‹ Les continuateurs de LoretChapitre 57 sur 217 · Du 9. Septembre i6fi6 [Subuont · texte numérisé non relu

Du 9. Septembre i6fi6 [Subuont

Cela s'en va saos dire , alors qu'oa parle d'elle ; Mais de voir un Dadphih charmant , A cinq ans , imiter son Père , Ne respirer incessamment Que l'exercice militaire ,

Ne s'ûmer qu'à cheval , en teste des soldas ,

C'est cela qui surprend & qu'on ne conçoit pas. ■ Tout de bon , mon aimable Prince, Il n'est presque point de Province D'où l'on ne vienne tout exprés Pour admirer avec la Franck Vostre jeune audace & vos traits , Qui sont de si haute Espérance. Dix mille Etrangers , l'autre fois.

Formèrent dans Vincenne un bruit confus de vois Qui disoit: « qu'il est ADirnuBLE !

» O LK BKAO I^UNCE QUE VOILA 1 * QOS SOH PEITT AIR FIER A CHEVAL SST AYKABLE

» Et qu'il se PLAIST COKMG celaI »

En effet, il sembloit que vous eussiez envie

De Mre voir à ces Messieurs

Que ce qu'on en disoit ailleurs

N'estoit pas une Satterie.

Mais vous devez estre en repos; On ne dira jamais rien à vostre avantage

Que , sur de semblables propos ,

L'on n'en croye encor davantage.

Mais est-il vray ce qu'on m'a dit Que , malgré Maman de la Motte , Vous voulez aller sur La Flotte , Pour vous acquérir du crédit?

Ce seroit bien une autre Histoire.

Quoy , TOUS importunez le Rov De vous donner un tel employ.

Comme si vous manquiez de gloire?

C'est estre brave avant le temps , Et, l'une de ces matinées , L'on vous croira, sans doute , une ame de vingt ans Avec un corps de cinq années.

Sur tout ne partez pas sans le congé du Rot . Car on vient fraîchement de me dire à l'oreille Qu'il a fait orrester De Sault & Villesoy rour avoir, dit-on , fait une faute "pareille.

Ils avoient demandé congé

D'aller secourir la Hollande ;

Mais le Roy, n'ajrant pas jugé

Qu'il défit souscrire A leur demande , A cause qu'ils estoient employez autre put. Ne tenr témoigna point d'agréer leur départ.

n.i,z.dbvG00i^lc

i69- — Du 9. Septembre 1666 (Sdbugnt). 164

Or, pour des gens de cette sorte , Vous sçaurez que ce sont de grandes cruautez Que de les retenir lors qu'ils sont tout bottez

Et que la valeur les empone ;

Cela fit que , sans l'avertir.

Ils ne laissèrent pas , les Galans , de partir. '

Le RoY , sur le champ mesme , ordonne

Qu'on fasse partir des Couriers Pour les faire au passage arrester prisonniers ;

Ce que l'on a fait & Peronne.

Ils n en mourront pas, que je croy :

A tout péché miséricorde ; Et je ne doute pas qu'adoucissant le Rot ,

Leur grâce à la fin ne s'accorde, Entre nous , toutesfoîs . ce sont des gens perdus :

Ils auront beau faire en leur vie

Les braves &. les entendus , Tousjours de ce reproche elle sera suivie : L'on ne parlera pomt de Flotte ny de Mra Qu'on ne dise ; < De Sault faisoit le Diable i quatre ; » Un jour , ainsi qu'un Tel, il fallut l'enfermer, » Parce qu'à toute force ils y vouloient combattre. >

Entre tant de jeunes Guerriers,

Qui partirent l'autre semaine , On m'a dit qu'un Neveu de Monsiedk de Ttoenne , Chastead-Thierry , comme eux va pescher des Lauriers. Â juger de la guerre ainsi qu'on en raisonne'.

En Testât que sont les Anslois , Ils en ont bien semé dans la Mer aux François, Et, s'ib en ont le temps , la pesche sera bonne.

Ce jeune de Chasteac-Thierrt, Qu'en vray Prince qu'il est la victoire a nourry ,

En gagnera , sut* ma t>arolle ,

Et , comme en cette occasion Il vt joindre son frtn instruit en mesme EscoUe ,

Le grand Chevalueb de BouiiUM ,

Les Anglois avec apparence, Maudiront cet Esté les Chevaliers de Fkancb.

Le Rendez-vous de tous est autour de Calais ,

Au Pas du quel on dit qu'enfin se doivent rendre ,

Au ^ de leurs communs souhais.

