X . AVERTISSEMENT
OU trois formes différentes. Grâce au présent travail, on ne sera plus exposé à croire que Aulart, Kulart et Enhirt sont trois personnages différents. Exmar ne fait qu'un avec Ezemar. Dandenac et Daudenac sont deux formes du même nom, souvent prises l'une pour l'autre. Legris qui figure aux procès-verbaux imprimes n'a jamais existé. Il faut évidemment lire Leyris (du Gard) qu'on trouve également sous la forme Layris. Citons encore Viquy parfois appelé Vigny. Ces méprises s'expliquent aisément. L'imprimeur n'a pu lire un nom mal écrit. Il faut bien reconnaître aussi que certaines signatures seraient indéchiffrables, si on n'avait sur la même page du registre des Archives le nom recopié.
Nous ne pouvions tenir compte ici de toutes ces fantaisies orthographiques dont le catalogue fût resté, malgré tout, incomplet. C'est au lecteur, s'il ne trouve pas dans notre liste un nom fourni par un document ancien, d'user d'un peu de sagacité pour découvrir sous la forme défectueuse le personnage dont on a voulu parler.
Le registre d'inscription des députés, s'il offre les éléments fondamentaux de la liste des Conventionnels, n'est, on l'a dit, ni complet, ni toujours exact. Il a donc fallu puiser à d'autres sources pour combler les lacunes ou rectifier les erreurs. Nous avons eu recours, comme au contrôle le plus efficace, aux procès- verbaux d'élection, conservés en tète des archives de l'Assemblée. Si ces pièces ne font pas foi, en quelles preuves pourra-t-on désormais avoir confiance? Ces procès- verbaux, dépouillés page par page, ligne par ligne, nous ont livré les noms d'un certain nombre de députés régulièrement élus, mais déclarant,séance tenante, leur refusd'accepter, et, par suite, immédiatement remplacés. Sans doute, ces noms n'ont aucun titre à figurer sur la liste des Conventionnels, et, de fait, ils sont omis sur la plupart des listes imprimées ; il y avait intérêt cependant à les mentionner en note, ce qui a été fait dans le tableau des représentations dépar-
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tementales, car plusieurs de ces députés figurent sur certains états des Conventionnels, bien qu'ils n'aient jamais siégé; or, il importait de justifier leur omission.
Avons-nous atteint, au prix de tant de précautions, un résultat absolument définitif? Nous n'osons l'espérer, tant la tîiche entreprise présentait de difficultés. Au moins, croyons-nous avoir acquis quelques droits à l'indulgence des érudits qui relèveront des erreurs dans le présent travail, et nous serions très sincèrement reconnaissant aux lecteurs qui voudraient bien nous faire part de leurs observations en nous signalant les inexactitudes à corriger.
Il ne suffisait pas de posséder la liste de tous les représentants exactement orthographiés. Quand plusieurs députés portent le même nom, on ne saurait les distinguer que par leurs prénoms. Cette particularité n'est pas moins nécessaire pour dresser le tableau des députés ayant appartenu aux diftérentes assemblées révolutionnaires. Sans la connaissance exacte des prénoms, on est constamment exposé à confondre deux homonymes.
La recherche des prénoms rencontrait plus d'obstacles peut-être que celle de la véritable orthographe des noms de famille. Le registre d'inscription les omet souvent. Les procès-verbaux d'élection n'en fournissent qu'un petit nombre. Pour arriver à un résultat aussi satisfaisant que possible, on a eu recours à différentes listes jointes aux dossiers de la Convention, aux lettres émanées des députés eux-mêmes, accompagnées souvent de renseignements autobiographiques précieux, aux déclarations d'âge et de mariage des représentants du peuple à la Convention, faites en exécution des articles 4 et 5 du décret du 5 fructidor an III déterminant les conditions d'éligibilité aux Conseils des Cinq-Cents et des Anciens, enfin aux listes rédigées avec grand soin, placées en tête des tables imprimées des procès-verbaux
XII AVERTISSEMENT
de l'Assemblée léj^^ishitive et des deux Conseils. Ces divers éléments, contrôlés l'un par l'autre, "nt < <.mblé presque toutes les lacunes.
