‹ Les continuateurs de LoretChapitre 97 sur 217 · Du 14. Novembre 1666 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 14. Novembre 1666 (Robinet

Et luy compte l'aotre à l'instant , Dont cette Déesse de Joye

»4o Fait fort alaigrement sa prove.

D'ailleurs , or meine le Cheval , Quoy que misérable Animal , Avecque soin A l'Ecurie , Et puis de la Rôtisserie

14] On apporte dequojr fripper.

Et l'on fait au moins bien souper Le pauvre DnTPS pour sa Somme.

Enfin , pour àcnever en somme , Sa Tante , luy disant bon soir,

tjoLe iait emmener au Dortoir,

Comme un Homme de son Village, Et lors le Butin se partage Enn'e elle & les deux Egrillars , Etans tous trois des plus gaillars

ij) D'une si bonne & bule Aubeine.

Mais , comme c'estoit la Semùne Où l'on commançoit & Paris De donner la Chasse aux Ctpws , Il arrive qu'à l'heure même ,

3£o Ce qui leur rend le teint bien blJme, Le CoMKissAiHE du Quartier, Lequel des mieux sçaît giboyer, A son tour, par mal-avanture , De tous aussi fait sa Capture ,

i«j Et dans la Prison les conduît , Non pas vrayement à petit bruit.

Le Troten , qui sur un Derrière Etoit roaSant sur sa Litière , En étant soudain réveillé ,

*7o Accourt & , sans estre habillé , Voyant qu'on emmeiae sa Tante ,

Il la suit d'une voix dolente , Allant criant sur le Pav£ :

« Ah 1 HA PAtTvsE Tante Bdbé ,

17J » Ma PAirvsB Tante Qti'on EJOixmB ! > Tant qu'à crier il pert haleine.

Or, comme on scait que le Hazard En beaucoup de cnoses prend part.

Il fait que cette belle Prote

s8o Passe où le Messager de Troye A son Gîte ordinairement , Et qu'ainsi , casuellement , Etant accouru dans la rue Au vacarme de la Cohue.

18$ Il void, dont surpris il est bien , La pauvre Diippe de Troten , Qm n'ayant rien que sa chemise , Sons cesse crie après la Prise , Toujours d'un accent enroué :

190 « Aa 1 MA PAimtx Tante Boiâ. »

Soudain il confit qu'il s'abuse Et , par le discours de la Bma , Apprend tout le Narré susdit , Qn on doit croire sans contredit.

*9$ J'ay tenu , je croi , ma Promesse , Madame , à Vôtre Belle Altesse , Et , sans plus long-temps caqueter.

Je m'en vais, s'il lui plaît, dater.

Ma Lettre est du trçïze Novembre, 300 Lequel porte en croupe Décembre.

A Para , CJuf P. Magnl .ratifia Harpt , aut fr«w K«i. Avtc PrimUp ia Xo^.

DiglizedbvGOOglC

LA MUSE DE LA COUR

[ Pai PBRDOU d» SUBLIGNY. ]

XXVL SEMAINE.

Du Jeadj dix-huitiesme Novembre i6€6.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Un dit qa à aAmT-OEiutâiN , cet Hyrer, l on demev MoKsiEUR Valot l'ordonne & c'est Moniikdx Valot.

Je laisse fain A ne dis mot ;

Je voy bien qu'on veut que je meure.

J'en mourray , Princb , par ma foj , Mais je verray mourir tout Paus avec moy. Monsieur Valot vrayment parle bien à son aise ,

A cause qu'il est à la Cour ;

S'il estoit seulement un jour

Loin de son Roy, ne luy déplaise , Ou qu'il fut à Paus , contraint de s'y tenir, II n'empescheroit pas le Roy d'v revenir. Passe , pourtant , SsiaNEnK , si la chose est utile-

Que le Roy suive son Conseil ;

C'est peu que de perdre une ville Pour la santé d'un Monarque pareil.

Cela nuit toutesfois au Corps de Médecine ; Sa réputation va tomber en ruine , Car voila , dira-fon , comme les Médecins ,

Qu'on croit les plus pleins de sciences

Sont des villes les assassins

Avec leurs belles Ordonnances.

