‹ Les convictionsChapitre 1 sur 34 · DÉDICACE · texte numérisé non relu

DÉDICACE

Aimer longtonips, infatigablement, toujours, c'est ce qui rend les faibles forts.

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Je n*ai pas mis ton nom en tête de ce livre, Et pourtant tu sais bien qu'il fut écrit pour toi ; Car ton cœur est le vase où j'ai puisé ma foi Et les ferveurs d'amour dont mon être s'enivre ; Tout ce que j'ai chanté, tout ce que j'ai rêvé, Tout ce qu'en moi le temps laisse d'inachevé ; Les folles visions où ma raison perdue Court errante et rapide à travers l'étendue ; Les travaux sérieux que mon cerveau lassé Accumule à plaisir en un long labyrinthe Où mon esprit regarde et s'avance avec crainte, Abandonnant souvent le chemin commencé ; Les beaux châteaux d'azur du pays des féeries Qu'ouvrent devant mes pas les lentes rêveries ;

Le soleil qui reluit aux rivages lointains

Que baignent de leurs eaux les fleuves incertains;

Les villes des rois noirs aux coupoles dorées ;

Les longs bois de palmiers dont le sommet mouvant,

Comme de blonds cheveux balancés par le vent,

Frôle le sable rose aux surfaces moirées ;

Les déserte incomius où l'on marche en tremblant,

Précédé du hadji vêtu d*un burnous blanc ;

Cette aspiration immuable et profonde

De rendre l'homme bon et de jeter au monde

Des préceptes sacrés de sagesse et d'amour ;

Mes croyances au Dieu de la vie éternelle

Oui fait vibrer en tout son âme univei'selle

Et montre après la mort l'espoir d'un nouveau jour;

Tout ce que je pressens et tout ce qui s'achève ;

Mon désir, mes regrets, ma volonté, mon rêve.

Ma tendresse, où m'enchaîne une invincible loi.

Tout monte vers ton cœur pour aimer, croire et vivre 1

— Je ne mets pas ton nom en tête de ce Uvre,

Et tu sais bien pourtant qu'il est écrit pour toi !

Décembre 1857.

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