‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 230 sur 247 · LE COMMIS DUPPÉ · texte numérisé non relu

LE COMMIS DUPPÉ

Un Commis , féru d'une Dame 240 Qui de plus d*un Homme étoit Fem- Faisant près d'elle le Poupin [me , Et mangeant tout son saint-crépin, S'avisa , dedans sa folie , Pour la rendre un jour plus jolie.

245 De l'orner de quelques joyaux Qu'il avoit , dit-on , assez beaux , Consistans en Boucles d'Oreilles, Lesquelles brilloyent à merveilles , Une Croix & , bref , un Poinçon , 250 Qui lui donnoyent mine & fofon.

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a6o. — Du 3. Décembre 1667 (Robinet).

Il meine ainsi cette Poncette , Ou bien cette Reyne GiUette , A la Comédie , aux Marets , Pour Y faire voir ses Attraits

255 Et tout ce nouvel étalage , Qui fit bien lorgner son Visage. Or, elle , couvant dans son sein Un assez drôle de dessein , Ainsi que vous l'allez entendre ,

260 Lui dit , avec un accent tendre :

« Mon petit Amour, mon Mignon , » N'as-tu point là quelque Bonbon?

» Fouillons un peu dans ta Pochette; » Je sens que mon fruit en appette. »

265 Lors , le petit Archi-Nigault , Ne trouvant pas ce qui lui fault , Part de la main, pour l'aller querre.

Cependant elle , du Parterre .

Appelle un Martin, Jacque ou Roch,

2;o Son feint Epoux & maître Escroc , Qui fait jouer à din-mussette • Hastivement , dans sa Pochette , A tous les Bijoux éclatans , Et puis déniche en même temps.

27 5 L'autre retourne en diligence , Sans que la pauvre Duj^pe pense Qu'à régaler le rare Objet Dont son cœur est l'humble sujet ;

Mais , 6 Ciel, quelle est sa surprise,

aSo Dés qu'il apperçoit son Orphise Sans Boucles, ni Poinçon, ni Croix 1 Il fait un grand cri , par trois fois , Qui . plus qu'un éclat de Tonnerre , Efroye & Théâtre & Parterre .

285 Et , chacun étant en suspend , L'un croit que la voûte se fend ; A quelqu'autre Peureux il semble Que ce soit quelque Terre-tremblè ; Tel pense ou'on brise le cou

290 A quelque Diable de Filou ; Un autre , du moins , s'imagine Que c'est quelqu'un qu'on assassine; Et chacun , dans cette rumeur.

S'amasse vers ce grand brailleur.

293 Mais , enfin , on se met à rire , . Sçachant ce que je viens d'écrire .

Que ce n'est qu'un Drôle attrapé , En un mot , un Comas Duppé.

Mais trêve, enfin , ici de Rime ; 300 Allez mes Vers, qu'on vous imprime.

Trois jours après la Saint André .

Qui n'étoit frisé , ni poudré.

 Pans, che^ Ch. Chenault, Imp. & Ub., ruê dé la HmekeiU.

(Bibliotb. n«t., Lc^, 22 Rés. — Bibliotb. Mazarine, 296 A3.)

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LETTRE EN VERS A MADAME

[Pak Charlis ROBINET.J

Du lo. Décembre 1667.

C'est aujourd'huy, Clion , que nous fiedsons Biouac

Pour ce diVin Ob^ qu'adoreroitl' Affiik^ub;

C'est un Point nueux réglé qu'un papier de Musiqub :

Faisons donc le Devoir, sans détour ni Mic-Mac.

Qu'écrit-t'on de Candie & des Lieux du Tabac?

Que dit-on de Madrid, Ville si Poijtiqoe?

Rebâtira-t'on Londreou de Pierre ou de Brioub?

Que pouvons-nous écrire , & d'Ab hoc & d' Ab hac ?

