‹ Les convulsions de ParisChapitre 1 sur 68 · I. ~ LA RBTRAITB SUR YERBAlLhEU · texte numérisé non relu

I. ~ LA RBTRAITB SUR YERBAlLhEU

Le garde-meable. ~ Forteresse. ~ Les marins à Paris pendant la guerre. — Total des troupes après la capitulation. ~ Âpres l'armistice. — La révolte recherche les marins et ne parvient pas à les embaucher. — Après le 18 mars. — M. Gablin, chef du matériel. — Le ministre. — Le commandant de Cbampeaux. — Le ministère est abandonné. — Élections pour la Commune. — H. Le Sage, concierge. — L'ambulance. — On cache une partie de l'argenterie. — On mure les armes dans les cheminées.

Des lettres patentes signées du roi Louis XV, et datées du 21 juin 1757, prescrivirent la construction de la grande place qui, séparant le jardin des Tuileries de Tavenue des Champs-Elysées, a reçu, par une loi du 26 octobre 1795, le nom de place de la Concorde. L'architecte Gabriel fut chargé des travaux, qui, commencés en 1765, ne furent complètement terminés qu'en 1772. De chaque côté de la place, aux anglos de

la rue Royale, faisant face à la Seine, il éleva deux palais semblables, d*une rare élégance, que le temps, que les révolutions ont respectés et qui sont un des plus beaux spécimens de Tarchitecture française. Lo palais de gauche, celui qui est le plus rapproché des Champs-Elysées, fut abandonné à des locations particulières; celui de droite, voisin des Tuileries, fut dans le principe le garde-meuble de la couronne. La dénomination était vicieuse et pouvait produire confusion, car c*était bien plutôt un musée qu*un garde-meuble : on y conservait les objets précieux offerts aux souverains ou leur ayant appartenu ; objets historiques, tels que l'armure de François P', le livre d'Heures de Richelieu; objets de valeur appartenant à la France même, tels que les tapisseries de haute lisse et les diamants de la couronne. Tout le monde sait que ceux-ci y furent volés dans la nuit du 16 au 17 septembre 1792.

Ce fut Napoléon I" qui changea la destination du garde-meuble et Tattribua au ministère de la marine. Mes contemporains se rappelleront sans doute que, sur le pavillon qui s*appuie à la rue Saint-Florentin, s'agitait jadis un télégraphe aérien; il était exclusivement réservé à l'usage de la marine et correspondait avec Brest; il a disparu depuis l'adoption de la télégraphie électrique. Le monument est construit en fortes pierres de taille; il domine la place, commande le pont de la Concorde, découvre les Champs-Elysées et se dresse entre deux rues parallèles, la rue Royale et la rue Saint-Florentin, qui peuvent lui servir de dégagement. Il occupe une position stratégique importante en cas de guerre dans Paris, protège les abords des Tuileries et peut inquiéter la palais du Corps législatif; par sa forme, par les matériaux résistants dont il est composé, il représente en outre une forteresse facile à défendre et difficile à réduire. Il devait donc être occupé par

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