‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 135 sur 247 · APOSTILLE · texte numérisé non relu

APOSTILLE

Je donne Avis que chez Ribou , 275Qui demeure vous voyez où .

(An Paltis, Tlc-it-Tls la salnto Ghapells, et k Tlmafe SdntLools)

On débite le Licantrope , Non , c'est l'amoureux Misantrope , Lequel fronde si bien les Gens Sur les honteux Vices du Temps , 280 Qu'il n'est point d'Ecole de Sage Où l'on jM'oiite davantage Que dans son merveilleux Chagrin ,

De fine Morale tout plein ,

Et , si sur la Scène on l'admire ,

385 II n'est pas moins charmant à lire. Le Médecin fût malgré luy.

L'un des habiles d'aujourcrhuy, Notamment pour le Mal de Rate , Qu*il guérit mieux qu'un Hypocrate

390 Avec son admirable Jeu ,

Se trouve encor au même Lieu .

Et l'on conôt par sa Lecture Que dans tout Genre d'Ecriture , Molière , de tous deux l'Autheur,

295 Est un admirable Docteur.

j4 P^rû p Ckê^ F, Muguet, nu de U Harpg, smx 1>Mt Koà. Ame PrivU^ au Itjty^

(Biblioth. nat.. Le', 23 Rés. — Biblioth. Mtxarine. 396. A3.

— Biblicith. ëe l'Araenal , B. L. itSoi.

~ BiblioUi. de M. k bcrmi Jim«t et RottechAd.)

tel

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Cnarlis ROBINET.]

Du 9. JanTier 1667.

Maoamb , avec plaisir j*ay aceu que Vôtre Altesse Avoit repris son rang au Baiet des neuf Sœurs Et qu'avecque des Ihis triomphans & vainqueurs D'autour de vous enfin vous chassiez k Tristesse. O que vous faites bien de la licencier

Et de ne pas l'associer

Avec vos Appas davantage !

Qu'elle s'en aille ailleurs faire société

Et qu'en vôtre florissant â^ Vôtre grand Cœur jamais n'en soit inquiété !

Ce n'est pas un Poste pour Elle Et , si je l'y revc^, je luy feray querelle.

Mais, pour revenir au Balbt, Le Tour galant assez me plaît

>5 De nôtre nouveUe Héroïne , Qui , survenant à la sourdine , Comme on dançoit ledit Balet , Fit défiler le Chapelet Et cesser toutes les Entrées

x» Qu'on avoit si bien préparées, Afin qu'on l'allât recevoir Ainsi qu'il étoit du devoir.

C'est ce qu'on fit aussi , je pense , Avec beaucoup de diligence

>5 Et non moins d'exultation.

Mais, pour en £aire mention Dans un stile plus historique.

Au Lecteur ainsi je m'explique.

DmANCHE , second jour de TAn , 30 Apres quelque amoureux Elan , C est à dire douce Tranchée , La RsTNB se veid accouchée Presques dedans un tourne-main Et par un tres-heureux Destin , tmhST^ D'une gracieuse Puhcessb , ^^'^l Qui rraq^t la Cour de liesse.

Il £aisoit , certes, beau k voir; Et, comme Elle nftquit le soir.

On eût dit , aux douces lumières

40 Quepoussoyent ses tendres paupières Et mêmes à son air riant »

Que c'estoit un Astre Okumt Qui venoit , dans la Nuit obscure , Rendre le Joua à la Naturb.

45 C'estoit une Grâce du moins (Au rapport de plusieurs Témoins] Qui dédouvroit , dés sa Naissance , Qu'EUe établiroit sa Puissance Dessus les plus Illustres Cœurs

50 Par se9 Charmes déjà vainqueurs ; Si bien que la divine Retne Ne pouvoit Caire aucune Etreine Plus agréable à nôtre Rot (Et l'on en peut jurer sa fov )

55 Que d'une si charmante Fille , Où déjà tant de beauté brille , Après avoir ses Vœux remplis Par le plus beau de tous les Fils.

Or, toutes choses préparées ,

^ Comme on commançoit les Entrées Du Balet des Sœurs d'ApoixoN , Où l'on oid maint bon Violon ,

ao5. — Du 9. Janvier 1667 (Robimit).

La Belle rompit la Partie Et voulut faire sa Sortie

^5 Tellement que son cher Papa , L'ayant appris , laissa tout là Et courut avecque alaigresse Pour luy témoigner sa tendresse .

Dont , par de beaux petits Ou-ais ,

70 Sans se mettre autrement en frais , Elle rendit grâce au grand Sire , Et c'est tout ce que j'en puis dire.

Sans attendre le lendemain , On en fit par tout Saint Gehiain ,

75 Dés le soir, de beaux Feux de Joye , Dont beaucoup de bois fiit la proye* Et des mieux aussi l'on sonna • Ou plutôt l'on carillonna.

Le jour d'après, Princes, Princes^

80 Grandes & petites Altesses , [mes , Et tous les uens de qualité A la suprême Majesté , Ayant bien affilé leurs langues , Sur ce point firent des Harangues.

85 Divers Ambassadeurs depuis , Comme en leur Devoir bien instruits, Ont été sur le pareil Thème Complimenter k Roy de même.

