Du 11. Juillet 1666 (Mayolas
Ces charmans Objets assembles D'un Festin furent régales ,
85 De fruits & de mets les plus rares , Au bruit des tambours & fanfares.
Le jour suivant, ce grand Troupeau Le suivit à Fontainebleau • Et l'Armée , étant en bataille ,
90 Qui glorieuzement travaille , Se rendit d'un air belliqueux Auprès du jardin spacieux , Dans une vaste & celle Pleine.
Nôtre auguste & charmante Reine ,
95 Avec Monseigneur le Daufin , Se campa dans ce beau chemin »
Avec des Personnes brillantes Pour qui l'on dressa-là des Tantes.
Le plus Grand de tous les Bourbons
100 Rangeant vinj[t-&-sept Escadrons ' Dans cette Pleine longue & large , Ils firent trois fois leur décharge Et tournèrent d'un air adroit ^ Tantôt à gauche & puis à droit.
105 Le Duc de Noaoxe , à la teste , Se plaizoit fort à cette feste , Et des Daufins le Chef charmant Y parut si royalement , Avec sa grâce sans-seconde ,
ûo Qu'il y ravissoit tout le monde.
Ensuite de ce passe-temps , Un Souper des plus éclatans , Dans un Salon de mesme sorte Que le premier que je raporte ,
115 Acheva Vaplaudissement Et l'extrême contentement Que toute la Troupe Royale Eut de ce belliqueux Régale , Digne de la superbe Cour
120 Qui fait honte à celle d'Amour.
Ce présent jour, Madkmoiui^le , Généreuse , spirituelle , Qui lit mes Vers avec plaiair Alors qu'elle en a le loisir ,
125 Avec son superbe équipage, Carosse , mulets , ateli^e , Laissa son Palais grand A beau Pour s'en aller à Saint-Fargeau.
Avec sa Suite trés-nombreuze ,
130 Aimable , leste &, vertueuze , Quelque-temps elle y passera , Le meilleur air elle y prendra»
En cette saison agréable