CHAPITRE IV
peut contenir environ deux cent soixante-dix condamnés. D’autres sont logés dans les bâtiments adossés aux murailles. Pendant les première jours qui suivent leur arrivée, les convicts sont reçus dans une salle particulière , où ils apportent les objets de couchage qui leur ont servi pendant la traversée. Une autre partie des constructions est consacrée aux réfectoires , où des tables sont disposées pour recevoir les condamnés six par six. Je ne parle d’ailleurs ici que de la principale caserne. 11 en est d’autres moins vastes , élevées soit dans la ville, soit dans les environs, et qui sont destinées à la réception des prisonniers de certaines catégories. -
Les convicts logés dans ces casernes forment deux divisions. Les uns travaillent dans l’intérieur de l’établissement; les autres, sous la conduite de la police , sont employés , à l’extérieur, à tous les genres de travaux publics. A quatre heures et demie, en été, à la pointe du jour, en hiver, on fait l’appel des ouvriers, et la journée commence. Dans son principal atelier, qui embrasse un large espace de terrain, le gouvernement emploie des forgerons, des serruriers, des scieurs de long, des peintres , des plombiers , des selliers , des tailleurs, des cordonniers, des charpentiers, des menuisiers , des ébénistes.
L’arsenal occupe un très-grand nombre d’ou-
Hi LES CONVICTS EN AUSTRALIE.
vriers , employés principalement à la construction et à l’équipement de navires. Ceux qui par leur conduite ont mérité d’être mis à la chaîne ont la tâche de décharger ou de charger les navires du service colonial.
La bande des tailleurs de pierres est très- nombreuse. Ils sont distribués dans les différents quartiers de la ville, à proximité des bâtiments en construction. Il faut aussi noter le service des charrois, qui occupe une centaine d’hommes ; celui des embarcations du gouvernement, auquel est attaché un nombre à peu près égal de convicts; celui des fourrages, qu’il faut chaque jour couper sur le terrain; celui des routes, -etc.
Le système de répression usité dans la caserne des convicts est gradué. Le premier degré de punition consisle dans un travail extraordinaire imposé les jours de fête; le second est le travail à la chaîne; ensuite vient l’emprisonnement solitaire, la flagellation, la transportation dans certains établissements spéciaux. Les châtiments corporels ne sont jamais infliges par ordre direct des employés du gouvernement. Un magistrat de police siège, chaque jour, dans une des salles de l’établissement; il reçoit les plaintes qui lui sont soumises, interroge les condamnés, entend les témoins et prononce son arrêt. Les cas graves sont portés à la connaissance d’un tribunal qui tient