LES HÉBERTISTES
Pour lui, comme pour tant d'autres, ce jour vint le 18 mars. Duval, s'étant saisi de la Préfecture de police abandonnée, en était le commandant militaire; Raoul Rigault lui fut adjoint comme délégué civil, dès le 27 mars, par le Comité central; mais il n'avait pas attendu sa nomination officielle, et il s'était, de sa propre autorité, installé le 20. Le 26 il est élu membre de la Commune, dans le VIII* arrondissement, par 2175 voix sur 17 823 électeurs inscrits; le 50 il est nommé membre de la sûreté générale ; le 23 avril il donne sa démission de délégué à la Préfecture de police, à la suite d'une scène assez vive au conseil de la Commune. Yésinier, Pillot, Rastoul, proposaient l'adoption de la motion suivante : « La Comnmne décrète, au nom du droit et de l'humanité, l'abolition du secret. » Raoul Rigault combattit le projet; on lui dit : « Le secret est innnoral; » il répondit : « Qu'est-ce que cela me fait, si j'en ai besoin? La guerre aussi est immorale, et cependant nous la faisons. »
Il se retira ; mais, ressuscitant pour lui une des fonctions de la Révolution française, il se fit nonmier procureur de la Conunune, le 27 avril, et devint de la sorte le chef hiérarchique de son remplaçant, qui fut Cournet. Rigault, après avoir quitté les appartements de l'ancien préfet de police, s'installa au parquet du procureur général près la Cour de cassation, toujours vêtu en commandant de fédérés, et d'une tenue un peu moins débraillée depuis qu'il était « le maître ». Dans certains cas, il présidait lui-même aux recherches qu'il avait prescrites; sur dix-sept perquisitions qui furent faites, pendant la Commune, au domicile de M. Zangiacomi, il en dirigea trois lui-même.
Les hommes de la Commune qui ont traversé la Préfecture de police ne se distinguaient ni par la sobriété, ni par la tem;èrance. Le général Duval, Raoul Rigault,
Cournet, mangeaient eopiousonient, bnvaient de même, se faisaient donner des sérénades pendant les repas dn soir et oul)liaient la suenr du peuple. Les coniplcs du restaurateur Martin, (pii fournissait leur table, sont intéressants à étudiei'. Le 'il avril 1871, il est payé et donne entre les mains du citoyen Replan, caissier principal, reçu de la sonune de dix mille huit cent cinquante-deux francs pour solde de nourriture jus((u'&u 22 avril; moyenne de 228 fr. 51 c. par jour, qui équivaut à une dépense annuelle'de 85 40G francs. Suit le détail, où l'on peut lire : « Table de M. le pi'éfet, 75il francs. » Il en fut ainsi jusipi'à la fm.
Quelques chiffres expli(iuei'ont ces dépenses excessives : — 25 mars, déjeuner du général (Duval), 15 couverts : 74 bouteilles de vin de Beaune; — 18 avril, déjeuner du préfet, 15 couverts : 48 bouteilles de màcon, 2 bouteilles de « cognac » ; — 1*' mai, déjeuner du préfet, 10 couverts : 49 bouteilles de mâcon, 5 bouteilles de « cognac » ; — 7 mai, pour la musique, 27 jjouteilles de màcon (ceci, bien entendu, sans préjudice des grands vins que l'on trouva en abondance dans la cave des préfets de police). Comme les autres, Raoul Rigault pataugea dans le vin et l'eau-de-vie. Il ne s'était jamais, du reste, piqué d'une grande pureté de mœurs, et il prouva, pendant les deux mois de la Connnune, qu'il ne dédaignait aucune sorte de jouissance.
