XII" SEMAINE
Du Jeudy douzième Aoust 1666.
A MONSEIGNEUR- LE DAUPHIN
Je ne m'allanne tioint de quc^ qu'on ait pu dire De ce que l'autre jour je fiis au Cabaret;
C'est a
e jour je E que j'en eus regret.
Quand on sera ks de médire y Ou que le bon Dieu le voudra ,
La médisance se taira.
Cependant , ma Fortune est en bon-heur féconde De ce que rarement je m'émancipe ainsi ,
BCpttltalUmpItmtMJA. SnniinE.
ns,i,z.dbvG00l^lc
i57- — Du is. Aoust 1666 (SoBLuatr).
Car je donneroîs , Dieu mercy, Dequoy s'entretenir au Monde.
Ne m'ajmtz pas moins, Monseignedr ; Je suis une Muse d'honneur, Et, bien loin d'estre dépravée.
S'il faut vous dire mon secret , Je suis bien plu^ souvent trouvée A des Sermons qu'au Cabaret.
Pour dire quelaue fois de petites folies
Et cent bagatelles jolies , Qui font que l'on me croit le cœur assez frippon , Je suis pourtant dévote encor plus que fripponne , kt je vous p»rit tout de bon , Mais n'en dites mot A personne.
Le dentier jour de SAUfcr Lausent,
Je vis faire la Coktkoversb ,
Et pcnsay cheoir ft U renverse D'entendre Don Thohas prescher comme un torrent [^ff°j[*gy Eussiez-vous entendu , Punck , ce que détùte ,
Ce SCPEKIEDR Bàrnabite I
Dans le Dessein que le Rot fait
De reunir toute l^lise ,
Pour mor , je dis , avec franchise ,
Que ce Don Thomas est son fait ; Il n'est rien de plus net que tout ce qu'il explique , Et je pris grand plaisir , avecques vingt Prélats , De vou- des Huguenots , non des moins délicats, A ses raisoanemens demeurer sans réplique.
Aussi , HON Prince , est-ce celuy Que dans S. Jsut de Lnz , lors de son Maruge ,
Le Rot fit prescher devant ïuj.
Et qui , nous annonçant ce fameux avantage ,
Nous prédit qu'au bout de neuf mois
Vous «tonneriez bien des Rois ;
Et c'est beaucoup d'avoir en tfite
L'éloquence d'un tel Prophète.
Enfin , je me trompera^ fort ,
Ou , devant une année entière , L'Heresie ca tiendra jusquea dans son fort ;
Mais changeons un peu de matière.
Vous a-t-on dît par le menu Avec quelle magnificence L'AmASSABEOB de nostre Fkancb Fut à RoMB le tnen venu ?
Ma foy, je ne m'en sçaurois taire , Car le Rot , vostrb Pesé , a lieu O'estre , sur ce sujet , fort content du Saint^Pb»
I 17 J comme «n dcUta.
iSç» >S7> — ^ >^ Aoiut 1666 (SoBUGtnr).
Et , s'il ne l'estolt pas. en fendrait coate A Dieo. Il n'est point d'&iatante& marques. , Points d'efî^ets de civilité , Par où , cent fois, sa Sainteté 60 N'ait distingué LdOujs du commun des MoDBn^ues,
Et , comme si dan& Roms on eue esté Frabços , Déz (ju'on sceut que, le Duc ssCHAnsfES Y devoit arriver le dix de l'autre mois , Le hasard n'of&oit plu& aux yeux de couleurs- jaune», 65 Que, dans la surprise du cceur.
On ne (Ùt aussi-tost : « voicx l'Ajuassadedr 1 » Cent trente-quatre beaux caresses De Princes & de gms à Croues., Et de Seigneurs particuliers , 70 Tirez par six chevaux les plus frîngans du monde
Et tous enhamachez d'omemens singuliers . Rendirent son. Entrée iUustre & sans seconde ; Et « sans seconde » îcy n'est pas dit pour cimor. Car tous les faiseurs de. remorques 75 Avec moy pourront sf&roicx
Qu'à la réception qu'on fiût , même aux Ma{ui«i;aes ,
Jamais , dans Rome , l'on n'a vus De Cortèges passer çeot carrosses au plus. Le CARDINAL Patron , contre son ordinaire 80 De n'envoyer le sien qiL'aux Portes, seuûmeat .
