‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 179 sur 247 · Du 29. May 1667 (Robiket · texte numérisé non relu

Du 29. May 1667 (Robiket

Si l'on pouvoit peser la Gloire, 100 Afin d'obtenir la Victoire

Dessus les Tui|cs , de toutes parts , Amassent de nouveaux Soudards , Et , sur la Mer & sur la Terre , Font de fort beaux Apprêts de

[Guerre.

105 D'autre part » leur sage Sénat , Polissant des mieux leur Etat., A fait une étréte Défense A toutes Filles de Licence De se trouver aux Lieux sacrée ,

1 10 A la Pieté consacrez ,

Sous peine' à toute Refractaire D'une Amande Pécuniaire , . Ou , si le mal'heureux Métier Ne peut fournit* pour la payer ,

115 D'une autre peine CorpK^relle Qui n'est ni plaisante ni belle.

Ce que j'ay dit ne s'entend point

?it vous trom{>ez fuis sur ce Point] our Celles qui , bien Pénitentes

120 Et de leurs Fautes repentantes , N'iroyent dedans ces Saints Lieux-là Que pour dire Mea-Culpa , Mais pour les seules Madelaines Qui n iroyent que pour leurs Fredai-

125 Et pour attirer les Chalans [nés Par leurs Attrais aSriolans.

Las, bêlas 1 si, pour ces dernières.

Dont nous avons des Pépinières , On feisoit Id tels Edits ,

150 (Certe en soupirant je le dis)

Qu'on verroit dans les saints Mysté- Aux Paroisses & Monastères , [res , Le Troupeau Féminin petit !

La Chose est sans nul contredit.

135 Le deux de ce mois, le Saint Etoit encor vivant, à Rome, [Homme Et tenoit , ainsi que jadis , Les grandes Clefs du Paradis.

Je gage bien , & point je n'erre , 140 Que vous voulez du Tremble-Terre Avoir le petit Suplément , Que je promis dernièrement.

Sçachez donc qu'en cette Aventure Dont j'abbrégc^ ici la Peinture ,

145 N'y voyant pas (las 1 tant s'en fiiut !) Pour en rirele moindre Mot , Ragusb , cette belle Ville , Que maint beau Port , mainte belle

[Ue.

Maint beau Temple, maint beau

[Palais,

150 Maint beau Jardin rempli de Jets , Maint bel Arc, mainte belle Halle »

Maint beau Lieu pour garder du hft- Et , bref, mainte rare BBAuré , [le Rendoit charmante en vérité ,

155 Se veid (ô Disgrâce inouie I) Dans un clin d'œil évanouie Avecque tous ses Habitans , A la réserve de huit cens , Tristes Reliques de huit mille ,

160 Qui , sur les ruines de la Ville , Poussoyent de longs Gémissemens Ou de lugubres hurlements.

Quand cette Ville désolée Se fut de la sorte écroulée ,

1^5 De ses Matérieaux confus , Où rien ne se disdnguoit plus , Des Vents & des Fiâmes sortirent , Des Monts avec bruit se fendirent , Un Château , du Débris resté ,

170 Ainsi qu'il est bien attesté Par le Récit de cet Esclandre , Auquel. tout Cœur dur devient ten- Deux fois s'ouvrit & referma [dre , Et , par bonheur , point n'abîma.

175 On ouyt deux grands coups de

[Foudre .

L'Air parut tout épais de poudre , La Mer , avec certains abois , Fit le Plongeon par quatre fois Et là . depuis , ne s'est point vue.

180 Mais détournons viste la vue De ce Spectacle trop affireux , Ajoutant , en un mot ou deux ,

Que TRAU • CaTTERO , SEBENIQtlE ,

Trois Villes de la République , 185 Furent, dans ledit Tremblement ,

Trembleuses réciproquement ,

Et qu'aussi mainte & mainte Place

De la Mahométanb Race ,

Dont, sans mentir, tres-peu me chaut, 190 Y dança , certe , comme il faut ,

Sur tout Dulogne & Castbl nove.

Sus , passons à quelqu'autre Nove.