C'est peu de chose en effet s'il reste seulement quatre députés en titre dont on ne soit pas parvenu à découvrir les prénoms. Voici les noms de ces députés dont les prénoms ont échappé à toutes nos recherches : Taveniel, du (iard, ex-léj^islateur, Depinay, du Bas- Rhin, Guillermin, de la Guadeloupe, et Rechin, de Saint-Domingue. Aucun de ces députés, sauf Tavernel, qui donna sa démission en décembre 1792, n*a siégé. Sans doute, des recherches dans les archives locales permettraient de combler ces lacunes; mais nous n'avons pas eu le loisir de les tenter et nous attendrons des travailleurs départementaux le complément de nos investigations.
La liste des suppléants offrira plus de lacunes que celle des députés, et cela se conçoit aisément. Il reste à retrouver les prénoms de cinquante-cinq suppléants environ ; mais il en est bien peu parmi ceux-ci, s'il en est, qui aient siégé.
La question des prénoms donnerait lieu à de curieuses remarques si nous avions le loisir de nous étendre sur les diverses particularités que nous avons observées dans le cours de nos recherches. Ainsi, certains vocables sont tellement populaires dans une région que tous les députés du même département le portent. Tel est le cas de la représentation de la Haute-Saône : tous les députés de ce département, sans exception, ont Claude pour premier prénom. On reconnaît à cela la popularité d'un saint local. Dans le même département, l'un des suppléants porte le nom de saint Anatoile qui était l'objet d'une vénération particulière à Salins. Ailleurs, nous rencontrons Pardoux (Bordas), Pourçain (Martel), Benazit(Roquelory),Bigori (Chambon), Marien (Leclerc), Bruno (Boissier), Victurnien (Vergniaud), Phalier (Le-
AVERTISSEMENT XIII
jeune), Marcou (Brisson), François de Paule (Bertrand), Nazaire (Fabre d'Hglantine), Esprit (Dubois). Ces noms sont presque toujours en usage dans le voisinage d'un sanctuaire placé sous l'invocation d'un saint très vénéré, et, par suite, indiquent à quelle région de la France appartiennent ceux qui les ont reçus. On en pourrait citer de plus singuliers encore, dont le choix semble inspiré par des causes différentes et par une dévotion de famille. Ainsi, l'illustre organisateur de la victoire s'appelait Marguerite ; Montgilbert avait reçu au baptême le nom d'Agnès, Blutel celui de Rose, Girard celui d'Anne ; Mazade se nommait Dorothée, Frécine Lucie, Lemoine Angélique, Dufriche-Valazé Fléonor, Guadet, comme Carnet, portait le prénom de Marguerite. Quant au nom de Marie, il revient assez fréquemment.
Notre liste fournirait les éléments d'une curieuse statistique sur les prénoms les plus répandus à la tin du dixhuitième siècle, en permettant de déterminer ceux qui sont communs au Nord et au Midi, à l'Est comme à l'Ouest. Sans entrer dans de plus longs détails, nous remarquerons seulement que les noms de François, Jean, Jean- Baptiste, Pierre, Joseph sont ceux qui reparaissent le plus souvent.
La recherche des noms propres et des prénoms nous a conduit à dépouiller, comme on l'a dit, les procès-verbaux d'élection conservés en tète des cartons de la Convention. Cet examen nous a révélé les particularités les plus curieuses sur les opérations électorales des différents départements. Mais le récit des faits ainsi recueillis nous entraînerait bien au delà des limites d'une introduction; il y aurait là matière à une étude d'ensemble fort intéressante. Nous nous bornerons à signaler certains points rentrant tout à fait dans les limites de notre travail.
On sait que l'élection de tous les députés de nos assemblées révolutionnaires eut lieu à deux degrés. Les délégués des électeurs du premier degré se réunissaient dans
XIV AVERTISSEMENT
une ville centrale, où il était procédé à l'élection du député avec une véritable solennité et une g^rande lenteur ( i ). Le nombre des électeurs du second degré varie suivant le chiffre de la population. Il ne tombe guère au-dessous de trois cents, et ne s'élève pas beaucoup au-dessus de six cents. Les députés sont élus au scrutin secret, à la majorité absolue des voix, par vote uninominal. Après deux tours de scrutin restés sans résultat, un troisième tour a lieu entre les candidats ayant obtenu le plus de suffrages. En raison de ces formalités, l'élection d'un député exige parfois plus d'une séance. Le temps se passe en discours perpétuels : protestations des électeurs mécontents, remerciements de l'élu, réponse du président. Aussi, dans les contrées frontières, dans les Ardennes, dans la Haute-Marne, le voisinage de l'ennemi fait abréger les formalités. De crainte d'une surprise, on précipite l'élection. Les députés de la Haute-Marne sont nommés en bloc, au scrutin de liste.
