‹ Les convicts en Australie (volume 2)Chapitre 61 sur 112 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

taire n'offre pas de garanties suffisantes. La première condition est de pouvoir nourrir et habiller les condamnés d'après les règlements; il faut en outre présenter les caractères requis de bonne conduite et de moralité. Autrefois les convicts pourvus d'un billet de congé prenaient à leur service ceux de leurs ainîs dont la peine n'était pas expirée. Ils s'associaient ainsi pour commettre de nouveaux délits et pour vivre dans la débauche. Aujourd'hui les colons libres sont seuls admis à engager les hommes du gouvernement.

— Est-ce l'administration qui envoie les déportés aux colons?

— Non; nous les choisissons nous-mêmes. Au jour fixé , le pétitionnaire se rend à la caserne , où il trouve les hommes du gouvernement rangés sur une ligne, il a le droit de les interroger. Naturellement il s'enquiert des professions ; mais sa curiosité à cet égard est de pure forme , car la réponse des déportés n'est jamais sincère ; ils cherchent à deviner les désirs de leur futur maître , et ils ne manquent jamais de se donner la profession qui parait lui convenir le mieux. Il n'est pas un seul d'entre eux qui ne regarde comme avantageux de passer au service des particuliers. 11 est d'usage de leur adresser encore la question suivante : « Si je vous choisis, me promettez- vous de me servir avec fidélité? » On pourrait se dispenser de faire cette

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demande, la réponse affirmative étant infaillible. »

Nous en étions là de notre conversation lorsque les pas d'un cheval se firent entendre dans la cour. Peu d'instants après le magistrat du district entra dans l'appartement.

« Soyez le bienvenu, lui dit Campbell; qpiel heureux hasard vous amène?

— Je suis appelé à recevoir demain les plaintes de plusieurs propriétaires ou domestiques dans les environs; apprenant votre venue, j'ai transporté chez vous mes assises.

— Vous ne pouviez arriver plus à propos. Voici un de mes amis qui veut apprendre à connaître notre système pénitentiaire. Mais songeons avant tout à votre souper. »

On rapporta un nouveau plat de côtelettes , et le magistrat se vit bientôt en face d'un repas en tout semblable à cçlui que nous venions de terminer.

Le lendemain matin, la cour de la maison s'emplit de bonne heure de plusieurs groupes de personnes qui paraissaient dans un état d'extrême agitation.

« Voilà les parties qui viennent plaider devant nous, me dit Campbell; vous voyez les maîtres et, plus loin , les hommes du gouvernement.

— Je ne les aurais pas distingués ; ils ne portent

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