De Veui

86i 233. -^ Du S9.

La DiéTB des Polonois Est finie , ainsi que je crois ,

195 Mais quel le Succez ? je l'ignore , Car on v disputoic encore Dessus le plus épineux Point , Lequel au Roy ne plaisoit point .

Touchant rELscnoN , je pense.

>oo Lecteur , ayez donc patience Jusqu'à l'Ordinaire prochain , Où tout se sçaura plus à plein.

Pour la Padl avec TAngleterre , Cette Affaire ira très-belle erre «05 Et , dans Breda , l'on va bien-tôt Pousser le Tratté comme il faut.

Mais , quant à nous , avec I'Espa-

[gne Je voi qu'on parle de Campagne Et que chacun , de son côté , a 10 Remet la Rapière au costé.

Qui rompt donc ? Ce n'est pas la [France , Et la Chose est en évidance :

Elle demande seulement , Justement , équitablement , 2>^ Les DRorrs de son aimable Reyne , De son auguste Souveraine , Et l'on les lui refuse : Ergo , N'en déplaise à Dom Rodrigo , C'est TEspagne , je l'en assure , MO Qui seule fait cette Rupture.

J^ Ce Gouverneur des Pays-Bas •ïj^gBi. Ces raisons-là ne goûte pas ^°* Et , craignant fort qu'on lui demem-

[bre De son Régime quelque Membre , 335 Se trémousse par Monts , ^ar Vaux, Et dans ses Postes principaux Essaye de mettre tel Ordre Que le François n'y puisse mordre.

Il n'obmet rien ennn, mais quoy ?

«30 Que fera-t-il contre un grand Roy Couvert de splendeur & de gloire.

Qu'a toujours suivi la Victoire Aux Lieux oti sa Majesté va Et qu'il auroit conquis déjà ^H Si I'Amour , par de divins Charmes . ' N'eûtdesesmains fait choir les Armes, En lui faisant voir les beaux Yeux De Thérèse , Fille des Dieux.

May 1667 (Robinet)

Ce majestueux & beau Sire , «40 Digne d'un Monde pour Empire , Ayant , avec sa grande Cour , Fait dans Amiens quelque Séjour , Est venu giter vers Péronne , Et par tout ses Ordres il donne ^45 Avecque tant d'activité Qu'on admire sa Majesté.

Nôtre Dauphin , plus beau qu'un Et digne de haute louange , [Ange Avecque sa brillante Sœur ,

'50 Qui régnera sur maint grand Cœur, A CoMPiÉGNE , honorable Ville , A fait chois de son Domicile , Où le Lieutenant Général Lui fit un Compliment royal ,

255 Auquel sa digne Gouvernante , Maréchale illustre & charmante , Avecque grâce , avec esprit , Et du fort bel air répondit.

Cet HÉRmER de la Couronne , »6o Que déjà la Gloire environne , Ayant passé par Champlatreux , Un Présidant des plus heureux- L'y régala de belle sorte , Ainsi qu'une Lettre le porte , 265 Comme il avoit aussi traité Et l'une & l'autre Majesté , Avecque leur SurrE , à trois Tables , Où les Mets les plus manducables Furent servis profusément 370 Et même aussi trés-galamment.

Le beau Premier Monsieur de [France, Prince d'une rare excellence , Impadant de prendre part Aux Travaux de notre Cezar , 275 Partit , Jbudy , dés que I'Aurore Par ses pleurs vinst enrichir Flore , Pour aller , en guerrier estât , Joindre l'auguste Potentat.

Deux jours auparavant, ses Pages, aSo Bien morigénez & bien sages ,

ayo Tret-galaroment.

Monsieur

le

Préeident

Mole

%6X — Du »9. May 1667 (Rouhbt).

Tous à l'avantage ajustez Et , qui plus est , très-bien montez , Ses cent Hommes à Hallebardes , Ou cent Suisses , & ses cent Gardes

385 (Ceux-cy sur de bons Destriers , De haute mine & fort guerriers) , Avoyent pris, cette route même , Montrans une Liesse extrême ; Et , parmi cet assez beau Train ,

290 Etoyeoc force Chevaux de Main ,

Conduis fmr leur Valets d'Etrillés , Qui tous paressorent de bons Drilles, Item • quantité de Mulets , Que leur Carillon rendoit gais ,

295 Nonobstant la pesante Charge Qui couvrait leur Echigne l^rge .

Et, pour tout dire en peu de mots.

