‹ Les contrées mystérieuses et les peuples inconnusChapitre 5 sur 56 · M. Lesbazeilles · texte numérisé non relu

M. Lesbazeilles

Au-dessus de la mer unie et teinte des riches nuances de l’arc-en-ciel flottent de légères nuées, baignées dans une atmosphère chargée aussi de reflets dorés où cramoisis. Les montagnes de glace, perdant leur morne aspect, semblent allumées par les feux du soleil; ou, prenant tour à tour les tons les plus variés, elles rappellent le marbre blanc aux veines argentées, et font songer aussi à d'énormes blocs d’opale et à d'immenses amas de perles. De leurs sommets, la neige, fondue sous l’action prolongée des rayons solaires, s'échappe en nombreux ruisseaux qui débordent en cascatelles brillantes. Au pied des icebergs, et dans l'ombre, la mer, étincelante partout, acquiert une transparence verdâtre du plus surprenant effet ; et derrière eux les silhouettes brunes des côtes se dessinent vigoureusement sur l’horizon bleu.

C’est aussi dans les rares beaux jours d'été que se produit quelquefois le mirage polaire, analogue par les illusions qu’il procure au mirage du désert.

Dans l’air transparent, dans l'horizon agrandi, apparaissent des objets qui semblent exister quelque part, et se trouver reflétés là comme en un immense miroir. Ce sont des colonnades de marbre, de hauts portiques, des tours étincelantes, des pyramides massives, des dômes comme en offrent souvent dans la réalité les banquises et les icebergs, mais ici sur un plan idéal ; parfois un lac miroite; les murailles blanches d’une grande ville s’y reflètent ; un coin de port encombré de palais et de barques s’illumine en jaune comme un tableau de Claude Lorain. Soudain, des bords du lac agrandi s’élance une végétation luxuriante qui envahit bientôt tout l’espace ; le lac est devenu prairie ou forêt, l'air se remplit d'oiseaux. C’est un panorama mouvementé et plein d'imprévu : les arbres marchent, les collines se poursuivent, on assiste à des dislocations de paysages, à des fantasmagories kaléidoscopiques. Et ce n’est que lorsque le vent vient remuer la mer, agiter les vagues que l'étrange et décevante apparition s’évanouit.

La merveilleuse magnificence des scènes et des paysages d'été peut faire oublier un instant au navigateur les dangers qu'il affronte. Mais dans les parties les moins septentrionales de la région polaire, l'été se présente avec bien des désagréments qui neutralisent ses charmes. Nous en parlerons en nous occupant de la Laponie et du nord de la Sibérie.

LE

Le bassin arctique. — Nombreux détroits et îles du nord de l'Amérique. — Le Groënland. —

L'île de Jean-de-Mayen. — Le Spitzhberg. — Le cap nord de Scandinavie . — Le pays des Lapons. — La nouvelle terre François-Joseph. — La Nouvelle-Zemble. — L'île Vaïgatch. — La presqu'ile des Samoyèdes. — La péninsule de Taïmour.— La côte sibérienne, de la Ka-

tanga à la Kolima. — L'archipel Liakhoff. — La terre de Wrangel. — La péninsule des Tchouktchas,

Le bassin arctique est mis en communication avec les régions tempérées par trois estuaires : la mer de Baffin, au nord du continent septentrional de l'Amérique, les espaces ouverts au nord de l’Europe entre le Groënland et la Nouvelle-Zemble, enfin le détroit de Behring, qui sépare l’Asie de l'Amérique. Mais chacun de ces estuaires est fermé par une formidable barrière de glace qui n’a jamais été entièrement franchie.

La partie du bassin arctique qui appartient à l'Amérique septentrionale présente l’apparence d’un damier composé d’iles et de détroits. De nombreux canaux, s'étendant de l’est à l’ouest et du sud au nord, morcellent les terres à l’infini. Telle baie considérée comme peu profonde n’est le plus souvent que l’entrée d’un canal inexploré. Ces détroits, que l’on peut comparer aux corridors d’un immense labyrinthe, séparent les unes des autres ces différentes îles, ou plutôt les enveloppent de leur inextricable réseau.

L'hiver vient chaque année solidifier les eaux de ces détroits, de ces défilés, de ces passages et jeter d’île en île et d’un continent à l’autre ses gisgantesques ponts de glace. Certains détroits, certaines côtes, libres pendant un été, restent fermés l’année suivante. Il est des parages qui n’ont jamais été ouverts à la navigation, depuis qu'on les connaît. D'autres ne le sont qu'un moment.