Toutes ces particularités ont un intérêt historique, il est un renseignement que nous avons cru devoir emprunter aux procès-verbaux d'élection, chaque fois que nous l'y avons rencontré. C'est l'indication de la profession du député ou des fonctions publiques qu'il occupait lors de sa nomination. En parcourant la liste, on remarque que la majorité des élus appartient à la catégorie des hommes de loi; beaucoup d'entre eux exerçaient aussi des fonctions administratives ou judiciaires dans leur département. Le nombre des négociants ou des cultivateurs est peu considérable. Mais ce qui étonnera sans doute plus
(i) Elait électeur, d'après les décrets de l'Assemblée législative des lo, et 21 août 1792 (p. 2j, 102 et 159 du procès-verbal), tout Français, âgé de vingt-un ans, domicilié depuis un an, vivant du produit de son travail ; mais l'âge de vingt-cinq ans était exigé pour être nommé électeur ou député à la Convention. La Convention devait avoir le même nombre de députés et de suppléants que l'Assemblée Législative. Les collèges électoraux se réunirent le 2 septembre. La date de la réunion de la Convention était fixée au 20 septembre. Toutes ces prescriptions furent rigoureusement observées presque partout.
AVERTISSEMENT XV
d'un lecteur, c'est la quantité de prêtres, de religieux et même d'évêques qui siégèrent à la Convention. On ne compte pas moins de dix-sept évêques, tous constitutionnels, bien entendu, parmi les Conventionnels. Voici leurs noms :
Royer, Ain. Saurine, Landes.
Cazeneuve, Hautes- Alpes. Grégoire, Loir-et-Cher.
Fauchet, Calvados. \^ andeWincoxirt, Haute-Marne.
Thibault, CantaL Villar, Mayenne.
Torné, Cher. Lalande, Meurthe.
HugLiet, Creuse. Massieu, Oise.
Seguin, Doubs. Sanadon, Basses- Pyrénées.
Marbos, Drôme. Gay-Vernon, Haute-Vienne.
LinJet (Thomas), Eure.
La liste des religieux, prêtres ou ministres protestants, n'est pas moins curieuse. Elle compte trente-deux noms se décomposant de la manière suivante :
Ministres protestants : Bernard Saint-Affrique {Aveyron) ; Rabaut de Saint- Éiienne {Aube); Rabaut- Pomier {(Jard).
Vicaires épiscopaux : Lakanal (Ar/V^j) ; M oltedo (Corse) ; Chabot [Loir-et-Cher); Paganel [Lot-et-Garonne); Ro[ix{Haute-Marne); Goyre-Laplanche et Leblanc [Nièvre); Monestier [Puy-de- Dôme); Simond (Bas-Rhin'; Guyardin et Marest [Seinc-ct- Marne).
Chanoines : Monnot [Doubs).
Bénédictins : Poultier [Nord).
Oratoricns : Ichon {Gers) ; Ysabeau {Indre-et-Loire) ; Daunou [Pas-de-Calais) ; Bailly (Seine-et-Marne).
Prêtres constitutionnels : Châles [Eure-et-Loir); Drulhe (Haute- Garonne); Rochelean [Loir-et Cher) ; Monnel [Haute-Marne); Coupé [Oise); Lebon [Pas-de-Calais'}; Gibergues [Puy-de- Dôme); Delcasso et Chambon [Pyrénées-Orientales); Sieyes (Sarthe) ; Haussmann [Seine-et-Oise) ; Roberjot • [Saône-et- Loire) ; Ruault [Seine-Inférieure) ; Musset [Vendée).
En résumé : dix-sept évêques, onze vicaires épisco-
XVI AVERTISSEMENT
paux, un chanoine, un Bénédictin, quatre Oratoriens, quatorze curés ou prêtres et trois ministres protestants, soit cinquante-un Conventionnels appartenant aux diverses églises représentées en France. Ce chiffre n'a pas lieu de surprendre quand on se rappelle que les évéques constitutionnels et leurs vicaires d«'v.iîint ]f\}r< i\ir,.<, à l'élection.
