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connaît en hommes, elle m'a mis à ma place. Hon père était huissier chez le garde des sceaux, il annonçait les visites ; ce n'est pas une position, ça ; il a obéi toute sa vie: moi je commande, c'était mon tour; c'est difficile, il faut de la tenue avec les soldats : j'en ai, et je vous réponds que l'on ne bronche pas^» Lorsque l'heure de se quitter fut venue, H. Mignot porta la main à sa poche. L'officier comprit le geste : « Du tout! je vous ai invité, c'est moi qui régale ; je n'ai pas conune vous les caves de la Banque à ma disposition, mais la bourse est rondelette, » et il tira un porte-momiaie gonflé de pièces d'or. Ce « chef des équipages de la flotte » n'était autre que le trésorier-payeur des marins de la garde nationale, Peuchot, dont j'ai déjà parlé et à qui la Commune elle-même fut obligée de faire rendre gorge M
SI. — LA JOURHÉB DU It MAI«
Le» attaques se rapprochent. — Les papiers d'identité. — Précautions pour la fuite prochaine. — Conciliabule chez Raoul Rigault — On décide d'occuper la Banque . ~ L'opinion des hébertistes. — La Banque dénoncée par Paschal Grousset. — Le Moussu. — La Banque est cernée. — M. de Plœuc se met à l'abri. — La Banque se prépare à In lutte. ~ MM. Marsaud, Chazal et le citoyen Le Moussu. ~ On faitprérenir Ch. Beslay. — Sa colère. — Il accourt à la Banque. —H malmène Le Moussu. — Chasse les fédérés. — La Banque délirrée reprend ses services. — Jourde demande que le poste de la Banque soit occupé par des fédérés. — Beslay s'y oppose. — Beslay donne sa démission motivée. — Elle est refusée. — La candeur de Beslay. — Ce qu'il demande à emporter comme souvenir de son passage à la Banque. — Goumet destitué, remplacé par Ferré. — Fausse alerte. — Monsieur le marquis 1
Les raillions que le gouverneur de la Banque, M. Rouland, avait prêtés au gouvernement de Versailles n'étaient point demeurés stériles; on les avait utilisés. Une forte armée gagnait chaque jour un terrain que les
* Voir le cliapiti'c préccdent, Le minUlère de la marine.
fédérés ne lui disputaient plus que mollement. Le 10 mai, la ligne d*attaque de Hontretout, commandée par le capitaine de vaisseau Ribourt, avait démasqué son feu et pulvérisait les remparts; le drapeau tricolore flottait sur le fort d*Issy, abandonné par les insurgés. L'heure de la débâcle allait bientôt sonner. Les simples soldats de la fédération pouvaient en douter et croire encore aux promesses qu'on ne leur ménageait pas; leur crédulité acceptait en pâture toutes les fables dont on les nourrissait. De môme que pendant la guerre allemande ils avaient cru que Paris ne capitulerait pas, de même ils croyaient que les bandes de a chouans » qui composaient l'armée de Versailles ne prévaudraient jamais contre eux. Ceux-là étaient des naïfs que l'eau-de-vie abrutissait et qui se figuraient que la série de leurs reculades constituait des mouvements stratégiques. Hais pour les membres de la Commune, pour la plupart des officiers, il n'en était pas ainsi; ils comprenaient que la défaite était inévitable. Us le savaient, comptaient les jours de grâce qui leur restaient à parader et s'arrangèrent pour en profiter.
Il se produisit alors un fait remarquable qui n'a pas été suffisamment signalé et qui explique la quantité de coupables, — de grands coupables, — dont on n'a pas retrouvé trace après la victoire de l'armée française. A partir du jour où le fort d'Issy tombe en notre pouvoir, où l'artillerie de marine tire en brèche, où les mouvements d'approche s'accentuent, les arrestations se multiplient dans Paris. On arrête dans les rues, on fouille les maisons, on cerne des quartiers sous prétexte de faire la chasse aux réfraclaires ; prétexte menteur : on fait la chasse aux papiers d'identité. On vide les poches des personnes consignées, on y prend des cartes de visite, des passeports, des ports d'arme, des livrets d'ouvrier, des cartes d'électeur, de simples enveloppes
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de lettres portant une suscription; ces papiers ne sont jamais rendus; plus tard, ils ne seront pas inutiles à ceux qui s'en emparent : ils serviront à franchir les portes de Paris, à passer la frontière, à moins qu'ils n'aient servi à obtenir un passeport régulier sous le faux nom que Ton s'est attribué. C'était, on le voit, une précaution prise en cas de revers. Le 20 mai, à Paris, tout le monde avait de la barbe; le 28, les gens barbus étaient devenus rares, et l'on fut surpris de la quantité de rasoirs que l'on trouva sur les cadavres des fédérés tués ou fusillés. Dans les jours qui précédèrent la rentrée des troupes, on fut étonné de voir presque tous les officiers et même beaucoup de simples gardes modifier leur uniforme en y ajoutant une grosse ceinture de laine bleue. Si Ton eût déroulé cette ceinture, on aurait vu qu'elle renfermait une cotte et une blouse de toile, qui devaient servir à changer de costume au moment du dernier péril.