Le Louvre neuf est achevé , Purifié, chaulé, lavé, 3} D'un air qui me feroit envie

D'y demeurer toute ma ^e.

J'en reviens , & je l'ay trouvé , Si superbe et si magnifique

Que je ne conviendray jamais io Que l'on puisse voir des Palais

X D'une plus pompeuse fabrique.

B C portait timpUment XXV. Semilne. | i j ^ Il l'cM d'uo tir lu dwiu qui me ftroft tari*.

t yi on rfcmcure. I 17 vf Et, de plu, j'en revjeni et na jreui Tant

*i A \jt LouTrc du jirdin ot 1! bien aàuni. \ fmmé.

n.i,z.dbvCo(>glc

içp. — Du 18. Novembre 1666 (Sobliqnt). 478

Le Rot n'a peut-eatre songé , En faisant ce lieu de délice , Qu'à se voir proprement logé , Comme en effet c'est la justice , Tandis qu'au prochain renouveau On achèvera le Chasteau , Mais il a fait plus qu'il ne pense :

Bien-tost Paris , s'u plaist aux Cieux . Lu7 va devoir le fruit d'une horrible dépense Que viendront &ire dans ces lieux Cent mille estrangers curieux.

A propos du Chasteau du Louvre,

Sçavez-vous le funeste sort Du vieil Abb£ Brunead , qu'on estimoit si fort î De quel rempart , bon Dieu , but-il que l'on se couvre

Si le Louvre ne suffit pas

A nous sauver d'assasslnas ?

Lundy, quinzième de Novembre, En plain jour, trois voleurs montèrent dans si diambre.

Le merent de treize cous Et, sans que le couvreur dessus la couverture Arresta par ses cris ces Barbares Filous , Us auroient profité de cette conjoncture ,

Emporté ce qu'ils auroient pu,

Sans qu'on en eut jamais rien sceu.

On les suivit à l'heure mesme ;

L'un fut pris , l'autre fut sauvé , Et l'autre . s'échapanl d'une vitesse extrême , De trois coups de mousquets tomba sur le pavé.

Helas I ils ont osté la vie.

Par ce coup de témérité ,

A celuy qiie mesme l'Envie Trouva digne tousjours de l'immortalité.

Dites au "Roy, Dauphn aykablk , Dites ft ce grand Roy qu'il revienne à Paris ,

Car de tels desseins ne sont pris Que quand 00 ne voit pas ce Pmncb redoutable.

Quelqu'un de Sinfr Gkucain vient de me rapporter Que l'on vous y prépare un assez doux spectacle. Et , cela supposé , ce n'est pas grand miracle

Que vous ne le puissiez quitter.

Un Balet se propose où , dit-on , l'on employé

Trois troupes de Comédiens ,

De François & d'Itauens, Qui par trois iktdohftus y mesleront la joye. On y fera des jeux dont 1 art vous surprendra Et , pour le couper court , tout ce que l'on voudra.

Mais, quel qu'en soit tout l'artifice.

Je gage que , ai le sujet

192 Du 18. Novembre 1666 iStmuaicT). 4S0

Des Ihpromptos & du huixr

■Ne roule point sur la Police [Je veux dire sur ceux qu'elle met en soucy). Vous n'y rirez pas tant que nous faisons icy.

' Nous rions , Monssigkbor , c'est k venté pure ,

Car, qu'il soit véritable ou non Que la Police soit d'une telle nature

Qu'elle reforme jusqu'au Nom Et jusqu'aux qualitez de Marquis & de Comte , Quana on n'a jamais eu Comtez ny Marquisats:

Soit qu'il soit vray, comme 00 le conte ,

Qu'on aille régler les estats ,

Ordonner pour les uns la soye.

Pour d'autres le ras de Chalons , Et qu'on defîende encor tous les faux cheveux blonds. Nous avons le plaisir le plus grand qui se voye.

De vray, ce que produit . en de certains Espris ,

Cette crainte-là dans Paais

Est un vray regale i Vous faire ,

Et ce qu'il font pour se soustraire

A ce cruel Examen-là

Vaut encor plus que tout cela.