Du moment où nous indiquions autant que possible la situation sociale et politique de chacun des Conventionnels lors de son élection, il devenait indispensable de noter ceux qui avaient fait partie soit de la Constituante, soit de la Législative. Les listes qui précèdent les tables des procès-verbaux imprimés de ces Assemblées nous ont été d'une grande utilité pour déterminer les membres de la Convention qui avaient déjà siégé à la Constituante ou à la Législative. Toutefois, la liste des Constituants ne donnant pas les prénoms de ses membres, laisse place quelquefois à des incertitudes (i). De plus, nous avons constaté que la liste des membres de la Législative offre des lacunes , peu nombreuses il est vrai, mais qu'il importe de relever. Ainsi, on n'y voit pas figurer le nom d'Olivier- Gérente qui ne prit séance que le 2g août 1792, mais dont l'admission est consignée au procès- verbal. Il est donc à peu près impossible, même en ne consultant que les documents les plus sûrs et les plus authentiques, d'éviter toute chance d'erreur.
Voici donc la liste des Conventionnels et de leurs suppléants définitivement établie, avec l'orthographe exacte des noms, avec les prénoms des députés, leurs professions.
(i) L'examen de la liste des suppléants à la Constituante nous a démontré que plusieurs d'entre eux avaient fait partie de la Législative ; ainsi, l'exclusion de la nouvelle assemblée, décrétée par la Constituante contre ses membres actifs, ne s'étendait pas aux suppléants. Parmi ceux qui se trouvaient dans ce cas, nous citerons François de Neufchâteau.
AVERTISSEMENT XVII
leurs antécédents politiques et la mention de ceux qui, régulièrement élus, ont décliné le mandat (i).
Notre tâche est-elle terminée? Point encore.
Il s'agit de déterminer maintenant ceux de ces suppléants qui furent appelés à remplacer les députés disparus pour une cause quelconque, et ceux qui ne siégèrent jamais. Cette distinction a une importance capitale. On ne peut l'établir qu'en suivant les députés pas à pas et en cherchant la date exacte de leur mort. Beaucoup périrent de mort violente, d'autres donnèrent leur démission ; quelques-uns furent tués à l'ennemi. A mesure qu'ils disparurent, les suppléants furent appelés, et, dans certains départements, ils ne suffirent pas à combler les vides, tandis que, dans d'autres, les députés du début se retrouvèrent au complet lors de la dissolution de l'Assemblée.
C'est l'histoire de ces transformations incessantes de TAssemblée que nous avons essayé de fixer à l'aide du seul document qui permette d'arriver à des résultats certains. Nous voulons parler des tables manuscrites des procès-verbaux de la Convention (2). Il y a longtemps déjà que nous avons dépouillé minutieusement ces tables, en notant toutes les mentions de démission ou d'admis-
(i) Les anciennes listes et les almanachs nationaux indiquent souvent le domicile des députés à Paris. On conçoit l'utilité de ce renseignement pour les contemporains. Nous avons cru pouvoir l'omettre ici sans inconvénient, d'autant plus que ces adresses ont changé pour beaucoup de Conventionnels pendant le cours de la session. En effet, la plupart des députés de province se logeaient dans des hôtels meublés, et, souvent, la dépulaiion entière du même département, seul fait digne d'être noté, habitait la in'me maison ou au moins la même rue.
(2) Ces tables existent aux Archives nationales ; elles ont été rédigées avec grand soin de i8oj à 1806 environ. Elles sont écrites sur cent cinquante mille fiches renfermées dans vingt-deux grandes boîtes.
On s'est occupé, à plusieurs reprises, d'en commencer la publication qui comblerait une lacune regrettable dans la suite des tables de nos assemblées depuis 1789 jusqu'à nos jours. Ce projet de publication a par malheur toujours rencontré des résistances, soit aveugles, soit intéressées, qui l'ont fait échouer, comme cela vient encore d'arriver il y a quelques mois.
XVIII AVERTISSEMENT
sion de députés; et c'est ainsi que nous pouvons établir pour la première fois, d'une manière rij^oureusemcnt exacte, quelle fut aux différentes époques la composition de l'Assemblée. Ces détails se trouveront portés en note dans la liste alphabétique. Un si^^ne particulier indique ceux des députés qui ont donné leur démission avant de siéger et ceux des suppléants qui n'ont pas été appelés. Enfin, nous avons noté soigneusement la date du décès de ceux qui succombèrent pendant la durée de l'Assemblée.