Ce n’est qu'au commencement de ce siècle que le baleinier Scoresby, par un mémoire, resté célèbre, dont l’amirauté anglaise reçut communication, appela l’attention du monde savant sur les changements imprévus que les saisons et les glaces éprouvaient dans les mers arctiques, où l’année 1816 vit une débâcle extraordinaire. Sur les cartes dressées à cette époque, le large détroit de Smith, quis’ouvre au nord de la mer de Baffin, est à peine indiqué par une légère échancrure qualifiée d'entrée. Il en est ainsi, à l’ouest de la même mer, de l'important détroit de Lancastre. Au-dessus du 75° parallèle, et, dans certaines régions, au-dessus du 70°, tout était inconnu au nord de l'Amérique.

Depuis, la carte des mêmes régions à été dessinée à peu près complè-

Fig. 11. — Iceberg,

tement et couverte de noms anglais et américains, au milieu desquels celui de Bellot, donné à un canal et à un cap, rappelle par son isolement que la France n’a presque rien fait encore, au pôle boréal, pour la science et la navigation.

Les eaux qui baignent le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble étaient, il est vrai, à la même époque, suffisamment explorées ; mais en face du détroit de Behring aucune découverte remarquable n'avait été faite. On ne se faisait aucune idée de ces terres aperçues depuis par Wrangel et par Kellet, et pas davantage de cette fameuse Polynia de Wrangel, espace de mer libre, objet de si nombreuses controverses.

Les contrées encore inconnues au nord de l’Amérique doivent, selon toute apparence, être également divisées en grandes îles séparées entre elles par des canaux. Ces canaux, qui faciliteraient tant la navigation et permettraient d’aller d’un hémisphère à l’autre par plusieurs passages,

souvent obstruëés par les glaçons qui s’y entassent, deviennent par ce fait un des dangers de la navigation circumpolaire. Tel navire, qui s’est aventuré dans des eaux, libres un moment, est retenu pendant plusieurs années dans des solitudes glacées. Ross est resté de la sorte quatre ans prisonnier, et Franklin à péri dans ces canaux avec les équipages de ses deux navires.

La terre la plus étendue des régions polaires, — si l’on en excepte tou-

Fig. 12. — Ile Beechey. — Premier quartier d'hiver de Franklin (les trois tombes).

tefois le nord de la Russie d'Europe et de la Russie d’Asie, et le nord de l'Amérique britannique, — est le Groënland, qui lui appartient presque tout entier. Au sud, son cap Farewell, placé un peu au-dessous du cercle polaire, forme le sommet d’un vaste triangle qui mesure de cinq à six cents lieues, et dont la base se perd dans les parties inaccessibles du pôle.

Cette immense terre, l’une des plus grandes îles du monde, n’accorde qu'une existence précaire à six ou sept mille Esquimaux qui l’habitent sous la tutelle civilisatrice d’un millier de Danois.

La nature a ceint le Groënland de falaises abruptes. Des « fjords » nombreux et profonds découpent ce rempart naturel, déchiré, dirait-on, par les secousses d’un violent cataclysme. Ces fjords deviennent, au milieu d’un hiver qui dure de novembre à mai, des lits de glaciers qui descendent des hauts plateaux chargés de neige, comme déscendent sur la pente des volcans les torrents de lave.

De ces fleuves glacés, il y en à qui, ayant pris leur source dans les montagnes au puissant relief qui bornent l'horizon des fjords, suivent une pente de deux à trois mille pieds, semblant rouler majestueusement leurs flots figés jusqu'aux rivages ; ils s’arrêtent brusquement formant une coupe verticale qui mesure jusqu'à quatre cents pieds et plus au-dessus du niveau de la mer. C’est de ces immenses glaciers que l’été détache ces montagnes de glace que nous avons vues en mouvement, tantôt soulevées par les tempêtes, tantôt dérivant lentement vers le sud à travers les détroits.

« Lorsque le soleil fait étinceler de ses feux la cime des glaciers, dit un géographe (1), l’œil ébloui ne voit que rubis et diamants, comme si les mines de Golconde étalaient à la fois devant lui leurs trésors souterrains. Si c’est la lune qui, au milieu de la longue nuit des solitudes arctiques, verse sur une de ces nappes éclatantes sa douce lumière, la scène est encore plus fantastique, et le spectateur se croit en présence d’une de ces montagnes d'argent que les légendes peuplent de fées et d’esprits invisibles, ou, mieux encore, du palais aux murailles diaphanes où Odin et les guerriers scandinaves boivent éternellement, dans le Walhalla, l’hydromel que leur versent les Walkyries.

& Mais, de tous les glaciers connus, celui qui présente les proportions les plus colossales est, sans contredit, celui que Kane découvrit dans une de ses excursions sur le littoral groënlandais, et auquel il donna le nom illustre de Humboldt. Ce gigantesque fleuve glacé, dont l'embouchure s'étend sur une largeur de plus de vingt lieues, et qui surplombe la mer d'environ cinq cents pieds, prend sa source dans une mer de glace inconnue, dont l’étendue doit être immense, et à côté de laquelle la prétendue mer de ce nom, que les touristes vont visiter sur les pentes du

(1) M. Lucien Dubois.

mont Blanc, au-dessus de Sallanches et de Chamounix, ne serait qu’un glacon vulgaire. »

Le côté du Groënland qui fait face au détroit de Davis, est un grandiose massif alpestre pourvu d’une flore et d’une faune relativement

riches et variées.