Il n'était point scrupuleux en matière d'argent : un garde-magasin, nonnué Ernest Robert, est arrêté, h; 5 avril, par Renjamin Sicard, attaché à l'état-major de la Préfecture ; on saisit en même temps chez lui une somme de quatre cent un francs. Robert est mis en liberté le 10 avril, réclame son argent, rédige une noie où il relate les faits et l'adresse à Raoul Rigault, qui éci it : « Payei' les qnatre cent un francs qui sont
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entrés dans le tiroir de droite du bureau et ([ui ont servi à nos dépenses courantes. » A vue de cet ordre, le caissier paya. La comptabilité parait n'avoir pas été tenne avec une régularité irré[)roclial)le : « 8 mai 1871, Bon pour la somme de cent vingt mille francs à délivrer pour les besoins de l'ex-préfecture de police. Signé : F. Cournet. » — Deux jours après, la somme était versée par la délégation des finances ; elle explique une assez forte distribution d'argent qui fut faite, le 18 ou le 19, aux principaux employés lorsque l'on comprit que tout s'écroulait. Le 16 mai, Théopbile Ferré pi'end aussi ses précautions. Voici son reçu : « Reçu du citoyen Replan la somme de six mille francs pour frais faits ou à faire. » — Est-ce sur ces fonds-là que l'on devait prélever l'argent nécessaire à la confection de la décoration que Raoul Rigault avait décidé de créer ou de décréter? Médaille d'or; face : la Commune reconnaissante ; revers : le triangle surmonté du bonnet phrygien ; ruban rouge traversé de la croix de Saint- André blanche.
Le rêve de Raoul Rigault était d'imiter Hébert ; le rêve de Théophile Ferré était d'imiter Rigault. Entre ces deux êtres, l'émulation du mal fut constante. Rigault avait une certaine prestance juvénile et remuante ; chez Ferré, rien de pareil : c'est un avorton chétif et mal venu, portant une tête trop longue sur un corps trop court. Ses cheveux abondants, sa forte barbe noire, ne rendaient que plus sensible encore l'absence d'équilibre de son individu; myope aussi, comme son énmle et son maître, il avait des yeux uoirs assez doux, un peu extatiques, semblables à ceux des aliénés théomanes, indice curieux à constater chez un homme qui fut le type de l'inquisiteur, tel que le représentent les drames du moyen âge ; son visage eût été assez régulier, s'il n'eût été enlaidi et vraiment difforme par un
nez démesuré, crochu, dont les narines échancrées laissaient voir l'intérieur et qui donnait à toute sa physionomie l'apparence d'un vautour inquiet. Dès qu'il retirait son l)inocle, ses yeux convergeaient et lui faisaient une mine effarée qu'augmentait encore la i)âleur de sa face. Atteint d'un tic nerveux qui agitait ses épaules d'un frisson perpétuel, il ne pouvait rester immobile et, malgré la raideur qu'il essayait d'imprimer à son attitude, il remuait sans cesse, comme s'il eût lutté contre une convulsion interne. C'était une torpille, m'a dit un homme qui l'a connu; à côté de lui on avait froid. Il n'ignorait pas sa laideur, qui fut pour beaucoup dans sa violence. Un document, écrit par lui le 8 octobre 1862, alors qu'il n'était encore qu'un enfant et qui fut trouvé à son domicile, ne laisse aucun doute à cet égard et mérite d'être cité tout entier :
