tous.

En effet , parlant entre-nous , D'un si bel air il sçait s'y prendre Qu'il peut, en vérité , (Heteodre

165 A l'honneur d'en sçavoir autant , Seul , que tout ce Corps édatiot.

Vemokeiït, dans sa SoKBnnooB (Acte où tout un jour on s'applique],.

A la CouPAONiz il fit voir

170 Un si rare & profond Sçavoir,.

Pendant cette longue Carriéce-M En disfHitant d'une manière

Galante & pleine dt vigueur.

Qu'il étonna chaque Auditeur.

)7$ Mais qui n'auroit de la surprise , Voyant sa jeune Ame soumise A CCS Veilles & ces Travaux Qui font peur k tous ses Rivaux , Dans la poursuite légitime

sso Du Doctorat , qui les anime ?

Concluons , & cQsons qu'un Jour.

Au grand honneur de nôtre Couk , Nous verrons en ce Prince illustre , Par un docte & belliqueux lustre ,

165 Un HÉROS , avec un DocrEUR , Mein de Science & de Valbdr.

Je ne puis mieux finir ma Lettre ; Je m'en vais donc la date y mettre :

Elle est , le cas est bien ceruin , 390 Du propre jour de Saint Germain.

A Piris, OUf F. Umput .ntitU Harpt , omx betU Roit. Avrt /MiiUgt Ai Xff.

(Blbliotb. Mt., Le', 3t. Rit. — Biblîoth. Maurint, 396. Ai.)

LA MUSE DE LA COUR

[Pak PEKDOU di SUBLIGNY.]

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