‹ Les convicts en Australie (volume 2)Chapitre 15 sur 112 · CHAPITRE II. 3a · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 3a

«le moi, il n'en perdrait pas un seul. Je connais un certain Thomas Brown, capitaine du Couverneur^Macquarie ^ qui mériterait, lui aussi, d*ètre fustigé d*importance , pour avoir eu la faiblesse de consentir à se charger de transporter une pareille canaille.

— Le capitaine a raison, docteur, dis-je à mon tour, et, quoique je ne croie pas devoir égaler toute sa sévérité, mon avis est que votre conscience s'alarme à tort. Loin d'abuser du pouvoir qui vous a été confié par les lords de l'amirauté, vous n'en ferez qu'un usage indulgent si vous infligez au coupable la peine du fouet, et j'opine pour cinquante coups. J'ajouterai que ce châtiment me paraît nécessaire pour assurer la sécurité du navire. S'il ne corrige pas le condamné , il exercera du moins sur les autres détenus la salutaire influence de rcxemple.

— C'est malgré moi, messieurs, reprit le chirurgien, que je cède à cette nécessité. Il s'agit d'intimider les criminels novices qui sont en grande majorité parmi nos passagers. Je n'hésite donc pas : le coupable recevra cinquante coups de fouet.

— L'exécution aura lieu , ce matin même , devant la garde assemblée , et en présence de tous les convicts, ajouta le capitaine en se levant. Il faut battre le fer tandis qu'il est chaud. N'importe ! c'est une sentence trop douce, docteur. Grâce à

k philanthropie qui est de mode, les voleurs finiront par être mieux traités que les honnêtes gens.> Ce jour-là était un dimanche. Selon Fusage , les • convicts devaient assister à l'office divin, sur le pont du navire. Le coupable y fut conduit entre deux gardes armés de leurs fusils. Lorsque le sermon eut été achevé, un roulement de tambour avertit chacun de se rendre à son poste. Notre petite garnison était placée sur deux fdes au centre du navire; on rangea les convicts en demi-cercle près du grand mât. L'équipage était réuni en face des soldats. On fît avancer le condamné , que tous ces préparatifs inquiétaient visiblement. CampbeD s'approcha de lui.

« Bob, dit-il au détenu qui le regardait avec une certaine anxiété, vous avez usé de violence envers un de vos co-détenus , celui qui est préposé au maintien de Tordre parmi vous. Vous l'avez maltraité, et ce n'est pas votre faute s'il est sorti de vos mains sans blessures graves. Cette conduite ne peut être tolérée. Déjà vous aviez encouru la prison pour avoir commis un vol. Votre nouveau méfait a comblé la mesure. Mon devoir m'oblige à vous infliger un châtiment sévère. Toutefois, dans l'espoir de vous voir revenir à des sentiments meilleurs, j'atténuerai, autant que possible, la peine que vous avez méritée. Vous êtes condamné à recevoir cinquante coups de fouet. »•

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