Les recherches auxquelles nous nous sommes livré ont produit les résultats suivants :
Dix-sept députés, parmi lesquels on rencontre les noms de Bernardin de Saint-Pierre, François de Xeufchâteau et Priestley, bien que figurant sur les listes des départements qui les ont élus, ont donné leur démission avant l'ouverture de l'Assemblée.
Trente-cinq députés quittèrent la Convention entre le 20 septembre 1792 et le 26 octobre 1795.
Cent vingt-sept suppléants, sur près de trois cents, ne furent jamais appelés et ne siégèrent pas.
Dix- neuf députés moururent de mort naturelle avant la séparation de l'Assemblée.
Neuf périrent devant l'ennemi ou dans le cours des missions dont ils avaient été chargés.
Quatre furent livrés aux Autrichiens et retenus en captivité pendant presque toute la durée de la Convention.
Soixante-seize périrent de mort violente.
Enfin cent vingt-six furent ou déportés ou incarcérés pendant un espace de temps plus ou moins long.
Parmi ces derniers figurent les soixante-treize Girondins mis en arrestation pour avoir protesté contre la journée du 2 juin, et placés pendant près de deux ans dans l'impossibilité de prendre part aux travaux de l'Assemblée. Il n'était pas indifférent de signaler leur absence et sa durée.
AVERTISSEMENT
Nous avons pensé que le tableau des députés qui cessèrent de faire partie de la Convention avant sa dissolution pourrait être de quelque utilité. On se reportera aux notes alphabétiques pour connaître la date exacte de leur démission ou de leur mort, date relevée sur les procèsverbaux imprimés ou dans d'autres publications authentiques.
Voici d'abord les noms des députés qui, bien que figurant sur les listes départementales, donnèrent leur démission avant l'ouverture de l'Assemblée :
André,
Bal,
Barthélemi,
Bernardin de Saint-Pierre,
Bertrand (Bas-Rhin),
Cayrol,
Delaunai de Mailly,
Depinay,
DHiriart,
François de Neufchftteau,
Lemarchand,
Lolivier,
Mailhe,
Marquis,
Priesiley,
Tardiveau,
Vernier.
Les démissions données au cours des séances s'élèvent, a-t-on dit, à trente-cinq. Voici les noms des députés qui résignèrent leur mandat après avoir siégé plus ou moins longtemps :
Balla,
Barety,
Barthélémy (André),
Bertrand La Hosdinière,
Chevalier (Sarthe),
Daubermesnil,
Dechézeaux,
Dehouliere,
Dufestel,
Duplantier,
Fockedey,
Garan,
Hugo,
Jacob,
Jourdan,
Larroche,
Le Clerc,
Lemaréchal,
Malhes,
Meillan,
Méjansac,
Mennesson,
Mollet,
Moreau,
XX AVERTISSEMENT
Peuvergne, Sanadon,
Pilastre, Solomiac,
Pottofeux, Tavernel,
Rebecquy, Tocquot,
Rechin, Torné.
Rongics,
On sait que les députés Camus, Bancal, Drouet et Quinette, livrés aux Autrichiens par Dumouriez, le 3 avril 1793, avec le ministre de la guerre lieurnonville, ne rentrèrent en France que le 25 décembre 1795 et ne prirent aucune part aux travaux de la Convention à dater du jour de leur détention.
Passons aux députés décédés de mort naturelle pendant la durée de la Convention ; voici leurs noms :
Anthoine, Mellinet,
Asselin, Nogueres,
Caila (le 21 janvier 1793), Petit,
De Sacy, Petitjean,
Dupont, Potier,
Gasparin, Sautayras,
Germignac, Thomas,
Guillermin, Verdollin,
Guyès, Villette.
Loncle,
Neuf députés ou suppléants périrent en mission de mort violente ou par le feu de l'ennemi, ce sont :
Baille et Beauvais, morts en prison à Toulon pendant l'insurrection de cette ville.
Dugommier, tué à l'armée des Pyrénées-Orientales qu'il commandait.
Fabre, tué à l'armée des Pyrénées-Orientales.
Féraud, massacré pendant la journée du i" prairial.
Maupassant, suppléant, mis à mort à Machecoul parles Vendéens.
Roquelory, suppléant, tué à l'armée des Pyrénées-Orientales.
