Du 9. Septembre i6fi6 [Subuont
Cela s'en va saos dire , alors qu'oa parle d'elle ; Mais de voir un Dadphih charmant , A cinq ans , imiter son Père , Ne respirer incessamment Que l'exercice militaire ,
Ne s'ûmer qu'à cheval , en teste des soldas ,
C'est cela qui surprend & qu'on ne conçoit pas. ■ Tout de bon , mon aimable Prince, Il n'est presque point de Province D'où l'on ne vienne tout exprés Pour admirer avec la Franck Vostre jeune audace & vos traits , Qui sont de si haute Espérance. Dix mille Etrangers , l'autre fois.
Formèrent dans Vincenne un bruit confus de vois Qui disoit: « qu'il est ADirnuBLE !
» O LK BKAO I^UNCE QUE VOILA 1 * QOS SOH PEITT AIR FIER A CHEVAL SST AYKABLE
» Et qu'il se PLAIST COKMG celaI »
En effet, il sembloit que vous eussiez envie
De Mre voir à ces Messieurs
Que ce qu'on en disoit ailleurs
N'estoit pas une Satterie.
Mais vous devez estre en repos; On ne dira jamais rien à vostre avantage
Que , sur de semblables propos ,
L'on n'en croye encor davantage.
Mais est-il vray ce qu'on m'a dit Que , malgré Maman de la Motte , Vous voulez aller sur La Flotte , Pour vous acquérir du crédit?
Ce seroit bien une autre Histoire.
Quoy , TOUS importunez le Rov De vous donner un tel employ.
Comme si vous manquiez de gloire?
C'est estre brave avant le temps , Et, l'une de ces matinées , L'on vous croira, sans doute , une ame de vingt ans Avec un corps de cinq années.
Sur tout ne partez pas sans le congé du Rot . Car on vient fraîchement de me dire à l'oreille Qu'il a fait orrester De Sault & Villesoy rour avoir, dit-on , fait une faute "pareille.
Ils avoient demandé congé
D'aller secourir la Hollande ;
Mais le Roy, n'ajrant pas jugé
Qu'il défit souscrire A leur demande , A cause qu'ils estoient employez autre put. Ne tenr témoigna point d'agréer leur départ.
n.i,z.dbvG00i^lc
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Or, pour des gens de cette sorte , Vous sçaurez que ce sont de grandes cruautez Que de les retenir lors qu'ils sont tout bottez
Et que la valeur les empone ;
Cela fit que , sans l'avertir.
Ils ne laissèrent pas , les Galans , de partir. '
Le RoY , sur le champ mesme , ordonne
Qu'on fasse partir des Couriers Pour les faire au passage arrester prisonniers ;
Ce que l'on a fait & Peronne.
Ils n en mourront pas, que je croy :
A tout péché miséricorde ; Et je ne doute pas qu'adoucissant le Rot ,
Leur grâce à la fin ne s'accorde, Entre nous , toutesfoîs . ce sont des gens perdus :
Ils auront beau faire en leur vie
Les braves &. les entendus , Tousjours de ce reproche elle sera suivie : L'on ne parlera pomt de Flotte ny de Mra Qu'on ne dise ; < De Sault faisoit le Diable i quatre ; » Un jour , ainsi qu'un Tel, il fallut l'enfermer, » Parce qu'à toute force ils y vouloient combattre. >
Entre tant de jeunes Guerriers,
Qui partirent l'autre semaine , On m'a dit qu'un Neveu de Monsiedk de Ttoenne , Chastead-Thierry , comme eux va pescher des Lauriers. Â juger de la guerre ainsi qu'on en raisonne'.
En Testât que sont les Anslois , Ils en ont bien semé dans la Mer aux François, Et, s'ib en ont le temps , la pesche sera bonne.
Ce jeune de Chasteac-Thierrt, Qu'en vray Prince qu'il est la victoire a nourry ,
En gagnera , sut* ma t>arolle ,
Et , comme en cette occasion Il vt joindre son frtn instruit en mesme EscoUe ,
Le grand Chevalueb de BouiiUM ,
Les Anglois avec apparence, Maudiront cet Esté les Chevaliers de Fkancb.
Le Rendez-vous de tous est autour de Calais ,
Au Pas du quel on dit qu'enfin se doivent rendre ,
Au ^ de leurs communs souhais.
