‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 66 sur 247 · A Ou Tun et l'autre , prix pour prix · texte numérisé non relu

A Ou Tun et l'autre , prix pour prix

Fit racoommoder son dÂris. [confirmer 14S-146 A Mais ce bruit qui s'espand , se deut-il Comme, pour luy donner un si grand avantage. . '. ij^.A Tint toujours RurrtR au visage.

189 i6o. — Du 19. Aoust 1666 (Subugny). 190

150 Tromp est , Dieu-mercy, plein de vie ,

Et, le sixiesme , après midy.

On le vit revenir avecque bonne envie D'en faire encore autant qu'il en fit le Jeudy. Quoy qu'il n'eust que trente-trois voiles 155 Contre quarante quatre Anglois ,

Il leur donna bien sur les dois , A la barbe de leurs Estoilles , Et , poursuivant toujours son jeu , Mit à fond le Pavillon blbu.

léo Le reste , craignant mesme peine ,

Se sauva vite dans Harwis, Où cet Admuial fut d'avis Qu'on le laissât reprendre baleine.

Tromp estant brave comme il est , 16^ Je craiçnis peu pour luy de le voir à leur queue ,

Car je jugeay d'abort que d'une Escadre blbue Il ne pourroit sortir que du feu violet.

Si l'on en veut croire une Lettre, Qu'en mes mains l'on vient de remettre , 170 Et qu'escrit un marchand Anglois

En datte du douze du mois , Les destins des siens sont bien pires , Et Tromp , dans ce dernier combat , Mit à fond neuf de leurs Navires , 175 Sans ceux qu'il y mit hors d'estat.

Si c'est ainsi qu on veut , à Londre , Que les Anglois enfin soient Maistres de la Mer, A cela , Monseigneur , je n'ay rien à répondre , Et c'est plutost à moy de vous le confirmer. 180 C'est une raison que je goûte ,

Qu'où le fonds appartient le droit n'est point douteux , Et , celuy de la Mer avant esté pour eux , Ils en sont les Maistres sans doute.

Pour moy, je n'en croy pas les lettres des Anglois. 185 Comme , en la Bataille dernière ,

Ils se crûrent vainqueurs dans leur propre misère , Is se trompent peut-estre une seconde fois.

Tromp a pu leur tuer des hommes (Quandje diray cela, je me le croy permis , •90 Car c'est un tueur d'Ennemis ,

Des plus grands du siècle où nous sommes) ; Mais que si furieusement Il ait donné le fond à plus d'une Frégate , Qu'il ait en plus de trois porté l'embrasement, ■95 Comme à n'en croire rien , Prince , rien ne se gaste,

Je le croiray pieusement.

On voit la Flotte de Hollande Dans le Port de Wiling couvrir encor les Eaux

15^ ^ Il leur dûoni dessus les dois. | i-jé Â B C Maistre.

igi i6p. — Du 19. Aoust. 1666 (Subligny). 192

De quatre- vints onze Vaisseaux ; 300 Et , pour la rendre bien plus grande ,

Un vieux grand Amiral , appelle le Miroir , Et dix autres encor , dans peu , s'y feront voir. S'il est bien vray que , le vingtième , Elle doit reprendre la Mer, 905 C'est aujourd'hui le dix-neufiéme ,

Et je pourray bien tost d'elle vous informer.

Le jeune Marquis Rabodanob , Sans se mettre en soucy de ce qu'on fUt ailleurs , Songe à bien caresser un Ange 210 Qu'on croit un morceau des meilleurs.

C'est une belle & grande Fllk Dont l'Escalopier est le Nom »

Et qu^exprés pour hiy, ce dit-on , On tira du Couvent pour la mettre en femille. 2i> Quand il aura fait ce qu'il faut

Et ce que veut qu'on fasse un lien d'Hymenée , Je veux dire , mon Prince , assuré sa lignée , Il est homme à courir vaiUammant à l'assaut.

Malgré moy» Monseigneur , on a quitté Candie. 230 Depuis peu le Soleil luy-méme se mesla ,

Par une ardante perfidie , De faire aux Vénitiens laisser ce Siège là.

C'est le mesme sujet de plainte Que Sainct Marc eut toujours aans un dessein pareil , 235 Car, sans les rayons du Soleil ,

La splendeur du Croissant seroit bien tost éteinte.

Avez-vous entendu , mon Prince , Que le Duc Mazarin languisse , sous l'effort De quelque fièvre , en sa Province ?

^30 On m'a dit » tout franc , qu'il est mort.

Hélas I que ce seroit dommage I Rarement des Seigneurs ont eu , Plus que luy d'habitude avecque la vertu , Et c'étoit , m'a-t'oa dit» deux amis de mesaie âge.