Comment croire que cette terre si hérissée de glaçons est le pays auquel les Scandinaves d'Islande, qui le découvrirent, donnèrent le beau

Fig. 13. — Glacier de la côte occidentale du Groënland, nom de Terre-Verte? — c'est la signification du mot Groënland en danois. — Ces aventuriers furent-ils séduits par l’éclat d’un beau jour,

dans un été exceptionnellement chaud et fertile? ou bien est-ce que le climat de ces terres boréales à changé comme celui de l'Islande, comme celui de l’île de Jean-de-Mayen, dont une immuable banquise écarte maintenant les vaisseaux, comme celui du Spitzberg plus inabordable aujourd'hui que lors de sa découverte par l'Anglais Willougby ? Toujours est-il que le nom même du Groënland avait été oublié, lorsque Davis, qui le premier le signala de nouveau, — en 1755, —

trouvant cette terre si triste, si hérissée de rochers et de glaciers, l’appela la Terre de Désolation, nom que le docteur Hayes a adopté à son tour pour désigner cet ingrat pays.

Les îles, la partie du continent américain qui avoisine le Groënland, ressemblent à cette terre par beaucoup de traits. Le cercle polaire rencontrant plus au sud certaines de ces îles et le continent, il s’y trouve des parties plus favorisées quant à la végétation. Nous esquisserons pour cet ensemble une même flore.

Dès que la neige a disparu, fondue par le soleil ou balayée par les grands vents du printemps, la mousse étend sur le penchant des collines son vert tapis, que quelques pauvres plantes étoilent bientôt de leurs jolies fleurs; « éphémère et humble parure, — comme l’a dit un écrivain familiarisé avec les régions polaires, — qui, le matin, s’épanouit sur le sein étonné d’une terre hier encore couverte de frimas et qui, le soir, a disparu flétrie par l’âpre bise du nord ou tranchée par la dent avide du renne ou du bœuf musqué. »

Le soleil a forcé les saxifrages violets à prodiguer hâtivement leur floraison ; ils font place à la renoncule jaune d’or, à la drave, au pavot arctique remarquable par ses brillants pétales jaunes, à un autre pavot de nuances pâles et délicates, à l’herbe de Saint-Benoît, et à un petit saxifrage jaune. Dans les mousses, au milieu des gazons, s'ouvre une délicieuse fleur blanche, la céraiste des Alpes.

En quelques endroits mieux abrités la blanche andromède, échantillon amoindri de nos bruyères, parsème les rochers de ses modestes clochettes, et la bruyère rose vient étaler ses fleurs ; là, on rencontre encore des genévriers à peine développés, des myrtilles, des ronces et quelques plantes utiles, parmi lesquelles le précieux cochléaria, remède souverain contre le scorbut. D’énormes touffes d’épilobes croissent sur les plages arides et leurs élégantes corolles roses ne semblent guère en harmonie avec l'arrière-plan du paysage polaire; les saules nains étendent leurs rameaux minuscules le long des eaux courantes ; au milieu des anfractuosités de la roche basaltique une petite fougère hasarde au soleil ses vertes frondaisons.

Dans la région des bois, c’est-à-dire vers le sud, un souffle de vie

plus vigoureux passe sur les plantes ; les pousses rougeâtres des saules, des peupliers et des bouleaux se couvrent de longs chatons cotonneux ; les buissons verdissent ; aux pieds des rochers fleurissent la dent de lion, la bardane, tandis que l’églantier, les groseilliers et les airelles se chargent de grappes nombreuses et que la baie du framboisier du Canada mûrit sur sa tige grêle rampant à la surface des marécages. Alors aussi, les pins, les thuyas, les mélèzes étalent tout le luxe de leur verdure sombre.

L’ours, le loup, le volwerenne ou glouton, le renard, le renne, habitent ces froides terres. Au printemps des oiseaux viennent un instant lanimer : l’eider, la grue, le corbeau, la mouette et beaucoup d’autres y arrivent des contrées méridionales. Les mers, plus fécondes, recèlent de nombreux poissons, d'énormes cétacés, des quadrupèdes amphibies : des baleines, des narvals, des bandes de phoques, dont la pêche, — ou la chasse, — est une ressource précieuse pour les indigènes, des morses enfin à l’aspect monstrueux, dont les défenses formidables atteignent parfois jusqu'à un mètre de longueur, mugissants et terribles.

