‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 130 sur 247 · Du 19. Décembre 1666 (Robinit · texte numérisé non relu

Du 19. Décembre 1666 (Robinit

Tout ainsi que les Iwiesims En TEousE des ÇéLEsims , Pour estre mis dans leur Chapbxxb , Et si magnifique & si belle ,

35 Consacrée aux Ducs d'ORLÉANS .

^^ Comme je pfense , de tout Temps.

Scmo) Le digne Eybsque de Vaulncb , Mettant en Deuil son Eloquence , Parla sur ces deux chers Déposrs

io Aussi fortement qu'à propos , Et , bref, par de mnebres charmes Des Yeux plus secs tira des larmes.

Ce grand Prélat, des plus bénis , En fit autant à SAncr Dents ,

15 Présentant à la Sépulture Ce petit Corps où la Nature S'estoit plue à peindre TAmour , Pour charmer toute nôtre Cour.

Or, comme aussi dans l'autre Epitre

40 Je passé tout court ce Chapitre, Ignorant l'Ordre du Convot, En Ecrivain de bonne foy, Je vais présentement l'étendre Comme depuis j'ay pu l'apprendre.

45 Quatre Ordinaires de Monsieur ,

Lm iiaan Deiptn , Dwmaniitt , BtfUI et

En deuil jusques au fonds du cœur, L'ayans i>osé dans un Carrosse , Lors le Char de la Mort féroce , Sous un Poêle de qui les Coins 5oEtoyent , par de limibres Soins , Soutenus d'autres Gentils-hommes ,

LeSleardePonOtoo, Dramiar GaotUbomat ordinaire, et les Slean de Jony, de VOSera et da Verdir, OeotUskoaunee de la GkeaiWe

Tous certes de tres-galans Hommes.

Ledit Prélat monta Léans Avec plusieurs honnêtes Gens ,

55 Tous nécessaires à cet Œuvre , Sçavoir : de Saint Pol & de Cœuvrb, Ces deux choisis , en bonne foy, Pour fcdrc l'Honneur du Convoy ; L'Abbé de Montaigus encore ,

éoQui mente bien qu'on l'honore ; Item , le tres-pieux Pasteur De la Paroisse de Monsieur , Et , bref, la Dame Gouvernante , Avecque la Sous-Gouvernante.

La Marquise de Saint Chamont et la Dame deeComei

65 Ce Carrosse estoit devancé , Et d'Original je le sçay.

De ceux des Ducs & des Duchesses ,

De Ceux des Primcss & Proccbssbs , Et «pour n'oublier rien enfin ,

70 De Ceux de nôtre Grand Dauphin Et de la Retne & du Monarque , Lequel , par une tendre marque , Avoit , en son Dueil violet , EsUnt afligé tout à fait ,

75 Esté donner de I'Eau BENlts ^ Au Défunt, dans son Royal Gite.

Tous les Gardes Suisses suivoyent.

Et derrière le Char marchoyent.

Les Gardes du Corps de I'Altesse ,

te Moins noirs d'Habits que de Tris-

[tesse.

Maints Gentils-hommes, Offioers, Tous montez sur leurs Destriers , Alloyent aussi devant les Suisses , D'un grand Dueil donnant les Indi-

85 Et des Pages infinité , [ces .

Tant de chacune Majesté Et des deux Royales Altesses Que des Princes, que des Princesses, Et des Dames & des Seigneurs ,

9oPortoyent, en ces tristes Honneurs , Avec Valets de Pied sans nombre , Des Flambeaux pour dissiper FOm- Mais qui, se mêlant à leur Jour, [bre. Lui formoit un lugubre Atour,

95 Si que cette Lumière blême Sembloit estre en Dueil elle-mesme.

Leursdites Altesses, ayans Ici receu les Complimens De tout le grand & le beau Monde,

100 Dessus leur Perte sans seconde , LuNDY, reprirent le chemin Du beau Château de Saint Germain, Pour, auprès des Porte-Couronne Qu'un par&it Bon-heur environne ,

105 Donner un peu plus aisément Le change à leur ressentiment.

Mais j'ay sceu que, dessus la route, Le Sort , alors ivre sans doute , Avoit fait rudement bercer

s 10 Et , qui pis est , même verser Les r illbs de nôtre Héroïne , Et , dont j'ay l'Ame fort chagrine , Que l'une en a receu méchef A son habile & sage Chef.

115 Je souhaite que sa Disgrâce Ait esté sans suite ni trace ,

Car Mad'moiselle du Buxat

Mab non , à propos , je me tay :

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Comme d'Insake eUe s'irrite lao Quand on parle de son Mérite.

Laissons-la donc , & dans le Nord , Bien loin d'EUle • prenons l'Essor.

La PoLooNB, en mauvaise assiéte, Est réduite encor à la Diétb ;

»5 Après cela , veuillent les Cœux Qu'elle se puisse porter mieux I Mais, ce Corps estant plein de Bile, Sa Guérison est difficile , Et cette Diète , mêmement,

"30 Au bilieux Tempérament

Est , ce me semble , très-contraire Et l'écbaufe pour l'ordinaire.

Mais le beau Médecin d'Estat I Ne suis-je pas un plaisant Fat ,

W En ignorant les grands Mystères , De raisonner sur ses AfiEaires?

Entretenons les Curieux De choses que nous sçavons mieux.

L'Impératrice & belle iNPAirrB, 140 Dans ses Amours toute galante , A Sût tenir à son Epoux Pour vingt mil Ducats de Bijoux , Avec un Damier fort superbe (Je puis user de cet Adverbe ) ; U5 Mais . par un cas bien déplaisant , Il manquoit à ce beau Présent Toute la principale Dame , Ce qui d'IoNACE affligea l'Ame , Ne pouvant s'en servir alors 150 Sans tenir cette Dame au Corps.

Mais elle luy sera venue .

Et je croi qu'il l'aura receue A Bras ouverts & qu'en un mot n joue au Damier comme il faut. '

«55 Des Elémens le plus mobile, ^'"^ S'estant pris en certaine Ville Proche Elbing , en a mal ui^ , Car tout par luy fut embrasé , A la Trotennb ou la Londroise ,

160 Sans qu'il y restât une Ardoise.

Ouais I l'on n'entend présentement Parler que de cet Elément.

Ah l je croi que , pour chose vraye , I^ ces Préludes , il s'essaye lifPour ce terrible Embrasement

Qui doit • au dernier Joobmimt , Servir d'ardante Sépulture A toute la pauvre Nature.

Encor deux petits mots du Nord.

170 A la fin , par un bon Accord , Ceux de Brème ont fini leurs noises Avec les Troupes Suédoises.

Les Assiégez , les Assiégeans , A présent fort tranquiles Gens,

175 N'attendent plus de l'Assistance Pour l'Ataque & pour la Défence »

Se disans , comme en leur Débat , Le Proverbe : A bon Chat, bon Rat.

Non , ils abjurent cet Adage

180 Et se disent en doux langage :

€ Beuvons ensemble désormais » Et vivons en étroite Paix I »

Une Nouvelle est en Campagne , Qui chante que le Roy d'EsPAONE 185 N'est pas en très-bonne Santé :

Quand j'en sçauray la vérité Je vous la diray toute nette.

En attendant, Lecteur, voici l'Histo-

[riette.

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