Le ht aller pareillement Jusques au rendez-vous , par l'ordre du S. Pbrb ; Et montèrent mesme dedans Cinq Cardinaux. des plus>ardajis 8j Pour le service de la Fraucb :
Anthoine, De Retz, Urshi.
Et Madalchin & Mancini Qui recourent j^ Doc avec magnificeoce.
J'aurois bien souhaitté , pour parlée franchement , 90 Avoir veu les Ceremomes
JJont on accompagpa ce premier compliment;, Tout s'y passa , je pense , en belles, répartiei . Sï le Dec y voulut employée son talent ; Au moins , sçay-je fort bien qpe tout y fut g^nt , 95 Car ce n'est pas sans coonoïssaoce
Que son grand Roy, parlant de luy.
Dit qu'on ne voit pas aujburd'huy De Seigneur qui s'explique avec plus d'^oquence , Qui tourne toutes choses mieux 100 Et qui soit plus judicieox ;
Il auroit encore pu dire- ::
Qui fust plus magniâqHe&.pliisin9eaieuK,.
Car ce qu'il a fait sur Jas Ueiu Ne se peut aisément décrire.
loj Jamûs aucun Ambasaedeur
57 A pli. r Pai"' te Krrice de la Fuxc*
8s Jt Satkct, Awtoimb , Rsra , Madalchimi
B4-87 W Outre Cardimux tre*4rd>M | Et l'iutreappcM MAMcanii.
i6i t$7. — Du 13. Aonst i6£6 (Sobuont]. 163
Ne s'est ftit voir à Rokb htcc plus de splendeur.
Et jamais , dans aucune Entrée , On n'avoit veu plus leste & plus riche livrée.
C'est tout vous dire , MoNSKiCNEint , 110 Que , pour luj faire plus d'honneur.
Chacun y fernia sa boutique , Et qu'on fit de ce jour une Feste publique ,
Jusqueft-là que les HabitHns
Donnèrent du vin aux pasaans.
1 15 Je TOUS contay, l'autre semaine ,
Avec quelle pompe & quel bruit Dans le Paulis Farnbse il lut enfin conduit ;
Il j reprit un peu d'haleine ,
Et puis se remit en chemin ISO Pour, sous l'agreable conduite
Du grand AKTHomE Barberin , Rendre & Sa Sainteté sa secrète visite.
Mais c'est , ma foy, là qu'il parut Qu'on estime ce Duc de la belle manière , ■ aj Car Sa Sainteté discourut
Avec luy prés d'une heure entière , Et, quoy que l'entretien ne fut qu'en complimens ,
Elle aymoît si fort à l'entendre
S'expliquer en termes channans , lya Qu'alors que , par respect , il vouloit se deffendre
De plus long-temps l'entretenir, Elle recommençoit ce qu'il laissoit finir. Quand il fut de retour dans le Palais Farnbse ,
Le Papk luy fit envoyer ■35 Une quantité de ^bier
F*our se ra&Biscbir à son aise ; Et les fruits , les liqueurs & les vins delicas , A ce qu'on dît encor, ne luy manquèrent pas.
Hé 1 plaise à Dieu , Dauphin aimable , ■^ Qu'au moins ce vin inestimable ,
Joint à la Bénédiction D'un Pape qui te voit avec a^ection Luy fasse, un jour, laisser un Fils qui luy ressemble I
Car, pour dire ce qu'il m'en semble , 145 C'est une chose sans raison ,
C'est une cruauté qui n'a point de seconde , Qu'un homme, qui jamais n'eut de comparaison , Vive ainû sans donner de ses pareils au monde.
J'apprens , enfin , de Midslbocr ijo Que les Flottes se sont meslées
Et se seroient fort signalées Si le Ciel eut voulu leur donner un beau jour ; Mais il ne plat point à l'orage De favoriser le courage ifj Des victorieux HoLLANDois.
L'inconstance des vents , dispersant , au contraire , ijj A A •'Ml retour raBn diM «on Palaii Fainiie ,
i57> — Du is. Aoust 1666 (Sdbugny). 164
Tantost leurs basdmens , tantost ceux des Anqlois . Fît qu'ils ne firent rien que de fort ordinaire.
Ils se mêlèrent toutefois ,
Le quatiiéme de ce mois ,
Et leur choc , avec force extrême ,
Continua jusqu'au cinquième.
