‹ Les continuateurs de LoretChapitre 99 sur 217 · XXVII. SEMAINE · texte numérisé non relu

XXVII. SEMAINE

Du Jeudy vingt- dnquiesme Novembre 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Je vous écris à SADrr-GKMun' Ce que je vous dois d'ordinaire , Mais c'est d'une étrange manière :

Je trace mes vers d'une main ; Et, de l'autre , je voy les pièces d'écriture

D'un procez qu'on me &it par méchanceté pure. Sollicitez pour moy, vous <£rois-]e aujourd'nuy ; Mais j'ay qui me peut rendre un bien meilleur office Et qui , sans vous choquer, fera mieux mon appuy : lo J'ay la Candeur du Juge & sa rare justice.

Je devrois tnen vous aller voit Et m'acquitter de mon devoir Vers vostre Makan Makksciule.

Je vous néglige par excez ; 15 Mais quand vous aurez des procez ,

Je vous permets , Sbigneur , une paresse égale.

Ne laissez pas que de m'aymer :

Je seray bîen-tost nors d'affaire ; Mon sort n'aura plus rien d'amer, 10 , ^ J'auray mieux le temps de vous plaire;

Je a'auray plus à me crotter Le lonff du Quay, des Galleries , Quana il faudra solliciter Pour répondre à des fourberies.

3j Par parentese , Monseionepr ,

On contioist bien-tost ceux qui sont de la faveur, Car on n'oblige pas lk Rov comme les autres De faire balayer devant son bastiment , El l'on le fait exactement 30 "Tous les matins devant les nostres.

BC ftrltHlsmplemtntXWI. SEmiinc. | ,l4<f Cv je vbu> negliKC ll'eicei.

497 ^94- — ^ *5- Novembre 1666 (SDauem;. 49S

Maïs revenons & nos moatonB.

Je ne leray donc plus si maigre ny u mince. Et peut-estre alors , mon beau Pbincb , Vostre Muse aura des tétons.

3 , Nons dismes fort peu de Nouvelles ,

S'il m'en souvient, Jeudv passé.

Mais aussi je fiis traversé

D'avantures je ne sçaj^ quelles ,

Qui fatiguent jusqu'à l'excez ^ Quiconque songe à des procez.

Disotis-en cène fois de belles

Pour réparer ce deffaut là :

J'a7 tout ce qu'il feut pour cela .

Jusqu'aux Nouveautés de Ruelles.

^, Enfin MoNsnin dcCÀKOiVT

A donc les Médailles en garde ?

Hé bien , Prjnck , j'en suis ravy.

Qu'A jamais te bon I]Heu le garde

Du sort étrange & bien nouveau ^ Du mal-heureux Aibé Bronuti I

Je manquay bien , je vous l'avoue , Quand je vous dis que cet Abbé Avoit , l'autre jour, succombé Sous trois voleurs , dont l'un seroit mis sur la roue, jj Un meurtrier tout seul , que mesme on croyoit fou ,

Pour le moins , autant que filou , Fit ce massacre épouvantable .

Et j'allois pour vous en conter L'histoire toute véritable 60 Quand un petit Barbon me la vint contester.

« Ils estoient thois », dit-il ; « j'en viens de vont hoy-mesmk

» Un qu'on a pris ; l'autre est sxuvt ^

» Et t'AOTRE,, s'écMAppANT d'dnb vitesse extrâue,

> De TpOIS COUPS DE MOUSQIJIET EST CHU SUR LE PAVÉ. B

£) « C'est donc la vérité , » luy dis-je î

« Oui » , répondit-il , « tout de bon. » Or jugez si l'erreur est un si grand prodige , Et qui ne croiroit un Barbon ?

Je n'en croiray plus que moy-mesme.

70 Changeons cependant d entretien.

On dit que I'Anclois ne vaut rien', Qu'il est plein d'un orgueil extrême , Et que son extrême fierté

34 .f On me pourra voir dci tctona. | fi A Et j'illoia lioii Toui conter.

19 A iuMjUM i l'ncii, I 71 A Qji'il <st touafoura fier k l'extrême

40 A ToBJoara qsiconque ■ dci proeei. I 7J A c«ttc «tT^me.

4$ A Di Calcavt. I

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