‹ Les convulsions de Paris (volume 4)Chapitre 21 sur 66 · I. — LE GENERAL CHANZT · texte numérisé non relu

I. — LE GENERAL CHANZT

La foule homicide. — Les officiers. — La prison est envahie. — M. Lefébure, directeur ré|;uher. — 11 lait entériner les otages. — .\lIoculion de Sérizier. — Le ^^énéral Chanzy sur la Loire. — Elforts de Léo Jleillet pour sauver les prisonniers. — Prudence de M. Lefébure. — Les fédérés refusent de laisser mettre le général Chanzy en liberté. — Charles Beslay. — Déflance. — Le cadavre. — Départ de M. Lefébure. — Caullet, directeur nommé par la Commune. — Délivrance du général Chanzy. — Le parfumeur liabik. — Le général Chanzy comparaît devant le Comité central. — Le Comité en séance.

La prison de la Santé est la prison modèle; bâtie en pierre meulière, disposée pour le régime cellulaire et pour le régime auburnien, elle est le spécimen des constructions pénitentiaires; mais on peut avouer que sa beauté spéciale en fait un monument d'une remarquable laideur. Des murs l'entourent de tous côtés, en cachent les fenêtres et lui donnent, sur le boulevard Arago, l'apparence d'une grosse forteresse aveugle. Intérieurement, elle est bien distribuée et abrite, dans une division particulière, l'infirmerie centrale des prisons de Paris.

172 F.\ SANTK.

Ce fut pnr la voix jxihlirjiic que Von y apprit les événements du 18 mars; le poste était gardé par des soldats de la liiïne, rpii, dans la matinée du 19, se retirèrent en bon ordre et ne tardèrent pas à être remplacés par des fédérés venus du IX" secteur, dont Tétatmajor était installé à la manufacture des Gobelins. Vers ciii({ lu'uies du soir, une rumeur extraordinaire s'éleva dans la rue de la Santé, passa par-dessus les murs de la prison, et vint troubler le personnel de la surveillance, du greffe et de la direction. Une foule évaluée à 5000 ou 0000 personnes, femmes, enfants, ouvriers, gardes nationaux, poussait vers la grille de la prison, quatre ofliciers, reconnaissables à leurs uniformes en lambeaux. Cette bande s'acharnait principalement contre un lieutenant général, assez grand, blond, chauve, de figure énergique, âgé de quarantehuit ans environ, qui restait impassible sous les coups et les insultes dont on l'accablait, (/était le général Chanzy. A ses côtés et non moins maltraité, marchait le général de Langourian; puis venaient M. Ducauzé de NazoUes, capitaine du 5^ lanciers, et M. Gandin de Villaine, lieutenant au 75'' de marche. Trois hommes faisaient effort jiour les protéger contre la foule : c'étaient Léo Meillet. maire du Xlll" arrondissement, Comte', adjoint, et Sérizier, commandant du lOl*" bataillon, appartenant au LV secteur.

Cette masse de peuple était rendue terrible par un accès de fureur spontané. On voulait tuer les généraux et on ne savait même pas leurs noms. On criait : « A mort Ducrot! à mort Vinoy! à mort Aurelle de Paladines ! à mort les traîtres et les vendus ! Vous nous avez fait manger de la paille î Prussiens ! capitulards ! A mort!

* M. Comte (>«'arcisse-Désiré) fut blessé au menton en protégeant le général Chanzv.

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