Les Flottes qu'ils y vont attendre.

Le Duc DE ButTFDRT est party Pour y venir de la Rochbllb ,

1^9. — Dd 9- Sùppeaibrt i66£ (Sdbuoht).

Et RurrBR est ausri sorty.

Avec une Flottx foft belle De quatre-vingts-trois grancU Vaisseatut , Pour le joindre & courir à des Combats nouveaux.

Seize Vaisseaux Danois s'y doivent aussi rendre , Sous un Vice-Amiral de ce mesme Climat ; En sorte qu'on peut faire estât Que, sans aucunement comprendre Ny Galiottes ny Brûlots , L Armement contre l'ANaLSTiRas Doit faire tonner sur les Flots Cent trente-neuf vaisseaux de guerre.

Mais il faudra chercher les Anglois dans leurs Ports , Où , comme j'ay preveu moy-mesme , Contens de leurs derniers efforts , ils se sont retirez déz le vingt & huitième. C'est un coup haie aux François :

Nostre Duc de Beadtort, dans sa chaleur extrême , Est homme à s'accrocher à I'Amiral Anolou , Au Port de la Tamise metme.

Sçavez-vDUS comment fait ce Monsieur de BsAOPOitT

Quand il séjourne en quelque Port ?

Vous vous imaginez peut-estre

Que , s'il est un beau logement ,

Il s'en rend aussi-tost le Maistre

Pour s'y loger commodément ?

II n'est rien de moins véritable ,

Et c'est un Prince infatigable.

Durant le temps qu'il fut au Poxt des Rochelois , Il entra dans la yiUe , il y disna par fois ,

Mais . quelque Maison bien parie

Qui luy fust offerte d'abord.

Depuis le jour de son Entrée Il ne manqua jamais à coucher dans son Bord.

RuiTsx , qui dent son Origine , Comme je croy, d'un Dieu Marin , Tant il entend bien la Marine ,

Va perdre , en le voyant , bien viste son Chagrin ; Au moins se pourra-t'il répondre Que , fit-il dessein d'anaquer L'Anglois dans la Ville de Ignore ,

Beaofoiit le secourant , son coup ne peut manquer. On dit que Ndtre grand MotiARqnK

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■afyj 169. Du 9. Septembre 1666 (Sdbuoiit)

A fait donner & ce Rottex De sa Royalle estime une obligeante marque , 170 Qu'EsnuDK & Bellepons luy mrenl présenter:

C'est le don d'une riche chaisne, Où pend rOsDRB DE Saint Michel.

Admirez ce que c'est d'estre grand Capitaine ; Il fout estre un RuriER pour en avoir un tel.

TnoMP est , dit-on , libre à la Haye ,

Et , quoy que l'on nous ait conté Pour nous mettre en l'esprit qu'il estoit arresté , La Nouvelle n'estoit vraysemblable vcj vraye. Si Trohp s'en est fasché , PsiHce , c'est à son dam . .

Car, devant que passer en France , Elle s'est débitée , avec grande impudence.

Par la Gazette n' Amsterdam.

Je \«^ pu doutant plustost croire Que cette mesme Ville , en ce Trohp sans égal

Mettant presque toute sa gloire , Ne devoît point souffrir que l'on en parlast mal.

Ils ont une liberté grande

De dire tout dans la Hollande .

Et mesme je vous avoueray

Que j'y VOIS rarement du vray. '

Mais revenons à nostre Histoire.

Parce que j'ay donc dit ce qu'il ne faut pas croire ,

A m'en dédire je consens ,

Et je ne puis mesme décrire

Le grand plaisir que je ressens

De pouvoir ainsi m'en dédire.

Je suis du sentiment du Roy :

Quoy que je sois d'avis que Justice se lasse ,

J'ay peine à voir, en bonne ioy.

Un brave soldat en disgrâce.

L'Empereur a présentement Un peu de repos en son ame D'avoir appris l'embarquement De I'Imperatrice , sa Femme ; Mais une Lenre de Thurin

Me mande qu'& Final on aura beau l'attendre , Si l'on croit qu'elle aille y descendre ,

Et que SA Majesté prend un autre chemin. Pour moy, je crois en conscience Qu'on a fait cette Lettre exprés

Afin que dans Final, où l'on a fait des frais , . L'on se pende d'impatience.

En tout cas , cette Majesté, Le vingt & un d'Aoust, un Dimanche,

cinq roillcncui, dcidcnrccertiine. I 1 1 3-110 Co 8 viri MaBfivi

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