‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 88 sur 247 · Du 19. Septembre 1666 (Matous · texte numérisé non relu

Du 19. Septembre 1666 (Matous

aé5 Altbsse des plus acomplies , Voila mes trois pages remplies.

Fait bn Septembre, is mx-hutt.

Auprès d'un «uafD Bassin db Fruit.

A PaHs, Che^ C, CJumomU, Imp. &Ub..MMx Armes du Roy, ru€ de la HmeketU, Avec Pm. de S. M.

(BiUioth. de rArsenal, B. L. ii8oo.~ Biblioth. de M. le baron James de Rothschild. — Ce dernier exemplaire porte la date du 32 septembre, mats Tadresse du libraire n'a pas été changée.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charlis ROBINET.]

Du 19. Septembre 1666.

Héroïne admirable & que chacun admire ,

A l'ordinaire, de ma Lyre

Agréez les premiers fredons ; Ah 1 c'est avec plaisir autant qu'avecque gloire

Qu'en continuant mon Histoire Je prélude toujours par de si justes tons.

Pleust au Seigneur Phœbus qu'en ces Préliminaires

De mes Discours épistolaires

Je réussisse à vôtre gré 1 Je serois pleinement satisfait de ma Tasche ,

Et contre Clion je me fasche Quand j'y crois quelquefois avoir mal rencontré.

En vain sur ce Sujet un Louangeur me flate Et me dit que je m'y dilate Souvent assez heureusement ;

Je demeure in<juiet dans le fonds de mon Aaie , Et je lui dis que pour Madame

Il £aut s'en démêler bien plus adroitement.

LuBOMiRSKi , non plus bellique , 20 Mais apparamment pacifique , Ayant prêté nouveau Serment D'être fidelle constamment , De renoncer à toute Ligue Et de jamais ne faire intrigue, 25 Vinst se jetter, en triste arroy, Avec ses Fils , aux pieds du Roy.

Alors , prosterné contre terre ,

Les Genoux à ce Prince il serre Il pâlit, il rougit, firémit,

30 II soupire , il pleure , il çémit; Voulant parler, il balbutie , Et dans sa Posture accourcie , Dequoi tout Témoin est ravi , Il dit, à la fin : « Peocavi, »

35 Condamnant une bonne volte Son Equipée & sa Révolte.

174* ~^u 19. S^fÊÊÊÊhrt 1666 (RoBDfBT).

On dit que » dans le mêftie ten^M», Ses Enfans , confus & dolee» , Se transportèrent chez la RstNB ,

40 Pour de l'illustre Souveraine Obtenir qu'il vinst à ses Pieds Confesser encor ses Péchez.

Voila donc , selon l'apparance , Une parfaite Repentance ,

4$-Un LuBOMiBSKi réformé ; Ah! j'en suis aussi tout charmé , .

Et, comme son R07 lui pardonne , Mon amitié je lui redonne, le le tiens pour Homme d'honneur

joEt pour un tres-brave Seigneur, Pourvu qu'en Converti sincère , Ce soit le Ventre de sa Mère , b EST » qu'il n'y retourne plus ; Autrement, Ego, Carolus

55 le scai bien ce que je veux dire , Et 1 on verra , ma foj, bien rire.

Les Amglois & les Holandois , Aimans les belliqueux Explois , Dans la belle ardeur qui les brûle,

60 Ont fait ainsi qu'un Préambule, Ou Prélude , d un nouveau Choc , Où maints horions seront hoc , Car quelques-uns de leurs Navires De l'AvANT-GARDE , & noTi des pires ,

65 Se sont, à ^ands coups de Boulets, Agacez au Pas de Cauus ; Pub, pour tout de bon en découdre, Plus viste que ne va la Foudre , Vers DouvRE ils se sont talonnez

70 Comme des Démons déchaînes.

RuYTER plus que douze fait rage , Tant encor a crû son courage , Depuis qu'il a I'Orbre éclatant ^ De I'Angéijque Combatant. Mcki D'ailleurs, Mars, secondant son zélé, Permit qu'une noble Etincelle

^Mnat tiifran Ganoii,niieéttaiodne loi entra danfl u Bmbe et ptan Jwqo'eii l'Bstolliitoii , de sorte qaH « est u frâd ^omtesement .

De son Feu qui fait la Valeur Pàssast n'aguéres dans son cœur , Et lors, tout brûlant jusqu'en l'Ame, 80 II eu vomit et feux et flâme.

On n'a pas accueilli fprt mal L'IimRATRiCB, dans Fuial; Le CaïKm fit grand Tintamarre ,

On criait par tout € garre, garrel »

'«5 On ne vojroit qu'Arcs Triomphaux ,

Que de superbes Echafaux ,

Que Pyramides & Peintures.

De plus , avec des Confitures

Et maint autre excellent Bonbon , ^ DoM Louis Poncs de Lbon GooTer-

La régala sur sa Galère ; de'SSian

Jugez si l'on pouvoit mieux foire.

Le Duc Savoyard fut , après ,

La saluer en son Palais , 95 Où chacun, affilant sa Langue,

Tour à tour lui fait sa harangue.

Le brave Prwcb Mathias

S'y rendit de même, à grands pas ,

Mais il ne fut pas sans surprise 100 De ce que la nincetse , assise ,

L'écouta sans le &ire asseoir,

Et , lui souhaitant le bon Soir,

Reprit la Route de Florance ,

Un peu chagrin , en conscience , 105 Et se repentant bien des fois

D'avoir attendu des trois Mois

Cette belle Infante Espagnole ,

Qui sçait des mieux tiare son Rôle.

Le Président de PéaieifY,

1 10 Dont le Génie est peu fini ( Sans flaterie on Je peut dire ) , Vient d'être nommé du Grand Sns, Dont il est le sçavant Lectbur , Pour être enfin le Précbptbur

1 1$ De son Dauphin incomparable , Et ce Chois est bien équitable.

Les Soins si beaux & si constans Qu'il prenoit, depuis si long -temps, A cultiver cette Ame tendre ,

I30 L'Adresse dont il sçait s'y prendre Et les grands Progrés que la Cour En admiroit à chaque Jour, Etoyent les Degrez légitimes De cet Employ des plus sublimes ,

125 Et qui , sans aucune faveur, L'y çortoyent de belle hauteur.

Aussi la Foule du Baixustrb Applaudit à ce Chois illustre , Et la DjtessE du Renom ,

130 Qui n'a pas d'aujourd'huy le Nom De ce célèbre Pédagogue Sur son glorieux Catalogue , Va publier par l'Univers Ce que j'ajoute, en.d'autres Vers.

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