Grand attirail de Cfaanots , Pleins de Tantes & dlJtenciles

500 Pour glter au Camp fort utiles.

Puis-je mieux que par là cet Ecrit terminer ? Non , belle Altbsss , non , & je vais l'y borner.

Fait la Veille de Pentecôte , Sans me fouler aucune côte.

4 Paru , Cke^ F. Mmgikt , rue 44 la Hêrpe , aux Tl^h Rois, Avu PrivOige du R^.

(Biblioftfa. nat., U^, la. Rét. ^ BibUoth. Muarine, 29S. k3, ~ Bibiioth. de l'Arsenil, B. L. 11803. — Biblioth. de M. k btron *^ James de Rothschild.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Chaklbs ROBINET.J

Du 5. Juin 1667.

Naisses , Vers bien-heureux , Vers que le sort destine Pour aller divertir une jeune Héroïne En qui , certe , le Ciel & la Nature ont mis Tout ce que , d'une Main prodigue , Qui ne sçauroît souffirîr de borne ni de digue , Ils versent seulement à leurs meilleurs Amis.

C'est dans son beau Saint Clou que Ton void la Princesse , Où» pour charmer aussi cette brillante Altesse , On void que la Nature & l'Art ont , à l'envi ,

Produit ce qu'ils ont d'agréable , En faisans un Séjour , comme Elle , incomparable , Oti chacun des cinq Sens tour à tour est ravi.

C'est donc en ce beau Lieu qu'en vôtre humble ramage A ses rares Appas vous irez rendre hommage Et que, pour un moment , vous la divertirez.

865 234* — Du 5. Juin 1667 (Robinet}.

Mais , pour avoir Theur de lui plaire , Ayez tout rOrnement qui vous est jxécessaire Et dites du bel air tout ce que vous direz.

Je ne sçai pas comme en Pologne M Quelqu'un peut avoir grasse Trogne, La DiéTE n'y finissant point , Car on m'a dit , touchant ce Point , Qu'on l'avoit encor prolongée

g'ant utile elle étoit jugée) u vingt-^eux jusques au vingt-sept, Et que , ce terme-là complet , Elle fut , la chose est constante , Remise encor jusques au Trente.

Mais je croi qu'on en dispensa ' ^^ Monsieur le Staroste Lx>msa Titerier Et k jeuuette Castelane

Gonnnuw La Cmteiana de WOna, Niéoo du

[En- Chancelier de Lltbaimie

Qm , plus brillante que Diane ^r ses beaux yeux & ses atours , L'Epousa , l'un des susdits jours.

35 Oui, j'apperçoi dans un mémoire, Ecrit vraiment d'encre fort noire , Que I'Oncle de cette Fanfan , Qui n'est pas en son quinzième An, Rt , ainsi qu'en Cérémonie ,

40 Grand Festin à la Compagnie , Qui fut assaisonné d'un Bal , Où l'on ne s'agita pas mal , Et çiue I'Epoos & 1 Epousée , Qui s'en veid un peu défrisée ,

45 Continuèrent certe entr'eux , Afin de mieux remplir leurs Vœux.

Mais , non , foin , je disois l'afiEûre Ainsi qu'elle devoit se faire , Et , devinant dessus ce Cas ,

50 Qui de la sorte n'alla pas , Maitre Gonin en Devinaille , Je ne devinois rien oui vaille.

Car , à la Mode du Paï's , Où nous serions bien ébaïs ,

55 Ardeurs-à-part, le plus beau Couple Que trois jours après ne s'acouple , Et ledit Staroste Lomsa , Suivant donc cette Mode là , N'eut , malgré son ame embrasée ,

60 Qu'après ce temps son Epousée , Si bien qu'à parler nettement , On peut dire qu'asseurément La reste ne fut pas entière Et qu'avec toute la grand'Cbére .

