‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 231 sur 247 · II · texte numérisé non relu

II

Le PARLSMBirr, moins débonnaire Au Seigneur HmnE , son beau-Pére

103 (C'est le Comte de Clarendon), Lui fait son ftrocez tout-de-bon ; Mais lui , seur de son innocence , Avéque ferme contenance , A son Examen répond sec

1 10 Et foit voir qu'il a trés-bon Bec.

Je ne pus, dans mes deux Demié- Etant surmonté des matières , [res.

Poursuivre l'Histoire du Fort Qu'ataquoit le Sieur de Bbattfort

1 15 (A former des Sièges habiles).

Au f[rand Faux-bourg de cette Ville.

Or, justement , le vingt-&-trois , C'est à sçavoir de l'autre mois , Il fit . sans batre la Diane ,

lao Monter en Garde de Tavanb , Et commanda , dans le moment.

De Saux pour faire un Logement.

Puis , on ouit avec furie Tintamarrer l'Artillerie ,

13$ Que secondoit , faisant beau jeu , De la Tranchée aussi le feu.

Lors , ceux qu'envelopoit le Siège , Craignans de tomber dans le Piège, Sortirent vigoureusement ,

130 Pour brûler ledit Logement ;

Mais-là, des Gens d'Armes alaigres.

Les uns gras & le^ autres maigres , Les receurent d'assez bel-air ; De plus , un Chevalier expert

135 Dans le belliqueux Exerace , Qu'on appelle de SAnrr Maurice , Etant sorti fort brusouement De derrière un Epaulement , Les soûtinst , avec sa Cohorte ,

140 De si brave & galante sorte Qu'il recogna bien-tôt chefr^ux Les Assiérez, quoi que très-preux.

Pour faire, enfin, toutes les mines, En suite on fit jouer les Mines ,

145 La Demi-Lune on attaqua.

D'où l'Ennemi l'on débusqua , Et ledit Bbaufort & Tavanb , Bien loin de foire illec la Cane , Montèrent intrépidement

150 Et dressèrent leur Logement.

De Tautre-part , par Contremine , On l'eut bien-tôt mis en ruine , Et le Sieur Gouverneur Chafat

s6i. — Du lo. Decemb^ 1667 (Robimbt).

tiii

(Car c'êtoit à bon Chat boa Rat) 135 rit une Sortie assez sèche , Pour un peu rajuster la Brèche.

Mais cela n'eut pas ffrandVertu , Et Saint Maurice , mmc têtu ,

Y montant, tout à rheure-méme , léo Avec une furie extrême ,

Y planta très-bien & très-beau , A ce qu'on m'a dit , son Drapeau.

Alors , on fit nouvelle Ataque , Et l'on fit tant & tique & ta(|ue ,

165 Qu'en suite de ce long conflit , Le Logement on rétablit , Et contraignit ceux de la Place , Malgré leurs Dents A leur audace, A promptement s'humilier,

170 Id bst à demander Quartier.

C'est ainsi <^ue nôtre Noblesse S'exerce , se stile & se dresse.

Chez Messieurs du Pays Flamant On vit assez tranquilement ;

175 U ne s'y fait nul Exploit d'Armes Que puissent célébrer mes Carmes ; Mais l'Amour, au défeiut de Mars , Y déployant ses Etendards , En fournit à mon Ecritoire

180 Cette rare & tragique Histoire.

LE SCEVOLE FEMININ.

Un , dont le nom ne se sçait pas , Ayant trouvé beaucoup d'Appas En certaine Dame de Lilb (Elle , en Beautez , dit-on • fertile) ,

185 d'en pique , & l'aime d'une ardeur Qui se tourne enfin en fureur.

Geu*. l'ayant long-temps poursuivie Sans qu'à son amoureuse envie Elle réponde peu ni prou ,

190 nus enragé qu'un Loup-Garou , Un jour qu'il rencontre la Belle , Toute seule , dans sa ruelle , Il se prosterne à ses genoux Et , niant encor un peu doux ,

195 Employé encore mainte phrase , Toute pleine de tendre emphase , Pour tâcher de fléchir son cœur Et de s'en rendre le vainqueur.

Mais, voyant qu'il perd ses fleurettes

aoo Les plus douces & plus tendrettes ,

Il 12

Il se sert de la force enfin Pour exécuter son dessein.

