‹ Les convicts en Australie (volume 2)Chapitre 36 sur 112 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

VOUS que j*ai besom de rappeler Taxiome romaii» : jSiummam %U9, summa injima.

— Un tosfôt à la Reine, » dit le .capitaine Brown, fii, pour cause, n'aimait pas le latin.

Ngds nous leTâmes tous les trois pour porter, p^wme de loyaux Anglais, la santé de notre sou- Kraioe. Cet acte d'allégresse eut un écho sur le pont, où l'équipage fêtait le Porto que le capitaine ivait fait distribuer en réjouissance du départ des ;oQ¥kts : trois hourras, vigoureusement accentnés, témoignèrent, à quatre mille lieues de la fB^e patrie, de l'attachement de nos marins pour trace de nos rois et pour le règne de la loi, dont BM souverains sont la représentation vivante. I A leur débarquement, les convicts sont reçus par la police et conduits à leur caserne à travers une lonble haie de curieux que ce spectacle attire toujours en grand nombre , et qui échangent avec les prisonniers des poignées de mains, des quolibets n des offres de service. Les hommes sont logés à Sidney, dans la caserne située au nord -est de la vilk., à Hyde-Park. Cet établissemenl peut cmtenir de six cents à mille individus. Quant ttx déportés du sexe fémiom , on les conduit à la factorerie de Paramatta, placée à quelque ^ance de Sidney, sur les bords de la profonde iaie du même nom. ËUes y sont menées par tau siv des embarcations dont, la candiâte est

confiée à des agents de police. Si Iq temps est beau, la traversée s'accomplit en une journée et les prisonnières sont rendues , dès le soir même, au lieu de leur destination. Quand le temps esl mauvais , le passage est plus long, et souvent on est obligé de relâcher et de passer la nuit en route. Le voyage n*est pas sans inconvénients, b moindre de tous est le pillage des effets appartenant aux passagères. Une foule d'escrocs et de filous se répandent sur la route, enivrent les femmes et leurs gardiens, dont la tolérance esi d'ailleurs achetée par tous les moyens possibles. Ces industriels profitent de l'intempérance qu'ik ont provoquée pour dépouiller ces malheureuses, et leur enlever l'argent qu'elles ont pu apporter d'Angleterre.

La caserne des hommes , à Sidney , est un bâtiment enclos de murailles hautes de plus de dh pieds. De nombreuses constructions, comprenaol les ateliers et les cuisines, sont adossées à cette enceinte. Au centre s'élève le principal édifice destiné au logement des prisonniers. C'est un bâtiment construit en briques, long de cent trenlf pieds et large de cinquante ; il a trois étages qui contiennent une double rangée de dortoirs divisés par un corridor. Chaque dortoir est placé sous bi surveillance de plusieurs gardiens. Une lamp' bnïle toute la nuit dans ces galeries. Chaque étage

CHAFITBE IV. 81

pent eontenir environ deux, cent soixante-dix condamnés. B'autres sont logés dans les bètiments adossés aux nmraiUes. Pendant les premiers jours qui sQF?ent leur arrivée, les convicts sont reças dans une salle particulière , où ils apportent les Dbjets de couchage qui leur ont servi pendant la trayersée. Une autre partie des constructions est consacrée aux réfectoires , où des tables sont disposées pour recevoir les condamnés six par six. ie ne parle d'ailleurs ici que de la principale caserae. Il en est d'autres moins vastes , élevées sœt dans la ville, soit dans les environs, et qui sont destinées à la réception des prisonniers de certaines catégories.

Les convicts logés dans ces casernes forment deux divisions. L^ uns travaillent dans l'intérieur de l'établissement; les autres, sous la conduite de la police , sont employés , à l'extérieur, à tous les genres de travaux publics. A quatre heures et demie, en été, à la pointe du jour, en hiver, on fait l'appel des ouvriers, et la journée commence. Dans sen principal atelier , qui embrasse un large espace de terrain, le gouvernement emploie des forgerons, des serruriers, des scieurs de long, des peintres, des plombiers, des selliers, des tailleurs, des cordonniers, des charpentiers, des me^ nnisiers , des ébénistes.

L'arsenal occupe un très-grand nombre d'ou-

niers , employés principalement à la constmctioD et à réquipement de navires. Ceux qui par leui conduite ont mérité d*étre mis à la chaîne ont la tâche de décharger ou de charger les navires à service colonial.

La bande des tailleurs de pierres est très-nonh breuse. Ils sont distribués dans les différents quartiers de la ville, à proximité des bâtiments eu construction. 11 faut aussi noter le service de$ charrois, qui occupe une centaine d'hommes ; celai des embarcations du gouvernement, auquel esi attaché un nombre à peu près égal de convicts; celui des fourrages, qu'il faut chaque jour couper sur le terrain; celui des routes, etc.

Le système de répression usité dans la caserne des convicts est gradué. Le premier degré de punition consiste dans un travail extraordinaiiv imposé les jours de fête; le second est le travail à la chaîne; ensuite vient l'emprisonnement soli laire, la flagellation, la transportation dans cer tains établissements spéciaux. Les châtiments cor porels ne sont jamais infligés par ordre direct des employés du gouvernement. Un magistrat de po lice siège, chaque jour, dans une des iialles de l'établissement; il reçoit les plaintes qui lui sont .«soumises, interroge les condamnés, entend lestémoins et prononce son arrêt. Les cas graves sont portés à la connaissance d'un tribunal qui tient

Page 1