‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 213 sur 247 · LES ESPRITS · texte numérisé non relu

LES ESPRITS

Nous avons de Venise appris Qu'il y revient certains Esprits Dont l'on ignore l'Origine :

Les uns d'humeur assez badine ,

235 Et les autres aussi méchans

Que de vrais Singes de trente ans.

Les Premiers, chérissans les Femmes, Sont sans-cesse à l'entour des Dames Et , comme des Esprits coquets ,

240 Leur apportent de beaux Bouquets , Mettent , d'une manière adrette , Tant soir que matin , leur Toilette , Et, mieux que des Femmes d'Atour, Vous les ajustent chaque jour.

245 Ils leur débitent des Fleurettes , Comme on fait dans les Amourettes, Et poussent mêmes des Soupirs , Comme s'ils avoient des Désirs ;

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Enfin , ils les serrent à Table ,

350 Et » si ce n'est pas une Fable , Us viennent mêmes , en leur Lit , Les cajoler pendant la Nuit

Les Maris n'en sont pas en Fête Et de cela gratent leur Tête ,

155 Les croyans Galans aSriens , Ou bien de fînancs Magiciens , Lesquels , leur causans la Berlue , Dérobent leurs Corps à leur vue , Pour les pouvoir cocufier

260 Sans redouter leur courroux fier.

Qui pourroit punir l'Amourette D'une gaillarde ^ayonnette ; Mais venons aux Esprits malins Qui font-là les maudits Lutins.

265 Ils ont un plaisir délectable

Sur-tout de vous troubler à Table , En vous arrachans Viande , Pain Et le Verre enfin de la main ; Ce qui, vraiment beaucoup inquiète

270 Les çrands Ennemis de la Diète.

La Nuit de même , à tout propos ,

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