« Inconvénient d'une petite taille et des ridicules : J'ai le malheur d'avoir un nez passablement long ; personne ne s'imaginera jamais combien jusqu'à présent il m'a occasionné de désagrément; mais il faut dire aussi que ma petite taille, la croissance de mes moustaches, y ont un peu contribué. Dans la rue, on se retourne pour bien m'observer, on sourit, les gamins se moquent de moi et me donnent des sobriquets; aux écoles où j'ai été, j'ai toujours eu des surnoms tels que : Fée Carahosse, Maréchal Nez. Quelquefois je ne supportais pas ces interpellations; alors une querelle surgissait, qui finissait par quelques horions donnés et reçus des deux côtés. Je suis aussi, chez mes parents, la risée des personnes qui viennent les voir; chez mon patron, mon physique n'étant pas favorable, on ne peut s'imaginer que je vaille quelque chose; ne représentant pas, on se figure que je suis sans capacité aucune. Lorsque je suis en société avec des personnes instruites, de crainte de faire des fautes de langage, je de-
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viens timide, je ne puis parler; alors je bredouille, ce qui n'est pas un bon moyen de prouver mon intelligence. Outre cela, je suis mal vêtu, ce qui me donne l'air emprunté et gauche; je suis orgueilleux; alors je me redresse et j'ai tout à fait l'air d'une caricature. Enfin, pour finir, j'ai des pensées fort au-dessus d'un jeune homme de mon âge; je veux paraître sérieux et sévère, et tout cela ne cadre pas avec ma figure de PoUchinelle. Allons, pauvre ami, sois fort, dédaigne les mauvaises paroles qu'on te dira; aie du cœur et de l'énergie, tu parviendras et personne n'aura rien à te réclamer. Il existe un proverbe à Paris où il est dit : « Ceux qui réussissent ont toujours raison; ceux qui « iLarrivent pas, toujours tort; » tache que la première partie d'icelui soit vraie pour toi ! »
Rien n'est plus explicite que cette confession. Ce fantoche, fatigué de faire rire, voulut faire peur; se sachant grotesque, il rêva d'être terrible, et le fut. Il y eut des aliénés parmi -ses proches, et on peut admettre qu'il n'était pas sain d'esprit. Son père, ancien cocher de bonne maison, retiré avec le fruit de ses économies, l'avait fait élever chez les frères de la doctrine chrétienne, et ensuite chez un sieur L..., dont la pension fut fermée à cause de l'enseignement ultramalérialiste que l'on y distribuait. Ses « études » terminées, Th. Ferré entra comme clerc ou employé comptable chez un agent d'affaires. C'est là que la Commune le trouva. Il avait déjà quelque notoriété parmi les révolutionnaires. Lors de la manifestation Baudin, au cimetière .Montmartre, il s'était juché sur une tombe et avait crié : « La Convention aux Tuileries ! La Raison à Notre-Dame! » Le 6 janvier 18G9, à une réunion au cabaret du Vieux-Chêne, rue Moulfetard, il avait dit : « La bourgeoisie vit des sueurs du peuple... La force, qui nous ojjprime aujourd'hui, nous pour-
50 i,f:s fouces ])K [;i.\suiiiu:(:Tio.\.
rons l'jivoii' un jour, ot nous l'(''ci'asei'ons! o (l'étaient là (les lili'es; il les fit valoir, et, dès le mois d'octobre 1870, il est à la tète du eomité de vigilance, (jui siè,t;e rue (lliniiancourt, n" 41. Il eut soin fin reste de ue poiut exposer sa cliétive persomu; pendanl la i^uerre, et n'alla pas au feu une seule fois.