Nos Magistrats ont pris aussi ,

90 A l'envi . semblable souci , Et dans nôtre Paris , si nette, Avecc|ue grand bruit d'Eacoptttt ê Et Tintamarre de Canon ,

Qui parle un peu d'un plus haut ton,

95 Bref, par des Feux & des Lanternes, Tant suprêmes que subalternes , On a bit la solemnité De l'illustre Nativité , Laquelle s'en va , d'asseurance ,

100 Mettre par tout en Feu la France.

Mercredi , le cas est certaÎA , Le Balet fut des mieux son Train , fJiiinit Mélangé d'une Pastorale eMiM««] Qu'on dit tout à fait joviale 105 Et par MoLUÙtE faite exprès^ Avecque beaucoup de progrès.

Estant allé voir, ce )our même , Nôtre Grand PoRCB-DiADftMX , Je fus vrayment sollicité iioPir une oblifeante BBAvri

9S Di MNe MttMi.

De demeurer à ce Spectacle ; Mais, par un mal-heureux Obstacle, Ayant des Affaires Ici , Il m'en fallut sevrer ainsi.

Mais j'appris de la mSme Belle , Comme un Ange spirituelle , Que l'excellente d'ÉuDicouRT, L'un des beaux Astres de la, Cour, Dedans ce Balet escarpine D'une manière tres-poupine.

Du mois courant le Jour premier, Le sçavant Abbé lb Tellier , Faisant son Essat de la Chairb Dessus l'adoraUe Mystère

115 Qu'on solemniae en ce jour-là , Montra les beaux Talens qu'il a Dans le pieux Art Oratoire , Et , se couvrant à lors de Gloire , Fit d'une foule d'Auditeurs

i>o Une foule d'Admirateurs , [ces , Dont n'estoyeot aucunes Gens min- Mais* avecque nos premiers Princbs, Force Prélats & Doob-&-Pairs , Et des Prédicateurs experts ,

135 Qui furent ravis en extaze

De son Sermon rempli d'em&ze , De maints Passages exceUene , Et de vrais , non de £giux Brillaos ; D'où je puis tirer ce Présage ,

140 Qu'étant d'ailleurs tout-^-fait sage, On en peut &ire un mmd PRiur, Pour servir I'Eojsb ol I'Estat,

Je ne pus en mon autre Epître Insérer un fort beau Chapitre ;

145 Mais , mon cher Lecteur, le voici Et vous pourrez le lire IcL Le charmant Puuppb de France , Nommé Monshkjr par excellence , Qui remplit l'un des premiers Rangs,

150 Tinst l'autre jour, à oaint Laurens, Up Juif sur les Fonts de Batême Et , par un Bon-heur tout extrême , Le nomma PiiiLiFrB*Lonis.

Mais ce plus fortuné des Juifs,

155 Avec Parrai» de telle game , Eut , pour sa Marraihe « une Dame Dont à la Cour on fût grand cas Pour ses Vertus & aet Appas t C'est la DucnasB de NaskxBt

3oS. — Du 9. Jtnvier 1667 (Roknbt).

160 Qui » ce dhron , jamais ne piaille , Et de chacun gaigne le coeur Par une attrayante douceur.

Mais poursuivons nôtre Carrière Par quelque Nouvelle étrangère ,

i65'Pour satisfaire à maintes Gens Qui de pareils Mets sont frians.

Le MoscovrrB , enfin finale , Estant d'humeur moins martiale , Préfère à tous douteux Explois 170 La Padl avec le Polonois ; Et TAlEaire s*est consommée , A ce que dit la Renommée , Par un fort ample & beau Tratté , Qu'on a meurement concerté.

175 L'ExERCTTE de la Pologne , Lassé de Guerrière Besogne , A pris ses Quartiers doucement Pour y vivre tranquilement, Attendant, sans que riep Tinquiète ,

«BoSon Payement après la Diétb.

S*il a cette constance-là , O Dieux, quel changement voilà !

Mais cette Ditfn, peu docile , Des Diéteurs échauffe la Bile :

185 Et , par un excez de chaleur.

Leur cause un Esprit querelleur, Qui pensa , comme on me l'assure , N'avère en faire la rupture Et tait que l'on en craint encor,

190 A la fin , un fâcheux Transport.

De I'Impératrice I'Entréb Fut d'une si longue durée Qu'à ^and peine la pût-on voir Terminer du matin au soir,

«95 Tant, en équipage fort riche (Car, là , Personne ne fut chiche) , Il s'y rencontra des Seigneurs Pour luy rendre de pleins honneurs.

Tout ce que I'Inde Orientale

aoo Dessus ses Bords pompeux étale Relevoit de sa Majesté La jeune & la fiére beauté.

Sur une Machine roulante , De Plaques d'Or toute éclatante.'

305 L'Empereur , environ deux pas ,

Marchoit devant ses doux Appas ,

Monté , certes , à l'avantage

Dedans un superbe équipage,

Et, pour tout vous dire en deux mots, 210 Ce Couple , aux Augustiks DicHAUS

Receut d'une Main Cardinalb ij

La Bénédiction Nuptiale ; «fAm^

Puis il fut conduit au Festin ,

Et , par un amoureux Destin , ai5 De là , dans le Lrr d'Hyménée ,

Pour travailler à leur Lignée.

Sus achevons , & prestement ,

Par un gaillard Evénement.

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