Day. Novembre 1666 (Robinr
Nulement je n'es doute , mais Pir une telle Erreur je toy ma gloire accrestre.
Afa I daignez aonc , par vôtre Aveu ,
La faire durer tant soit peu.
Que vous en chaut , Grande Princesse î
Cela ne vous fait du tout rien ,
Et moy, j'en reçois quelque Bien.
Mais c'est trop sur ce Point arrêter Vdtre Altesse :
Cessant de préambuliser.
Je vais viste nouvelliser.
J'ay sceu qu'en vdtre propre
[Chambre , Qui ne sent rien que Musc &
[qu'Ambre ,
a Le Concours fut beau, Vendredj, A dix heures ifria Midy ; Que nos deux Tbstks Cookonnâbs , De tant de gloire environnées, Y traînèrent toute la Cour ,
40 Et qu'& l'éclat d'un nouveau Jour, Que maints grands Lustres allumé- [rent Et que les Miroirs redoublèrent , Il se fit force galans Pas Par plusieurs Objets pleûis d'appas,
45 Qui sçavent , dans la belle Daace , Observer très-bien la Cadance.
Mais j'ignore de ces Beautez Tant les Noms que les Qualitez , Avec les autres circonstances
y> Et ravissantes dépendances De ce riant & pompeux Bal , Ce qui fait (de quoy je veux mal A mon Relateur peu fidelle ] Qu'ici je ne bas que d'une ule
$9 Et que je dre le Rideau Assear^ent sur le plus beau.
Je n'en sçaurois presque plus dire Du Bai. qui, chex nOtre cher Sma , Se fit aussi , le lendemain ;
6aJe m'en ^ate la teste en vain ; En vain j'en murmure & rechigne Contre ia Fortune maligne :
il me faut croquer te Marmot Et n'en dire aux Lecteurs qu'un mot.
6j La Sale çstolt fort décorée Et comme en plan Jour éclairée.
LoDis , Grand en toutes façons ,
Menant Madame db Soissoms , Fut du Bal le premier Mobile .
70 El s'y fit voir non moins habile Qu'à tenir, eu grand I>otemtat, Les nobles Resmks de I'Estat.
Tout le reste , entrant en Cadance , Marcha sur ses pas dans la Dance ,
^f Emporté par le mouvement De son Mobile si charmant , Et qui, chaque jour, d'autre sorte. Par son impression si forte , Régie les Mouvemens divers
8a Des EsTATS de tout l'Univers.
Entre les belles Balladimbs , Toutes brillantes & poupines , ^
La jeune Grâce de Toossr ^
Y parut, non cossi cossi, y S$ Mais comme une jeune Msxvkuxb,
Dont les Heds , r^lez par l'Ornlle , Qu'elle a fine admirablement.
Se déméloyent d'un air charmant.
Une autre jeune Dbmoisbllh 90 Aussi tres-aimable & très-belle
(C'est MABBHOtSBLLB CoLBEKT]
Pareillement, d'un IHed expert,
Y fit des Pas, sans vous rien feindre, Apeindre, s'ils se pouvoyent peindre.
9j Mais elle a bien d'autres Talens Qui sont beaucoup plus excellens , Et qui rendront la Destinée Trop heureuse & trop fortunée De Celuy qu'un Nonn saint & doux
100 Fera quelque Jour son Epous.
Au reste , un Superbe Régale D'une &çon toute Royale Ledit grand Bal assaisonna.
Et mon mémoire finit là.
loj Mais voila comment I'Auuoucssr Débusque à la fin la Tristkssb , Qui faisoit un sombre Séjour, Depuis long^-temps , de autre Cooh.
189 — Du 7. Novembre 1666 (Robinet).
toPoio- C'est vainement que le Sarmathe """■ Chez luy d'un long Repos se flatc. Las 1 par un Sort trop inhumain , Toujours il y reste un Levain De la RÉBELuoN détruite , Par gui cette Hydre est reproduite.
1 15 Les Soldats & les Qfficiers , Faute de toucher des Deniers , En tous Lieux courent au Pillage , Ils ataquent , brûlent , font rage Et T'entrent mêmes , ce dit-on ,
110 Dans leur Confédération ,
Que l'on peut nommer I'Aluancb De la RivoLTS, que je pense.
La NoBLKaSE , d'une autre part , Levant la Creste & l'Etendart,
iij Taille aussi nouvelle Besogne A la mal-heureuse Pologne , Sans avoir pitié de son Roy Qui , dans ce triste desarroy.
S'est vû contraint, sans nule grâce,
ijoDe quiter un Plaisir de Chasse, Que , sur la foy de ses Destins , Qui ne sont que de francs Lutins Et qui pour luy n'ont aucun tendre, Le bon Prince estoit allé prendre ,
135 Comme l'un des Fruits de la Paix Qu'il pensoit avoir désormais.
Mais, dedans ce nouvel Orage, LcBOMiRSKi parêt bien sage Et n'est soubçonné nulement
140 D'un si mutin Emportement :
Souhaitons-luy, sur l'apparance , Le beau Don de Persévérance.
L'Ehferedr, pour sauver Bréhen, Qui souffroit un rude Examen ,
145 Avoit conjuré divers Princes ,
Les plus puissans & les plus minces, De la secourir au plutôt Contre les Troupes du Roy Goth ; Mais le bruit court que le beau Sire
i5a[0n vient du moins de me le dire) N'a pris tout ce soin-lâ qu'en vain , Et qu'enfin , par une autre Main Pleine de gloire & de puissance , Bréhen verra sa Délivrance.
ijjJe prévoy donc q^u'en ce moment Il ne pense certainement Qu'à cette belle Impératrice Qu'un Astre, à ses souhaJs propice.
Devers luy conduit à granas pas ,
160 Car elle a quité les Estats Du MiLANEz , après les Festes, Que les plus éminentes Testes Luy firent par tout à l'envi, Dequoi son coeur étoit ravi ,
165 Et sans cesse avecque sa Trovpk , Ayant le Vent d'AJtoOR en poupe .
Elle s'avance devers luy Pour finir son pénible ennuy.
Ne demandez plus des nouvelles 170 Des trois Fotes; en dépit d'elles Et de leurs belliqueux transports , Elles sont toutes dans leurs Ports .
Et doivent y faire leurs poses Jusques en la Saison des Roses :
17s Pendant quoy, peut-estre , la Paix , Selon les plus justes souhaîs , Bannira a'entr'elles la Gdbrxb Qui trouble i'Eau , l'Air & la Terre.
Messieurs les Estats Généraux ,
iSo Pacifiques & martiaux ,
Ont , d'une façon authentique , Fait Réponse au Roy BarrAHiQiiB , Que , comme luy, de leur côté , Ils sont prests d entendre au 'T'RirrÊ.
1S5 Et mëmement de le conclure D'une manière honneste & sûre ; Si bien qu'il n' avoit , de par Dieu , Qu'à se déclarer sur le Lieu ; Que , sans chercher de Rime en
190 Ils désireroyent être neutre, [eutre. Mais achevons diligemment Par un nouvel Evénement.