Tel qui fit voir une couronne

Sur sa chaise jusqu'à présent >

Et qui craint que quelque plaisant

Ou quelque Maistresse friponne

Ne luy reproche à chaque pas D'avoir fait le Marquis quand il ne l'estoit pas , Croyant les Estrangers exempts de la Police,

Aprend bien viste l'Allemand ,

Llteltea ou le Flamand , Afin de le parler pour lors à la Justice Et de se conserver, .à l'insceu de l'Edit . Ce qui le fait aymer ou trouver du crédit. Le dessein n'est pas sot , car, au siècle où nous sommes ,

Je remarque & tous les momens Que la meilleure part de ces faux Gentils-hommes.

Sont faits comme des Allemans.

Un autre ainsi , selon sa teste.

Cherche quelque deffaitte honneste Pour s'en servir dans l'embarras, , Mais , ce que }e n'oubliray pas , C'est ce qu'à déjà fait une sotte Amsanne Qui , d'une Damoiselle ayant porté Testât ,

klQi^lc

ip». — Du 18. Novembre 1666 (SnBuàMY). 48s

Craignoit qu'on ne la condamnât

A n'avoir plus nom que Dame Annb.

La belle le portott fort haut ,

A ce qu'en dit beaucoup de monde ,

Et , comme une taupe estant blonde ,

Ne trouvoit en soy de deffaut

Que d'estre femme d'un I^taut.

La chose est rude aussi quand on est de fomille

Et de fait , parlant par honneur.

Cette Dame Anke, MoNSBiGNEnR ,

D'nn Savetier estoit la fille.

Heine donc d'indignation Qu'au jour de Saikt Cbksfin les vallets de la fes^ Vinssent, par leurs bouquets , lu^ remettre en la teste

L'honneur de son extraction, Qu'avilissoit bien fort ( n'est-il pas vray, mon Prince ?) De ce mary Pitaut le rang un peu trop mince , Dame Akite, se crovant riche d un Favory Qui , sans ce fin Pitaut , la feroit Damoiselle , . Le suplia pour l'amour d'elle

De tuer un si sot maiy.

Cet homme , Monseigneur , promit de l'en défaire ;

Mais il n'estoit aucunement

Homicide ny sanguinaire ,

Et , luy promettant chaudement

De l'en dépescher pour luy plaire.

Se réserva secrettement De le ressusciter quand il voudroit le feîre. L'Espoux estoit absent ; il proposa d'abord

De s'en deffaire par Magie ,

Et la Dame en tomba cP accord , Trouvant cette recepte encore plus jolie.

Mais il faudroit vous faire voir.

Pour vous bien p>aire à cette histoire ,

Dahe Annk lisant le grimoire :

Vous admireriez le pouvoir Que l'ambition a sur ces petites femmes , Quand elle est une fois maîtresse de leurs ames- Le galant guoguenard, voulant s'en divertir

Et luy faire valoir la chose .

Luy dit qu'il faloit , sans sortir, Jeûner trois jours entiers & , seule , en chambre dose , A la fotble lueur des charbons seulement. Travailler elle-mesmc à cet enchantement.

Ainsi , Prince . vous l'eussiez veue

Dans cet estât & toute nue , Marmottant & faisant posture de Calot

Pour paistrir un morceau de cire , Suivant ce qu'avoit dît son Galaitt mot A mot , Tandis que , voyant tout par un trou , sans rien dire , Luy-mesme , avec l'Espouz fraischement retourné,

ertreiijoun& ( 1 1(9^ De tarte que voua l'cuuiei vtiw.

'^.OIW

483 ipa- — Du 18. NoTembn 1666 (Smuoinr].

S'estou&it à force de rire.

Mais l'Espoux en rtoit comme rit un damné.

Sa femme estant déjà punie D'avoir ainsi jeune trots joufs sans rien manger, iSo C'estoit pourtant , ce semble , assez pour le vanger

D une telle friponnerie ; '

Mais un maty ne peut passer cela si doux ; Il veut bien autrement se vanger d'une infEune.

Il conjure dans son courroux i8j Le feint amoureux de sa femme

De pousser jusqu'au bout le faux enchantement. Feint de partir encor dons le mesme moment , Et , dés le lendemain , une lettre est écrite , Qui chante que l'Espoux est mort de mort subite. 190 Dake Anne en pleure d'aise &. croit son Favory

Prest à la dérober aux rigueurs de Police : Mais, pendant que l'on Kint de pleurer le Maiy,

Il revient se &ire justice.

