Ou 13, Sspttmbre 1666 fMATOLu
Pour v<rir son Butte inimitside , lao De marbre tréft-considéraUe , Que Sa Majesté bien loua , Et fort à son gré le trouva .
Car, hors cet Ouvrage admirable , Je croy qu'il n'a point son semblable.
115 Tous les Seigneurs dirent aussy Ce que ma Muse dit icy.
Par-lk l'on void que nôtre VUle Est tout autant, ou plus fertile, [Arts En grands Hommes pour les beaux afo Qu'il en soit dans les autres parts.
17) Monsieur D£nTA , très-capable , Dans une Charge remarquable:
C'est de Lieutenant criminel :
Et cet intelligent Mortel Remplît dignement cet Ofice ,
iBoAyant fort Inen-fait l'exercice De divers Emplois importans Confiez A se* beaux talaos , Et le choix de nôtre' Monarque Est une belle & bonne marque
1B5 D^ sa grande capacité
Ainii que de sa probité, [res.
Dont nous verrons , sans tarder gué- Des fruits tout-à-^t salutaires.
[u- H«T] Des Polonoîs l'Ambassadeur, 190 Qui sert son Prince avec ardeur, Receut sa dernière Audïance Du puissant Monarque de France, Qui lujr fit donner en éfet Une riche BoSte & Portrait , 145 De Diamanskl'un prix sublime.
Pour luy témoigner son estime.
Son Secrétaire en eut encor Une Chaîne & Médale d'or Des mains de Monsieur de Berlize.
MO II faut , sur cela , que je dize Que , si l'Etranger port content , ' Recevant du Rot maint Prézent , II l'est encore davantage De sa mine & de son courage.
lo; Le Rot, revenant , l'autre-jour , De Colombes , de faire un tour Chez la Majesté Britanique , Vint voir son Louvre magnifique Et ce superbe Bâtiment.
jioQui s'avance parfaitement ^u* les soins & la vigilance , Le zélé , l'adresse & la prudance Du généreux & grand Colbkkt, Qu'en tout on trouve fort expert.
115 Après l'une & l'autre vizlte , Avec plusieurs Seigneurs d'élite.
Ce Monarque prit le chemin Du logis de Monsieur Vakin ,
La Caravelle merveilleuse ^
Du Duc de Sintr-AiGifAïf , fameuse , A pris , par des exploîs nouveaux , Une Cache de cent tonneaux 1; Plains de diverse marchandise.
Et ce n'est pas sa moindre prise.
Hier, Cloton rompit le fil Des jours du Lieutenant Civil , Magistrat remply de clémence ,
140 De justice & d intelligence , De qui ta haute intégrité , Exer^nt cette Dignité , Edatoit toutes les journées.
Pendant le cours de vingt années.
14J Le Chttelet & tout Paris , En étant tristes & mlris , Connoissacs son rare mérite , Pleurent sa perte , non petite , Sur tout ses illustres En&ns ,
150 En qui l'on voit ses omemaiu .
Et dont les vertus & la gl<»re .
Nous réprésentans sa mémoire , Feront dézormais , pour le vray.
Revivre en eux ce grand Dauskat.
ij PiufCSSsB, aue beaucoup j'estime.
J'en suis i la aemiére rime.
J'at fait CCS Vkrb deux jouis 00 Avant la rsts SAiKTB-Caoïx. [nois
,C~.oo<^k-
LETTRE EN VERS A MADAME
[P*« Chailh ROBIMET.]
Du 12. Septembre 1666.
Clion, étes-vous en cadance?
Troussons d'abord un Compliment A l'Héroïne d'importance Dont à ce Frontispice on void le ntHU charmant.
Je lui dois toujours quelques Kîmes A la teste de mes Discours , Et , par d'équitables maximes , Ainsi je leur redonne un légitime Cours.
Princesse par tout tant vantée Par vos Vertus & vos Appas , Et qu'on void si bien escortée Des Jeux & des Amours qui suivent tous vos pas , Je vais, sous vos divins Auspices , Comme sous mes Astres propices , NouTcIlîser sur nouveaux frais , Et je souhaite que la Muse , Qui mêmes en naissant ne vous parut pas Buse, Pour vous de plus en plus augmente ses Attrais.
Par le Tratt^ fait en Polosme , M Dimel peut-Ctre quelqu'un grogne, La CàbÛ£ des Conjurez, Qui te nommoyent Cokfédérez , ,■ Devoyent, pour premier Feu de Joye, A la Flâme donner en Proye , ■s Sans délavt la TRANSAcnoK De leur Confédéxation , Et reotrer sous l'Obéissance De qui tient la Toute-puissance.