Il fut élu membre de la Commune et attaché, le r»0 mars, à la commission de sûreté générale; c'est en cette qualité que le 28 avril il demandait l'exécution innnédiate des otages, pour « affirmer les principes ». Le T) mai, Raoul Rigault le rapproche do lui, sous le titre de substitut du procureur de la Comnume; enfin, lorsque le fort d'Issy est occupé par nos troupes, que l'on se prépare à une résistance qui ne fera qu'augmenter la défaite. Th. Ferré est délégué à la sûreté générale, autrement dit, il est élevé à la fonction d'exécuteur des hautes œuvres de la Commune. On sait s'il fut fidèle à son mandat. Aux dernières heures de la bataille, lorsque, seul, Belleville tenait encore. Ferré coupa sa barbe, mit son petit corps en jupes, s'accrocha un chignon — réquisitionné — derrière la tête, et s'esquiva. H fut arrêté dans la nuit du 9 au 10 juillet 1871, rue Saint-Sauveur, n° 6, dans un appartement qu'il partageait avec un ouvrier tapissier qui était son fi-ère. 11 fut hautain et railleur pendant son procès ; quoiqu'il eût assuré qu'il ne se défendrait pas, il rétorqua avec une habileté de vieux procureur quelques dépositions erronées sur le rôle qu'il avait joué à la Grande- Roquette dans la joiuMièe du 27 mai. Au plateau de Satory, il écouta sans pâlir la lecture du jugement qui le condamnait à être fusillé, jeta son chapeau en l'air, cria : Vive la Conunune ! et mourut. Un chien noir vint lécher le sang qui couvrait son visage. De sa petite et ferme écriture, il avait libellé un projet de défense qui se termine par ces mots : « La tortune est capricieuse;
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je cuiilic à Tavenir le soin de ma mémoire el de ma vengeance! »
On ne pont dire qne Raoul Rigault et Ferré ftirent les lionnnes de la Commune ; celle-ci n'eut point d'hommes, elle n'eut que des spectres, des fantômes perdus dans les ombres du passé, que le besoin d'imitation poussa aux violences, et qui ne surent formuler aucune idée. Mais ils en furent l'expression; ils en représentent la sottise, la grossièreté, la vanité, la cruauté, l'ignorance et la débauche; ces deux cabotins de la terreur firent un mal incalculable en excitant le troupeau des rêveurs aux mesures excessives. En révolution, il s'agit de crier le plus fort pour être le mieux écouté. « On a vu dans les clubs, dit Stendhal, pendant la Révolution, que toute société qui a peur est à son insu dominée et conduite par ceux de ses membres qui ont le moins de lumières et le plus de folie. )) L'histoire de la Commune donne à cette vérité une force nouvelle. Sans excuser en rien l'insurrection du IS mars et le gouvernement qui en est issu, on peut dire cependant que celui-ci comptait certains hommes sans fiel ni méchanceté; ils sont restés impuissants. Ils n'ont pas accepté, ils ont subi les motions sanguinaires, mais il leur a été impossible de les faire repousser, et ils ont fini par obéir aux énergumènes qui rêvaient l'échafaud en permanence et la fusillade continue.
Comme au temps du despotisme jacobin , le modérantisme était un crime, et sous peine grave il fallait hurler avec les loups, hurler plus fort, afin de n'être pas dévoré par eux. La tourbe des officiers fédérés était certes prête à tous les méfaits : les massacres lui ont semblé justes , et les incendies ne lui ont pas déplu; mais ces malheurs auraient pu être évités si les membres de la Commune n'avaient été entraînés
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jusqu'à la monomanie lidiiiicid»' p.ir los objurgations de Raoul nigauU et de Fené, deux sinistres drôles qui de riiisloire de la Révolution franraise n'avaient retenu que le souvenir des criMies et des iniquités.
CHAl'ITRE H
l'KÈS LA PRÉFECTURE DE POLICE
Les difrérertes prisons de Paris. — L'ancienne Préfecture de police. — Le général en chef Lullier. — Alloculion. — Le général Duval. — M.Coré, le directeur régulier, est incarcéré. — Le serrurier Carreau. — Le premier otage. — MmeCoré et Mme Braquond. —Adniiralile conduite des employés de l'administration normale. — Recommandation de M. lîonjean. — Sa lettre au procureur général. — .Mesures immédiatement prescrites par M. Lecour. — Influence de ces mesuies sur le sort des otages. — Efforts pour sauver M. lionjean — Raoul RigauU et Ferré près de la cellule de .M. IJonjean. —Une lettre de Ferré.
