Du i5. Octobre 1667 (Romhbt
60 Pour le bon Sirb Cazouk Et son Royaume de Pologne , Car c'est très-bien de la Besogne , Et , pour moy, je ne compren pas Comment , dans un tel embaras ,
65 On peut chérir une Couronne , Quel(|ue Brillant qui Tenvironne.
Mais on ditqueleGiuND-SKiGNEim, En Prince de bien & d'honneur.
Lui jure une Amitié sincère ,
70 S'il veut seulement se défaire (Honête est la Condition) De rUkrénoise Portion Qu'à présent Sa Hautesse ocupe.
Qu'en dites-vous? est- Elle Dupe?
75 Cette Hautesse veut de plus (Mais je crain pour Elle un refus) Que lé susdit Cazimir quite L'Aliance du Moscovtte , Ou qu'il n'en fasse au moins meshuy
SoUne plus étroite avec luy.
Ce faisant , Elle s'amadoue Et , ce dit-Elle , désavoue Tout ce que le Tartare a fait.
En un mot, voila son souhait; [dre,
85 C'est au Polonois , qu'on veut toor- A juger comme il doit répondre.
[gneur, id-Sei-
Mais, à propos du Gran< Son VisiR , malgré son grand cœur Et ses Travaux, presques d'Hercule,
90 Loin d'avancer, toujours recule Dans son Siège des Candiots , Qui ne sont point des Idiots.
Soit par dessous , ou dessus Terre , Qu'il croye les gagner, il erre ;
95 II en est repoussé par tout Et , le plus souvent , mis à bout.
On dit qu'il tâche , par des Flèches, De faire dans leurs cœurs des Bré-
[ches , N'en pouvant faire à leurs Remparts,
100 Leur mandant au bout de ces Dards, Par des Billets en stile tendre , Que, s'ils veulent vers lui se rendre.
Il leur donnera Monts & Vaux. Mais c^uoi ? ce sont Brides-à-veaux
105 Et , soit qu'il lionne ou renarde , Toujours sa Conqueste retarde , Et lors ce Visir. perdant cœur.
Loge chez Guillot le Songeur,
Pensant que , s'il faut qu'il raporte
1 10 Sans Laurier son Chef à la Porte , Le Foudre dessus tombera , Qui dècolé net le fera.
C'est dequoy, certe, il court Fortune, Vu la Défence non commune
115 De ces chers Métropolitains « Chez qui même les bons Destins .
Qui contre les Mahoms s'irritent , Les Amazones ressuscitent , Afin qu'ils soient mieux soutenus
1 30 Contre ces Assaillans cornus.
Car o^ asseure que les Femmes , Voire jusqu'aux premières Dames , Les secondent à oui mieux-mieux , Par un courage glorieux ,
125 Et que , mêmes , l'une d'entr'elles . Des plus Guerrières & plus belles , Laquelle étoit leur Thalestris , De la (jloire cherchant le Prix , Fut mise hors de Combat, n'aguére,
150 Par une Boule meurtrière.
Ah 1 pour le Sexe délicat Cette Valeur a trop d'éclat Et, selon moy, ses divins charmes Veulent un Combat d'autres Armes.
135 C'est en ce Combat que j'entens , Où de4>laisir meurent les Sens, Que le brave Eio^reur Ionacb Et cette belle & jeune Grâce , Dont l'Hyo^n a fait sa Moitié ,
140 (Car chacun est-là de moitié) Ont formé ce Poupon aimable
[FtcdlnaDd-VwoeglM-Jogtph, i Ce Prince naquit le 88 da passé.
Qui cause une joye incroyable
En leur Impériale Cour
Et même en la Nôtre , en ce jour 145 Où la Nouvelle en est venue.
Et , Mardv dernier, fut receue
De l'une é. l'autre Majesté .
Avec beaucoup de gayetè.
Vraiment , ce Monarque des Ajgi.bs i^oDe l'Hymen entend bien les Reigles
De faire ainsi , dans les neuf Mob .
Voir ce Fruit de ses doux Explois
Et, par ma foy, s'il veut m'en croire.
Pouf mettre le comble à sa gloire , 155 Tels beaux Fais il continuera
Et tous les autres laissera .
Où je çroî, sans aucun mécoaie ,
25>3. ^ Du tS. Ocsobre 1667 (Robinst).
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Qu*il pourroit moins trouver son
[COTQpte.
Ceux de Flandres, pour le Présent,
160 Dont ne rit pas le Païsant, Consîsient en Courses utiles , Où , ju8<^ues aux Portes des Villes , Nos Paras enlèvent , dit-on , Toujours le Bœuf & le Mouton.
165 D*autre part aussi , nôtre Armée , Dont va si loin la Renommée , Ayant toujours de bons Quartiers , Les avoit pris , les jours derniers , Ji^SiT Proche d'Enguyen , à Gamérage , g^ Où tout abondoit en fourrage
^'^^ Pour les Hommes & les Chevaux.
Mais ajoutons , en peu de mots , Que cela fâche , dans Bruxelle , Beaucoup le Marquis de Castelle ,
J7^ Qui , par la Podagre arrêté , Ne peut , en bonne vérité , S'opposer à tous ces désordres Que par de tels-quels petits ordres , Lesquels , aussi malsains que lui ,
180 Ne pourront empêcher meshui Les Nôtres de faire leurs Orges.
A propos , le Comte de Lorges Est allé , dans un bel arroy.
Pour commander à Charle-Roy,
185 D*où MonsieurleMARQUisD*HnifiéRE, Pourvu de cœur & de lumière , Est venu prendre promptement De LiLE le Gouvernement.
Nôtre auguste & si sage Sire ,
190 Ainsi qu'on vient de me le dire , Donnant au Marquis de Bblfoms (Car il a , d'Honneur, plusieurs
[Fonds) Quelqu'autre Employ non moins
[insigne .
Ni de sa Bravoure moins digne.
195 Un obligeant Monsieur du Mars, Sur la Frontière un petit Mars , Où , par d'heureuses Destinées, Depuis quatorze ou quinze années , Il sert le Rovtrés-dignement,
200 M'écrit un triste Evénement ; Mais , ne le pouvant icy mettre ,
Ce sera pour mon autre Lettre.
En la Ville de Montfsrrand , Qui dans l'Auvergne tient son rang,
205 De dignes & nobles Vestales
Ont du srand Saint François de Sa- Qui fut leur cher Instituteur, [les, Ouvert , d'une belle hauteur, La Dévotion solennelle »
210 Et rien n'est semblable à leur zdle. Toute la susdite Cité Seconda bien leur Piété Par ses Feux , son Artillerie , Et par son Escopéterie ,
313 Qui fit grand bruit durant huit jours, Où , par autant de beaux Discours , Huit Orateurs se signalèrent Et leur éloquence étalèrent Sur les Vertus du Saint Prélat,
220 Sujet qui n'avoit rien de plat.
D'iceux êtoit de HAm^viLut , Docteur passé . de cette Ville , Et voire Auteur de beaux Ecrits Qui plaisent fort aux bons Esprits ,
225 A sçavoir $ts Lettres Royales ,
Contenant des Gloses loyales Jgjjf ,
Dessus ce que Moyse écnt »u même
Des Œuvres qu'en six Jours Dieu fit-fb^iJ^ Voyez-les , car je vous assure
230 Que charmante en est la Lecture.
mt Lettre.