‹ Les convicts en Australie (volume 2)Chapitre 37 sur 112 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

séance dans le même endroit , une fois par semaine. La loi du salùt public domine, au surplus, ces règlements, et lorsqu'il s'agit, par exemple, de réprimer une insurrection qui pourrait menacer h sécurité de la colonie, le gouverneur a le droit fuser de pouvoirs discrétionnaires. Ainsi le plus pink des gouverneurs de l'Australie , M. Macqua- ^e, fit, en certaine occasion, donner de son autorité privée cent coups de fouet à chacun des fonvicls qui avaient pris part à une mutinerie.

Les prisonniers condamnés au fouet subissent leur sentence dans l'intérieur de l'établissement, en présence de l'ingénieur en chef et du surmtcnpanl. L'instrument de punition n'est pas aussi formidable que celui dont on se sert dans la marine «nglaise. La plupart du temps les convicts réussissent soit à gagner, soit à intimider celui qui «si chargé de leur administrer la correction , et ils parviennent à diminuer de beaucoup la sévérité de la peine. Un des condamnés est chargé de ces eiécutions.

Le service divin est célébré selon les rites de rÉglise protestante, dans la cour de la caserne, lorsque le temps le permet. Les prisonniers y assistent tous et s'y comportent généralement avec décence. Pourtant ils appartiennent presque tous à des sectes différentes.

La caserne est assez faiblement gardée, vu le

Bé LES GONYICTS £N AUSTRALIE.

nombre considérable de condamnés qui y som détenus.; mais c*est ce nombre môme qui fait ia force du gouvernement et qui écarte le danger des conspirations. On ne cite aucune révolte qui ait eu pour objet de forcer les portes. En effet, les coolicts savent bien qu'ils seraient facilement repris dans la ville. Mais des complots fréquents sont formés par les prisonniers dans le but de s'empsver d*un bâtiment et de fuir. Ces projets avortent constamment, parce que , dans un si grand noinbre de condamnés, ils se trouve toujours des dénonciateurs, n y a pourtant quelques exemples è bâtiments enlevés par les convicts; mais en génial ces tentatives ont été fatales à leurs ssr teurs.

Un nommé Stewart, ancien lieutenant dams ia marine royale d'Angleterre, fit, avec quelques autres condamnés, le projet de s'emparer d'iB navire. Le Harringtan, richement chargé et approvisionné pour un long voyage, se trouvait dans le port. Un jour où le vent soufflait de manière à favoriser la sortie , Stewart et ses complices sautent dansy une embarcation, abordent promptement le navire et se rendent maîti'es de l'équipage; ils coupent le câble et entrent en pleiufi mer avant que personne se soit douté de leur évasion. Mais à peine avaient-ils fait quelques jours de traversée , qu'ils sont aperçus et pris par une

Page 1