Les prisons administratives de Paris, — les seules dont nous ayons à nous occuper, — sont au nombre de huit : Mazas, maison d'arrêt cellulaire, destinée aux prévenus; — la Conciergerie, qui est la maison de justice, où l'on enferme momentanément les accusés (pii doivent comparaître devant la cour d'assises ou les Irihuiiaux correctionnels; — la Santé et Sainte-Pélagie, maisons de correction pour les individus condamnés à
(il) l.r. IIKI'OT.
moins (l'iiii an l'I tni jniir (rcniprisonncnicnl : — Sainl- Ijazai'c, maison dai'rêl et de correciion exclusivcmenl réservée aux femmes et divisée en plusieurs sections, où l'on peut ii'arder sans conlacl les ])révenucs, les jiiiiéi's, les jeunes filles l'elenues en coi'rectiou pater'iielle et les filles pul)li(|ues; une infirmerie où l'on traite certaines maladies spéciales est annexée à la maison; — la Petite-Roquette, maison d'éducation (correctionnelle ])our les garçons; — la Grande-Uoquette, dépôt des condanmés, où les grands criminels attendent leur départ |)Our les maisons centrales, la déportation outre mer ou l'échafaud. — En temps normal, tout individu arrêté est écroué d'abord dans une prison attenante au Palais de Justice et qui est le Dépôt prés la Prélecture de police, divisée en deux parties distinctes, l'une destinée aux hommes, l'autre attribuée aux femmes, que surveillent les sœurs de Marie-Joseph. Cette énorme geôle, contenant cent quatre-vingt-quinze cellules et de vastes salles, est disposée pour la détention individuelle et pour la détention en commun; cons'ruitedans les dernières années du second Empire, elle est en fortes pierres de taille, et outillée de manière à défier les tentatives d'évasion. Les salles du commun pour les hommes et pour les femmes s'étendent sous le grand escalier du Palais de Justice qui fait face à la place Daui)liine.
La façade occidentale du Palais est aujourd'hui dégagée, car l'incendie a détruit les vieilles constructions qui la masquaient encore aux jours de la C-onnnune ; elle était alors littéralement enveloppée, et le Dépôt avec elle, par les bâtiments de la Préfecture de police. Celle-ci était un assend)lage de maisons branlantes, juxtaposées plutôt (jue réunies, et que l'on avait utilisées, vaille ([ue vaille, selon les nécessités du service. Au bout de la place Dauphine, un porche que l'on pou-
vait, on cas de besoin, fermer à l'aide d'une porte en fer, indiquait l'entrée de la Préfecture ; à gauche, au rez-de-chaussée, la loge du portier principal, à côté le poste des officiers de paix; à droite, le bureau des passeports; au-dessus, les bureaux de la deuxième division. Au delà du porche, la rue de Harlay-du-Palais, de l'autre côté de laquelle une grande maison où l'on avait installé, au rez-de-chaussée, le service actif des mœurs auprès du poste des brigades centrales; dans les étages supérieurs, les différents services de la première division et de la police municipale. Un couloir en bois, rejoignant ces bâtiments annexés à l'ancien hôtel des premiers présidents au parlement, conduisait aux bureaux politiques, au cabinet et aux appartements du préfet, qui dominaient la cour de la Sainte-Chapelle. Dans la rue de llarlay-du-Palais était établie la Permanence, où l'on prenait le nom et le signalement des gens arrêtés avant de les envoyer an Dépôt, qui était côtoyé de fort près, à l'ouest et au sud, par les masures où la préfecture de police était à l'œuvre jour et nuit.
Le 18 mars 1871, vers sept heures du soir, M. Coré, directeur du Dépôt, acquit la certitude que la Préfecture de police et le Palais de Justice avaient été évacués par les autorités régulières; resté sans ordre, il s'adressa à M. Place, inspecteur général des prisons de la Seine, et n'en put recevoir aucune instruction. On savait que l'insurrection était maîtresse de Paris, on se sentait bien prés de la Préfecture de police, contre laquelle un mouvement serait certainement dirigé ; on se tint clos, on enjoignit aux sœurs de Marie-Joseph d'avoir à revêtir des costumes laïques et l'on attendit. Le i)ei'sonnel des surveillants, presque tous choisis |)arini d'anciens sous-officiers, était à son poste. A