‹ Les Contusions du PancréasChapitre 29 sur 36 · ET STI · texte numérisé non relu

ET STI

être diffuse, ou n'atteindre qu'un segment de la glande. Elle se limite alors particulièrement à la tête du pancréas et détermine l’apparition d’abcès.

Au point de vue clinique, on observe dans ces cas de pancréalite suppurée, des douleurs sous forme de coliques dans la région ombilicale, des vomissements, de la consüpation, de la fièvre, des frissons et une prostration spéciale, la guérison n'étant possible que par intervenüon chirurgicale.

Lorsque les abcès atteignent la queue du pancréas, le pus peut fuser à gauche dans le tissu rétro-péritonéal du côté du rein gauche et même derrière le colon descendant. De même dans les abcès de la tête du pancréas le pus peut se frayer un passage à travers le péritoine et venir s’épancher dans la cavité abdominale. Il n’est pas rare de voir le pus refouler le feuillet péritonéal qui recouvre la glande, pénétrer dans la bourse omentale et former derrière l'estomac et le colon, une cavité suppurante, limitée en bas par le mésocolon, dans le fond de celle cavité on trouve le pancréas transformé en une masse purulente, colorée en noir. Dans un cas d'Hanseman de suppuration traumatique, le pancréas était complèlement inclus dans une cavité remplie de pus. Un cas très rare a été observé par Schlossberger : la cavité de

l'abcès s’ouvrait dans l'intestin avec issue par l'anus de fragments du pancréas, la guérison fut possible.

Mais avant tout, le pus peut occasionner une thrombose septique des gros troncs veineux de voisinage, comme la veine mésentérique supérieure, veine splénique, la veine porte.

Le traumatisme peut encore donner naissance à une

inflammation pancréalique non suppurée, évoluant d'une façon chronique. Ce sont surlout les traumatismes répétés qui sont les facteurs étiologiques de cet état morbide, donnant lieu à une pancréatite chronique. Il y a alors prolifération du tissu conjoneüf situé entre les lobules pancréaliques au voisinage des vaisseaux et des canaux excréleurs. Cette proliféralion se poursuit autour des acini, il en résulte une véritable cirrhose, le parenchyme pancréatique étant remplacé par du tissu conjonctif et de la graisse. La glande est alors augmentée de volume, et elle a une consistance dure, granuleuse. Cette affection a une prédilection pour la tête du pancréas et détermine des phénomènes de compression du côté du cholédoque et du duodénum, étant donné les rapports entre le pancréas et ces organes. Il en résulte de la sténose duodénale dans la région watérienne et de l'ictère chronique par rétention. Mais les symptômes cliniques sont parfois très peu nels, ainsi Sendler rapporte un cas d’écrasement entre deux wagons, qui au bout de 4 ans, donna lieu à une tumeur se développant dans l'abdomen. Ce n'était autre chose que le pancréas augmenté de volume par la pancréatite chroniqne.

Nous ne pouvons omettre en éludiant l’évolution chnique des contusions du pancréas, de signaler les rapports que cerlains auteurs établissent entre le lraumatisme et le cancer du pancréas, le traumatisme étant pour eux la cause du cancer. Schuchardt est le seul jusqu'à présent qui ait donné une statistique concernant les rapports étiologiques entre le traumatisme et le cancer du pancréas.

Il serait nettement établi que le traumatisme ne

Ps QU URES

détermine l'apparition de la tumeur que, grâce à une disposition locale du tissu (Virchow), et suivant Conheim, la tumeur serait due à la préexistence d’un germe embryonnaire. À propos de l'influence du traumatisme sur le développement du cancer, Grosch s'exprime ainsi : « Parmi les causes directes ou occasionnelles, le traumatisme joue un rôle particulier suivant certains auteurs. Sous l'influence du traumatisme. 1l se produit une irritation mécanique, chimique ou thermique, qui détermine l'organe à réagir au point lésé par la production d'un tissu local d'irrilation. C’est ce que l'expérience a bien démontré en ce qui concerne le careinome et le sarcome notamment. »

Pour Kuhne, le traumatisme joue un rôle important dans la genèse d’un cancer ; au niveau du point lésé, les cellules saines voisines deviennent le siège d’une activité interne, elles revêtent un caractère embryonnaire et sont le point de départ d’une prolifération atypique se faisant sans limite aucune.

Ribbert trouve que les rapports étiologiques entre le traumatisme et le cancer ne sont pas encore démontrés, mais 1l en admet la possibilité.

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