JO
Je parlay, je pense , Jeudy, Du bruit qui s'épandoit du Comte de Vivonne
Et du coup dont on le soupçonne ;
Mais j'en sçays un bien plus hardy.
Tout vis-à-vis le Cap de Galle , Un banc fit tellement craqueter sa Realle
Que ses gens crurent abismer Et qu'ils alloient tenir table ouverte à la Mer ;
Mais luy, deux^ fois pis qu'un StoÏque
Dans ce péril presque certain :
« Qui LE VOUDRA , > dit-il , « A SE SAUVER s'appuque ; » Pour moy je veux périr l'Estandart a la main. »
Il le dit d'un ton si severe Qu'ils résolurent tous de mourir en Galère,
Plustost que jamais le quitter.
En suitte il la fit visiter
Pour aller eschouer en plage Et sauver au besoin plus de monde à la Nage ; Mais , comme il sceut enfin qu'il n'y faboit point d'eau , Il fit faire Canal comme à l'accoustumée , Prit tout seul , en chemin , sur TAnglois un Vaisseau ,
Et , faisant ramer au plus viste ,
Alla dans Gibraltar au giste.
A raisonner entre nous deux
Du fameux Comte de Vivonne , Je sçavois (ju'il estoit un des plus hazardeux ,
Qu'il payoit bien de sa personne ,
Et que peu de gens aujourd'huy
Estoient aussi braves que luy ; Mais , lors qu'en nous parlant des Héros de sa race , On disoit que sur tous il tenoit bien sa place ,
Ma foy, DAUPfflN Charmant & doux , Je ne l'expliquois pas pour faire de tels cous.
De Londres enfin l'on nous mande Que la mort de Monk , General , Dont le bruit couroit en Hollande , N'est plus un secret daus WrrHAL.
Bien d'autres mesme veulent dire Que le Prince Robert est blessé grandement Et que , coulant à fond avecque son Navire ,
nyMj A Cetn qui «çarotent leurs ftuz ont pu
[souvent prévoir Qp'n ne poum vivre sans elle.
325 ^ ^^ tascber de sauver.
237 A Mais à lors qu*en parlant.
238^ Ondisoitquesurtousilremplissoit sa place.