On vit icv, Lundy, mourir subitement Le Conseiller de Mallebranche Dessus les Fleurs de Lys de nôtre Parlement , Dont on le crût toujours une fameuse branche , Et l'on assassina le jeune de Massuc

Par une cruelle avanture.

Il estoit le plus beau qu'eust formé la Nature

234 A Q}i*a tousjoure eu Vbnisb en rencontre pareil. | 337 A m£me du Parlement. 335 A Est mort îey subitement. | 139 A et fut «srasslné.

19} i6ô. — - Du 19. Aoust 1666 (SuBUGNT). 194

Et Fils du Marquis d'Espinchac , Dont les regrets vont satisfaire Ceux qui veulent la mort de ce Mal-heureux Père. 345 Mais ne finissons point des discours pleins d'apas

Par des morts , dont on ne rit pas.

Il vous est revenu certain Marquis de Flandre , Où depuis quelque temps il s'en estoit allé , Qui fut , en arrivant , bien étonné d'apprendre 150 Qu'on avoit dit partout qu'il estoit exilé.

S'il avoit pu , mon Prince , il en auroit ftit pendre , Et par là seulement il sera consolé.

L'on m'a dit les rares Entrées Que cet Angbu fit dans toutes les contrées 155 Où » sur sa route , il s'est trouvé ;

De l'amour (ju'il y prit même nous pourrons rire;

Mais je me contente de dire , Jus(}u'à ce qu'un Jeud^ soit encor arrivé , Qu'il y fut toujours pris , quoy qu'on veuille en médire , 260 Pour quelque chose d'achevé.

A Paris , Cht^ Alexandre Lesselm , am coim de lame Danpkme , deumt le PetU-Neuf. Avec Privilège iekf.

La nguatare de toMiemr et Fadresu du libraire ne u trouvent que dam A, ^ BCpiaceutici la date.

(A Là Muse de Cour 1666 (voy. tome I, col. 909) pp. 97-104. B La Muse Dauphine 1667 — pp. 1 10-118.

C La Muse Dauphine 1668 — pp. 110-118.)

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[ Pae LA GRAVBTTE db MAYOLAS. ]

Du 22. Aoust 1666.

Sans plus tarder, Grande Princbs- Je m'en vus tenir ma promesse [se, Et décrire fidèlement Le bélkiueux événement De ces deux Flotes martiales , De ces deux Cohortes Navales »

Et de ces deux fiers Ennemb , Qu'on verra quelque-jour amis.

Mais non , je n'en vais rien écrire; >J'oze , pour un peu , m'en dédire, Puisqu on dit qu'ils sont prêts , sur

P'eau,

i6i. — Du»t.

1666 (Mayol&i).

De donner un combat nouveau.

Atendons doncques de le mettre Au bas de la prézente Lettre , 13 Faizant d'une pierre deux coups , Et parlons d'un sujet plus doux , Car la mort , le sang , le carnage N'embellissent point un Ouvrage.

Hier, en arivant d'Arcueil ,

30 Je sceus que le Duc de Verneuil , Lieutenant pour nôtre grand Prince En Languedociene Province , Pour ses vertus fort estimé Et pour ses qualitez aimé,

35 Prézenta , de fort bonne-grace , Au Roy, qui tout autre surpasse , Les Députez de ces États De Languedoc ou Pajs-Bas.

Un Prélat , de haute unportance

30 Pour son mérite & sa Naissance , [Oaroard Qu'on nomme le Prélat d'ALBv , Damon D'esprit brillant comme un rubjr, du Lude] Et dout l'ame est trés-vertueuze , Fit la harangue merveilleuze ,

35 En luy prézentant le Cahier, Dont on n'a voulu rien rayer.

De PoLiGNAc , illustre Comte (Je me ^ompe , c'est un Vicomte) , Remply de courage & de foy,

40 L'acompagnoit auprès du Roy, Que l'on aime & que l'on honore , Avec maints Députez encore.

Dés qu'il eut fait son compliment , Receu du Roy civilement,

45 Ils allèrent trouver la Rkine , Belle & puissante Souveraine , Qui dans son bel Apartement Les acueîllit obligeamment , Ce Prélat faizant la harangue

50 En nôtre florissante Langue; En suite , ils prirent le chemin Devers Monseigneur le Daufin , Dont cette Troupe renommée , Avec sa grâce acoûtumée ,

55 Fut receue en son Cabinet , Fort joly, fort riche , fort net , Si bien que cette Compagnie En sortit contente & ravie.