65 Les deux languissans AflQKDureux

Gardèrent un long Jûne entr'eux.

Mais après ces trois jours de Diète, La Solennité fut complète , Et I'Epous , ayant bien traité

70 La PoLONOisE Majesté , Avec maint Seigneur , mainte Dame (S'entend de la plus haute game) • Sans faire du reste à moitié Avec sa charmante Moitié ,

75 11 fit la MiNox avec elle , Tout brûlant d'un amoureux Zèle , Et , bref, rompans la Diète entr'eux.

Us remplirent alors leurs Vœux.

La Reyne Alexandre Christine ,

80 Excellente & sage Héroïne , A qui mes Vermisseaux ont plû Et dont j'ay souvent été leu , Avec d'assez bon témoignages Qu'Elle aimoit mes petits Ouvrages;

85 Ce Miracle , dirje , du Nord , Devers Storolme prend l'essort , Où jadis l'illustre Amazone Quita Couronne , Sceptre & Trône Et la Suprême Autorité ,

90 De même qu'elle auroit quité Les Bijoux & les Babioles Dont les Enfans font leurs Idoles.

Mais , en vérité , qu'est-ce-aussi Que la Pompe d'un grand Souci ,

95 Qu'un superbe Ornement de peines.

D'inquiétudes & de gesnes , Et qu'un fragile Eclat enfin , Sous qui le plus haut Souverain Est su|et aux tristes disgrâces 100 Des Créatures les plus basses?

Mais, bride en main, car, en effet, Je m'égare de mon Sujet , Et , pour achever , je doi dire Qu'un Ministre de nôtre Sire , 105 Dont c*est faire l'Eloge au long Nommant le Chevalier Trelong , Partit exprés de Copenhague , Ville qui , dit-on , est tres-vague , Pour à sa belle Majesté » »o Venir faire CiviUté ,

Et que » depuis I'Ile de Fune , Par une gloire non commune ,

234* — Du 5. Juin 1667 (RoBofrr).

Il l'accompagna chaque jour Jusqu'en la Crré d'ELSEMBOuito ,

1 15 Lui témoignant ainsi l'Estime (Qui , sans doute , est bien légitime) Que fait d'Elle nôtre grand Roy Et dont, en un si digne arroy , Ce Phœnhl de tous les Monarques

120 Lui donna lui même des marques Lorsqu'elle vint en nôtre Cour Mettre ses Vertus dans leur Jour.

Mais, hélas I en parlant de Reyne, On m'apprend que la Souveraine

125 Du Sarmathe a nni son sort , Et (jue l'universelle Mort , Qui , sans cesse , par tout le Monde, Pour butiner, fait une Ronde , A , sans pitié , percé le Cœur

130 De cet Objet rare & vainqueur , De cette admirable Marie , Qui fut si belle & si fleurie , Et qui d'amoureuses langueurs Fit ladis mourir tant de Cœurs !

135 Quoy î de l'illustre Couronnée Toute la Grandeur est bornée Par l'enceinte d'un Monument ?

O quel funeste Changement!

De confusion j'en soupire.

140 Hé bien ? n'est-ce pas là mon dire ?

Mais qu'apprens-je , d'autre côté ,

Confirmant ma Moralité ?

Cette Parque , qui chacun frape ,

Enfin par terre a mis* le Pape 145 Et de ce Triple-Couronné

Le Pontificat terminé.

C'en est fait, & maintenant Rome

Attend viste un autre Saint Home ;

Mais je luy diray , sur tel cas , «50 Qu'en moule on ne le jette pas.

Mais , des Nouvelles Etrangères , Passons enfin à nos Affaires Et discourons un peu du Roy :

Il le mérite bien , ma foy.

«55 Cet illustre Amant de la Gloire , Ce Favori de la Victoire , Suivant leurs ravissans Appas , Nuit & jour s'avance à grands pas Dans les Routes que ces deux Fiéres

1^ Ouvrent à ses Ardeurs Guerri^-es , Et conduites par l'Equité.

