‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 28 sur 247 · Da 1. Juillet 1666 (Subliomy · texte numérisé non relu

Da 1. Juillet 1666 (Subliomy

Cpnsideré comme un Milord ;

Qu'en Pologne Ton se bat fort

Contre le party des rebelles ; Et je dirois encor un cent d'autres Nouvelles ,

Mais déjà je me meurs d'ennuy Que MON Royal Amant ne m'ait pas écoutée. Laissez finir, Madame , une Amante emportée ,

Qui ne peut plus vivre sans luy.

A PéHs , CJu^ AUxmmdrê Luselm , au corn de la me Dauphine , devant le Pont neuf.

Avec PrhriUgê UùgnMimredeFùMtÉUr et V adresse du libraire ne se trouvent que dam A, -^ B C placent Ui la daU,

{A La Mute dé Cour 1666 (yoj. tome I . col. 909), pp. 41-48. B La Muse Dauphine 1667 — 4^55

C La Muse Daupbîne 1668 ^ 4^55-)

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[Par LA GRAVETTE Dt MAYOLAS.]

Du 4. Juillet 1666.

DiBu-mercy^ je n'en suis pas mort; L'Edipse dont on parloit fort Ne m'a cauzé , Grande Princesse , Alarme , soucy, ny foiblesse ,

5 Et de t»en loin il me souvient Que je prens le temps comme il vient.

SA c'est avoir l'espnt solide , Gay, téméraire ou bien stupide , A prézent je n'en diray rien ,

M Mais enfin je m'en trouve bien.

La bonne ou mauvaize fortune Et les Eclipses de la Lune , Non plus que celles du Soleil , N'intérompent point mon sommeil ;

15 Je prens de mesme à l'avanture La vivacité de Mercure , La force du puissant Jupin , Quoy qu'il tonne soir et matin , Us combats de Mars, redoutable»

3oSekm le dicton de la foUe ,

L'humeur sombre de Saturnus ,

Et le doux aspect de Vénus.

Tandis que votre illustre Altesse ,

Pour ce que je mets souz la presse :

a5 (Missives, rimes & récits ,

Fort étendus ou bien précis]

A quelque estime & bienveillance ,

Je méprize leur influance ;

Mais , le sujet étant nouveau 30 Et plus divertbsant ^ue beau ,

J*en vay faire un petit chapitre

A la teste de mon Epître.

Où vont tous ces Gens à grands pas?

Que font ceux-cy tous en un tas ?

35 L'un porte lunetes d'aproche , L'autre perce avec une broche , Ou bien une épingle du moins , .

Un papier plus grand que six poins*

' Pluzieurs vont-ils, comme Narcisse,

40 Se mirer dans son précipice , Dans une fontaine ou ruisseau , Dans un bassin, dans un seau d*eau?

Certains, sur les Tours Nôtre-Dame, Veulent voir ce corps jusque en

[l'ame ,

43 Pendant qu'un voizin, blanc ou noir. Tient entre ses mains un miroir.

Filles , Garçons , Hommes & Fem-

[mes, De grands Seigneurs , de belles Da- Les niais & les Esprits forts , [mes ,

50 Les Sçavans comme les butors , Astrologues & Philozophes , Jeunes & vieux , Faizeurs de Stro- A la rezerve de moy seul [phes , Qui repoze sur mon linceul ,

55 Etoient grand matin en campagne , Faizans des Châteaux en Espagne , Pour voir le Soleil éclipsé Par le Corps Lunaire opozé , Suspandant icy sa lumière

60 Comme sa chaleur coûtumiére.

Par pure imagination, Sous cette constellation , D*abord quantité se plaignirent , Un srand mal de teste sentirent,

65 De racheuzes émotions ,

Des maux de cœur, des fluxions ; Et tout cela venoit , je pense , Non de la maligne influence , Mais de se lever trop matin

70 Sans avoir pris un cloîgt de vin, [res, Puis qu'un moment avant cinq heu- Soit aux champs ou dans nos de-

[meures , Hier on se leva promptement Pour lorgner son commencement ,

75 Qui finit à l'heure septième , L'horizon étant un peu blême. Il me semble que ces bas lieux Sont tant soit peu trop loin des Cieux Pour pouvoir lire dans les Astres

83 Nos fortunes ou nos dézastres.

Leurs éfets êtans incertains , Je conseille à tous les humains De n'en tirer qu'un beau prézage , Puis-qu'au dessus d'eux est le sage ,

85 Et l'on doit fuir, selon mon sens , A s'afiiger avant le temps.

44 iutqaet.

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