‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 212 sur 247 · Du i5. Octobre 1667 (Romhbt · texte numérisé non relu

Du i5. Octobre 1667 (Romhbt

60 Pour le bon Sirb Cazouk Et son Royaume de Pologne , Car c'est très-bien de la Besogne , Et , pour moy, je ne compren pas Comment , dans un tel embaras ,

65 On peut chérir une Couronne , Quel(|ue Brillant qui Tenvironne.

Mais on ditqueleGiuND-SKiGNEim, En Prince de bien & d'honneur.

Lui jure une Amitié sincère ,

70 S'il veut seulement se défaire (Honête est la Condition) De rUkrénoise Portion Qu'à présent Sa Hautesse ocupe.

Qu'en dites-vous? est- Elle Dupe?

75 Cette Hautesse veut de plus (Mais je crain pour Elle un refus) Que lé susdit Cazimir quite L'Aliance du Moscovtte , Ou qu'il n'en fasse au moins meshuy

SoUne plus étroite avec luy.

Ce faisant , Elle s'amadoue Et , ce dit-Elle , désavoue Tout ce que le Tartare a fait.

En un mot, voila son souhait; [dre,

85 C'est au Polonois , qu'on veut toor- A juger comme il doit répondre.

[gneur, id-Sei-

Mais, à propos du Gran< Son VisiR , malgré son grand cœur Et ses Travaux, presques d'Hercule,

90 Loin d'avancer, toujours recule Dans son Siège des Candiots , Qui ne sont point des Idiots.

Soit par dessous , ou dessus Terre , Qu'il croye les gagner, il erre ;

95 II en est repoussé par tout Et , le plus souvent , mis à bout.

On dit qu'il tâche , par des Flèches, De faire dans leurs cœurs des Bré-

[ches , N'en pouvant faire à leurs Remparts,

100 Leur mandant au bout de ces Dards, Par des Billets en stile tendre , Que, s'ils veulent vers lui se rendre.

Il leur donnera Monts & Vaux. Mais c^uoi ? ce sont Brides-à-veaux

105 Et , soit qu'il lionne ou renarde , Toujours sa Conqueste retarde , Et lors ce Visir. perdant cœur.

Loge chez Guillot le Songeur,

Pensant que , s'il faut qu'il raporte

1 10 Sans Laurier son Chef à la Porte , Le Foudre dessus tombera , Qui dècolé net le fera.

C'est dequoy, certe, il court Fortune, Vu la Défence non commune

115 De ces chers Métropolitains « Chez qui même les bons Destins .

Qui contre les Mahoms s'irritent , Les Amazones ressuscitent , Afin qu'ils soient mieux soutenus

1 30 Contre ces Assaillans cornus.

Car o^ asseure que les Femmes , Voire jusqu'aux premières Dames , Les secondent à oui mieux-mieux , Par un courage glorieux ,

125 Et que , mêmes , l'une d'entr'elles . Des plus Guerrières & plus belles , Laquelle étoit leur Thalestris , De la (jloire cherchant le Prix , Fut mise hors de Combat, n'aguére,

150 Par une Boule meurtrière.

Ah 1 pour le Sexe délicat Cette Valeur a trop d'éclat Et, selon moy, ses divins charmes Veulent un Combat d'autres Armes.

135 C'est en ce Combat que j'entens , Où de4>laisir meurent les Sens, Que le brave Eio^reur Ionacb Et cette belle & jeune Grâce , Dont l'Hyo^n a fait sa Moitié ,

140 (Car chacun est-là de moitié) Ont formé ce Poupon aimable

[FtcdlnaDd-VwoeglM-Jogtph, i Ce Prince naquit le 88 da passé.

Qui cause une joye incroyable

En leur Impériale Cour

Et même en la Nôtre , en ce jour 145 Où la Nouvelle en est venue.

Et , Mardv dernier, fut receue

De l'une é. l'autre Majesté .

Avec beaucoup de gayetè.

Vraiment , ce Monarque des Ajgi.bs i^oDe l'Hymen entend bien les Reigles

De faire ainsi , dans les neuf Mob .

Voir ce Fruit de ses doux Explois

Et, par ma foy, s'il veut m'en croire.

Pouf mettre le comble à sa gloire , 155 Tels beaux Fais il continuera

Et tous les autres laissera .

Où je çroî, sans aucun mécoaie ,

25>3. ^ Du tS. Ocsobre 1667 (Robinst).

io5o

Qu*il pourroit moins trouver son

[COTQpte.

Ceux de Flandres, pour le Présent,

160 Dont ne rit pas le Païsant, Consîsient en Courses utiles , Où , ju8<^ues aux Portes des Villes , Nos Paras enlèvent , dit-on , Toujours le Bœuf & le Mouton.

165 D*autre part aussi , nôtre Armée , Dont va si loin la Renommée , Ayant toujours de bons Quartiers , Les avoit pris , les jours derniers , Ji^SiT Proche d'Enguyen , à Gamérage , g^ Où tout abondoit en fourrage

^'^^ Pour les Hommes & les Chevaux.

Mais ajoutons , en peu de mots , Que cela fâche , dans Bruxelle , Beaucoup le Marquis de Castelle ,

J7^ Qui , par la Podagre arrêté , Ne peut , en bonne vérité , S'opposer à tous ces désordres Que par de tels-quels petits ordres , Lesquels , aussi malsains que lui ,

180 Ne pourront empêcher meshui Les Nôtres de faire leurs Orges.

A propos , le Comte de Lorges Est allé , dans un bel arroy.

Pour commander à Charle-Roy,

185 D*où MonsieurleMARQUisD*HnifiéRE, Pourvu de cœur & de lumière , Est venu prendre promptement De LiLE le Gouvernement.

Nôtre auguste & si sage Sire ,

190 Ainsi qu'on vient de me le dire , Donnant au Marquis de Bblfoms (Car il a , d'Honneur, plusieurs

[Fonds) Quelqu'autre Employ non moins

[insigne .

Ni de sa Bravoure moins digne.

195 Un obligeant Monsieur du Mars, Sur la Frontière un petit Mars , Où , par d'heureuses Destinées, Depuis quatorze ou quinze années , Il sert le Rovtrés-dignement,

200 M'écrit un triste Evénement ; Mais , ne le pouvant icy mettre ,

Ce sera pour mon autre Lettre.

En la Ville de Montfsrrand , Qui dans l'Auvergne tient son rang,

205 De dignes & nobles Vestales

Ont du srand Saint François de Sa- Qui fut leur cher Instituteur, [les, Ouvert , d'une belle hauteur, La Dévotion solennelle »

210 Et rien n'est semblable à leur zdle. Toute la susdite Cité Seconda bien leur Piété Par ses Feux , son Artillerie , Et par son Escopéterie ,

313 Qui fit grand bruit durant huit jours, Où , par autant de beaux Discours , Huit Orateurs se signalèrent Et leur éloquence étalèrent Sur les Vertus du Saint Prélat,

220 Sujet qui n'avoit rien de plat.

D'iceux êtoit de HAm^viLut , Docteur passé . de cette Ville , Et voire Auteur de beaux Ecrits Qui plaisent fort aux bons Esprits ,

225 A sçavoir $ts Lettres Royales ,

Contenant des Gloses loyales Jgjjf ,

Dessus ce que Moyse écnt »u même

Des Œuvres qu'en six Jours Dieu fit-fb^iJ^ Voyez-les , car je vous assure

230 Que charmante en est la Lecture.

mt Lettre.

Page 1