Sa magnanime Majesté , Sans se rapporter à Personne , Incessamment les ordres donne ,

165 Pose les Gardes , fisdt les Camps Et régie les Détachemens , Si bien que , Seule à Soy semUaUe , ,On ne void qu'EUe infistigable.

Les dernières Nouvelles sont

170 Qu'ayant fait prendre, à Ville-Pont, Du PjBÛn pour cinq ou six journées A ses Troupes bien ordonnées , Et distribuer aux Cavaliers Des Outils jusqu'à dix milliers ,

175 Elle estoit de ce Lieu partie Pour une importante Partie , En son Chemin côtoyant Monts , Dans un Pays tout plein de Monts ; D'où je conçoi de grandes Choses ,

iSo Mais ce sont encor Lettres doses.

Cependant force jeunes Gens , Et mémement des premiers Rangs , Bongré-malgré nôtre Monarque , Désirans donner quelque marque

185 Qu'ils sont pourvus d'un noble Cœur Et qu'enfin ils aiment l'Honneur , Vont chercher comme Volontaires

' Des Occasions militaires , Et Monsieur le Duc en est un

190 Qui n'est point du tout du commun; Item , est en Ligne de compte De Saint Paul , cet aimaUe Comte , Et d'ARMAGNAC pareillement , Autre Comte encor si charmant ,

»95 D'Auvergne , lequel tout de même Est un Comte qu'aussi Ton aime ; Item , nôtre Duc de Bouillon , PRmcB friand du beau Renom , S'il en est un dans la Nature ,

aoo Sans à nul autre faire injure , Et , bref, le Comte de Nogent , Qui sera toujours diligent A manifester son Courage Contre qui voudra , je le gage.

305 Ce que je dis là ne plait pas Au Gouverneur des Pays-Bas , Et . comme il prévoid des Disgrâces Pour ses plus importantes Places, Il en Mt démolir plusieurs ,

«69 a34. ~ Du 5. Juin 1667 (Robinet)

110 Pour unir ses forces ailleurs.

Entr'autres ainsi , la Basses

Est une Ville délaissée ,

Comme aussi Condé, Saint Germain,

Démantelez rez le Terrain.

ai5 Mais on s'est saisi d'ARMENTiÉRB ,

Se trouvant encor toute entière ,

Et Ton dit que les Habitans

En ont tous paru bien contans.

Ayant parlé de nôtre Auguste , 220 n est , ce me semble , bien juste De mettre quelque chose Ici De sa divine Epouse aussi.

Sçachez donc que cette Princesse Remplit CoMPiiGNE d'alaigresse , "5 Et <^u'on est en cette Crré Ravi de voir sa Majesté , Qu'accompagne Mademoiselle , Pour qui j*eus toujours un grand zèle, Comme, en maints Chapitres divers, «30 Je Tay témoigné par mes Vers.

Achevons par une Nouvelle Tout à fait & Chrétienne & belle .

Et de qui Ton doit faire état Et pour l'Eglise & pour l'Etat.

Sf de lA perte da Gomrernament de It voie <to •7 et de le Vtlée d*09e«Q, qui estoit de se maieon depuis prée d*iin Siècle.

jQaode

L'EvESQUE de Tarbe , n'aguéres , Receut , m'a-t'on dit , à Gardéres , Avec grande exultation , La sincère Abjuration Pu fameux Marquis de Loubis ,

HO Lequel , je pense , a nom Tuobib , Et celle , dans le même temps , De sa Femme & de sept Enfans ; De Seize dont est composée Cette Famille fort prisée. [Filet

^5 C'est , sans doute , un Coup de Important & grand tout-à-fait , Du moins selon ma fantaisie , Car elle fut de I'Hérésie Le grand Pilier & Boulevar .

*><>Tant en Bioorrb qu'en Béar , Et présidoit dans les Mystères Parmi les Reugionnairbs De la Rochelle & de Royan ,

L'BMoIre remerqoe que le Père du Merqois diLoQbieysipeenlèBlet laes» en qnelttd aePrMdent, tons lee Re^emens qu'on y fit, ••••teoMleideliOûnottfciBde im Ben

Alors que . non pas sans haban ,

»55 Ces Places se voyoyent bloquées Et si vertement ataquées Par les Armes du défunt Roy , Qui les mit en beau désarroy.