Je vais vous conter en un mot 60 Comme Monsieur l'Abé Valot,

Fils d'un trés-sage & docte Père , Qu'à juste titre on considère , Le Premier Médecin du Roy, Qui fait dignement son Employ ;

63 Cet Abè , (Ës-je , très-habile , En science & vertus fertile , Pour ses beaux talens & divers , Doit être Evêque de Nevers ; Nôtre Monarque incomparable ,

7oConoissant son prix admirable , En a fait le choix justement.

Que chacun loue hautement.

A voir ce grand Train & bagage ,

Tant de Gard^ & d'équipage , 73 De charettes & chariots »

De valizes & de balots ,

Carosses & chaizes roulantes

Et mille Personnes brillantes ,

Je puis vous assurer enfin 80 Que le Roy, la Reine & Daufin

De revenir ont pris la peine

De Fontainebleau dans Vinceine.

Ils couchèrent à Petit-bour

Dans la Maizon & beau séjour ^J^mn

85 Du Grand Aumônier de Thereze , ^^

Dont il témoigne être bien aize. ^^t

Tout Paris généralement , Rivièw

Qui les chérit fort tendrement ,

Sent des plaizirs inexplicables 90 De leurs aproches agréables ,

Sur tous les opulans Marchans

De nôtre Foire Saint I^urans »

Qui du depuis , avec franchize ,

Débitent mieux leur Marchandise.

95 Un Autheur illustre & fameux , De qui l'esprit est merveilleux , Plein de sçavoir & d'éloquance , Dont nous avons la conoissance Par la docte variété ,

100 Agrément , force & néteté De ses Livres scientifiques , Philozophiques , historiques , Monsieur Sorel , sans le nommer.

Qu'on doit justement estimer,

105 A mis , depuis peu , en lumière Un Ouvrage dont la matière Et le Titre contient en say La PREficÉANGs HE SON Roar SiHt xovsxss Monarques bu Monde,

t6i — Du as. Aoust 1666 (Mayolas).

Tant de la Terre que de l'Onde , Les prérogatives & droits.

Par Armes . par Acords A Loix , Sur pluzieurs Terres importantes , Dedans l'Europe consistantes.

IptfttB Traités sorte Droits ei Prerogttivee tes Roto ds Pranœ et de Isor Presssnoe sur las antres Rois; de la Préséance de ramperaur sur las antres Bois, et quil ne doit avoir sur Is France, etc.: tirés des Mémoires historiques et pomiqus de M. G. S. S. D. S. A Paru, P^USociétidaLibraim, 1686. In-lS.]

115 An Palais ce Livre est vendu , Et tous ceux qui l'ont déjà lu En louent , avec avantage , Le dessein , l'ordre & le langage.

Je suis content & non mâry M Qu'au grand Jour de la MrrouRY, A DiéPE Feste solennelle ,

rA«oBp.La jeunesse spirituelle

^^fl^ Ucte & produit de beaux écrits , Afin de r'emporter un Prix

125 Qu'on donne , d'un aveu fidelle , A la Poezie plus belle.

Le Sieur Barbara le gagna , Justement on le luy donna , Et la beauté de son Ouvrage

130 Sur les autres eut l'avantage.

Le Phœnix de son CJbant Rc^al Alors ne trouva point d'égal , Dont il aplique les louaoges A l'auguste Reyne des Ançes ,

135 Que l'on a placé , du depua»^ I^s cette Cité , sur le Puvs.

n a fait voir que nôtre ViÛe En bons Poètes est fertile , Car, étant natif de Paris ,

140 II devoit bien avoir le Prix.

Une illustre Troupe Françoize , Dedaas la Forest Bolonoixe , Ou Bois de Boulogne autrement (Qu'on le préne indiféremment) ,

§45 Fit un Régale manifique A nuânte Personne Angélique.

Pbt bonheur, en passant par-4à , Je m'arêtay pour voir cela.

Des flûtes douces , des trompétes ,

130 Touchant de gaves chansonnetes , Luts , Violes , Tuorbes . voix Charmoient Toreille dans ce bois ,

. Vaste, £rmis, solitaire & sombre.

Où régnoit le silence & l'ombre.

155 Pendant les extrêmes chaleurs , On y goûtoit mille douceurs , Et la nuit êtoit tant aimable Que le jour le plus agréable N'égale point, dans sa clairté^

160 Sa traicheur & tranquilité ; Aussi , dés qu'on le vit renaître , Ce monde vint à disparaître.

Ma Muze avoit beau reculer,

Je me voy contraint d'étaler 163 Que de ce mots c'êtoit le quatre

Que l'on commença de se batre.