Les Flottes qu'ils y vont attendre.
Le Duc DE ButTFDRT est party Pour y venir de la Rochbllb ,
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Et RurrBR est ausri sorty.
Avec une Flottx foft belle De quatre-vingts-trois grancU Vaisseatut , Pour le joindre & courir à des Combats nouveaux.
Seize Vaisseaux Danois s'y doivent aussi rendre , Sous un Vice-Amiral de ce mesme Climat ; En sorte qu'on peut faire estât Que, sans aucunement comprendre Ny Galiottes ny Brûlots , L Armement contre l'ANaLSTiRas Doit faire tonner sur les Flots Cent trente-neuf vaisseaux de guerre.
Mais il faudra chercher les Anglois dans leurs Ports , Où , comme j'ay preveu moy-mesme , Contens de leurs derniers efforts , ils se sont retirez déz le vingt & huitième. C'est un coup haie aux François :
Nostre Duc de Beadtort, dans sa chaleur extrême , Est homme à s'accrocher à I'Amiral Anolou , Au Port de la Tamise metme.
Sçavez-vDUS comment fait ce Monsieur de BsAOPOitT
Quand il séjourne en quelque Port ?
Vous vous imaginez peut-estre
Que , s'il est un beau logement ,
Il s'en rend aussi-tost le Maistre
Pour s'y loger commodément ?
II n'est rien de moins véritable ,
Et c'est un Prince infatigable.
Durant le temps qu'il fut au Poxt des Rochelois , Il entra dans la yiUe , il y disna par fois ,
Mais . quelque Maison bien parie
Qui luy fust offerte d'abord.
Depuis le jour de son Entrée Il ne manqua jamais à coucher dans son Bord.
RuiTsx , qui dent son Origine , Comme je croy, d'un Dieu Marin , Tant il entend bien la Marine ,
Va perdre , en le voyant , bien viste son Chagrin ; Au moins se pourra-t'il répondre Que , fit-il dessein d'anaquer L'Anglois dans la Ville de Ignore ,
Beaofoiit le secourant , son coup ne peut manquer. On dit que Ndtre grand MotiARqnK
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A fait donner & ce Rottex De sa Royalle estime une obligeante marque , 170 Qu'EsnuDK & Bellepons luy mrenl présenter:
C'est le don d'une riche chaisne, Où pend rOsDRB DE Saint Michel.
Admirez ce que c'est d'estre grand Capitaine ; Il fout estre un RuriER pour en avoir un tel.
TnoMP est , dit-on , libre à la Haye ,
Et , quoy que l'on nous ait conté Pour nous mettre en l'esprit qu'il estoit arresté , La Nouvelle n'estoit vraysemblable vcj vraye. Si Trohp s'en est fasché , PsiHce , c'est à son dam . .
Car, devant que passer en France , Elle s'est débitée , avec grande impudence.
Par la Gazette n' Amsterdam.
Je \«^ pu doutant plustost croire Que cette mesme Ville , en ce Trohp sans égal
Mettant presque toute sa gloire , Ne devoît point souffrir que l'on en parlast mal.
Ils ont une liberté grande
De dire tout dans la Hollande .
Et mesme je vous avoueray
Que j'y VOIS rarement du vray. '
Mais revenons à nostre Histoire.
Parce que j'ay donc dit ce qu'il ne faut pas croire ,
A m'en dédire je consens ,
Et je ne puis mesme décrire
Le grand plaisir que je ressens
De pouvoir ainsi m'en dédire.
Je suis du sentiment du Roy :
Quoy que je sois d'avis que Justice se lasse ,
J'ay peine à voir, en bonne ioy.
Un brave soldat en disgrâce.
L'Empereur a présentement Un peu de repos en son ame D'avoir appris l'embarquement De I'Imperatrice , sa Femme ; Mais une Lenre de Thurin
Me mande qu'& Final on aura beau l'attendre , Si l'on croit qu'elle aille y descendre ,
Et que SA Majesté prend un autre chemin. Pour moy, je crois en conscience Qu'on a fait cette Lettre exprés
Afin que dans Final, où l'on a fait des frais , . L'on se pende d'impatience.
En tout cas , cette Majesté, Le vingt & un d'Aoust, un Dimanche,
cinq roillcncui, dcidcnrccertiine. I 1 1 3-110 Co 8 viri MaBfivi