L'EscuDRS DE Zeluide & les Vaisseaux Frisons Commencèrent l'attaque avec la Flotte Amgloisk Et, pour parler ainsi, soufflèrent les tisons Jusqu'à ce que Ruiter , avec la HoLuinniss,
Par un impétueux effet ,
AUumast le feu tout à ûàt.
La chose alloît , dit-on , déjà de bonne grâce Et chacun se chauffent du bois qu'il souWttoit, Se couchant touï à tour l'un l'autre sur la place ,
Selon que le feu s'y sentoit .
Quand un calme subit , malgré tous les pilottes.
Par un contre-temps tre&<ruel , Avec un Sus de Mer emporta les deux Flottes Aux costes de Zelande, auprès de Wkst-Capbl , Et par cet accident , dont 1 une & l'autre enrage , Fit que l'on ne pât pas s'y chaufTer davantage.
Je ne vous ay rien dit de Tromp ; Mais que voulez-vous que j'en die?
II coule à fonds peut-estre une escadre qu'il romp , Et reviendra vainqueur ou bien perdra la vie. Le calme l'empescbant de se joindre à RurrsR
N'empescha pas qu'en fort bon ordre
Il ne mit, luy seul , en desordre
Tout ce qu'il vit se présenter
Et qu'il ne suive encore en queue
Les fuyards de I'Escadre bleue. .
Il commença le Mercredi,
Et ce mesme jour, à midy,
Avoit déjà brûlé trois Frégates Anqloisbs.
Ne nous chagrinons pas de n'en apprendre rien : Il est un grand chercheur de noises , Mais il s'en démesle fort bien.
I9J Je sçay, de science certaine.
Que le Chevalier de Lomluhb
Est , depuis Lundy, de retour
Et qu'il n'ose paroistre en Cour,
Tant il a peur qu'on ne lujr die MO Que les formidables Explois
Qu'il a faits pour les Holluidois
N'ont point esté faits sans magie.
Il faudroit pourtant, par pitié,
■Cj <4 ft butinuni Paiioiit.
DiglizedbvGoOglc
tSy- — Du la. Aoust 1666 (SunioHT).
Arracher de son cœur cette cnuntç fatale.
Car, comme sa valeur sera toujours égale , Il n'y mettroit )amais le pié.
Un Bholot, sans miséricorde , Alloit . dit-on , faire sauter Le Bord de Monsieur db Rditbk , A moins qu'on n'en coupast la corde;
Ce Crkviuex y va , la coupe . le détruit , Et prend celuy qui le conduit.
En vérité , Dauphin , ce coup est-il croyable ?
Il a raison de fuir, comme il foit , un cnacun , Car, ayant fait des coups de Diable , On croiroit qu'il en seroit un.
Mais , si j'ay fort bonne mémoire .
L'illustre 6l jeune de Coaslin ,
A ce qu'on m'a dit , beau Dau^hm ,
Eut grande part à cette gloire.
Catois y fut aussi , & mesme on me marqua Qu'on eut de l'aide encor de ce pauvre Busca.
Princs , depéchez-vous de croistre :
Quand des Braves comme eux commanderont sous vous , Partout où vous voudrez porter vos vaillans cous ,
Vous vous rendrez bien-tost le Maistre.
Je remets ^ur une autre fois A vous dire en détail le choc de ces Armées ,
Qui firent beaucoup moins d'ezplois
Qu'elles ce firent ae fumées.
La HouAKDE n'y pert , en tout , que deux Vaisseaux ,
Du moins dont elle ait connoissance ,
Et l'Amqlois , malgré sa puissance , En peut , dit-on , chercher dix cfes siens sous les Eaux.
On dit que le Roy vostre Père Donne encore deux ans à Monsieck de Voisin Pour estre de Pams le Prévost tutelaire ; Je meure si le Rot n'a le jugement fin :
On ne peut dans l'HonxL de Ville Avoir un homme plus habile.
Qu'on se plaist à mentir icy D'avoir assuré la Nouvelle Que Ldbohuuei , le Rebelle ,
'°u*^ -4 Miii, MON iiAU PiiNCi , par pitié 1 ItoAK moina que a m caupcr ii kur
N( rmamnniR pu i girdcr cette Envie , 1 214 A Qiund de pareil* MluiiuM c( <-". amneil ne rafiireintra dwM «n M vie, ti8 ^ De vooidi»
Il fj Bicttroit }uiiii le pû. | ,
r.i,z.dbvC0(>glc
167 157- — Ou 13. Aoutt 1666 (StTKJQKY).
