XVI» SEMAINE
Du Jeudy neufiesme Septembre 1666.
A MONSEIGNEUR LÉ DAUPHIN
Comment app«Uez-vous cette jeune Personne Qui vous a peint ces jours pass^ Et de qui la main est si bonne Qu'on ne peut l'admirer assez ?
j Son adresse est , dit-on , extrême
D'avoir pu vous tirer quand vous faisiez cent tours
Et lors que, gambillant toujours , Vous vouliez vous mêler de la peindre elle mfisme. Faites que j'aye au moins un de ces beaux Portraits 10 Afin , Prince , qu'en vostre absence
J'y puisse contempler les traits Que j'ayme avec tant de constance.
L'Amour veut cette complaisance Et , pour peu qu'on s'aime ardamment , 15 C'est une petite dépence
Que fait volontiers un Amant.
Je viens aujourd'huy pour vous dire Que tout le Monde vous admire Et que , selon l'avis de tous , M Quelque estât que te Roy fasse de sa Miucb ,
On n y trouveroit rien de surprenant sans vous , Lors qu'il luy fait faire exercice.
Quand je dis rien de surprenant :
Voicy comme il faut qu'on le prenne , aj C'est que pour nos Gens'maintenant
Les titres les plus grands n'ont plus rien qui surprenne. Dire : les Gens du Rot sont fiers , nobles , vaillans. Et parmy leur fierté sont mesme fon galans , N'est pas une chose nouvelle , jo Et, depuis que le Roy n'a formé sa Maison
Que de gens sans comparaison ,
B C ptrtnl témpltmat XV. Semiinc, 1 ^ A ni uns doute MMmc.
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