‹ Les continuateurs de LoretChapitre 58 sur 217 · Du 9- Septembre 1666 [Sobuoni · texte numérisé non relu

Du 9- Septembre 1666 [Sobuoni

Fut débarquer à Ville-Fkahchs , Où le Duc de Savote a souveraineté ,

Et, devant que ce Pkince aymable Put aller sur le lieu luy faire compUment ,

Il n'est rien de si véritable

Qu'elle en partit subitement.

Le Rot ds Portugal n'est pas plus à son aise .- Sa Cour le voit , le plus souvent , Escouter d'où viendra le vent , En attendant toujours sa Rbykk Postugaisb. Ab 1 qu'il est fascheuz tout k fait , Pour un Rot, de la tant attendre .

Encore pour, un Rot si tendre , Qui sans doute a veu son Portrait.

Au reste , j'ay sceu par la Ville

Qu'on vit partir, ces jours derniers ,

Le jeune Duc de Longueville , Que son train attendoit , dit-on , à Colokireks.

Il s'en va servir & Venise .

Avec vingt ou trente des siens , D'où l'on croit qu'on verra son zèle pour l'Eglise Aller porter bien loin le grand nom des Cbrestiens.

Le Comte de sarit Pol , que j'aime Et que , par un pancbant inconcevable & doux, Si-tost que je l'eus veu j'aimay tousjours de mesme ,

Doit demeurer auprès de nous.

Pour luy, Jious le gardons pour en combatre d'autres Et pour faire à son Roy d'innombrables sujets , Tandis que son aisné , par ses pieux projets , DefTendra des païs qui ne sont pas les N6tre*.

Dimanche prodiain . m'a-('on dît , On doit camper près de ViNCEtii«B .

Et cela doit durer deux jours de la semaine. Vostre Pebb , sans contredit , Est un des grands Rots de la terre.

Car, par manière de plaisir.

Il Eut divinement tous ses gens à la guerre.

Adieu , je pourray, là, vous voir plus à loînr.

ILt ugMl»* it tMtar tt taérau ia ttirair* m 'm trmivat fw Jmi A. — BCpUeMiei U iatt. {A L« Muse de Cour i£â6 (vojr. Iam« I . col. 909) pp. llNiaS. B La Mille Dauphine 1667 — IIS-147.

C Lt Miue DispUiK 1668 — >JS'I47.)

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[Par LA GRAVETTE »■ MAYOLAS.] Du 13. Septembre 1666.

Deux Vers qui furent mal pozez Et par mégarde tranapozez. Seulement d'un petit écage , Dans mon dernier PoËtique Ouvra-

i Compozoîent quatre masculins [gc , Précédens quatre féminins ; Prikcesse très grande & très tiaute, Ce n'est aucunement ma faute , Car j'aime avec sincérité

» L'ordre & la régularité , Que je tache à métré en pratique.

Pour l'avenir je m'en explique ; Mais c'est assez , brisons icy ; Voyez, s'il vous plaît, cetuy-cy.

1; Faut-il que le Peuple s'étonne De voir nôtre Porte-Couronne , Louis , le plus puissant des Rois Que jamais ait eu le François , Marcher aux champs & dans la rue,

so Ses Gens tenans l'épée nue , Devançans ou suivans ses pas ?

Mais peut-être qu'il ne sfait pas Que cette mode brave & belle , Trionfante , gaye & nouvelle

S] Nous montre mieux l'autorité De la Royale Majesté.

S'il est de Prince sur la Terre , Entempsde paix, en temps de guerre.

Qui fasse aller ainsi son Train ,

)o Notre invincible Souverain ,

Qui sur les autres Roys l'emporte, A droit d'aller d'icelle sorte , Et n'aime point de son Troupeau Que l'épée tienne au foureau.

>5 U exerce l'Infanterie

Et l'illustre Cavalerie , Et leé instruit si, vaillamment.

Adroitement, parfaitement, A sçavoir manier les armes

40 Que tous seront très-bons Gendar- Tous ses Sujets seront Soldats, [mes.

Et , dans les plus hardis combats , Le moindre de ceux qu'il ameîne Poura servir de Capitaine.

45 Pour les animer aujourd'huy , Il les fait camper prés de luy Autour du Château de Vinceine , Et , si nôtre charmante Rune L'aime & le suit dans ce chemin ,

}« Je puis dire que le Daufin , Que son Royal Père contemple , En luy trouve un parfait exemple :

L'imitant dans ses tendres ans , Il sera des plus ravissans.

)5 Par ses grands soins, ses Compagnies Sont si lestes , si bien fourmes , Qu'on ne voit point de Potentat Dont la Maizon ait tant d'éclat.