Tenoit son Priace à m mercy I 145 ^° voicy l'histoire en sututance :
Casimir , se voulant saisir D'un Poste de grande îtnportanca Avant que ce Rebelle eu eut eu le loisir, A quinze cens Dragons ât tenter l'entreprise : ijo Mais , par un malheur signalé ,
Ayant trouvé la place prise , Us Y restèrent tous dons un long défilé.
Mais finissons , je vous en prie.
'' On dit que dans deux jours vous devez cstre icy :
Je ne sçay s'il en est ainsi , Mais toujours je vous en défie.
DB SUBLIGNY
A Parti
dMRoj.
Ï45 A En 351^ dedi i54-i56 A
ClUf Altxtnàrt Utulm . M coi» dt U
rM Daiptuut . itvant U Pat-unf. Avet PrmUgi
ni un dffilt.
Vous ne me dites pu que vous venei !cy, Eipm pour m'iwter le •oucy De m-htbiller en broderie , Et pour voua en niller ipns )
M«U , mon petit Fikit, je deeouTre vos tnii , Et pour Jbudv prochain je aenj mieux vestue
La tipmttrt it fatitur wt Vtdriai au toinirt a# utromiMlqMtdamsA.^BC pUet^ieilëdéti.
[A U Muse d« CoDr B U Muse Dupbine C U Muse Oiuphine
.666 («y. tome [.col. 909). pp. 89^.
1667 — 101-109. 166S - lot-109.)
LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
[Pak la GRAVETTE ra MAYOLAS.] Du 14. Aoust 1666.
De parler toujours de Couronnes, Des plus principales Personnes , Des granaes Afaires d*État , De la victoire , du combat ,
j De la mort , hymen & naissance De la dernière conséquance , Princesse , ces discours pompeux Sont tant soit peu trop sérieux, Et, manquant de ces grosses Testes.
10 Je parle quelque-fois des bestes.
Les mulets , ânes , chats & chiens Sont des burlesques entretiens ;
Sur eux mon esprit se délasse (Car, quoy qu'on die & quoy qu'on 3 Sans uzer de précaution , [fasse , On le tourne en dérizion) , Et , dans ma suite véritable , Je vais mesme parler du Diable.
Un homme de bonne façon , M Allant voir son petit garçon , Entre les ouins d'une Nourice Qui lui rendoit maint bon ofice .
i58. — Du 14. Aou9t.i666 (Matolas).
Daas on Village assez prochain , Entre Saint CIcmd & Saint Gennain ,
15 Avoit un peu l'ame en balance De ne toucher poiot de finance , Ou , si TOUS voulez , de l'argent , D'un débiteur peu obligeant.
Il part , il marche , il s'achemine ,
3D Dans une humeur assez chaîne , Mais , ft quatre cens pas & six Dehors les portes de Paris , 11 trouve un certain personnage Dont il conoissoit le vizage,
]j Assez bien-&it, assez bien-mis; 11 se dizoit de ses amis, c Oti Tas-tu ? » dit-il à cet homme ; Et par son propre nom le nomme.
« Je sçajr tnen <^ue Monsieur un tel
4o> En K)n endroit est bien cruel » D'uzer d'une telle remize
> Pour bailler la somme promize ;
> Si tu veux venir avec moy » Et te reposer sur ma fojr,
4j > Je te vais conduire , sans doute ,
> Chez-luy par une bonne route.
» V<Mcy deux chevaux , qu'un valet
> M'amène , & les tient au colet ;
> Ne refnze point ce service. »
yt L'autre , contant du bon ofice ,
En prend un d'un air jovial.
Tous deux donc sont bien à cheval ; Ils courent , & de mesme sorte Que si le IMable les emporte.
)j Nfitre homme quelque fois parloît (Mais l'autre point ne répondoit) Quand il sentoit quelque détresse D'aller avec tant oe vitesse ; Si-bien qu'en quatre heures de temps
toCes deux postillons imponans Aiivent à Thdtellerie ; Mais celuy-cy, sans raUlerie , Se trouvant étrangement las , Demande un lit & des blancs dras ,
«sSana woger de se métré à table; U sent un mal épouvantable Et goûte aussi peu de repos Qdc s'il dormoit sur des fagots.
