Du 23. Jaimer 1667 (Robuikt
Aussi , dit-on en haute game .
^ Que la belle & brillante Dame Soùtenoit des mieux le beau Rakg Qu'à présent par tout Elle prend, Par l'ordre du Roy , de Princesse .
mmUim Comme chez sa Royale Altesse
65 Elle avoit &it depuis deux Jours , Sans affecter qu'un grand Concours Fût lors le Témoin de sa gloire ; Car on m'a dit, j'en ay mémoire.
Que le Cercle étoit au déclin
70 Et beaucoup plus vuide que plein Quand Elle alla prendre sa Chaise, N'étant plus âére ni plus aise De cet nonneur qu'on lui rendoit Que d'une chose qu'on lui doit.
75 Le Soir même , cette Princesse , Qui fut de Chatillon Duchesse , Courut pareillement , dit-on , Avec son Epous , le Momon Et fut en un beau Bal de Ville ,
So Dans nôtre aimable & riante Ile , Au logis des fameux Sainctots , Où, pour tout dire en peu de mots , Une ËBAunè de leur Famille, Beauté laquelle beaucoup briUe,
85 Qu'on nomme Madame de Dreux , Bien digne d'Hommage amoureux , Etoit des Pas la Souveraine, Ou du Bal l'admirable Reyne.
Aussi s'y fit-il un Concours
90 Tel qu'aux beaux Jours l'on void aux
[Cours , Et je pourrois encor plus dire , [re, Sans ûu'en Faux l'on pût s'en inscri- Que 1 on y courut comme au Feu, Car le Sort , souvent Trouble Jeu ,
95 Par là voulut çue I'Assamblée Dans ses Plaisirs se veit troublée.
Mais, presques en un Tourne main.
On éteignit ce Feu malin , Et , si l'on cria davantage :
lôô « Au Feu , au Feu , » ce fut, je gage, Celui que Madame de Dreux AUumoit aux Cœurs par ses yeux.
Au reste , Monsieur & Madame Qu'unit une si noble Flamb , 105 Cachans leurs beaux iNDivmus Dessous des Atours de bibus ,
Honorèrent de leur Présence Le susdit Bal de conséquence , EtcpareiUement, leJEUDY
1 10 (C'est le précédant que je dy) , Furent chez ce Foudre de uuerre , Le grand la Ferté-Séncterre , Lequel , en Mortel r'adouci , Donnoit chez lui grand Bal aussi
1 15 Et souffroit (ô quelle merveille 1) Des Violons à son Oreille , Lui qui n'écoute volontiers Que les Instrumens meurtriers [ne. Par qui , dans les Champs de Bello-
1 90 S'explique la Parque Félonne.
Mais ne vous en étonnez pas :
C'est le doux Effet des Appas De sa MomÉ , charmante & sage , Qui mitigée ainsi son Courage ;
125 Et c'est ainsi que Monsieur Mars , Chef de tous les bellioueux Gars , . Parêt tout rempli de Tendresse Aux Pieds de la belle Déesse Qui mit au Jour le petit Dieu
130 Qui dans tous les Cœurs met le Feu.
On compte , de cette Semaine « D'autres Bals plus d'une Vintaine Donnez avec dolemnité Dans la Parisienne Cité , 135 Et plus de cent Fredons de Masques Qui, sans commettre nules frasques, S'y sont trouves^ soos divers Noms Et des Habits des plus bouffions.
La Cour, à SAnrr Germaim en Layb, 140 Où se rencontre mainte Laye, Se divertit semblaUement , Tout à fait agréablement , Et l'excellent Balbt des Muzss , Qui vraiment ne sont plus camuses 143 Depuis que , de belle bauceur, Louis se dit leur Protecteur , Contient tant de choses plaisantes Et (|ui sont si satisfaisantes Qu'il vaut seul , par ces Agrémens 150 Les autres Divertissemens.
A propos de Réjouissances , De Cadeaux , de Momons , de Dan- Clotom aussi ne fait pas nid , [ces ,
*Boatart]
De Km eotté , le Camuval ,
155 Et Ton danse en toutes Contrées Son grand Balst, d'autant d'ENTRÉss Qu'ilest de Morteb & d'Emplois , Sans excepter Papes ni Roys , De cette L07 dure & griéve.
L'Aaaé de Sainte GéNsviévB .
N'aguére s'acquita des Pas Qu'on fait au Branle du Trépas ; Le Grand Prieur de Frakcb encore»
Que pour ses Vertus l'on honore
i^Daos le Temple & partout Ici , A Eût la même chose aussi ; Et Machaut, qui dans TIirrENDANCE, En serrant TEstat d'importance , A £ût raccourcir tant de Gens ,
170 Vient de faire à quatre-vingt-ans Pareille Danse que les autres.
Dites pour eux vos Patenôtres , Et pensez , ô pauvres Mondains , Que vous serez des Baladins ,
175 Tôt ou tard , de Madame Parque Et que vous passerez la Barque.
Vous venez encor récemment D'apprendre » sur le Monument 1^ nôtre auguste Rs^NE-MéRE,
180 Cette Vérité nette & claire.
Vous avez , à son Bout de l'An , Non sans pousser maint triste Elan, Oui les deux Djscours FonAbrbs 1^^ Qu'ont fait deux Orateurs célèbres, J^w Qui vous ont appris de nouveau ^^ Qu'Anne d'AunucHE est au Tom- Et dire que la Destinée . [beau ; N'a pas cette Reyne épargnée , C'est un infaillible Argument
190 Que vous mourrez pareillement , Après des Ans une Trentaine, Ou peut-Àre une Quarantaine , Dont plus du Tiers ( ô triste Sort ! ) Se doit au Frère de la Mort.
'95 Mais , sans pousser cette Morale Qu'Ici , diemin faisant , j'étale.
Cet Article en forme mettons ,
, Et succintement ajoutons Que Monsieur avecque Madame ,
^ Lors triste jusqu'au fonds de l'Ame, Mademoiselle avec sa Sœur.
Si dignes d'un brillant honneur.
Plusieurs autres d'illustre Titre , Et même force Gens à Mytre