Et, sans mentir, des Mousquetaires

60 Les parures extr'ordinairea, , La richesse & l'ajustement Reluizent'si superbement Que les Maîtresses & les Mattres Métent la teste à leurs fenStres

6; Pour remarquer leur bel-aroy.

Alors qu'ils vont auprès du Rot :

Aussi toute la Terre admire La pompe de nôtre grand Sirb.

Nôtre beau Daufin , sur le soir,

70 En se promenant , alla voir, Avec sa chère Gouvernante , Maréchale illustre & prudante, Qui seconde ses actions '

Dans les belles ocazions ,

klQi^lc

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ijo. — Du t%. SqHcnbtt 1666 (Mavous).

7j En une Itrge & longue Plaine , Fort proche du Bois de Vinceine, Le fameux R^înwat Royal Qui , sons mentir, n'a point d'égal , Et s'êtcnt campé dant aes Tances

Sa Amples, nombreuse* & brillantes.

Le Mar<]uii Duuaq, sar le champ, Du Régiment Meatre de Camp , Qu'il âut relufre d'importance , Avec graode maniâceoce ,

8) Politesse & profuzioa , Fit donner la colation A ce Prince , de qui la grâce, Aussi bien que l'esprit , surpasse Tout ce qu'on peut dire aujourd'hui

90 Des Princee plus âgez que hiy ; Et sa vakur, comme on éspÀ'e , Secondera le Roy son Père.

Si-tôt que le Duc de Budfort Entra dans le Rochelois Port 95 Avec la Fk>te belliqueuse ,

Gaillarde , brillanic & pmnpeuze , En état de servir ion bien Nôtre Monarque Trés-Cfarètieo , Ce Prince de mérite rare cigtaiM Envoya Monsieur d'E^srxMAitB ^1^ A la Cour, en donner l'ont A nôtre Souverain Louis Et recevoir son Ordonnance , Qu'avec beaucoup d'impatiasce 105 II atend, & puis il ira

Par tout où le Rot luy dira , Jaloux de bien servir la France* Et de témoigner sa vaillance.

Je ne puis obmétre en ce lieu iioQuc le Chevalier de Gkosubu , Dont le renom beaucoup éclate , Partit avec une Frégate , De celles que l'ordre fameux Et le Grind-M^tre généreux 115DD MoNT-CMtvsL & Saint Lazake, Par un soin & zélé très rare Et par permission du Rot, Fait équiper en bel-«roy.

De Saint-Malo quitant la terre , ■30 Dessus les cOies d'Angleterre, 11 fut jeté tout franc & net Vers la Baye de Montrebet Et prit quatre puissans Navires ,

Qui, certes, n'êtoîcqt pas des pïrea ,

I jj âir les Ennemis envieux , Dont il resta victorieux.

Après avoir donné maint signe De son courage trés-insigne , Le lendemain , par ses coups bons ,

I jo U en ât couler deux à fons , Etant obligé de se batre Et de nouvellement combatre Contre deux autres des Anf^ois, Et par deux diférentcs fois ,

1)5 Pour les empêcher de défendre , Ou , pour mieux dire , de reprendre Ce que sur eux il avoit pris.

Dans ce combat , il fut occis , Couronné de mainte victoire .

140 Et si -fort faloux de sa gloire Qu'il aima mieux mourir sur Mer Que de leurdemander quartier.

Avec six autres qui , sans doute , Suivoient s« valeur & sa roule ,

i4jAussi-Uen que set Oficters , A l'exemple des Chevaliers.

J& croy que la Troupe ennemie , Alors nulement endormie , En ayant repris un ou deux ,

150 Nous en a laissé deux d'icenx ; Le premier s'abyma dans l'onde.

Un peu plus large aue profonde ; Le Chevalier de Viltemor Qui le montoit, & vît encor,

I); Sceut se garantir du nauËrage Et sauva tout son équipage. ' Le second court vers Grénezay, Avec le Chevalier Briz^; Mois Krassaliou le Vicomte ,

160 Chevalier, letroizîéme monte.

Et, par un &vorable sort, 11 doit le mener à bon Port ; Enfin , le quatrième nage A Saint Malo, prés du rivage,

i«5 Conduit par Monsieur de Léons , Suivy de quelques bons garçons.

L'action qu'ils viennent de taire Dit que cet Ordre militaire N'est pas moins xélé pour le Rov

170 Que s il combatoit pour la foy.

Le six du beau mois de Septambre, Au Palais & dans la Grand'Chambre De nfitre Auguste Parlement , On rcceut agréablement

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