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ORGUEIL

Il n'est que ce quMl veut être !

Théophile.

Non ! VOUS ne verrez pas le fond de ma pensée ; Non ! vous ne lirez pas le mot de mon secret ; Ce qui reste enfoui dans mon àme blessée N'appartient qu'à moi seul, et rien ne m'en distrait!

Quelques-uns ont trouvé mon langage frivole

Et pensent que j'en dis plus long qu'il ne faudrait ;

Qu'importe si parfois je jette une parole

Qu'on commente aussitôt d'un mensonge tout prêt ?

D'autres m'ont reproché de \ivre solitaire Et de me détourner quand on me tend la main ; Il me plaît d'être ainsi, car mon but est austère, Et, sachant où je vais, j'ai choisi mon chemin !

Qu'importe ce vain bruit qui s'envole et s'efface ! Il ne m'arrachera pas même un désaveu ; Fouillez autour de moi, soulevez la surface, Seul je connais le temple où j'ai placé mon Dieul

Laissant glisser sur moi l'impure calomnie , J'arme ma lèvre altière et mes yeux dédaigneux Du sourire hautain de la pâle ironie.

Et je marche insensible à tous vos cris hargneux.

Croyez-vous donc pouvoir, ô nageurs pleins d'envie, Descendre sans périls dans l'abîme profond?

Seul, je suis le plongeur au gouffre de ma vie, Et j'y reste englouti, car la perle est au fond !

Octobre 1Ç57.

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