Du ta. Décembre 1666 (RoBonn
Son Mal ayant changé de cours ,
30 On avoit crû que ses beaux Jours N'en recevroyent aucune atteinte , Et , de cette taçon , la Crainte Fit quelque temps place à l'Espoir.
Mais, las ! on se veid décevoir,
25 Car, en suite , une maie Fièvre , Faisant plus que jamais la mièvre Dedans ce jeune Sang Royal , Le menaça du Coup fatal Dont Berger & Monarque tombe
}o Egalement dessous la Tombe.
Alors on luj fit promptement Donner le premier Sacrement, Où tout Enfant se régénère Et par un céleste Mystère
35 Devient , d'Infidèle & Payen , Un Enfant du Ciel , un ChrÎêtibn.
^c^oî* L'Illustre Evesque de Valance , L'un des Sages Prélats de France , Fit cette Sainte Fonction
40 Avec beaucoup d'attention.
Le Roy Breton & nôtre Reyne Etoient les Paratn & Marainb :
L'un pour son grand éloignement , Représenté tres-dignement
45 Par Monsieur le Duc (c'est tout dire). Qui , prenant du susdit cher Sire Et de Monsieur le double Nom , En fit une noble Union Dans le beau Poupon dont je parle ,
50 Ainsi nommé Philippe-Charle.
L'auguste Souveraine d'Eu , Qui n'est qu'Esprit, qui n'est que L'Amazone Mademoiselle , [Feu , Qui fait voir tant d'Appas en elle
55 Avec son air majestueux , Reprèsentoit aussi des mieux Nôtre adorable Souveraine , Cette belle & charmante Reyne ^Ktoîià* N'ayant pu quiter son Château , sajnt Qer- De peur d'exposer le Joyau L?ye°et?6 Q^^ * ^^^ ^^ ^u de sa Grossesse , se*iw?ott Nous doit tous combler d'alaigresse. à Pvis Son digne Epous, ce grand Héros, Qui mérite un éternel Los ,
65 La ReYNE-MeRE d'ANGLETERRE ,
Qu'on prise par toute la Terre , Mademoiselle d'ALpNçoN , Qui n'a rien que de bel & bon , Et tous les Princes & Princesses 70 Dont j'honore fort les Altesses , Etoyent à la Solennité ,
Certe avec une infinité
D'autre charmant & très-beau Monde,
En quoy la Cour de France abonde
75 Plus qu'autre Cour de l'Univers ; Et., parmi ces Objets divers , Brilloyent main{s vrais Anges visibles Lesquels, par leurs Appas sensibles.
Font Ici-bas des Bien-heureux ,
So Ainsi au'on en fait dans les Cieux. Un a'Eux en acceptant ma Lettre:
« C'est là que je m'en vais la mettre, ♦ Me dit sa Bouche tout de Feu , Et ce La vraiment est un Lieu
85 Où I'Amour des mieux iait son Orge, Car c'est une divine Gorge Que comi>osent les plus francs Lts Que jamais de mes yeux je veis.
Mais fermons cette Parentése
90 Et retournons à nôtre Thèse , Je veux dire au triste Sujet Qui des présens Vers est l'Objet.
Trois jours donc après ce Batême, Qui fut son Onction extrême ,
95 Ledit Duc de Valois , selon Le Sort des Princes de ce Nom , A peine ayant receu la Vie , Se la veid en bouton ravie.
Mercredy, ce fatal Malheur
100 Remplit sa Maison de douleur Et tous ceux mêmes de la Ville Qui furent dans son Domicile Le voir exposé sur son Lit , Où , pour sa Beauté , l'on eust dit
105 Que c'estoit le Fils de Cithére Qui fermoit ainsi la Paupière , Pour goûter un peu le repos Apres ses amoureux Travaux.
Avec une Pompe célèbre , 1 10 Mais toutesfois Pompe funèbre , Il fut , le jour d'hier, au soir.
Conduit dans le sombre Manoir Où la plus cruelle des Parques Reçoit les Corps de nos Monarques 1 15 Et termine, en tres-peu de temps, Leurs Règnes les plus èdatans.
A S.DM1
Ah! ce Penser glace ma Muse Comme l'Aspect d'une Méduse !