CHAPITRE II
Le lendemain, M. Brown, après avoir entendu le récit de ces incidents , fronça le sourcil , et s’adressant au docteur :
« Je vous l’avais bien dit, s’écria-t-il; il n’y a rien de respectable pour ces coquins. Au surplus, c’est votre affaire. •>
Campbell s’élail attendu à cette boutade, et il avait préparé sa réponse :
« Voici , monsieur , dit-il , un autre verre de grog. »
En même temps il présentait au capitaine un bol rempli de punch fumant, que le domestique venait de lui remettre. A cette saillie , M. Brown reprit tout sa bonne humeur , et acceptant le verre qui lui était offert , il dit au docteur :
« Restez la maîtresse au logis, puisque vous usez de votre autorité d’une manière si agréable. Je suis trop heureux d’être délivré du soin de gouverner cette canaille. A votre santé, monsieur Campbell ! à la vôtre , lieutenant ! Puissionsnous ne jamais nous rencontrer à bord d’un na* vire chargé de convicts ! Quant à moi , j’affirme qu’on ne m’y reprendra plus. Bonne chance , messieurs! »
Le capitaine vida son verre, et nous eu fîmes autant. Quelques jours après nous entrâmes dans le détroit de Bass. Nous arrivions au terme de notre voyage.