Elle aussi se met en dèfènce Si bien , contre sa violence ,

ao5 Qu'elle le met hors.de combat Et , bref, tout sanglant , vous l'abat D'un coup qui , pour tout dire en

[somme, L'empesche désormais d'être Hom-

[me.

On accourt au bruit du conflit,

310 Et , comme on conêt le Délit Et le châtiment sans exemple , Les deux Combatans l'on contemple.

Sans sçavoir qui l'on doit le plus , En cet Acte qui rend confus ,

ai5 Des deux louer^ blâmer, ouplaindre:

Car, sans rien déguiser ni teindre.

Si la Dame est fort à louer.

Ainsi qu'il le faut avouer.

Et si , dans un Acte semblable ,

aao L'Amant est aussi fort blâmable , A le prendre sur l'autre pié , Est-il moins digne de pitié De se voir au rang des Profanes Qui sont les Argus des Sultanes,

325 S'il faut que, malgré sa douleur.

Las ! il survive à son malheur?

Mais, pour qui que tu t'intéresses.

Mon Lecteur, suspend tes tendresses Et mêmes ton étonnemént

330 Jusqu'au bout de l'Evénement, Car, en ce Lieu , la Trag^e N'est pas entiérânent finie.

Cette Dame, prenant à cœur Tneur, Trop chaudement son Point d Hon-

335 Contre -sa blanche mûn se ttche , Et , soit qu'elle la juge lâche De n'avoir pu , par son effort , A l'Agresseur donner la mort , Soit qu'elle la croye polue ,

140 De dépit & de honte émue , Elle court vers un ^nd Brasier, Et-là , pour la purifier, A ses fiâmes elle l'immole , Comme jadis le grand Scev(».b

945 Au feu la sienne abandonna , Pour avoir manqué Porsenna.

Ces jours passez, nôtre Momakqi», Pftr une fevorable marque , Tinst le FUs & premier Poupon

iii3

a6i. — Du lo. Décembre 1667 'Robinet).

250 D'un vaillandssime Baron , Avec l'HÉROÏNE Henriette , Pour qui nôtre Clion caquette , ^ Et c'est le Baron de Busca , ^^^^ Lequel , depuis un an , busca

255 La fortune de THymenée ^^^•iT™* Avec une Fille bien née

Et qui même un très-beau Poste a Chez cette auguste Altessb-U.

Mardy, le Bal. sentant fort Tam- «60 Parut encor dans une chambre [bre, De l'Appartement de Louis , Où les yeux furent éblouis Par ceux de quantité de Belles , A qui peu de cœurs sont rebelles ; 265 Et la ôrande de Montpensier , Qui montre un air & doux & fier.

Et si digne de telle Altesse , En augmenta lors l'allégresse, Y semblant un Astre nouveau , ayo Au retour de son Saint-Fargeau.

J'achève, en trois mots, ou dans En parlant de la Cléopatre [quatre.

Qui se joue , en pompeux arroy, Par la propre Troupe du Roy.

375 C'est , sans doute , une belle Pièce , Où l'on void & force & justesse , Et maints délicats traits de l'Art ; Ouy, toute flaterie àpart.

Et son Authepr, la ToRiixiéRE ,

280 En vaut louange singulière.

Mais, à tout dire comme il faut , J'y trouve un notable défaut :

C est le Défaut de la Cabale , Avantageuse ou bien fatale

J85 Aux Ouvrages les plus complets , Selon ses bizarres Décrets , A qui , mêmes les plus Habiles , A la suivre un peu trop faciles , Se laissent mener tous les jours ,

290 Tout ainsi qu'on mené les Ours.

J'en pourrois dire davantage , Mais je suis au bout de la page.

Le dix , je conclus cet Ecrit , En plaignant fort les Gens d'Esprit.

A Paris, eJu^ Ch. Ckeuault, Imp. & Ub.,rutd*la Hmekêttt, AvêC priviligt dé Sa MajesU.

961 dlcue. (Biblioth. nit., Lc*. 22. Rés. —

Biblioth. Mtxarine. 296. A3.)

LBTTRE EN VERS A MADAME

[Par Cnarlis ROBINET.]

Du 17. Décembre 1667.

Je dois encor deux fois rimer sur le Biouac ,

Mot . ce semble , Tudesque , ou tiré de 1' Affrique ,

Qu'on n'a jamais placé, que je pense , en Musique ,

Et qui fait dans les Vers un étrange Miô-Mac.

