‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 142 sur 247 · Du 23. J«fivier 1667 (RoBoiEr · texte numérisé non relu

Du 23. J«fivier 1667 (RoBoiEr

305 Se trouvèrent à ces Discours

Qui furent fais ces derniers jours u^^

Avec de solemnels Services JenSSS

Et de célèbres Sacrifices ,

Tant en I'Eguse Saint Denys , 310 Lieu du Tombeau des Roys des Lts,

Qu'au beau Temple du Val de Grâce.

Où tombe abondance de Grâce,

Et dans celui de ces Nonains

Qui seront un Jour des G>rf>s Saints, *«5 Sçavoir les Nonains Carmeutes , ^Ïq"**

Pleines de célestes mérites , Bouioy

Et que la Reyne asseurément

Aime & pro^e tendrement.

Mais passons à d'autres Nouvelles, aao De Pologne elles sont peu belles , Car la Di^e, daa« son decours , De mal en pis va tous les Jours Et les LuBOMiRscAiNs font rage Pour grossir un nouvel Orage.

aas De I'Emprie on dit. pour ce coup, Qu'en certaine Chasse du Loup Pour divertir l'iMPéRATRiCE, Soit par raison ou par caprice, Monsieur riséRB & TAllbmant

ajoSe sont rossez terriblement.

Et que I'Ambassadeur d'EsPAGNE , S'étant voulu mettre en Campagne Pour la défence de ses Gens , Fut obligé malgré ses Dents

aj5 De fuir en diligence grande , Craiffnant la Fureur Allemande , Et d aller décharger son cœur Dessus ce point à I'Empereur ; Mais que, n'y trouvant pas son

[compte ,

uo Du moins ainsi qu'on le raconte .

Ou pour mieux dire qu'on l'écrit , Il dépescha viste à Madrit Pour en informer la Régente , Qui d'ailleurs n'est pas trop contante,

a45 Si certain Bruit qui par tout court Est véritable dans sa Cour.

Ce Bruit est', sans que je l'altère Et ni que j'en fasse un Mystère , Que le Vice- Roy du Pérou , 250 Fécond & riche Païs , d'où ,

vrj. — Du »3. Janner 1667 (Robikr).

Venoyent des Jaukvts à l'Esmeia

Pour les Frais de chaque Campagne,

A tourné Casaque & s'est mis

Du costé de ses Ennemis , 255 Qui s'en regorgent dans leurs Fraises

Et sans nuldouteen sont bien aises.

Que di-je ? ils le sont à tel point

Que » si ce Bruit-là ne ment point ,

Ils refusent, à la Pareille , a6o De prester à la Paix l'oreille • Et ne parlent déjà par tout

Que de pousser TEspagne à bout.

Voila, bref, comment l'on jargonne;

Mais rien je ne vous cautionne , 265 Et , sur ce Bruit un peu douteux ,

Je veux attendre le Boiteux.

Un autre Bruit encore trote , Mais seulement en basse note , Qu'avant que Flous ft le Piuntemps

370 De leurs âeautez parent les Champs, La Paix terminera la Gubrrb Entre I'Holamde & I'Anglbtbrre ^ Nous compris, cela s'entend bien , Car sans Nous il ne se Sût rien.

^n De tout mon cœur je le désire ,

Mais , coomie je viens de le due.

Ce Bruit-là n'est rien qu'on Bruit

[sourd.

Et la Nouvelle hautement court Que chaque PAm-n se dispose ,

aSo Apres cette Hyvemale Pose, A guerroyer sur Frais nouveaux , Apprétans pour ce maints Vaisseaux.

Et telle est leur impatience De se témoigner leur Vaillance ,

385 Que cinq Naviess Hollandois En afiErontérent des Amglois , Par une Bravoure imprudente « A ce qu'on dit , au moins Soixante Qui revenoyent de Gottbicbouig ;

S90 Liesquels aussi, pour trancher court, Se jouans dans cette Avanture , Firent de Trois soudain Capture Et donnèrent la Chasse à Deux , Mais qui, bien mdlleurs Voiliers

[qu'eux,

295 De tdle Chasse se moquèrent Et fort à propoi esquivèrent.

Voila mes trois Costez remplis ; A son Altesse adieu je dis.