C'est Monsieur le Duc de Navaille,

3^ Homme de Siège & de Bataille , Et tout-à-fait brave Seigneur , Qui . par un glorieux bon-heur , A fait cet Exploit pour TEglisb , L'un des beaux ou'en l'Histoire on

3^5 Avecque le Père Débats . [lise ,

Jésuite , dont on fait grand cas.

Ainsi de ce Duc on peut dire , Sans qu'on se voye contredire , Qu'il sert , sous nôtre Potentat,

»7«> Dignement I'Eqltse & I'Estat.

Une Fille du Marquis même En suite receut le Batême , Etant tenue , avec éclat , Aussi par le susdit Prélat

275 Et le (Jhevalier de Loubie , Qui (car il faut oue je le die) Avoit abjuré ses Erreurs , Avec deux Frères & six Sœurs , Depuis environ six Années ,

aSo Pour eux tout-à fait fortunées.

Mais ils en doivent grâce aussi Au louable & pieux Souci Que la Duchesse de Navaille , Qui pour l'Eglise aussi travaille ,

285 ft-it de les tirer du Chemin

Où se perd force Genre Humain , Sçavoir celuy du Calvinisme , Pire que le Luthéranisme.

Ah ! plût aux Cieux , ah I plut aux

[Cœux

290 (De tres-bon cœur je fai ces Vœux) Qu'une de nos belles Marquises , Qui fait litière des Franchises Par un fort bon nombre d'Appas , Eust fait ce salutaire Pas , 295 Et que je pusse en mon EpÎtre .

Dont Elle lit chaque Chapitre , Le publier au premier Jour !

Je le di tout franc & tout court:

A Charenton dû-je en déplaire, 300 Je ne pourrois jamais m'en taire.

Frère de le Marquise de LoQble

Piwe de 1

871 2Î4- — Du 5. Juin 1667 (Rommet). 9jt

Sage Altesse » après ces Vœux-4à , Ma Musette me dit holà ^ Et veut que je cesse d'écrire ; N'osant donc pas la contredire , 305 Je finis en disant que de Juin le quart jour

Je fis ces Vermisseaux pour vous mire la Cour.

305 Le quitriéme jour. ^

A Paris, CJU^ F. Mnguii, ru* de U Harpe, tmx Trois Rois. Avec FrivOdge dm key.

(Biblioth. nrt. Le*. 22. Rés. — Biblioth. MiMUine , 296. fà. — Biblioth. de l'Arsenal , B. L. 11802. — Biblioth. de M. le *^ Jamet de Rothschild.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pai Chailbs robinet.]

Du 12. Juin 1667.

Muse à Madame tributaire Et dont je suis le Secrétaire , Estes-vous preste à me dicter ?

Pour moy , je suis tout prest d'écrire , Et vous n'avez qu'à caqueter Selon que Hiœbus vous inspire.

Dessous vous j'écris assez vite , Et ma Plume onque ne hézite Si vous-même ne nézitex.

Mais , à part ici la Jactance .

Toujours promptement vous dictez , Toujours l'écris en diligence.

Mais , sans que plus long-temps je cause » De cet Effet on sçait la Cause :

Elle vient d'un Divin Objet , Et , quoy qu'on fosse pour Madame »

On Agit aisément en un si beau Sujet Et l'on se sent alors plus actif que la F

D'abord» deux Objets glorieux »o Attirent nos Soins devers Eux Et veulent nos premières Rimes , Avec nos Respects légitimes :

C'est nôtre charmant Coukonné , Nôtre grand Héros , Dœu-DoNNi , Et MoNsisum . son Unique Frère ,

Flâme.

Qui le suit dans cette Carrière Où la VicroiRs avecque Mars Marchent dessous nos Etendars.

C'est i'Artide aussi que je pense 30 Qu'avec le plus d'impatiance A présent le Lecteur attend ; Mettons-le donc au premier Rang.

Page 1