AVERTISSEMENT
Tartu, suppléant, mort en combattant sur une frégate qui reçut
ensuite son nom.
Tellier, qui se tua à Chartres de désespoir de n'avoir pu calmer
une émeute populaire.
Voici enfin les noms des soixante-seize députés ou suppléants qui furent exécutés, assassinés ou se tuèrent euxmêmes pour échapper à l'échafaud qui les menaçait :
Antiboul,
Barbaroux,
Basire,
Bernard (Bouches-du-
Birotteau,
•Rhône),
Duprat, Duquesnoy,
Égalité (Philippe d'Orléans), , Fabre d'Églantine, Fauchet,
Boilleau jeune,
Gardien,
Buiron-Gaillard, supp.
Gensonné,
Boisguyon, siipp., Bourbotte, Boyer-Fonfrède, Brethon, supp.,
Gorsas, Goujon, Grangeneuve, Guadet,
Brissot,
Hérault-Séchelles,
Buzot,
Kersaint,
Carra,
Lacaze,
Carrier,
Lasource,
Chabot (François), Chambon (Corrèze),
Lauze-Deperret, Le Bas,
Chauty, supp., Cloots,
Le Bon (Joseph), Lehardi,
Condorcet, Coustard,
Lepeletier Saint-Fargeau (assassiné),
Couthon,
Cussy,
Danton,
Lesterpt-Beauvais,
Lidon,
Manuel,
Delacroix (Eure-et-Lo:
ir),
Marat (assassiné),
Desmoulins,
Maure aîné,
Doublet (mort à la Force), Duchastel,
Mericamp, supp., M invielle aîné,
Ducos jeune,
Noël,
Dufriche-Valazé,
Perrin (mort au bagne).
AVERTISSEMENT
Petion,
Salle,
Philippeaux,
Sillery,
Rabaut de Sainl-Étienne,
Simond,
Robespierre aîné,
Soubrany,
Robespierre jeune,
Texier,
Romme,
Valady,
Ruamps,
Vergniaud,
Ruhl,
Viger.
Saint-Just,
Quant aux députés incarcérés ou déportés, nous avons donné dans les notes de la table alphabétique tous les renseignements qu'il nous a été possible de recueillir sur le laps de temps pendant lequel ils furent éloignés des travaux de l'Assemblée.
La Convention, cela résulte suffisamment des tableaux précédents, ne fut jamais au grand complet.
Si l'on interroge les procès-verbaux permettant de constater le chiffre des présents, on est frappé du petit nombre de députés assistant régulièrement aux séances. Sauf en deux ou trois circonstances solennelles, telles que le jugement de Louis XVI, ou le vote sur la mise en accusation de Carrier, le total des membres ])résents, indiqué seulement dans les séances où se fait l'élection du président et des secrétaires, s'élèvj^ rarement au-dessus de 350. Le quantum exigé de nos jours pour la validité des opérations n'est presque jamais atteint. Cependant, le 4 octobre 1792, le vote pour la présidence constate 460 membres présents. Le 18 du même mois, il n'y a plus que 458 votants. On en compte encore 4 1 7 le 18 décembre. Puis ce chiffre ne cesse de diminuer et tombe à 355 (24 janvier), à 365 (7 février), à 293 (2 mai), à 241 (13 juin), à 186 (25 juillet). A partir de cette date, il oscille entre 220, ou même moins, et 250 ou 260 au maximum. Cependant, le 2 fructidor an III, il se trouva 314 députés présents pour appeler à la présidence ^larie-
AVERTISSEMENT XXIII
Joseph Chénier que le procès-verbal appelle obstinément, répétant son erreur jusqu'à trois fois en quelques lignes, André Chénier.
La séance qui vit. croyons-nous, l'affluence la plus considérable fut celle du 16 prairial an II, où Maximilien Robespierre fut nommé président à l'unanimité par 485 députés présents. Or, il est à noter qu'à cette date les proscriptions avaient commencé depuis longtemps ; plus de cent Girondins ou Dantonistes étaient morts ou en prison.
S'il était de première importance de dresser le tableau complet des députés et des suppléants élus à la Convention, il ne paraît pas moins utile de donner un état de la représentation nationale lors de la dissolution de l'Assemblée. Or, un document bien authentique va nous fournir les renseignements les plus complets à cet égard en ajoutant de nombreux éléments fort curieux aux notes biographiques recueillies de divers côtés.