Du vingt & deux Janvier ; où , non pas sans Tristesse, Chacun veid que Paris redevenoit Lirrécs Par un sale Dégel qui nous faisoit crier Que b Police enfin s'y venoit d'éehouer.

A P^ris , Cké^ F. Hmgust , rue (U la Harpe , aux trou Rois. Ax4c PrévUége du JùfY.

(Biblioth. nat. Lc^. 2a. Réf. (Exemplaire incomplet^. — Biblioth. Mazârine. 296. aJ ~ Biblioth. de TArsenal , B. L. 1 1802. — Biblioth. de M. le baron James de RothacWId.)

6if

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Ciiaklbs ROBINET.]

Du 3o. Janvier 1667.

Vous souvient-il » Grande Princesse , De ce crue dist d'Anjau , Marquis de tant d'Esprit ,

Lors que vôtre charmante Altesse

Lisoit mon pénultième Ecrit ?

Que sa peine étoit de comprendre

Qu*un Homme voulût entreprendre - Un semblable Travail de huit jours en huit jours ? Il en jugeoit fort bien & très-juste est sa peine ; '

En effet • c'est un grand Discours De rimer trois cent Vers ainsi chaque Semaine.

Vous le voyez pourtant » Madame , Je poursuk ce Travail depuis tantôt deux Ans ,

Et mesme avecque plus de Flâme

Que je n'eus dans mes Vers naissans.

Mais quoi ? lors que l'on s'imagine

Qu'on écrit pour une Héroïne Où l'on rencontre autant de grands Appas qu*en Vous, Je l'ay dit autresfois dans un Préliminaire,

Le plus grand Travail semble doux. Et Ton ne pense plus qu'à l'honneur de lui plaire.

Je r'entre donc dans ma Carrière , Epris & transporté d'un honneur si charmant ,

Et de ma Muze Gazetiere

C'est l'Appas , le Charme & l'Aimant.

Mais Tai-je , cet Honneur extrême ,

Belle Altesse du Rang suprême , Et si je m'en flatois , seroit-ce point en vain ? Ah I pardon , je ne sçai ce que je vous demande Sans éclaircissement je reprends donc mon train

Et je vais commancer ma petite Légende.

Le vingt-un du précédant Mois , La DiÉTB enfin des Polonois , Diétc par trop infbrmnée .

Ss vtid sans succez terminée

35 Par le Micmac des Factieux ,

Qui des Troubles veulent chez-Eux Fomenter & nourrir le Germe.

Pourtant, d'une façon si ferme

2o8« — Du 3o. Janvier 1667 iRoMKvr^.

MO Un de cet Preux de mttntaaant.

QueleSieurd'AiTAONAN Ton Domme, Ainsi qu'un autre galant Homme • De Cœur haut autant que de Corps, EtfSBiGNE en ses Gaiu»s du Corps ,

345 Et cet Officier plein de zélé En ton nom Duvis< s'appelle,

da Rëfiiiitiit d« Honaleor.

Nom à la Coim assez semé Et par les Employs renommé.

Mais retournons à nôtre Snu^ »

»5o Dont je dois deux mots encor dire.

Ce véritable Potentat, Voulant faire de son Estât Un Séjour de bonne Fortune Où plus rien ne nous importune ,

*55 Apres avoir porté ses soins Sur la pluspart de nos Besoins , Va détruire I'Hydre fatale Qui se retranche en un Dédale De Formalitez & de Loix ,

»^ C'est à dire , en meilleur François , Cette Chicane monstrueuse A Procédure tortueuse Et capable de faire peur, Qui , s'acharnant sur le Plaideur,

^5 Dans ses longueurs ronge & mutile La pauvre Veuve & le PupaLE.

O que ce charmant Couronné Est un vrai Louis-Dieu-Donné I

Quand au Grand PRivuRi deFxAN- 370 II est déjà hors de vacance , [es , Et le Commandeur de Souvrat , De grand mérite , à dire vray.

Le remplit depuis la huitaine.

Le Ciel en aanté Vj maintienoe , 375 Avecque l'heureux & beau cours De plus de sept mil aix cent jours !

