‹ Les Contusions du PancréasChapitre 6 sur 36 · CODES · texte numérisé non relu

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chondre gauche, un traumatisme considérable est nécessaire pour déchirer le pancréas ; en effet, comme nous l'avons déjà signalé, sa situation profonde le fait protéger par tous les organes qui l’entourent, la violence du choc est amortie avant qu'il n'arrive au pancréas et les organes situés en arrière de lui jouent en quelque sorte le rôle de tampon, empêchant la glande de s’écraser directement contre le plan osseux sous-jacent.

Les traumatismes susceptibles de contusionner le pancréas peuvent être divisés en deux groupes.

1° Les écrasements ;

2 Les chocs sur l’épigastre.

Les écrasements par roue de voiture passant sur le ventre conslituent une cause relativement fréquente de contusions du pancréas. On la retrouve dans 1 °/, des écrasements du corps. Les cas de Wilks et Moxon, Cooper, Stôürck, Lesser, Orth, Pressel, Travers, Warren, Le Gros Clark, Devergie, Kolaczeck, Simmonds, Heinecke, Auvray, Guillemain, Piquand, en sont des exemples.

Presque toujours la roue passe directement sur l’épigastre, les meilleures conditions se trouvent alors réunies pour déterminer un écrasement du pancréas, puisqu’un corps vulnérant, étroit, et animé d’une force considérable vient déprimer la paroi abdominable et presser le pancréas contre la colonne vertébrale appuyée contre le sol.

Beaucoup plus rarement la roue passe sur la partie inférieure du thorax et vient léser le pancrés après avoir fracturé plusieurs côtes comme dans les cas de Lesser, Travers, Warren. Rarement aussi la roue passe au-des-

sous de l’épigastre. Wilks et Moxon, Kolaczeck, Simmonds. Dans ce cas, le traumatisme agit peut-être à la fois par écrasement et par arrachement.

Les chocs épigastriques les plus variables peuvent contusionner le pancréas à condition qu'il s'agisse d’un coup violent et bien limité. C’est ainsi que des contusions du pancréas ont pu êlre causées par :

Coup de pied de cheval {Leith, Jaun, Groeningen, Ziegler) ;

Coup de ümon de voiture (Schneider, Fontoynont, Hoffman, Dreyfus) ;

Renversement par une voiture sans écrasement (Wagstaif, Karewski, Picqué) ;

Tamponnement entre deux wagons (Mikulicz, Garrè) ;

Chute d’un corps pesant sur le ventre, le sujet étant tombé sur le dos (Goldmann, Rose) ;

Coup de volant de machine (Vilhière) ;

Coup de guidon de bicyclette (Hadra) ;

Chute et traumatismes multiples (Eden) ;

Chute de cheval (Schnitzler) ;

Chute d’une échelle (Riegner).

Dans le cas de Kuhlenkampf, il s'agit d’un. cric qui, en se déroulant, atteignit plusieurs fois l’épigastre.

Dans tous ces cas, 1l s’agit de chocs violents, bien limités, atteignant directement l'épigastre, soit d'avant en arrière si le sujet est debout, soit de haut en bas si le sujet est renversé sur le dos. Plus rarement le coup porte en dehors ou au-dessus de l'espace vulnérable du pancréas et atteint la glande obliquement, soit de dehors en dedans, soit de bas en haut. L’écrasement se produit plus facilement lorsque le rachis est appuyé contre un

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plan résistant, par exemple, contre le sol ou bien contre un mur. Chez le blessé de Salazar, le traumatisme consistait en une compression entre une colonne de fer et une voilure qui exerça son action dans le dos, réalisant encore cette sorte de compression bipolaire.

Exceptionnellement une contusion du pancréas peut être produite par un choc mal limité exerçant son action sur une très large surface, comme dans le cas de Cowen, ou la chute d’un plongeur dans l'eau a pu déterminer une déchirure du pancréas.

A l'encontre de ces traumatismes violents, donnant le plus souvent lieu à des symptômes d'affection abdominale à évolution aiguë ou suraiguë, nous devons faire une place à part à des traumatismes répétés d'intensité légère, comme la compression répétée d’une scie (Lindner), qui peuvent [déterminer une irritation chronique du tissu pancréalique et la formation de kystes.

Certains auteurs prélendent que parfois de violentes contractions musculaires, comme des vomissements répétés, ou les efforts de l’accouchement ont pu déterminer par leur répétition de légères contusions du pancréas qui se traduisent cliniquement par l’apparition de kystes : Kramer communique le cas d’une jeune fille de 16 ans, qui, à la suite de vomissements violents et répétés, présenta une {umeur progressive de l'abdomen dans sa moitié supérieure. À l'opération, on reconnut que cette tuméfaction était due à un kyste du pancréas. On peut cependant avoir une autre conceplion, attribuer les vomissements à celte Llumeur pancréatique en évolution — par compression de l'estomac — et éliminer toute notion de contusion dans l’évolution progressive d’un

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