L'Amiral Général RurrER ,

Qui sçait des mieux l'air de la Mer,

Etant sorty de la Tamize , 170 En trois escadres l'Host cUvize ;

Les Frizons & les Zélandois

Les premiers virent les Anglois ,

Et , par infortune assez grande ,

Le preux Amiral de Zélande Bwt«n

175 Avec courage , avec éclat.

Mourut glorieux au combat.

Les boulets & les canonades ,

Faizans d'étranges incartades ,

Percèrent le vaisseau fameux 180 Du susdit RurrBR , valeureux ;

Comme il aperceût ce dommage ,

De crainte de faire naufrage •

En combatant très vaillamment

Il se retiroit doucement , 185 Mais un brûlot , à toutes voiles ,

Le vent enflant ses grandes toiles ,

Venoit à luy diligemment

Pour'cauzcr son embrazement ;

Lors le Chevalier de LoiumE , 1^ Agissant en grand Capitaine ,

Prince aussi brave que civil ,

Qui ne craint ny feu ny péril ,

Par une valeur singulière ,

A luy toutefois coûtumiére »

195 S'avance vers ledit brulôt ,

Qu'il mit en feu tout aussi tôt ,

Auparavant qu'il ne pût fiûre

Le dégât extraordinaire

Auquel l'Ennemy s'atendoit , 300 Et que , sans luy, &it il auroit ,

S'êtant mis dans une chaloupe ,

Suivv d'une vaillante Troupe..

Le Ireux Chevalier de CoÎlin

Etoit dans ce même chemin ;

i6i. — Du 22. Aoust 1666 (Matolas).

ao5 De Cavois , de Busca , Dampierre»

Volontaires en cette guerre , Furent aussi dans ce Party , Qui se trouva bien assorty.

Quoy que le vent, dans cette afedre,

aïoLeur fut entièrement contraire, On ne sçait si les Holandois L'ont emporté sur les Anglois , Car chacun dedans ce rencontre , Sans assurer ny pour ny contre ,

315 De part & d'autre , sur les eaux , On perdit deux ou trois vaisseaux ; Mais, tout de nouveau, l'on s'aprête Pour quelque célèbre Conquête.

Le treize Juillet , sur le tard »

dao Marie de Roche-Chouard , De Pompadour digne Marquize , Qui , par ses vertus , s'est acquize Un renom aussi grand que beau , Est décédée en son Château , 335 Dont la Province Limozine En est fort triste & fort chagrine.

Les Consuls Limozins aussy, Marquans leur zélé & leur soucy, Ont Fait faire un pompeux Service ♦ 330 Et leur Evêque y fit 1 Ofice.

proTtooiti Le Révérend Père Vidaot c^l^ En ce jour y fit, comme il faut, ^jj^JJ^ Pour elle , l'Oraizon Funèbre , Devant une Troupe célèbre.

335 VoiziN, le Prévost des Marchands, Est continué pour trois ans Par l'ordre de nôtre Monarque , Ce qui bien clairement nous marque Que pour le Peuple & pour le Roy

340 II fait di^ement son Employ ; Et Monsieur Santeuil , homme ha- Très-digne Conseiller de Ville, [bile,

Pareillement Monsieur Lusson , Du Cbâtelet Conseiller bon , 345 Furent choizis avec justice , Ainsi que par un sort propice , Pour être Echevins de Paris , Ce qui nous confirme leur prix.

Il est bien juste que je mette 350 Que Monsieur l'Abbé de Roquette , Le futur Evêque d'Aurtm , Plein d'un mérite non commun , Fit Dimanche un Panéçîryque, Devant la Reine Britanique , 355 Au sujet de l'Assomption , Qui cauza l'admiration De cette Reine très-zélée Et de toute cette Assemblée.

Les Révérends Pères Feuillans , 360 Illustres , vertueux , sçavans ,

Qui ne manquent point, chaque an- De bien célébrer la journée , [née , Du matin jusques sur le tard , De leur cher Patron Saint Bernard .

365 S'en sont acquitez d'importance , Par le soin ou par l'ordonnance Du Prieur, du Provincial , Et sur-tout de leur Général ; Aussi Monsieur l'Abè de Pile , 270 A qui rien ne fut dificile, Loua de très-belle façon Les merveilles de ce Patron.

Princesse , voila ma Missive Qui chez vous dans une heure arhre.

275 J'at pattces Vers, selon mon ooust» Le VINT-&-UN DU MOIS d'Aoust.

Avu Priv. i€ S. M,

AChiBo

A Paris , Cke^ Ch, Cfunault, Imp. à Ub,, aux Amus du Roy, rue de la Huckette

(Biblioth. de rArtenal. B. L. 1 1800. » Biblioth. de M. le btroii James de Rothschild. •— Ce dernier exemplaire perte la date du 23 août , mais l'adresse du libraire n'a pas

été changée.;

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