Déjà fort pleine esi cette Epître , Mais il faut encor un Chapitre.

Un grand Homme est mort dqniis a8o Tout rempli de ce divin Fbv [peu, Que l'EspRjT SAniT met dans les

[Ames, Les sanctifiant par ses Fiâmes.

Son Nom est fameux dans Québec, . Où Ton ne va point à pied sec :

3S5 U s'appeUiHt Smon le Mons , Religieux Sl non Chanoine • Et fut de la SociâTé Par qui I'Enfbr est surmonté , Qu*on appelle des JÉa^rrEs , 290 Plus utiles que les Hermites , Evangélisans en tout lieu Le Nom & la Gloire de Dacu.

Un Célestin , bon Géografhe ,

[I^ p. Canean.

Lui consacra cette EprrAPHE ;

k lBf.<

îoo

Le Moyne git Ici , qui par son Ministère Fît triompher la Fov dans des Pais aflfreux. Si des Moines pareils formoient un Monastère , On pourroit le nommer le Ciel des Bîen-heureux. Aux Climats des Démons il porta le Batême ; Il veid cent fois la Mort sans avoir le Teint blême , N'ayant que Dieu par tout pour Guide & pour Appui. Mourir en vrai Martyr ftit sa plus forte envie ; Mais, ayant sur Xavier toujours réglé sa Vie , L'ordre du Ciel portoit qu'il mourroit comme lui.

30s Après ces Doctes Vers dont j'honore ma Lettre ,

Je vais viste le Date y mettre.

Je la as , plus pleine qu'un œuf, Au mois de Janvier le vingt-neuf.

À Parts , Ck4^ F. Mugnêt , rue if U Htrpa , aux irêit Kois. Avu PrntUégê du Rôf.

(Bibliotb. nat. , Lc^ , 2a R4t. — BiMiMh. Mannne , 296. A^. Biblioth. <U M. U |M*on Jasm ^ RotlHchild.)

6ÎÎ 634

LA MUSE DAUPHINE

[Pae PERDOÙ ob SUBLlGNY.j PREMIERE SEMAINE.

[Du Jeudjr 3. Février 1667.] A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Quand j'estois , l'An pasté , la Muse de la Cour ,

Si l'Europe fat étoaoée

De me voir prendre de l'amour , Que dira-fon , Seigneur , apprenant cette Année

Que c'est aujourd'huy l'heureux jour

De nôtre Rojûi Hymenée ?

Nos Poètes « accoutumes D'avoir à leur secours neuf sçavantes Pucelles Et qui ne peuvent rien s'ils ne sont animez Par ce nombre complet de BcUes , Vont , je pense « faire un beau bruit Quand ils n'en verront plus que huit, Et la médisance , féconde En termes railleurs A piquans , Dira bien pour ce coup ou'on n est plus dans le temps De Yoir des PuceUes au monde.

Si pourtant les Beautex qui se laissent aller De la même fofon cessoient toutes de l'estre , Cette médisance peut-estra N'aoroit pas tant de quoy parler.

Mais , Seigneur » méprisons cet odieux langage ; Puisque nôtre grand Roy vient de foire un Edit

Avantageux au Mariage , Il nous en faut tous deux faire nôtre profit.

Il est vray que la chose est tout à fait nouvelle : Qu'une Muse , qu'on croit une Vierge immortelle , Contre son vœu s'engage en des liens si doux ;

Mais elle est encor moins étrange

Que de voir marier un Ange , Et la belle Colbbrt a Uen pris un Espoux !

635 209* — Du 3. Fenier 1667 (Sovuont). Oi

Vous connoitME , je croy, cette illostre Personne. Son Père , qm fidt à la Cour Des miracles pour la Couronne , N'en fit pas un petit de lui donner le jour.

95 N'est-il pas vray» Sbignror, que c'est un Ange aimable ?

Mais ne changeons point de propos ; Elle est donc d'aujourd'huy l'^spouse d'un Héros » Petit' fils d'un illustre & £ameux Connestable.

Le Dac de Cheyrbusb est son nom.

4* Nous autres, pour quelle raison

Serions>nous Vierges . je vous prie , Puisque cet Ange se marie ?

