A remercier la Crricae
6; << Or aveuei
n.i,z.dbvC0(>glc
439 i88. •— Du 4. Novembre 1666 (S«i
Ne fust-ce que derottment .
Vous n'auriez jamais pu vous empeschcr de rire i Monsieur d'Orleu» fut sérieux à ce point 70 Que toutefois il n'en rit point.
}s trouve encor sur mon mémoire Une assez remarquable histoire .
Dont je vous priverois avec peu de raison. Ceux que diverses infortunes 75 Obliseoient d'aller en prison
Ne s y rendoient pas pour des prunes : C'estoit pour différents forfaits , . Et voicy, MoNSEiGNBUa , ceux qu'un d'eux avoît faits Il faut sçavoir d'abord que c'est un Gentil-^omme Adroit , galant , bien fait & tres-spirituel , Et le plus an qui soit d'icy jusques à Rome. Il soupçonnoît MoNsmoa un tel D'aller , de toute sa puissance , Consoler sa Mom£ souvent de son absence , 85 Et ce Monsieur un tel se le croyoit permis
Parce qu'estant amy tout luy sembloit justice ,
Et qu'on ne reçoit guère aussi ce bon office
Que de ses plus proches amis.
Or il soupçonnoît un Mystère
90 Qui n'estolt pas sans fondement ;
Mais sa femme , dans cette affaire , , N'agissoit pa£ bien rondement :
Plus par MoKsiEUR un tel elle estoit consolée , Qui manquoit rarement à ce secret devoir , 9j Plus elle se plaignoit comme une écervelée
Que ce Moksikdr un t^l ne la venait plus voir. Cela mettoit au desespoir Un Gentil-homme assez honneste , Qui sentoit déjà bien qu'il en avoit en teste iM nus qu'il n'en desiroit avoir.
11 flatte sa femme & l'embrasse , Luy promet de {aire venir MoNsiEcx un TEL l'entretenir, Et . dés le jour suivant , comme allant à la chasse , i«j II l'apperçoit entrer chez luy secrètement
Pour aller consoler sa femme.
Il y revient soudainement , Monte à U Chambre de Madame.
Fureté tout l'appartement, 110 Et, plein d'une fureur cruelle
De voir qu'il hayt si fort i la voir seulement , Qu'il entre dans sa chambre & ne soit point prés d'elle. Rongeant son frain , grinçant les dens , U cherche , et, ne voyant qu'un coffre 1 15 Que le hazard à ses yeux offre ,
6S ^ d'en rire. 1 89 ^ mwtere.
77 j1 diffcrmt brfùt. 91 jt MiU la OinM.
78 A Cl qn'an d'nii mit fiûl. |
îdbyGoOl^lc
441 i88. — -Du 4. Novembre 1666 (SsBuanr). 4
Croit que Monsibur un tsl est ssm doute dedans
Et , pour le punir tout sur l'heure
De la colère & de l'ennuy Qu'il donnoit à sa femme en venant peu chez luy, 1*0 L'enferme dans ce coffre afin qu'il y demeure.
La Dame en tremble de frayeur.
Mais cela radoucit Monsieur.
Il ne dit rien qui luy déplaise ,
Ne luy parle que de beau temps 1*5 Et, pour laisser dormir Monsieur tbl à son aise,
La meine à la campagne avecque tous ses sens. Cependant elle crott que , par un coup de M^tre , Le Galant s'est enfin sauve par la fenestre ; Ce penser assez doux rappdle ses attrus. ) jo Mais on revient trois jours après ,
Et, comme l'on sentit, en entrant dans la chambre.
Une odeur plus forte que l'ambre , On chercha , l'on ouvrit le col&e en question : On vit MoMsiBDR Tel mort en meschante posture 1 IJ5 Et le mary, blasmé d'une telle action ,
S'excusa de telle avanture.
Or , on parla diversement
De ce que je viens de voua dire ;
Les Amans plaignirent l'Amant , 140 Les Maris n en firent que rire.
J'aj d'autres contes ft mon chois Dont nous pourrions causer ensemble, Mais il vaudra mieux , ce me semble , Les garder pour une autre fois.
