RES D'UN
presque tous les cas mentionnés dans la littérature médicale, la lésion pancréatique était compliquée de déchirure, de perforation de l'organe situé en avant du pancréas, de sorte que la mort survenait rapidement, soit par hémorragie, soit par péritonite et que la lésion glandulaire n’offrait pas d'intérêt chnique particulier. Inversement dans les contusions légères, la guérison peut survenir sans donner lieu à des symptômes suffisants pour permettre d'affirmer l'existence d’une lésion pancréatique.
Depuis que la plupart des contusions graves de labdomen sont opérées, le nombre des observations de déchirure du pancréas augmente sensiblement. Tandis que Senn, en 1888, ne comptait que quatre cas de contusions du pancréas, nous pouvons aujourd'hui en réunir environ 80. Dans ces cas, la lésion pancréatique a pu être reconnue directement, soit par intervention chirurgicale, soit par autopsie. Parfois la lésion du pancréas n’a pu être constatée directement, mais l’évolution et les accidents ultérieurs ont permis de faire le diagnostic.
D'après Edler, la fréquence des lésions d’un organe est en raison directe de ses dimensions, la lésion du pancréas par rapport à celle des autres organes de l’abdomen est une des moins fréquentes, la lésion du foie se rencontrant le plus souvent. Sur 200 sujets morts écrasés et dont l’autopsie médico-légale fut faite, Pressel ne relate que 2 cas de plaie du pancréas, soit un pourcentage de 1°/,. Sur 496 individus morts à la suite de rupture d'organes internes, Geill n'observa que 3 fois une déchirure du pancréas (0,6°/,). Sur 19 contusions
de l’abdomen, Grœningen a trouvé le paneréas une fois lésé, par coup de pied de cheval.
Quel que soit le traumatisme causal, les déchirures du pancréas paraissent presque toujours se produire par écrasement de la glande entre la colonne vertébrale. Exceptionnellement cependant une partie de la glande peut être arrachée par un violent traumatisme s'exerçant très obliquement de dedans en dehors sur l’hypochondre gauche. Dans ces conditions la rate fortement repoussée en dehors attire avec elle la queue du pancréas qui lui est intimement unie par des vaisseaux et par l’épiploon pancréaticosplénique et peut la séparer du reste de la glande qui reste solidement fixée au devant de la colonne vertébrale. Piquand a pu réaliser deux fois sur le cadavre cet arrachement d’une partie du pancréas par un violent traumatisme portant très obliquement sur l'hypochondre gauche et dans un cas d'Auvray où la lésion était causée par une voiture dont la roue avait passé de’ droite à gauche sur la région épigastrique, il semble bien qu'il ÿ ait eu arrachement d’une partie du pancréas par la rate et l'épiploon pancréaticosplénique.
Peut-être l’arrachement d’une partie du pancréas peut-il aussi succéder à un traumatisme portant obliquement de haut en bas sur l'épigastre de façon à abaisser fortement l'estomac. Piquand n’a pu réaliser expérimentalement ce mode d’arrachement, mais il semble qu'il puisse expliquer un cas de Eden dans lequel on a trouvé un fragment de la partie moyenne du pancréas très fortement abaissé et complètement séparé du reste de la glande qui était restée à sa place normale : l'estomac était aussi fortement abaïssé et l'épiploon gastro-hépatique
SET URSS
arraché tout le long de la petite courbure. C’est encore à ce mécanisme d’arrachement qu'il faut rapporter le cas publié par Kraske en 1895. Un employé de chemin de fer fut jeté contre une colonne par une lourde caisse qui lui tomba sur le côté gauche. Sept Jours après l'accident il mourut et l’autopsie révéla l'existence d'une Trupture du pancréas immédiatement en avant de la colonne vertébrale, la force avait agi loin du point de rupture, la tête et la queue du pancréas avaient conservé leur connexion avec la colonne vertébrale et la rate.
En réalité, ces arrachements du pancréas sont extrémement rares el dans presque tous les cas la déchirure de la glande se produit par un mécanisme d’écrasement, l'agent vulnérant déprimant la paroi abdominale et venant presser le pancréas contre la colonne vertébrale. Presque toujours le traumatisme porte sur une région assez limitée comprenant seulement l’épigastre et l’'hypochondre gauche, c'est là ce que l’on peut appeler l’espace vulnérable du pancréas. Au-dessus de cet espace les traumatismes ne portent pas directement sur le pancréas et ne peuvent guère l’écraser contre la colonne vertébrale. Cependant, dans quelques cas, un coup violent dirigé obliquement de bas en haut et portant au-dessous de l'ombilic peut léser le pancréas, surtout si le rachis est appuyé contre un plan résistant. Au-dessus de l'épigastre et de l'hypochondre gauche le pancréas est solidement protégé par la partie inférieure de la paroi thoracique ; cependant 1l peut être blessé par un traumatisme très violent agissant de haut en bas après avoir fracturé celte paroi thoracique.
Même s'il porte directement sur l'épigastre et l’hypo-