LES AVANTURES DU COCHE
Comme les Coches, d'ordinaire , 190 Ainsi que l'Arche du bon Pérb Qui sceut si bien dompter les Eaux, Sont des Nids & tous Animaux , N'aguére , en celuj d'une Ville Dont le nom seroit inutile , i()5 Et<Ht un Hbkhttb frais fait , Avec un semblable Cadet ,
Ne reutpàs lo^pié biea long-temps Qu'un Trouble se glisse en se* sens
103 Et l'émeut d'une twe sorte
Qu'à l'instant, demandant main-forte A tous ceux qui setrouvoyoït U :
« Ah! > s'écne-t'elle , < te voila, »
S'élançant vers le Gentil-bomme ,
iioQu'Arteudoi îd je nomme; « Te voila donc , perfide Amsnt ,
> Et le Ciel , touché justement
> De l'injure que tu m'a faite,
» Aujourd'huy son secours me prête, 11} » Toffirantï ma rencontre Ici,
> Afin que sans nulle merci
> Je perce ton c<sur infidell* »
Parlant ainsi , la Damoiselle
Fait briller un Fer meurtrier,
110 Duquel, dans son courroux altkr.
Elle alloit , en félonne Parque , Le précipiter dans la Barque Où le vieux Pilote Cakom Nous fait traverser I'Achsiom ,
115 Sans qu'à l'instant la Compagnie S'oppose A sg fiére manie.
Mais le jeune Hermite entre tous.
Fort interdît de ce courroux, , Arrête le premier la Dame
3]o Et lui fait serment sur son ame Que cet Artemidor n'est point Celui qui l'irrite ft ce Point ; Qu'elle s'atache à l'apparencet Qu'il faut que quelque ressemblance
1)) Abuse fortement ses yeux , Et lui dit de l'obsenrer mieux.
Le beau Cadet , peu hardi mile , Etant tout défait & tout pAlc , Lui confirme , rempli d'efroy,
«40 Qu'elle doit une entière fb^ A ce que lui dit cet Hermite, Qui fait des mieux la chate mite Et le bon Père illuminé , De^uoi chacun est étonné.
145 Mb" • ^^ l'Amante courroucée La grand'fiireur étant passée , Le Coche poursuit son chemin , Et , cepenaant l'on fiût qu'enfin Elle raconte son Histoire
(le
t93- — Da 31- Novembre t666 (Robinet).
tjo Contenant la Trahison niMie D'un AusTB , son Aoconoi , Qui . par un tour de Débordé , Après son Contract l'a <^uittée , Et qu'ainsi , d'une ame irritée ,
ij; Elle va cherchant , & dessein Oe lui mettre un fer dans le sein.
Elle en auroit dît davantage , Sans qu'il survint un autre Orage , Nommé' 1'0bag£ des Filods ,
i6o Ausquels il falut , filant doux , Sacrifier deux ou trois Bources , Qui pour l'heure étoyent leurs re- [sources.
Ensuite , un terrible Taubeau , Bien moins agréable & moins beau
165 Que celui qui dessus sa crôpe ^vit jadis la Nymphe Europe , Vient tout à travers les Guerez , Guidé par le Destin expréz , Qui , de ses deux Cornes mortelles ,
170 Eventre une des Arridell'^s Par qui ce Coche infortuné Est langoureusement traîné.
Malgré pourtant sa tricherie , On arrive à l'Hôtellerie ,
175 Oti chacun se propose enfin D'adoucir un peu son chagrin ; Mais à grand'peine est-on à Table
Qu'avec un bruit épouvantable Une Trodpe de Cavaliers ,
*So Ayans quité leurs Etrîers , Entrent & sans cérémonie Lorgnent toute la Compagnie , Qui , les prenans pour des Voleurs , Par ses cns explique ses peurs.
183 Mais Elle en est bien-tôt remise , Passant des peurs k la surprise , Quand l'un d'eux, prenant au Collet Tant l'Hernùle que le Cadet , Leur dit à peu prés ces paroles :
390 « Ah I vous voici donc, bonnes Foies > Que nous cherchons depuis deux » Et voila de vos galans tours-Hours, » Sus, venez, mes Dames nos rilles, » Tristes Fléaux de deux Familles ;
39j» On s'en va vous mettre en un
[Lieu »
Sans achever, il dit Adieu Et se retire de la Sorte Avecque toute sa Cohorte , Et ce qu'icy j'ajoute encor
^00 Est que ladite Aktueiudor Est de Foio-AiNEBLEAU Native.
Là s'achève ma -Narrative , Et , Quand le surplus je sçauray , Mes Lecteurs j'en înformeray.
Les trois cent j'ay passé sans doute , Mais quoy? je ne sçaurois finir Quand vôtre Délie Altesse ou me lit ou m'écoute , Et je voudrois pouvoir toujours l'entretenir.
J'ay coadud ces Récits le vingt du Mois Onzième , Quelques Ans après mon Bâtême.
A ftrta, Clitt F. MmgMtl ,r»td* la Harpi , ou ireii Ktù. Àt*e prrfiltge dm Ray.
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LA MUSE DE LA COUR
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