Il s’agit maintenant de contourner le pôle de l’ouest à l’est.

Nous trouvons d’abord l’ile de Jean-de-Mayen.

Ce n’est qu'une montagne sortant de l’eau, dont le navigateur curieux cherche souvent en vain la base parmi les brumes, heureux lorsqu'il voit tout à coup surgir au-dessus des nuages, dans une éblouissante lumière, son sommet blanc de neige. Cette montagne, aperçue par lord Dufferin « avec la joie d’un anachorète entrevoyant un rayon du septième ciel », a une élévation de plus de deux mille mètres. !

Elle se révéla au noble touriste « entourée d’une mince ceinture de vapeurs perlées, dont les franges flottantes semblaient donner naissance à sept énormes glaciers qui se précipitaient jusque dans la mer ». Ces glaciers formaient « un élément complètement inattendu de beauté ». Lord Dufferin en compare le volume à celui d’une puissante rivière & jaillissant des flancs d’une montagne, surmontant tous les obstacles, roulant ses flots en tourbillons, bondissant et se précipitant de terrasse en terrasse en légères cascades d’écume, puis soudainement arrêtée et congelée dans sa course par une puissance si instantanée, que les flo-

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Fig, 14, — Retour de la vie dans les mers polaires,

cons de l’embrun et les ondulations bouillonnantes de l’écume ont revêtu la rigidité immuable de la sculpture!.… »

Le Spitzhberg et la Nouvelle-Zemble doivent trouver place à leur tour dans cet ensemble de terres et de mers couvertes de neiges et de glaces qui forment la région polaire.

Le lieutenant Payer a comparé le groupe du Spitzberg à une sorte d'Oberland tyrolien, un haut relief de glaciers analogue à celui de l'Œzthal, et qui domine de neuf mille pieds le niveau de la mer.

Lord Dufferin, qui a abordé ce groupe d'îles au mois d’août (1856), ne pense pas qu'il y ait sur le globe une autre région aussi profondément marquée du cachet de la mort. Il lui sembla que les caractères les plus saisissants de ce monde dans lequel il lui était donné de pénétrer, étaient l’immobilité, le silence, l’absence de toute vie. Partout des glaces, des rochers. Nul bruit d'aucune sorte pour rompre un instant cette effroyable paix si voisine du repos éternel ; la mer, même libre en été, se taisait sur la plage; pas un oiseau, pas un être vivant pour éveiller ces solitudes.

Lorsque le touriste anglais jeta l’ancre de son léger navire dans la Baie des Anglais, il était une heure du matin. Le soleil de minuit, à demi voilé par le brouillard, répandait une lueur mystérieuse sur les montagnes et sur les glaciers. Pas un atome de végétation ne vint témoigner à ses yeux de la vitalité de cette terre. Il convient toutefois de dire, pour être exact, que le sol glacé du Spitzberg ne nourrit pas moins de soixante-dix genres de plantes.

Voilà une contrée qui n’a, il faut l'avouer, absolument rien d’attrayant. Et cependant une jeune femme, une charmante Parisienne, M"° Léonie d’Aunet, n’a pas reculé devant une exploration des parages du Spitzberg ; une femme « pâlotte, menue, maigrette, avec des pieds comme des biscuits à la cuiller, — ainsi que la dépeignait un jour l’un des matelots de l’équipage, — et des mains à ne pas soulever un aviron ; une femme à casser sur le genou et à mettre les morceaux dans sa poche ».

Le navire à bord duquel se trouvait avec son mari M°"° d’Aunet, — ou plutôt M" Biard puisque son nom n’est plus un mystère, —

ET LE POLE SUD. b1

longea la côte ouest qui fait face aux rivages encore inexplorés du Groënland, et où se trouve la baie Madeleine, entourée de tous côtés par des montagnes aux cimes pointues comme une lame de couteau ou dentelées comme une scie, d'une élévation de quinze cents à dixhuit cents pieds.

Entre chaque montagne s'étendent des glaciers qui descendent du fond des vallées et se précipitent dans la mer après avoir contourné comme un torrent quelque groupe de roches altières.

Fig. 15, — Vue des glaciers du Spitzberg (baie des Anglais).

Comme on serait bien plus près de la vérité, en disant que ces glaciers escaladent sans relâche les pics de granit qui surgissent de leur masse! — car le soleil est impuissant à fondre en quelques semaines les neiges accumulées dans un hiver de dix mois.

ll yatel de ces glaciers dont la longueur varie de douze à quinze kilomètres ; on le voit déborder du vaste lit qui le contient en distinguant à peine au-dessus de sa surface les montagnes de l'arrière-plan. Sur la mer, la chute du glacier a plus de cent pieds!

Un ancien explorateur du Spitzhberg, Scoresby, a mentionné, dans sa Relation, des glaciers qui se précipitent dans la mer d’une éléva-

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