Il se cache secrettement 19J Dans un coin de l'appartement :

La Vefve vient coucher, le Galant en ruelle

L'entretient jusques à minuit :

Le Mary lors se montre & fait beaucoup de bruit , Et , comme il n'est si sot qui n'ait un peni d'esprit , loâ Tue en mesme temps la dundelle,

Et, tandis que de [|eur elle dent le Galant, Qui dit qu'U ne voit rien , luy parle &. la rassure ,

Le PitauBt , d'un bras violent ,

Bat la quaisse sur sa fressure , 30) Et , pour se vanger en Espous ,

La rend toute noire de cous.

Enfin , pendant deux nmts entières ,

Il luy donna les Estrivieres , Jusqu'à ce que, croyant avoir frappé trop fort 110 Pour qu'elle crût encor qu'en effet il fut mort.

Et que , voyant venir deux Pères

A dessein de le conjurer,

Le mort se mit à déclarer

La pure teneur des afîaires.

115 Vous n'avez pas à SimT-GEMiAnt ,

Quoy que vous ayez des merveilles ,

D'actes nv de scènes pareilles .

Ou bien l'on les fait à la main ;

Mais jamais il ne fut d'histoire i»o Plus fidelle que celle-cy,

Ny qui soit plus nouvelle aussi , Et l'on doit , Monseichkur , d'autant plutost la croire Que , si Dame Anne enfin la lisoit en passant , Elle en seroit la preuve encore en rougissant.

iSj À L'inSilclIc Aimant Je u fema:t. 1 (99 Ci ivi m. dans A

iqô /< & le Gilnnt préa d'elle, [brait. loj A le M17.

19-// l.r Mary danmn dnp » montra et fait du I ixo A Pour qu'ell* n

kio^^lc

485 193' — Du 18. Novembre 1666 (Sobuohy). 486

M5 Brisons-là : sçavez-vous ce que c'est qu'un Cbasteau

Que l'on appelle Caprarollk ?

Un uny m'en écnt & me donne parolle Qu'en toute I'Itauk il n'est rien de plus beau. Pendant <}ue le Pape . encor jaune ajc Du maudit mal qui le tenoit,

Dans un des siens se promenoit , Le Duc DE Parmi en &t un prest au Doc as Craunb , Et cet Ambassadbuh r fut se divertir

Suiv^ d'une Cour si nombreuse ■jj Que je vous diray, sans mendr,

Que celle d'aucuns Rois est beaucoup moins pompeuse. Avouez-moy, Dauphri , que cela soutient bien La Royalle fierté de nostre Trbs Ckbutten. Aussi , ce Duc y sçait gajtner les bonnes grâces ; 94» Soit qu'il marcne ou vive chez toy,

Il y dépense comme un Roy.

Mais venons an Chasteau , qui , dit-on , a cinq faces ; C'est un Palais d'Armide & plus charmant encor ; Chaque département est tout «eui un trésor, «45 ' Et , ce que l'on ne voit qu'en fort peu de contrées ,

La Cour est toute ronde & les chambres carrées. D'ailleurs il est basti sur l'horrible penchant

D'une haute & belle Montagne, D'où l'œil des cinq costez peut courir la campagne , ajo Toujours dans un plaisir également touchant.

Je compare ses promenades , Ses fécondes K&ux. , ses cascades , A celles que Monsieor , Frère unique du Roy, A fait faire à Saint-Clodd chez soy.

SJ5 n le voudra bien , que je pense ,

Car la comparaison n'y fera point de tort ,

S'il est vray que , sans complaisance , L'art se voit en ce lieu dans son dernier effort.

Peste soit de Damb Ankb & de son origine , '^ Qui m'empesche d'escrire icy la chasse aux Datns

Où , par son adresse divine , Nostre Dec a sans doute étonné des Romains. Rien ne meritoit tant de m'exçrcer la veine Et n'estoit , dit-on , plus charmant.

^ï Mais le papier finit ; jusqu'à l'autre semaine ,

Adieu , pKiMCE . sans compliment.