La loi, votée le 5 fructidor an III sur la formation des deux assemblées qui devaient remplacer la Convention nationale, contient les articles suivants :
« Art. 2. Tous les membres actuellement en activité « dans la Convention sont rééligibles. Les assemblées « électorales ne pourront en prendre moins des deux « tiers pour former le Corps législatif.
« Art. 3. Ne sont point compris parmi les députés en « activité ceux qui ont été décrétés d'accusation ou « d'arrestation.
« Art. 4. Chaque député remettra par écrit, d'ici « au 20 fructidor, au Comité des décrets, procès-verbaux « et archives, sa déclaration sur son âge et sur les « autres conditions prescrites par la Constitution pour « être membre de l'un ou l'autre Conseil législatif. »
Les députés s'empressèrent d'obéir à ces prescriptions ; leur intérêt même était en jeu. La Constitution
XXIV AVERTISSEMENT
de l'an III avait décidé que, pour appartenir au Conseil des Anciens, il fallait avoir atteint quarante ans et être marié ou veuf. Du moment où les nouvelles Assemblées devaient se composer, pour les deux tiers au moins, de Conventionnels, il était de toute nécessité de connaître l'âge exact des députés en exercice.
C'est cet article 4 de la loi du 5 fructidor qui nous a valu les déclarations précieuses où nous pouvons recueillir des renseignements en quelque sorte officiels sur l'âge des députés, parfois sur la date exacte et h', lieu de leur naissance, enfin sur la situation de leur famille et bien souvent aussi sur le nombre de leurs enfants. Il n'a pas été possible de faire entrer dans le cadre de ce travail toutes les particularités ajoutées de temps en temps aux déclarations prescrites par la loi ; mais il nous a paru indispensable de présenter un résumé fidèle de celte vaste instruction sur l'état civil des Conventionnels. A part les détails biographiques dont on vient de parler, elle a encore l'avantage de donner la composition exacte de la Convention deux mois avant sa dissolution.
Aussi, avons-nous cru devoir joindre aux deux premières listes des députés, l'une par départements, l'autre par ordre alphabétique, un troisième tableau offrant le dépouillement complet des déclarations faites en exécution delà loi du 5 fructidor. Nous avions d'abord songé à fondre ces détails biographiques avec ceux que contiennent nos deux premières listes. Toutefois, cette réunion d'éléments empruntés à des sources bien distinctes nous a paru présenter plus d'inconvénients que d'avantages. Quand un député indique par exemple le nombre de ses enfants, il ne parle pas de leur âge, il ne dit pas si ces enfants sont nés avant ou depuis la réunion de l'Assemblée. Ce qui nous a surtout décidé à publier à part cette troisième liste, c'est que l'ensemble de ces déclarations faites dans l'espace d'un mois, forme un tout homogène, provenant d'une source unique, et il nous a semblé qu'il
AVERTISSEMENT XXV
y avait intérêt à ne pas le morceler, le noyer pour ainsi dire dans d'autres informations hétérogènes.
Ainsi chacune de nos trois listes conservera son caractère spécial. La liste par départements présente la composition de l'Assemblée au jour de sa réunion, avec les renseignements sur les antécédents politiques ou sociaux de ses membres. La liste alphabétique porte la trace de toutes les modifications survenues dans la composition de l'Assemblée durant son existence. Enfin, le tableau formé d'après les déclarations de l'an III, constate l'état de la Convention peu de temps avant sa dissolution avec certaines additions sur les destinées ultérieures de ses membres.
Si l'on examine avec attention ces déclarations de l'an III, plusieurs faits saillants se dégagent au premier abord. C'est d'abord le grand nombre de députés mariés et pères de famille, puis l'extrême jeunesse de plusieurs d'entre eux. Parmi ces survivants de la grande tourmente révolutionnaire, quelques-uns n'ont pas atteint leur vingt-neuvième année. Les plus jeunes sont : Gamon, de l'Ardéche, et Castaing, de l'Orne; ils ont vingt-huit ans et six mois. Or, Gamon avait siégé à l'Assemblée législative. Quand il était élu en 1 791, il avait donc vingtquatre ans et quelques mois. C'est à peu près l'âge de Saint-Just quand il vint siéger à la Convention.