14J Mon Messager revient m'apporter la Nouvelle
De la Chasse de saint Hubert.
Elle estoit , m'a-t'on dit , fort belle , Mais les Veneurs ont bien sou^ert.
L'humidité , le vent , leur donna peu de joy;e ; i)o , Ce fut bien fait ft vous que de n'y pas aller.
Car tel, qui poursuivoît sa proye , Se vit luy-mesme en proye aux in]ures de l'air. Que je dise au Roy le semblable.
Mon discours sera mal receu , us Car c'est un Prince infatigable
Qui ne s'en sera pas seulement apperceu ; Ce que j'ay dît pourtant n'est pas moins véritable Quoy qu il en soit revenu guay.
J'en sçais qui , d'avoir fatigué , <ite Se sont presque donnez au Diable
Que font vos Dames , dites-moi ?
17 A dMM* l'hiuTC. I De la remettre i d'iutrea foit.
1)1 A foit proche de II Chambre. ij 1-151^ Cir ccui qui twumUvafent lear ynjt
■ ]l A plu* flae qiic l'ambre. I Furcot en pro^e ciu-mewne ani injurat lia l'ai
I4)-I44i# Mal* j* ftrajr mieui, ce me aenblt , | if6 A point.
443 iM. -TTT Du4. NoTiinbre 1666 (Smuonj.
On dit que sdtFe puissant Rot Leur donna , l'autre jour , un bal de conséquence ; Mais dansent-elles en cadence i6j Apres avoir esté prés d'un an sans damer ?
Pour moy , je pe l'osots penser, Et cependant on dit qu'eUos firent mervdlles. Entre noua , DAu^mi pUIn d'appas , Quand les D«ei«s font de fiuix pas, 170 Ce n'est guère par.ies oreilles.
Vt^ee-TDus , depuis san retour , Le Cours d'Aovbrgnb à la Cour ?
Je le croy, car cette semaine , Je le vis, qu'il partoit d'îcy, 175 Et son oncle le grand Tnimiira ,
Pour volf Lonis & vous aussi.
Qu'aurez-vous dit de sa personne?
Vous l'aurez veu frais , gros & gras -. ' Mais l'embon-point n'empesche pat 180 Que, s'il faut donner, il ne donne.
Et si vous le fiiisieE parler De ce qu'il a fait en Hoh»hb Où l'on le vit se signaler , Vous verriez si c'est flatterie.
i8j Vos braves Daophins , l'an passé ,
Eurent prés du vieux bois leur part de'sa victoire ; Demandez-leur un peu s'ils eurent de-la gloire Quand le Mdnïtkrien fut par luy repoussé Et qu'il quitta , voyant un tel Pnnce en colère , 19a Deux chasteaux usurpez dessus sa Belle-Mem.
Peut-estre l' accuse rez-vous D'avoir esté long-temps sans revoif sa p^triç? Mais paraonnons-luy, je vous prie :
On sçait qu'il est l'iilustre Espous 195 D'une Princesse jeune & belle ,
Et l'absence est i}n peu cruelle Quand il faut quitter Bergos & des charmes si dous : Du moins c'est ma pensée et c'est sans raillerie. Comme tout peut-estrç icy bas , MX) S'il arrive qu on nous marie ,
Ne fat-ce qu'un moment je ne vous quitte pas.
On parle encor du feux M«ss)e ^
Que depuis peu Le gbakd Vuia '
Avoit sauv^ pgur son plaisir.
30$ Encor qu'il ^;st troublé la moitié d; l'A^lK'
Lassé de le voir sans raison , Et de ses sottises nouvelles ,
163-16^ A On dit que l'autre jour le Roi Pour Chef de leur Civaleric ,
Laur Si un bal de cooiequence Le aecret nt qu'il «M l'eipou*
169 Â de* ttm pa«. D'une PuHcuai jaune ft belle
I9J-196 À Maia , oum qm, dapoi* la p"** ^ El que l'abieoee eat Iprt cnwlk.
