‹ Les Contusions du PancréasChapitre 36 sur 36 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Le pancréas, bien que très protégé à l'intérieur de la cavité abdominale, peut être atteint par un traumatisme, et les cas de contusion seraient beaucoup plus nombreux si l'on pouvait reconnaître les cas légers, la statistique n'étant formée que par les cas ayant donné lieu à une intervention chirurgicale ou à une autopsie.

Le traumatisme peut agir par arrachement, mais Îe mode habituel est l’écrasement contre la colonne vertébrale. Le traumatisme doit être violent, et porter de préférence sur l’espace vulnérable du pancréas ; ce sera soit un écrasement, soit un choc sur l’épigastre.

Les traumatismes répétés d'intensité légère peuvent déterminer une irritation chronique du tissu pancréatique et la formation de kystes.

Les contusions du pancréas sont l'apanage du sexe masculin et des trois premières décades de la vie.

La vulnérabilité du pancréas est accrue pendant la digestion.

On peut distinguer trois degrés de contusion :

L* degré, ecchymoses sous-péritonéales, petits épanchements intra-glandulaires;

2° degré, déchirure du péritoine prépancréatique et fissures intra-glandulaires ;

3° degré, ruptures importantes et broïements massifs,

Fait important : l'hémorragie peut être très peu abondante.

L'action du sue pancréalique épanché peut aider à la nécrose du pancréas, déterminer des hémorragies secondaires par altération de la paroi des vaisseaux, déterminer la nécrose du tissu adipeux dans 1/4 des cas, irriter la séreuse péritonéale et en favoriser l'infection.

Les troubles de la sécrétion interne sont très inconstants et, sauf exception, d'un faible appoint pour le diagnostic.

Au point de vue clinique, le tableau sera différent, suivant que la contusion détermine des lésions associées, ou n'atteint que le pancréas, dans ce dernier cas, il faut altacher une grande importance à la latence initiale des symptômes réalisant un véritable intervalle libre.

Lorsque l'hémorragie n’est pas mortelle, et l'infection légère ou nulle, la contusion peut se vérifier par la formation de pseudokystes.

Pseudokystes prépancréatiques, ou hémalomes de l’arrière-cavilé des épiploons, d'apparilion rapide, en quelques jours.

Pseudokystes endopancréatiques, n’apparaissant qu'au bout de quelques mois.

Les kystes du pancréas, consécutifs à un traumatisme, sont beaucoup plus hypothétiques; on les admettra plus facilement à la suite de contusion légère mais chronique pendant plusieurs années, ayant déterminé une inflammation chronique, se vérifiant soit par cette apparition d’un kyste, soil par une pancréatite chronique. ;

L'infection peut gagner un foyer de contusion et déterminer une pancréatite suppurée,

Sur des pancréas malades, un traumatisme peut déterminer une pancréalite hémorragique.

Les rapports étiologiques entre le traumatisme et le cancer sont possibles, mais non encore démontrés.

Le pronostic d'une contusion du pancréas doit toujours être réservé ; indépendamment de la gravité immédiate, elle peut même, dans des cas d'apparence bénins, être le point de départ de manifestations cliniques graves.

Sauf pour les cas de contusion très légère, le traitement chirurgical s'impose toujours. Dans les cas de contusion grave, déterminant une intervention précoce, la mortalité est de 28 °/,.

Vu :

Le Président de thèse, RECLUS.

Nu:

Le Doyen, LANDOUZY.

Vu et permis d'imprimer Le Vice Recteur de l'Académie de Paris, LIARD.

MAR Pr 16 APE

PR

Page 1