Après Gamon et Castaing il fautciterMilhaud,Penières, Chazal, Zangiacomi et Boisson, âgés de vingt-neuf ans et quelques mois seulement. Seize autres avaient moins de trente et un ans, ce sont : Izoard, Pellissier, Dumont, Doulcet, Goudelin, Toudic, Genin, Portiez, Vidal, Guillemardet, Salmon, Audouin, Pocholle, Lecointe, Gantois, Thibaudeau. Tous ceux-là, et bien d'autres encore qu'il serait trop long d'énumérer, ne pouvaient prétendre au Conseil des Anciens.
Aux déclarations faites par les intéressés nous avons joint la mention de leur nomination à l'un ou à l'autre
XXVI AVERTISSEMENT
des nouveaux Conseils, en ajoutant l'indication de leur décès ou de leur démission, lorsque ces renseignements se trouvaient sur les listes des membres des Conseils mises à contribution. De la sorte, tandis que notre première liste de députés par départements fournit des détails sur les antécédents politiques des Conventionnels, on connaîtra, par la seconde, les noms des cinq cents membres de la grande Assemblée révolutionnaire imposés par la Constitution de l'an III aux nouveaux Conseils.
Comme tous les Conventionnels ne se trouvaient pas à Paris quand fut décrétée la loi du 5 fructidor, on laissa un délai de plusieurs jours aux absents pour envoyer leur déclaration; parfois elle fut faite par ceux de leurs collègues qui étaient le mieux au courant de leur état civil. C'est ainsi que nous possédons les noms de tous les députés faisant partie de la Convention à la fin de l'an III, sauf deux, un des Hautes-Alpes et un de la Somme. Aucun des tableaux où fut résumé le résultat général de ces déclarations ne donne les noms de ces députés.
La comparaison des listes départementales de députés en 1792 et en 1795 suggérerait plus d'une observation. Notons d'abord que le nombre total des Conventionnels, à la date du 5 fructidor an III, est de 703. En septembre 1792, il s'élevait à 780 députés et 300 suppléants environ. La représentation de la plupart des départements a subi des modifications notables. Toutefois, il en est quelquesuns dont la députation se retrouve intacte lors de la dissolution de l'Assemblée. Ce sont les départements des Alpes-Maritimes, de l'Ardèche, de l'Aude, du Cher, du Doubs, du Finistère, de ITUe-et-Vilaine, du Jura, de la Lozère, du Mont-Blanc, du Mont-Terrible, du Haut-Rhin, de Seine-et-j\Iarne, de la Haute-Saône, et les colonies de la Guyane et de l'Ile-de-France. On verra un peu plus loin que le Finistère, l'IUe-et-Vilaine, le Mont-Blanc, le Haut- Rhin et Seine-et-Marne ont non seulement conservé
AVERTISSEMENT XXVII
tous leurs députés de 1792, mais possèdent en 1795 un ou deux représentants de plus que le chiffre réglementaire du début.
Dans certains départements, le nombre des députés n'a pas varié; mais un ou plusieurs suppléants ont été appelés à combler les vides. Parmi les régions le plus éprouvées, se trouve en première ligne Paris qui de vingt-quatre députés et douze suppléants n'a conservé que douze députés. Les Bouches-du-Rhône et la Gironde ne sont plus représentées que par quatre et cinq députés au lieu de douze.
Par contre, certains départements ont vu leur représentation s'accroître, par suite de l'appel de leurs suppléants destinés à remplir les vides survenus dans d'autres circonscriptions. Ainsi, les départements dont les noms suivent comptent un député de plus en 1795 qu'en 1792 : Ardèche, Côte-d'Or, Côtes-du-Xord, Finistère, lUe et-Vilaine, Haute-Loire, Basses-Pyrénées, Haut-Rhin, Rhône-et-Loire, Seine-et-Marne, Seine-Inférieure, Tarn.
Le Mont-Blanc, doté à l'origine de huit députés, en a dix à la fin de la Convention.
La France, en 1795, compte quatre-vingt-sept départements, — celui de Vaucluse est le dernier créé, — plus six colonies représentées par dix-huit députés. Le Tarnet-Garonne n'existe pas encore. Sa créitioii iit- date que de TEmpire.
Pour rendre plus sensibles les différences qui existent dans la représentation des départements aux deux dates extrêmes de la Convention, nous terminerons ces observations préliminaires par un tableau comparé du nombre des députés de chaque département en septembre 1792 et en fructidor an HL