Du 21. Novembre 1666 (Robinbt
AïK^ud depuis un si long-temps Aspirent leurs Soubais ardans , Et Ton doit , dans ces occurrances , Prendre toutes ses asseurances.
55 La belle Madame Portail , En suite d'un heureux Travail , A produit avec grand courage Son Chef-d'œuvre de Maruge , Un Infant composé d'appas
60 Comme elle , ^ui n'en manque pas , Remplissant ainsi d'alaigresse L'heureux Autheur de sa Grossesse, Qui void, par ce premier beau Fruit, De ses Caresses le profit ,
65 Et que l'Amour qui son cœur flate Ne semé pas en Terre ingrate.
Aux Yeux de toute nostre Cour • Ce Poupon receut, l'autre jour, La seconde Vie au Baptême ,
ToCerte , avec une gloire extrême.
Loois , l'HoNNEUR des Souverains , Sur les Fonts lui presta ses Mains , Qui dispensent & Paix & Guerre A son gré par toute la Terre .
75 Et l'honora de son grand Nom , En tous Lieux d'éclatant Renom.
Vous le scavez , Royale Altesse A qui mes Epistres j'adresse , Car aux belles Mains de Louis
So Les vôtres, plus blanches que Lys, Se joignirent dans ce Mystère , Eo la qualité de Commère ; Et même il mêla , ce dit-on , Vôtre Nom avecque son Nom.
85 Acres quoy, non à l'avanture , Mais de certitude j'augure Mille Biens pour ce cher Enfant Dés son Berceau si triomphant.
Mais c'est à Madame sa Mère
90 Qu'il doit un Destin si prospère tt , pour faire plus clairement , A nos Lecteurs sçavoir comment Je o'ay rien que deux mots à dire , Qui sans doute peuvent suffire.
95 Cette Dame , qui beaucoup vaut , Est l'aimable de Chemerault, Qui fut Fni^ d'HoNNEUR , & chère A la Défunte Rbyne Mère.
Défunte , heias 1 en le disant , 100 Je tombe en un ennuy cuisant ; De douleur mon comr en soupire, i
Ah ! quel Mal-heur pour cet Empire!
Ici je ne puis oublier.
Mais )e doi vraiment publier
105 Que la Maréchale excellente , Qui parét si digne Régente De nôtre Daupuw glorieux , Par un sentiment tres-précieux , Avoit aussi , l'autre Semaine ,
1 10 Fait la Fonction de Marawe Avecque son Papa charmant , Ce que j'ay sceu présentement Et sans nule autre circonstance .
Que je passe ainsi sous silence.
la
UuédtêJé dtlaMota
1 15 Nous avons avec gayeté , Enfin, vu dans nostre Crré La Troupe des Chrétiens-Esclaves , N'aguères tirez des Entraves , Tant dans Algier que dans Thunis ,
lao Par nos Pères cent fois bénis , Nos Reugieux-Trinitaires , Avec les Sommes nécessaires.
Samedy , ces Libres-Captî& , De différans Pays Natife ,
135 Arrivèrent en cette Ville Et furent , de façon civille , Tous rendre hommage au GéNéRAL i^J^îr Qui porte un Bonnet Doctoral.
Ils n'avoient lors, au lieu de Chaînes,
130 Qui faisoyent leurs honteuses peines. Que de mignards Liens dorez Desquels ils n'étoient ^ue parez Et que tenoient de petits Anges , Dignes d'amour & de louanges
135 Pour leur grâce & pour leur beauté, Et tous Enfans de Qualité
Quatre Pérès , tres-honorables , Ayans des barbes vénérables , Comme les (juatre Rédempteurs ,
140 Etoient aussi les Conducteurs, Portans pour marque de leur Gloire Les Symboles de la Victoire. d« ptimes
En cet ordre , le Lendemain , Par tout suivis sur le Chemin ,
145 Ils furent en une Paroisse
Des plus grandes que Ton conoisse , Et dont le Patron , non succint , A la Chasse devint grand Saint , Puis aux Mathurins retournèrent ,
150 Où pleinement ils festinèrent.
igS. — Du 31. Novembre 1666 (Robinbt).
Mais , pour n'oublier rien du tout Et mettre le meilleur au bout , Illec pour Eux se fit la Quêtr Par une charmante Nannbttb , 155 Riche en appas , biens & vertus , Et qui n'a que seize ans au plus.
Jugez si telle Damoiselle Demeurera long-temps Pucelle.
Un furieux & maudit Fou ,
160 Ou bien détestable Filou , Car je ne sçai sous leauel titre Je doi parler de ce Bélître , Les uns disans qu'en vérité Il avoit l'esprit tres-gâté ;
165 Quoy qu'il en soit, ce méchant Hère, Ayant esté des Contes faire Dans une assez bonne Maison , Sans suite , rime ni raison , Bref, tissus de telle manière ,
170 Qu'il fut pris pour Visionnaire ]^r un bel Esprit mémement, Vint au Louvre dans le moment Et , pour dire l'Histoire en somme , Y trouvant seul un honeste Homme,
175 Qui s'appeloit ÏAbbè Brunbau , De Bayonnéte ou de Couteau Le massacra dans sa Demeure.
Il en fut payé dessus l'heure Par certain coup de Mousqueton,
180 Qui le fit tomber mort , dit-on , Du fiaiste de cet Edifice ; Mais, sans doute, un autre Supplice Auroit son Forfait expié Et vif il eut esté roué.
185 Mais , puisqu'ainsi la Providance En disposé par sa puissance , Laissons- la faire & poursuivons Ce que d'autre part nous sçavons.