Lemerre, éditeur
métaphysiques. L'orgueil, qui avait commencé de le perdre, le maintint longtemps dans la voie écartée et lui fournit des prétextes pour légitimer la révolte des sens. Mais, il y a dix ans, Dieu lui 'ménagea l'épreuve salutaire de la douleur. La maladie le fît réfléchir: car il avait eu le bonheur de ne jamais abandonner, non plus que le respect de la vérité et le dévouement aux nobles causes, la croyance en Dieu et à la liberté humaine. Une première opération chirurgicale, faite à Pau, sembla réussir; avec le danger, les idées sérieuses s'envolèrent. Mais le danger revint et nécessita une opération plus douloureuse et plus dangereuse. Alors il rentra en lui-même, fit appeler un prêtre, se confessa; et n'osant, par scrupule janséniste, s'approcher de l'Eucharistie, il se mit, sur le conseil de son confesseur, à la prière et à la lecture de l'Évangile. L'Evangile, où il vit « briller la vérité comme une étoile », où il la sentit « palpiter comme un cœur * », lui refit une âme de petit enfant, humble et douce. La foi du premier âge se retrouva, lisible et vivante « comme les caractères de l'ancien manuscrit sur le parchemin d'un palimpseste2. » Quelques mois après, il communiait. Et depuis, victorieux et heureux, il exalta l'Eglise