La nuit se passe , il se reveille ,
7s Ayant bien la puce à l'oreille , Demande au valet , tout-de-bon , Nouvelles de son compagnon , Mais le valet & la servante , Et l'Hôte ou l'Hôtesse pUizante ,
54 ktDiibk*.
7; Luy dizant qu'ils n'avoient rien vu , Et que seul il âtoit venu Sans cheval & sans camarade.
< Quoy I » dit-il, < par fanfaronade, » Voudriez-vous bien me le celer,
80 » Ou bien a-fii pu s'en aller ? > L'Hôte , voyant sur son vizage Quelque pâleur & quelque ombrage Quand on luy connrmoit cela , Et que seul il arriva-lô ,
B; Il luy dit : « Où pensez-vous Être ,
> Mon cher Monsieur & mon cher
[Maître? »
— « Je croy, » répond le Cavalier,
< N'être pas loin de mon quartier,
> Prés de Paris ou de Suréne. >
90 — « D'erreur vôtre pensée est pleine:
> Sans-mendr, vous touchez le mur » De nôtre Ville de Saumur. >
— « Quoy I » dit-il , d'un ton en
[colère, » A Saumur ? se peut-tl bien faire , 9; » Car de Paris je suis party • A trois heures aprés-midy î •
— « Promenez-vous parmy la ville ,
> Quîtez un peu ce domicile , »
Luy dit l'Hôte civilement ,
100 « Eoquêtez-vous-en seulement. > Il sort, & tous il le demande , Et la troupe , petite ou grande, Confirme de chaque côté Qu'il est dans ladite Cité ;
105 Ce qui fait augurer & croire Que l'habitant de l'onde noire , Le Démon, ou Diable autrement.
L'a porté là si promptement :
Mais , revenant au bord de Seine
lia De corps gaillard &d*ame saine.
Bien qu'il en soit un peu fâché.
Il en est quite à bon marché .
Et de long-temps promet & jure Qu'il ne prendra telle monture,
1 13 Ou que , si jamais il en prand , Il aura trés-bon répondant; D'où l'on voit qu'il esl dommageable De croire aux paroles du Diable.
Depuis peu , les Confédèrez 10 A la Paix sont bien préparez: Lassez enfin de la discorde , Ils ne songent qu'à la concorde Et vont réclamer la bonté
De leur auguste Majesté.
ta5 Quelques Articles on propoze Où leurs volontez on ezpoze , Et i'ozc espérer , après-tout , Qu'on en poura venir à bout.
La grande & petite Pologne
t^o Pour le Roy montrent bonne trogne, Comme beaucoup d'afection A quiter la rebeluon.
Ce Grand Prince, par sa clémance.
Par son adresse & sa puissance ,'
tj5 ^ant vingt mille Combatans , Non moins courageux qu'éclatans , Surmontans l'esprit des Rébelles, Tous luy seront bien-tôt fidelles.
iHMii N'aguéres l'Evesque d'Evnsm , 'dî™ Illustre , docte & vertueux , "*S!Î] ^'*'° ^^ i°y^ * ^^ "^^ extrême ,
Conféra le sacré Bfltéme
A certain Turc , homme-d'honneur;
Fils d'un insigne Gouverneur 14) De quatre Villes qu'on confine
Aux quartiers de la Palestine ;
Après cette ;ainte Action ,
Il eut la Confirmation ,
Comme beaucoup d'autres encore , ijo Du susdit Prélat , que j'honore ,
Dans l'Abbaye Saint Remy,
De qui je suis par&dt amj.
Mais, SI les Turcs se convertissent
Et sur nôtre Eglize bfttissent, 155 Que doivent faire d'autres Gens
Qui ne sont pas nez Otomans?
L'Infante, elle-mesme en person- Va du côté de Barcelonne [ne ,
Pour commencer l'embarquement.
ifo Qui fera son débarquement ?
On assure que l'Alemagne Blflme les délais de l'Espagne j L'Ëmpéreur mesme s'en plaint fort.
Et peut-être qu'il n'a pas tort ;
t6) Mais l'on alégue & l'on raporte Une raizon tellement forte Sur son indispozition Qu'elle apaize l'émotion ; Lia possession d'une Infante
170 Semble mériter cette aunte.
131 Q{iitcn II Kbelllaa,