Septembre 1667 (RoBnm
S05 Ayant , dans la Déconfiture
Des Espagnols , fait d'un capture , Lequel , en triste désarroy.
Fut conduit devant nôtre Roy.
Ce n'est pas, certe, un Exploit mince
210 Pour le Début d'un jeune Prince; Et , si celuy de son amour Fui tel alors que , l'autre-jour.
Il fut joint à st belle Amie , Au sortir de l'Académie
s(5(Sçavoir à l'Infente Brancas),
La peste I que ne fit-il pas ? [vreuse.
Mais n'oublions point de Chb- Ce Duc, dont l'Ame est amoureuse Du bel Honneur aussi , ma-foy,
s^ Et dans les Dangers sans éfroy, A la Tranchée a fait conétre Qu'en la Guerre il est passé Maître.
Commen t ? blessé tout fraîchement Et même assez notablement,
*»5 II vouloit retourner en Garde , Tant de ferrailler il luv tarde , Si nôtre Roy, d'un ordre altier.
Ne l'eut &it rentrer au Quartier.
, C'est comme Monsieur son Beau-
[P£rb,
aj* Que ma Clîon beaucoup révère , Ajf^t ardamment pour I'Etat Et sert son brillant Potentat, Et c'est de la sorte se rendre Du fameux Colbert digne Gendre.
«35 Le brave de Magaloty Fut ajusté, tout de rôty.
Dedans cette Tranchée encore , Car, sans que la Pillule on dore , Il eut, avec quelques Consors ,
MO D'un Mousquet à travers le corps ; Mais c'est de Lile assez écrire , N'en pouvant aussi bien tout dire.
C'est à RuEL , non à Maisons, Sçavoir à tous nous le faisons , M5 Que nôtre charmant Dauphin loge ; Mais , dés ce jour, il en déloge Pour s'en aller à Saint-Germain , Où , ce dit-on , Mardy prochain , Nous aurons notre Cour entière.
230 o pour nous la belle matière !
LE SOLDAT-nLLE.
Quelques Déserteurs, l'autre jour, Furent pris dans le grand Fauxbour, Et, comme l'on ne garde guéres De semblables malheureux Hères,
S55 On les condamne en moins de rien A faire le Saut aérien , Id est, à dancer sous la corde , Sans aucune miséricorde.
Mais l'un de ces Infortunez ,
a6o Comme au Supplice ils sont menez, Demande à son Juge audiance Sur une affaire d'importance; Il la luy donne , & le Soldat Luy dit: « Monsieur le Magistrat,
365 » 11 est bon que je vous découvre » Ce que ce mien Habit vous couvre:
> Je suis fille , & non pas Garçon , » Ainsi que j'en ay la façon.
> Depuis quinze ans & davantage, 270 > J'ay vécu sous cet équipage
» Et toujours bien senry le Rot, » Jusqu'à ce présent désarroy,
> Dans telle & dans telle rencontre.»
Racontant ces choses , il montre
275 Des marques de tout ce qu'il dit , Marques qui sont sans contredit Et qui font voir une Amasone Qui n'avoit point été Poltrone.
Or, son Sexe étant avéré
»8o Par un Chirur^en Juré , Lequel la cautionna même Pucelle comme en son Batême , Le Juge , plein d'étonnement, L'exempta de son Jugement,
385 Et le Pasteur de Saint-Sulptce , Aux vœux de la fille propice , Qui demanda , changeant d'habit , Qu'en un Monastère on la mit , Se chargea de cette bonne œuvre,
«90 Pour couronner le beau chef-d'œu- De la PRovmENCB des Cibux [vre.
Qui , dans ce cas , brille des mieux.
Je m'en vais » api*és cette Histoire, Vite fermer mon écritoire.
Ces Vermissbauz tous frais ponus
ioo5 247. — Du 4. Septembre 1667 (Robinet). 1006
Sont de sept jours après Sanctus Augustinus.
A propos , je dois témoignage Que le jeune Abbé Talemant En fit un Eloge charmant , 300 En son pur & fieury langage ,
Et c]ue cet Orateur sacré , Qui mérite d'être mytré , En un tel point ravit son brillant Auditoire , Qui des plus beaux Esprits se rencontra tout plein , 305 Qu'il ne fonda pas moins sa gloire
Que celle de ce rare &. fameux Affricain. Ce fut dans TEglise nouvelle Des dignes Auoustins Déchaux Qu'il nt une Action si belle , 310 Et , par un second à propos.
Il faut qu'encore je remarque Que Mad'moiselle de la Marque , pme (THoimeor
Qui tient chez nôtre Reine un des Postes d'honneur, Et peut enchaîner la franchise , 515 Sans-doute , de maint & maint cœur,
Faisoit la Queste en cette Eglise Pour le Pavé de la Maison , Et pour lequel encor chacun porte son Don.
À Paris, Chêx C. Chinamlt, nu de la huehetU. ÂVâc Prw. de S. M.
(Biblioth. nat., Lc^, 22. Rét. — Biblîoth. Mazarine, 296 A3.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du n. Septembre 1667.
Comme je doi , de loin aussi-bien que de prés , Vous rendre mes Devoirs , 6 divine Princesse . Voici ce que j'écris à vôtre auguste Altesse , En s6n charmant Villcrs-cotrés.
5 Je sçaj qu'étant allée en ce Lieu de Plaisance Recevoir Philipe de France , Ce Héros tout couvert.de Gloire & de Laurier,
Vous aurez bien d'autres afaires , Sans doute , à démêler avec ce beau Guemer,
5 allé.
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