HISTORIQUE
Le premier cas de contusion du pancréas paraît avoir été observé par Travers qui, en 1827, trouva une déchirure complète du pancréas à l’autopsie d’une femme morte quelques heures après avoir été renversée par une voiture ; 1l y avait en même temps déchirure du foie et fracture de plusieurs côtes.
Après lui, Stôrck, Cooper, Jaun, Wandeleben, Wilks et Moxon, Le Gros Clark, rappellent des cas de contusion du pancréas trouvés au cours d’autopsies. Mais ces faits passent à peu près inaperçus.
Jamain, en 1879, signalant pour la première fois les contusions du pancréas dans un Traité de chirurgie, se borne à dire que ces lésions absolument exceplionnelles peuvent s’observer dans les grands écrasements.
En 1877, Edler, dans un mémoire sur les blessures des viscères de l’abdomen, consacre un court paragraphe aux blessures du pancréas et signale les deux cas de Cooper et Travers.
L'année suivante Senn, dans son travail sur la Chirurgie du pancréas, ne peut réunir que quatre cas de contusions. Cooper, Travers, Stôrck et Le Gros.
En 1894, Nimier publie dans la Revue de médecine un article sur les « Hémorragies du pancréas » avec base
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traumatique et relate un certain nombre de cas se vérifiant, soit immédiatement par la déchirure du parenchyme glandulaire, soit tardivement par l’apparition de kystes contenant du suc pancréatique.
Egalement en 189%, Heller, à l'Institut pathologique de Kiel, observe une déchirure complète et double du pancréas.
En 1895, Leith, dans le premier travail d'ensemble sur la question, réunit neuf observations de contusions du pancréas, trace une esquisse des symptômes cliniques et s'efforce de préciser le rôle des contusions dans la pathogénie de certaius kystes du pancréas.
La même année Villière publie un cas de Blum dans lequel une déchirure complète du pancréas avait passé inaperçue à la laparotomie exploratrice.
En 1896, Eden, dans sa thèse, rapporte une observation et en signale deux autres de Lesser et de Orth.
En 1898, dans l'Encyclopédie générale de Billroth et Lücke, Kôrte étudie les contusions du pancréas dans un article très complet pour l’époque et signale seize observations, toutes trouvailles d'autopsie. Comme nouveaux cas nous trouvons ceux de Goldmann, Fressel, Lynn, Wagstaff. Il cite également une observation de Hadra, le malade opéré fut guéri, sans que la lésion pancréatique, confirmée par l'écoulement ultérieur du liquide pancréatique, eut cependant été vue.
Simmonds, Michaux, Mauclaire, Schneider, Fontoynont, Mikuliez, rapportent les premiers cas de contusions traitées chirurgicalement. |
Puis en 1905, Garrè publie le premier cas de rupture isolée du pancréas guéri par la suture et rassemble huit
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cas de lésions analogues dont trois opérés, mais {ous morts.
La même année au Congrès français de Chirurgie, à l’occasion du rapport de Villar sur la chirurgie du pancréas, Auvray, Walther et Guillemain RRporens de nouvelles observalions.
Egalement en 1905, Dos Santos publie un cas opéré par Salazar et étudie la physiologie pathologique de cette lésion.
À partir de 1905 les faits se multiplient. Blecher et Thocle en 1906, Karewski, Heineke, Cowen, Hofmeier, Morestin en 1907 publient de nouveaux cas, tous traités chirurgicalement. Quénu met très en relief cette lésion.
En 1908, à l’occasion d’une observation de R. Picqué, la question à fait l’objet d’un excellent rapport de Guinard à la Société de Chirurgie.
Depuis, nous avons {rouvé comme nouveaux cas celui de Dreyfus de Hambourg, de Nœver, de Brewer.
Pendant le cours de notre internat, nous avons été témoin du cas de Piquand, il nous a servi de point de départ pour nos recherches.
ETIOLOGIE. — PATHOGÉNIE.
De cet exposé historique de la question, nous sommes tentés de conclure que les contusions du pancréas sont peu fréquentes, ce qui paraît s’expliquer facilement, le pancréas appartenant à la catégorie des organes du corps les mieux protégés à l’intérieur de la cavité abdominale. Situé à la limite de la cavité péritonéale et de l'arrièrecavité des épiploons, il n'est en aucun point en contact immédiat avec la paroi abdominale, il est plutôt entouré, comme une graine dans sa coque, par un ensemble d'organes vitaux imporlants : en avant le foie, l'estomac, l'épiploon et le pannicule graisseux développé dans la région de l’épigastre et des hypochondres, latéralement le duodenum et la rate; en arrière la colonne vertébrale de chaque côté de laquelle se trouvent les reins et les capsules surrénales, les piliers du diaphragme, la veinecave inférieure et l'aorte ; en bas les anses intestinales.
Malgré cette situation qui en fait un organe très protégé et le peu d'étendue de la face qui s’offre à la blessure, les lésions sous-cutanées du pancréas ne sont pas d'une extrême rareté et selon toute vraisemblance les cas connus seraient encore plus nombreux s’il ne s’agissait presque toujours de découverte d'autopsie. Dans