DE SUBLIGNY

147 A dcnui l'iBrcui penchant. Ij tignahirc ii l'auteur et Faàrtsxe dm lihrairt me

I u tnrnixat ift dam A. — BC placent ià U <i1e

(<f Li Muu àt Cour iéô6 (tny. lome I, col, 909). pp. acj-ita. B Lt Mme Dvipbine i6b7 — aja-H'-,

C L> MbM Diuphinc ifmB — lj»-l4l.)

...Caio^Ic

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pa* CHikitiB ROBINBT.]

Du 31. Novembre i666.

Illuscre & complette Héroïne, Qui de la Gloire la plus fine Faites briller vôffe Renom , Voici le bout de la Semaine , Et c'est à dire tout de bon Qu'il me fout derechef ouvrir pour vous ma Veine.

Mais que cet Opfortbt m'agrée I Que la Muze , à vous consacrée , En sent de joye & de plaisir I Par Phoebus , il a mille diarmes Qui de nous se viennent saisir Et nous rendent féconds en nouveaux petits Carmes 1

Vous le voyez , Grande Henriette , Car, y compris l'Historiette , Nous passons souvent les trois cent , Et , sans trop oser me promettre , Vous en aurez, je pense, autant.

Avant la an du Jour, dans la présente Lettre.

L'EiiPERsua , selon son devoir, 30 Pense sans cesse à recevoir De la belle & la bonne sorte Sa charmante & digne Consorte , Faisant presser les grands Apprests , Qu'on ne fait pas à petits Frais , ij Pour la Pompe de son Entrée , Qui sera beaucoup admirée.

On répète aussi des Balkts Des plus plaisans & plus folet^ , Dont les Danseurs , sans raillerie , ]o Sont bien nourris & l'Ecurie , Car lesdits Baladins nouveaux Sont de frîngans & beaux chevaux.

D'ailleurs , cet Impérial Sire , Qui . certe . avec raison désire ,

35 Par des soins sages & prudeas , De prévenir des Accidans Qui ne seroyentpas bagatelles.

Fait entrer des Troupes nouvelles Dans sa CAPrrALs Cité ,

40 Car, à dire la vérité , Comme , pour voir ses Alaigresses , Il vient Gens de toutes espèces Et de tous les Cantons humains , On y pourroit jouer des Mains

45 Et , par une Trame rusée , Luy soustraire son Epousée.

Or ce seroît à tous les deux Un Accidant des plus fâcheux , D'estre ainsi , par un Sort austère ,

50 Encor exclus du doux Mystère

i^i. — Du il. Novembre 1666 [RoBinn].

Auquel depuis un si long-temps Aspirent leurs Souhais ardans , Et Ton doit , dans ces occurrances , Prendre toutes set asseurances.

;j La belle Madâke PoirrAn. , En suite d'un heureux Travail , A produit avec grand courage Son Chef-s'Œuv&b de Makuoe , Un Infant composé d'appas

toComme elle , ^ui n'en manque pas , Remplissant ainsi d'alaigresse L'heureux Autheur de sa Grossesse, Qui void, par ce premier beau Fruit, De set Caresses le profit ,

65 Et que l'Amour qui son cœor âate Ne semé pas en "terTe ingrate.

Aux Yeux de toute nostre Couk , Ce Poupon récent, l'autre jour, La seconde Vie au Baptêhb ,

70 Certe , avec une gloire extrême.

Lorns , l'HoNNKim des Souverains , Sur les Fonts lut presta ses Mains , Qui dispensent & Paix & Guerre A son gré par toute la Terre ,

n Et l'honora de son grand Non , ' En tous Lieux d'éclatant Renom.

Vous le sçavez , Royale Altisse A qui mes Epistres j'adresse , Car aux belles Mains de Loois

SoLes vAtres , plus blanches que Lys; Se joignirent dans ccMystére , En la qualité de Coicmâre ; Et mtme il mêla , ce dit-on , Vôtre Nom avecque son Nom.

I5 Apres quoy, non à l'avanture , Hais de certitude j'augure Mille Biens pour ce cher Enfant Dés son Bercsâu si triomphatft.

Mais c'est à Madame sa Mère

9aQu'îl doit un Destin si prospère Et , pour faire plus clairement , A nos Lecteurs sçavoir comment Je n'ay rien que deux mots i dire , Qui sans doute peuvent suffire.