D'une autre part aussi, le Roy j» Leur a promis, de bonne for, Trois Quartiers comptans de leur [Paye , Que fourniront , pour chose vraye , 1^ pALàTOUTS soulevez ; Mais ils sont vrûment bien grevez ,
j5 De n'encourir point d'autres peines.
Après leurs plaisantes fredaines.
Quant & LoBoimsKi . leur Chef, ^u" l'Accord U devoir , en bref, Efacer le nom de Rebelle
40 Par le Serment d'être fidelle , Et demander aussi , dit-on , A la Rbyme humblement ïWdon ; Après quoi , sans nule remise , Selon la Clause au Traité mise ,
45 II rentreroit , en bel arroy, Aux bonnes grâces de aoa.Sot, Voire dans ses Facultez mesme , Mais (ce qui tant soit peu le chesme) Qu'il vivroit les deux bras en croix,
50 Sans exercer aucuns Employa.
Au surplus , outre une Amuns
171 — Du 12. Septembre 1666 (Robikr).
A toos les Mutins départie .
La PoLOKOisE Majesté ,
Qui chérit la TraiK)uilité , ;5A, par sa propre Signature
Au Das d'une Délie Ecriture ,
Confirmé que , de son vivant ,
On ne pourrait mettre en avant
La pKOPOsmoN fâcheuse éoE&i comme on void , séditieuse
De lui nommer un Successeuh ;
Ce qu'Elle a crû le moyen seur
D'étoufer jusques aux Racines
Toutes les Noises intestines , «5 Et de contraindre désormais
Tous Pretendans & vivre en paix.
Mais, comme on dit , l'Homix pro- [pose
Et , par après , Dieu seul dispose ;
Donc , de ces Projets l'on veira 70 De quel biais il disposera.
Le Pape est un tres-galant P^be , Et d'autant plus je l'en révère Et lui souhaite sa Santé.
Car j'ay sceu que sa SàiKiEii
71 Avoit , & tout du long de l'aune-, Régalé Madame de Chaume D'Essences , Sachets parfumez ,■ Par qui les Sens sont tous charmcK, Et d'excellentes Confitures ,
SoCenes d'agréables Pâtures .
Et dont surtout dans les Festins Je refais bien mes intestins.
Mais ces Régales & le reste Marquent assez, je vous proteste ,
65 Que nos Affaires , en ce Jour , Vont bien en la Rohaime Cook ; Que ndtre Ammbsadbdk sçaît prendre Comme il faut le P£rb Albxandee , Et que ce qu'il négociera
9»Auprés de Lui réussira.
^^^^ De PuHE la beUe Duchesse , saToto] Après une heureuse Grossesse ,
Avott mis , a Terme Préfix , ilSSS^ En lumière un ravissant Fils 1 9; Mats la joye en fut très-petite.
Car, bèlîul peu de jours en suite
De cet aimable & doux Début,
Elle satisfit au Tribut
Que tout Mon«l doit à la PutQUB ,
•o Ce qui fait qu'ici je remarque Ce que le Proverbe condent :
Que l'un s'en va quand l'autre vient.
Les Anglois , après I'Incekdie Qu'ils firent dans le Port de Vue , 10Ï Retournèrent devers leurs Ports Sans passer à d'autres efforts.
Certain bruit court que le Ton- Fit n'aguère dessus leur Terre [meike Une terrible Irruption :
1 1« En doi-rje 6dre mention ?
Si la chose étoit véritable , Elle seroit bien remarquable.
A tout hazard , sauf le dédit , Voici ce que l'on m'en a dit.
■ ■ j Les Protbstahs , étans au PafiCHK Où selon Calvw on les prêche , Et touS' grandement attentif Aux Discours œdificatifs De leur vénérable Ministex ,
i*oUn Nuage, pour eux sinistre, Voile le Ciel tout & l'entour Et produit la Nuit en plein Jour.
En suite , on apperçoit la Nue Par de grands éclairs décousue,
l'i De qui la funeste lueur
Rend un autre jour, qui fait peur.
Puis , cas Avant-Coureurs funestes Par fois des Colères célestes Sont suivis du Foudre tonnant,
<}oQui, tout LoNDHE entier étonnant.
Tombe au milieu de I'Assambl^ , Déjà de frayeur accablée , Et, ce dit-on, en un moment En met trois mille au Monument.
■Jï Sur cet étrange effet du Foudre, Qui de la sorte en sçait découdre , Qui voudra raisonne à son gré; Quant à moy, ce que j'en diray Est que , si le Diable se mesle
•40 Parmi les Foudres & la Gresle , ' Comme souvent cela se dît.
Il étoit bien , sans contredit , Alors au Pa^as & non aux Vachec, N'en déplaise aux Morcs & Gâches.
145 Broouo, qui sçut lé Mâher Où l'on cueiUe le beau Laurier,
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