Aux maux de la Pologne a-t'on trouvé RsiféDE?

Que fait le belOjseau que monte GANmâa?

N'avons-nous point de-là , du moins , quelques Rébus ?

Tout est maigre en ce Jour, qui nous sévre d' Eclanchb :

Si faut-il grifonner : il est demain Ddiancbb,

Et toutes nos raisons sont raisons de Bibus.

15 La P0LO6NB , toujours flotante Dans une Fortune inconstante , Va , dit-on , jouir du repos , Grâces à l'un de ses Héros , uuSSiL '^-^^^^ Sobïeski se nomme ,

Tout-à-fidt brave & galant Homme.

S'étant , comme on vous Ta conté, ^oâhaiB Retranché dans une Cité , Pour amuser à la moutarde Le Tartare , à mine hagarde ,

35 Et le Cosaque , Traditor, Tandis que son Rot, qui peu dort , S'avanceroit de belle sorte , Avec mainte alaigre Cohorte Et tout le Noble Arriéreban ,

30 Où l'on ne void pas un Turban , Il a , pendant quinze journées , Aidé des bonnes Destinées , Si bien maté les Ennemis Qu'à traiter il les a soumis ,

55 Eît mêmes avec plus de gloire , Que s'il en eust eu la victoire ,

Par un Combat où sa valeur Eust £ût enfin bouquer La leur ; Et , certainement , telle issue 40 Fut par lu7 sagement conceue.

Par cet avantageux Traité , A chaux & ciment arrêté , Les Tartares , pires que Reitres , Doivent en bref tirer leurs Guêtres

45 De tout le Pays Polonois , Et les Cosaques , francs sournois .

Prenans bien & beau l'Amnistie Qui leur est du Roy départie , Et quitans tous félons Projets ,

50 Redevenir ses bons Sujets , Ce qui n'est pas petite Afaire , Car c'est tout ce qu'ils pourront faire. De plus , dans l'Accomodement Il n est stipulé nulement

55 (Et la Porte ou non en piaille] Que Caâmir rompra la Paille ,

a6i. <-* bo 10. Décembre 1667 (Robinbt'.

Ni tout-à-fidt, ni peu , ni prou , Avec ses Amis de Moscou.

Mais , pour ne laisser rien à dire , 60 Faut ajouter le mot pour rire , Que Monsieur Argent, qui fait tout»

A conduit cette Araire à bout.

Que vous dirai-je de Candie ?

Bonne-foy, je ne le sçai mie ,

65 Tant l'oh parle, dans ce moment.

De son Destin diversement Et sans aucune certitude.

Or nôtre Clion , un peu Prude , Aimeroit mieux n'écrire rien

70 Que de ne pas écrire bien , C'est-à-dire en Muze Historique , Fort éclairée & véridique.

Selon des uns le beau caquet , Les Turcs ont levé le Piquet ,

75 Et cette Métropolitaine

Est libre , pour chose certaine ; Suivant des autres le discours , Leur Visir la presse toujours , Et , doive y périr son Armée ,

So De Peste & de Faim consumée , Ou détruite des Candiots , Sans nul progrez & sans nul los , Il poursuivra son entreprise Jusques à la dernière Crise.

85 On disait que le Portooal (Mais cet On-là discouroit mal) S'accommodoit avec rEsPACNE ; Car, par Monsieur Saint Charle-

magne , C'est un conte à dormir debout

90 Et , certe , il n'en est rien du tout. Ce brait vient de la Politique De Madeu), qui beaucoup s^en pique.

La Ville de Londrb , à la fin , Se relève de son Destin 95 Et sera bien-tôt rétablie , A l'épreuve de l'Incendie.

Le Duc d'York, dernièrement , Y fut surpris subitement Par la Sœur de Dame Rougeole , 100 Qu'on nomme Petite Vérole ; Mais , à ce qu'on dit , son venin Se trouve pour lui fort bénin.

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