C'est bien pis : sa charmante Saua , Qui ne touche qu'à peine à sa dixième année , 45 Se veut mêler aussi de goûter la douceur

Que Ton trouve dans l'Hymenée, Et son Fiancé, Saimt Aioman , La doit épouser dans on An.

Ce Comte , fils d'un Doc » les délices des Nôtres , 50 Par parentése , est ud Héros aussi ;

La Fkance le verra dans quelque temps d'ici.

Le Duc DE Saint-Aigman n'en a jamais &it d'autres.

Pour vous en parler franchement , Mon Prince, je suis fort trompée 55 Si, depuis que son Frère est dans le monument ,

Ce Coicrt a du regret de s'estre &ic d'Espée. Je sçay que quelques-uns de nos graves humains Diront qu'un Bénéfice est uoe bonne affaire ; Mais telle Femme est un Bréviaire 60 Qui vaut bien quelquefois les bréviaires Romains.

A l'heure que je parle, on rit , on fait dépence . On fait la nopce encore, avec magnificence , De l'accomply Chbvrbusb & de l'Osivr divin Qui porte au plus haut point son glorieux Destin. é5 Tout l'HosTBL DE CoLBBRT est eu réjouissauce :

On tient le bal , on fût festin* Dans une mesme Salle on fait mesme , je pense, La Feste de l'Illustre & superbe Alliance De l'aimable de Loynb avecque Lavaeoim ^ 7a L'un des nobles Marquis de France ,

^ Et MoNsnuK CoLBBiT mesme y danoe.

Le croiriezHTOUs donc , cher Dauphin, Qu'on le voit aller en cadence Presqu'aussi bien qu'un beau blondin ?

75 Cela passe un peu la crojrance.

Nous serions pourtant bons de ne le croire pas ;

iârj 2fii9. — Du 3. Fevmr 1667 (Suiliovy;. ffi%,

L'Art n'a rien de porâdt dopt «on esprit n'abonde: C'est luY qui remet mesme en cadence le Monde Sous le plus çrand des Potenuts , ^ Et qui l'empesche bien de Cure d^ faux pas.

Tout parle enfin de Mariage ; Ce Nom remplit tous les discours.

Depuis la pension &, le grand avantage Que TEdit donne au fruit de ses chastes amours, ^^ Il n'est point de fille si sage

Qui . si j'ose nommer icy le pucelage » N'ait regret de l'avoir trop long-temps retenu. Ce n'est plus à son gré qu'une fort sotte Idole. Qui luy diffère ou qui lui vole 9^ Deux mille francs oe revenu.

Esponsons donc , je vous suplie ; Nous ne pouvons pas mieux cnoisir Pour nous unir selon nostre désir Que ce temps où Chevrbusr à son Ange s'allie. ^ C'est toujours une compagnie

Dont la jeunesse & les beaux jours Nourriront à la Cour les jeux et les Amours , Et qui nous {oomira pour toute nuire vie Dequoy ne point manquer de plaisirs tous les jours.

'^ D'ailleurs la recompense est solide & réelle

Pour ceux qui feront dix enCans, Qui vous dit que dans 'peu de temps Nous: ne serons point dignes d'elle ?

Dix semaines pour moj sont autant que dix. ans ^^ Pour une expédition telle ,

Et je vous apprens , cher Dauphin , Qu'un Objet qui tient du Divin Porte bien moins long-temps son fruit qu'une Mortelle ; Témoin vostre Maman qui , la dernière tois , "* Pour feire une Filie fort belle

Et Que rechercheront un jour les plus grands Roys» Ne tut point obligée à la porter neuf mois.

lao

Mais qui prierons-nous de la Nopce ?

La troupe , à mon avis , qui seroit la plus grosse Au^enteroit d'autant nostre contentement.

Il &ut du moins tâcher que la Maison Royale

Nous donne son consentement , Sur tout ayons pour nous Maman la Marbschallx,

Dans le commerce où nous entrons.

Si, comme elle a le soin des beaux Enfans db Francs , EUe en avoit aussi de ceux que nous ferons , Nous aurions , MoNssiONBUR , des biens en abondance.