M Cette Dame , qui beaucoup vaut , Est l'aimable de Chkmbradlt.

Qui fut FiLLB d'HoNNEOR , & chérc A la Défunte Reyne Mtex.

Défunte , helas I en le disant , io»Je tombe en un ennuy cuisant ; De douleur mon cour en soupire.

Ah ! quel Mal-heur pour cet Empirel

Ici je ne puis oublier.

Mais ]e doi vraiment publier

loj Que la Mahéchale excellente , Qui parêt si digne Râgente De nôtre Dauphin glorieux , Psr un sentiment tres-précieux , Avoit aussi , l'autre Semaine ,

1 10 Fait la Fonction de Maraine Avecque son Papa charmant , Ce que j'ay sceu présentement Et sans nule autre circonstance , Que je passe ainsi sous silence.

I If Nous avons avec gayeté , Enfin, vu dans nostre Cni La Troupe des Chxéhens-Esclavbs , N'aguéres tirez des Entraves , Tant dans Aloier que dans Thdmis ,

130 Par nos Pkbks cent fois bénis ,

Nos RzLIOIBDX-TlUNrrAIRKS ,

Avec les Sommes nécessaires.

Sakedy, ces Libres-Captifs , De dïFEfrans Pays Nati& ,

1 ïj Arrivèrent en certe Ville Et furent , de façon civille , Tous rendre hommage au Gékéxal J^^ Qui porte un Bonnet Doctoral.

Ils n avoient lors, au lieu de Chaînes,

150 Qui faisoyent leurs honteuses peines. Que de mignards Liens dorez Desquels ils n'étoîent gue parez Et que tenoient de petits Anges , Dignes d'amour & de louanges

135 Pour leur grâce & pour leur beauté. Et tous Enbns de Qualité

Quatre Péres , très-honorables , Ayans des barbes vénérables , Comme' les (juatre Rédehpteurs,

i4oEtoient aussi les Conducteurs, - Portans pour marque de leur Gloire Les Symboles de la Victoire. dMinb»

En cet ordre , le Lendemain , Par tout suivis sur le Chemin ,

145 Ils furent en une Paroisse

Des plus grandes que l'on conoisse , Et dont le Patron , non succint , A la Chasse devint grand Saint , Puis aux Mathurins retournèrent ,

t$oOù pleinement ils iêsdnérent.

CooqW

ipS. — I>u 31. Novembre i€66 (RoBtNn'i. 49s

Chacun jeune & beau de vÎMgc , Et le dernier en Equipaf^ Qui n'atdroit pas moiiu les yeux :u3 Que son air noble & gracieux.

Une certaine Dàkoublle , Aussi tres-pass^lement belle

Mais , pour n'oublier rien du tout Et mettre le meilleur au bout , Illec pour Eux se fit la QnfiiE Par une charmante NutmnTK , 15 Riche en appas , biens & vertus , Et qui n'a que seize ans au ^us.

Jugez si telle Damoiselle Demeurera long-temps Pucelle.

Un furieux & maudit Foo ,

160 Ou bien détestable Filoo , Car je ne sçai sous lequel âtre Je doi parler de ce Battre , Les uns disans qu'en vént< Il svoit l'esprit tres-gflté ;

t6s Quoy qu'il en soit, ce méchant Hère, Ayant esté des Contes feire Dans une assez bonne Maison , Sans suite , rime ni raison , Bref, tissus de telle manière ,

170 Qu'il fut pris pour Visionnaire ^r un bel Esprit mfimement.

Vint au LouTitE dans le moment Et , pour dire l'Histoire en somme , Y trouvant seul un honeate Homme,

175 Qui s'appeloit I'AbbA Bronbao , De Bayonnéte ou de Couteau Le massacra dans sa Demeure.

Il en fiit payé dessus l'heure Par certain coup de Mousqueton,

iBo Qui le fit tomber mort , dit-on , Du faille de cet Edifice ; Mais, sans doute, un autre Supplice Auroit son Forfait expié Et vif il eut esté roué.

185 Mais , puisqu'ainsi la Providance En dispose par sa puissance .

Laissons- la faire & poursuivons Ce que d'autre part nous sçavons.

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