C'est un Terme qui sent la Poudre & le Tabac;

Mars seul l'a fait trouver dedans sa PounouB ,

1 1 1 s 262. — Dil* 1^, Décembre 1667 (Robihbt). t i 16

Et c'est d'un fin Gu^er la gaillarde ru Bmque,

De peur d'^Ere'*surpi4s', ou d'Ab hoc ou d' âb hac.

Néantmoina, il en faut sortir, c'est le R£m£db;

>o Mais parlons de Nectar & du beau GANncéDE:

On en peut ici £ùre un fort plaisant Rébus.

Mais songeons en ce jour, qui n'est pas jour d' . . . Eculnchb ,

Que je dois à Madame une Lettre, Dimanche,

Et que c'est un Employ qui n'est pas de Bibus.

i5 Au beau Jour de mainte Lumière, Samedy, le Bal prit carrière Dans le grand Palais de Monsieur , Dont le charmant Extérieur Etoit ce soir-là , pour la Dance ,

so Paré de la belle importance , Car ce Prince , des plus Galans , Est toûjourS'là des plus brillans.

Madame , sa rare Consorte , A qui les Grâces font escorte ,

33 N'avoit pas lors sur son beau Corps Les riches & brillans Trésors Dont l'Inde Oriantale abonde , Mais, par les plus beaux Yeux du

[Monde , Un Teint printanier, jeune & frais,

30 Que Nature a fait à ses Frais , Un Enjouement rempli de grâce , Qui proche d'EUe tout éiace .

Et par son Port majestueux , Tel que l'ont les En fans des Dieux ,

15 Elle paressoit dans la Sale , En tout , Madame sans égale.

L'admirable de Monaco , Plus grande & plus belle qu'Yo , Qui fut en Vacne transformée

40 Et du Dieu Jupin tant aimée , A son ordinaire , étoit-là Et par dessus mainte y brilla.

D'Harcourt, la mignonne Princesse, A qui sied assez bien l'Altesse ,

45 Y raisoit lorgner ses Appas , Qui sont de sa Maman Brancas La vive & charmante Peinture , Faite des mains de la Nature.

Les COAQUIN & VnTEMBERG .

50 Qui surprénent maints Cœurs sans Les Castblnaut & de Soubise, [vert, Dont la face est blanche & non bise.

Les VnxEQUiER & d'EuDH:ouR , Autres beaux Astres de la Cour

55 Par leurs joyaux & leurs paupières ,

Y répandoient mille lumières.

Maints autres Objets gracieux ,

Qui font le Paradis des Yeux , Des Soleils Levans , des Aurores .

60 Des Psiché, des Daphné, des Flores Et des Anges , même , incarnez ,

Y montroient leurs aimables nez ; Entr'autres , êtoient de remarque D'Arquiem , CoËTLOGON, la Marque,

65 La MoTHE , aussi de Longueval, ^^j Dont l'Aspect aux cœurs est fatal ; JJgjj Item , & u'Ampierre Si de Fibnnes , uidi^ Par qui l'Amour fait bien des sien-ty^ Et, comme la Mode, en ce Jour, [nés; ^

70 Est , à la Ville & dans la Cour, Que toutes les Beautez des Gaules Montrent amplement leurs Epaules, Au lieu des Gorges qui , jadis , Rendoient nos yeux tout ébaudis ,

75 On en veid trente Paires nues .

Des plus blanches & plus charnues , Et qu'on au^oit voulu pouvoir Toucher, aussi bien comme voir.

Pour plaire à ces Grâces célestes ,

80 Les Seigneurs étoient tous trés-lestes, Et Monsieur le Duc de Beaufort L'étoit mêmes , dit-on , bien- fort.

Deux Princes amoureux de Filmes, Sçavoir Vaudemont & de Salmes,

85 En cette Cour passans l'Hyver.

Attendant le Printemps tout vert, Etoient aussi de l'Assamblée , D'Honnêtes Gens ainsi comblée , Qui firent deux cents mille pas ,

90 Et par mesure & par compas.

Ennn, illec, Frmts, Conntures, Et d'autres exauises Pâtures Furent servis dans des Bassins , En moult beau nombre, nonsuccins,

95 Avec des Liqueurs ambrosines.

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