Du 5. Décembre i666 (Robinet
Tr*i.
Qu'une Fille depuis un jour S*estoit jouée avec 1' Amour , Et que , dans icelle Avanture , Elle ayoit rempli sa Ceinture.
75 Au reste» j'estob invité (Honneur par moy non mérité] De me trouver dans la Carrière Où s'agitoit cette Matière ; Mais je ne le pus nulement 8o Et j en fus triste étrangement , Car, en un mot , grande I^incesse , Le MiDBON de Vôtre Altesse Etoit là , de belle hauteur, 4e Le tres-digne Modérateur.
Mais passons aux autres Nouvelles Qui repaissent maintes Cervelles.
A la fin , un beau Compromis Desarme ces deux Ennemis Qui se batovent à toute outrance ,
90 Monsieur I'^lbctbur de Mayance Et son Voisin , le Palatin , Chacun , bonne fby, tre^^mutin.
Sur le déclin de leurs vacarmes , Jettans tout le Feu de leurs Armes ,
95 Le dernier, certe Homme d'effet , Vinst , tout franc , planter le Piquet Vers un Château de sa Partie , Mais , par une contre-partie, Le preux Prince de Vaudemon ,
100 Qui firit en Guerre le Démon , Et le CoirrE de Lilebonne , Qu'anime aussi des mieux Bellonne, Furent le luy faire lever. Ce qu'il fit sans beaucoup rêver.
105 Ces Princes , excellens Papistes , Alors marchèrent sur ses pistes , Et quoy qu'ils le veissent posté Dedbins un Lieu de seureté , D'accez terrible & difficile ,
110 Echauffez d'une noble Bile , Ib l'y voulurent relancer.
Et c est-à-dire l'agacer, Pour l'engager à quelque chose , Sentant le Laurier , non la Rose.
115 Ayans donc reconû les Lieux Et pris leurs mesures des mieux , Ils entrèrent dans un Village , Où , se trouvant à leur passage Un Château d'où l'on les mor^oit
120 Et les montroit du bout du doigt , Saun , des plus grands Militaires ,
Qui commandoit les Mousquetaires De la Garde du Duc Lorrain , L'alla £iire bloquer soudain;
125 Ensuite , avec quarante Gardes , Qui n'estoyent point Ames couardes.
Il s'avança dans un chemin Où ne crût jamais le Jasmin , Ni le Thin , ni la Marjolaine •
I jo C'estoit une petite Plaine
Qu'une Vigne & certain Lieu creux Bornoit d'un'air assez afireux Pour qui n'eust point eu de Courage.
Etant entre ledit Village
135 Et le Camp des Gens Palatins .
De cette Plaine très-prochains.
Il n'eut pas fait là sa Demeure Environ , je croy, demie-heure , Tandis que les Princes d'ailleurs
i4oFaisoyent avancer tous les Leurs Pour du Château l'Ataoue faire , Qu'il se veid assailli belle erre Par deux très-nombreux Escadrons, Cent cinquante horrible Dragons
145 Et deux lois trente Mousquetaires , Gens bien-fais & non chétifs Hères, Et tous conduis en cet Essor Par le GéNiRAL & Major De cette Palatine Armée ,
150 Qui se veid bien- tôt animée Par son Prince , des plus vaillans , Et suivi des plus braves Gens.
Salin , poussé par ces Cohortes Et si nombreuses & si fortes ,
155 Sans être soutenu d'aucun ,
Sinon de son Cœur non commun , Fit en se bâtant sa retraite , D'une assez diligente traite , Jusques vers ledit Chemin creux
1 60 Ayant , dans ce pas hazardeux , Eu de ses Gens demi-Douzaine Occis , blessez , ou hors d'haleine , Certe poiu- Luy très-mauvais Jeu , En ayant de reste si peu.
165 Alors les Palatins , sans doute , Croyans qu'il poursuivroit sa route.
Allèrent sur Luy d'un pas prompt ; Mais ce Brave, leur faisant Front, Les receut de la4>elle sorte ,
170 Et l'escarmouche fut tres-forte.
Il y demeura plusieurs Gens De ces Messieurs les Assaillans , Et , voire , encore tous de marque , Entre lesquels on nous remarque ,
leStour ChaoTet