Le* ÉtTATS le choairent tout niomnii,
(Çk!
kio^^lc
iS8. -^ J>u 4* NovCBibrs i6l}$ (SmuQMV . On i'ft r^pif diaa# la pr^oD , A ce qu'on dit , sus Oarpâxiwu^ • Et , si le Granb ^çl^*» perH^te ea sgn humeur. Le Prophète biatt-^toot »« jsers qu'iin ruseur.
Lp Gband VisiR est fort en peine :
La Peste est par tout dans son camp Et fait là mourir sur le champ Les meilleurs soldats à centaine.
On comptequ'en deus mois de temps Il a perdu , par cette peste , Dii mille braves combattans
De trente qu'il avoit dans un estât fort leste.
Le SoLTÂN est en peine aussi , de son costé , D'un fort grand peuple révolté, De ceui qui confinent la Perse.
Une seg^e en est le sujet :
Un Bassa mécontent en conduit le projet ,
Et le Messie encore alloit à la traverse Et pour croistrp le remueinept ,
Lors que l'on s'en saisit fort politiquement.
On dit je ne sçay quoy de la paix de Vbmsr , Maïs je n'en k'ouvc pas la Nouvelle de mise. Le Cu^celier Ballarini , @on Ambamadeur k 1^ Porte , Dit que le grand Visir s'y porte Et que le orand Seigneur ne diroit pnf nan^jr. II a quitté Cor<ST4KnNOFLB , Pour se rçndre dans Andrifioplb , Sur l'ordre du mesme V191R ; Mais , qu'A loisir on luy propose Et qu'on Ja çpnclue & loisir.
11 me reste i (f^re autre chose.
Le Traitté de Brbmbn est fait
Et le SyéiKHS Mtisfait , Du moins asseure-t'on bien ^rt cette Nwwl|e.
Entre-fious, je la crois aussi Et . dés qu« j'appercetis liguer pp^ir ia querfflk . Je me doutay tousjoura qu'il en ifolt ain|i.
A Di«u , je vous attends fvns Faute Pour le vingtième de Ç9 mpis.
A|B«Bez avec vous le plus puissant dw Roys, Avec ceRe Maman de qui l'ame est si haute. Vous ne sçauriez vous figurer Avec quel excès d'oUegresse Et quelltts marque^ da teodfcwq
ns,i,z.dbvG00i^lc
i88. — Du 4. Novembre 1666 (Sobuskt) 44S
Pakd attend ce bien qu'on luy fait espérer.
Tout Y rit déjà par avance Et gouste le plaisir de revoir son grand Rot,
Mais , s'il trompe cette Espérance ,
C'est fait de Paru & de moy.
DE SOBLIGNY.
«a dt U nu DoMtkmt ,
, ir<i€mthPimtmt<^.
A*uPTimp
W€ ff TUrtOê dta lOfirt M M
Irtimnlfu4
■ dim,A.-
BCplMc^mHHUM,.
(4 UMbh
£ Li Miue CUMoK
de Cour Diuphine
"Si!)
LETTRE EN VERS A MADAME
[P*i Chaili* robinet.] Du 7. Novembre 1666.
Par deux ou trois mots de harangue ,
Jeune & belle Divinité
Digne de l'Immortalité , Ma Clion, derechef, vient de vous prendre langue;
Elle vient , ô son cher Support ,
Prendre de vous un Passeport
Pour ses Productions nouvelles.
C'est luT qui luy porte Bon-heur
Et qui fait qu'avec tant d'honneur On l'écoute aujourd'huy dans les belles Ruelles.
« Ah I c'est la.Muse de Madame , »
Dtt-on , c qui nous vient visiter ;
» Paix-1& , chut ] il fout l'écouter, » Car elle doit avoir esprit, brillant & flflme.
» Cène Princesse , » ajoute-f on ,
« A le Goût fin , a le Goût bon ,
» Elle n'est rien qu'Intelligence;
» 11 faut, donc, nécessairement »
Vous voyez leur Raisonnement , Madame , & quelle en est pour moy la conséquence.
Je sçay que hausse elle peut estre , Quoy que les Principes soyeat vrais ;
n.i,z.dbvG00i^lc