Ah 1 que j'étendray loin le Nom de mon Espous 1 Qu'on verra des effets bien dignes de ma flamme*

639 ^og. ^ Du 3. Pevrfar 1667 (StnuoifT). 640

125 PHkquè |e rai» esere la FéiMie

D'un iVince cbal^ftfit Mmme toos !

Approchant de {dus prés tôtre Aogtttte persdfine , Ainsi qu'une Femme le doit , C'est pour lors , beau Fleuron d'une Illustre Couronne, ■30 Que » sçachant sur le bout du doit »

Les vertus que déjà la naksance vous donne , Je pourray bien mieut dans mes Vers En faire part â TUnirers.

Ce sera pour lors , Mon beau Pamcs .

«35 Que firây bien plus libr^nent

Vous chercher dans chaque Province Quelque digne sujet de divertissement.

Ce sera par cet Hymenée Que ce que |e promis de Êdre l'autre Année , 140 Dans celle où nous vivons se fera galamment ,

Et qu'il ne sera point à Paris de Ruelles , Point de secret appartement »• Dont , pour un Mary si charmant.

Je ne tire quelques Nouvelles. *

145 Achevons donc , voicy le tempe

Où les Plaisirs viennent en foule Présenter à mes Vers des sujets édatans. Ne permettons point qu'il s'écoule Sans conduis un Hymen si doui :

150 Donn»-moi vôtre fc^, je vous donne la môenne ,

Et , dés Jbudt pfocham , que rien ne nous retienne De nous mettre en estât de causer en Espoui*

Du Jeudi 3. Février 1667.

U||MiMe||DMipkiae«||Pw le StMr Di Sobuoiiv. || ^ Pmk.\lCk4^ PUrrt U Mowmiir, nu \\ des àiatkurins , au Feu Diviu, || m.dc.lzvii [1667.^ Il ^^f^ Privilège du Roy. Ip-ia de 110 pp. — pp. 3-12,

(Biblioth. de rAnefld , B. L. 11799.1

LETTRE EN VERS A MADAME

! Par Charles ROBINET.]

Du 6. Février iôôj.

Quel Feu s'allume dans mon Ame , Dont je ressens Tardant Transport , Et par quel ordre , par quel Sort, Sui-je en cet instant tout de Flâme ?

Quel Objet ai-je vu , si rare & si parfait » De qui ce Feu soit un effet.

Et seroi-je tombé dans de nouvelles Chaînes ? Non . ce Feu n*est pas de TAmour

Qui produit des Soupirs, des Chagrins & des Geînes

Et qui dans le Coeur seul établit son Séjour;

C'est le Feu que Clion me donne

En cet ordinaire Début

De mon PoStiaue Tribut

A mon adorable Patrône.

La Belle vient toujours au^levant de mes Vœux

Quand , pour cet Objet glorieux , Le Jour est amvé de composer ma Lettre.

Profitant donc de son Secours , Je vais en ce moment à ma Tâche me mettre Et donner à mes Vers leur Historique Cours.

Monseigneur le Sophy de Persb , Du Grand Seigneur Partie averse , Avoit r'assamblé ses Soudards Sous un grand nombre d'Etendards,

»5 Pour revenir vers Babilonb Faire voir aux Turcs leur Bec-jaune ; Mais , avant que de rien tanter, Aq DrvAN il a fait porter Quelques Articles de Concorde ,

^Avec un long & bel Exorde Contenant que , sur leur Refus , De la Paix il ne parle plus Et qu'il s'en va faire la Guerre A sa Hautssse , tant que terre •

)$ Dût-il , en ces nouveaux Efforts ,

, Tarir 9es Indiens Trésors,

Mais, dessus ce Point, sa Hautbsse Ne se hausse ny ne se baisse , Et ne pense qu aux grands Projets

40 Que contre Saint Marc Elle a faits «uivéaiten Désirant , quoi que Ton en die , Avoir la Clef de la Candie. la Mé»ru-

C'est pour accomplir ce désir Que Monsieur son Premier Visir ,

45 Que l'on tient un maître Astronome* Est passé dedans ce Royaume Avecque tant de Musulmans , Et tous des plus francs Garnemens.

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