Quelques-uns des chefs de la Commune, appartenant presque tous au parti hébertiste, ne se faisaient plus d'illusion sur le sort qui leur était réservé. Voulurentils se pourvoir d'argent afin de fuir avec plus de facilité? voulurent-ils s'emparer d'une forte somme pour mieux activer la lutte ou terrifier Versailles en se rendant maîtres d'une partie de la fortune publique? Nous ne savons; mais il est certain que, le 11 mai, dans un conciliabule qui fut tenu au parquet du procureur général de la Cour de cassation que souillait Raoult Rigault, on décida que la Banque serait occupée. On ne consulta ni la Commune, ni le Comité de salut public, car l'on redoutait les objections des économistes, surtout celles de Beslay, que l'on ne se gênait guère pour traiter de vieille béte, et celles de François Jourde, qui, à cause de sa probité, était déjà accusé de pencher vers la réaction. Tout se passa entre compères ; il est probable m. 15
ne LA BANQUE DE FRANGÉ.
que c'est Raoul Rigûult et Théophile Ferré qui imaginèrent le coup, auquel ils associèrent Cournet, alors délègue à la sûreté générale.
Pour la plupart des blanquistes et des jacobins, le respect relatif témoigné à la Banque de France^tait une faute; c'est là qu'il eût fallu s'installer dès l'abord: le capital était vaincu et Versailles capitulait devant la ruine du crédit public. Deux hommes qui ont pris une part active aux œuvres de le Commune ont résumé les projets que le parti excessif de l'Hôtel de Ville nourrissait à cet égard. L'un, M. Lissagaray, a écrit à propos du décret sur les otages : a Les membres du Conseil, dans leur emportement enfantin, n'avaient pas vu les vrais otages qui leur crevaient les yeux : la Banque, l'enregistrement et les domaines, la caisse des dépôts
et consignations. Par là on tenait ^ la bourgeoisie;
on pouvait rire de son expérience, de ses canons. Sans exposer un homme, la Commune pouvait tordre la main, dire à Versailles : Transige ou meurs. » L'autre est Paschal Grousset, qui, le 27 juin 1876, envoyant à lourde une sorte de certificat de « civisme », dit en terminant, sa lettre : « Votre erreur, à mon sens, est d'avoir pensé, avec plusieurs autres, qu'il fallait sauver « le crédit de Paris », quand c'est son existence même (l'existence de Paris) qui en était cause. »
Une fois entré à la Banque, on n'en serait plus sorti ; elle avait beau être sur le pied de guerre et être défendue par un bataillon dévoué, on espérait bien s'en emparer et s'y maintenir. Le moment était propice pour tenter un coup de main audacieux dans Paris; la Commune était en désarroi. Le 10 mai, Rossel avait donné sa démission de délégué à la guerre; le 11,
* n y a ici une expression tellement grossière que je ne puis la reproduire, même par un équivalent. Histoire de la Commune, p. 211-212. Bruxelles, 1876.
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Deleseluze le remplaçait; il y avait donc une sorte d'interrègne dont il était bon de profiter. Mais pour pénétrer en force dans Thôtel de la Vrillière il fallait un prétexte. Ce fut Paschal Grousset qui le fournit. Le lui demanda-t-on, le livra-t-il spontanément? Nous ne savons rien de positif à cet égard ; mais nous avons sous les yeux Toriginal d'une lettre écrite par lui et qui contient un passage que Ton doit citer : « Relations extérieures à guerre, Paris, le 11 mai 1871 . — La Banque de France, position stratégique intérieure de premier ordre, est toujours occupée par le 12* bataillon (bataillon formé par les employés) depuis le 18 mars; elle recèle un dépôt clandestin d*armes à tir rapide, échangées là contre des fusils â piston par des réfractairea menacés de perquisition. On peut dire qu'elle constitue le véritable quartier général de la réaction à l'intérieur et le centre de réunion des innombrables agents versaillais qui pullulent dans Paris. » C'était une dénonciation formelle et calomnieuse, — en ce sens que la Banque ne cachait aucun dépôt d'armes et que les agents de Versailles ne s'y réunissaient point.
Ceci importait peu aux politiques de crémerie qui barbotaient dans le mensonge comme dans leur élément naturel; le prétexte était trouvé. On résolut d'agir sans retard; on savait que Charles Beslay, malade, était depuis quatre jours retenu à son domicile de la rue du Cherche-Midi; l'occasion semblait favorable, on voulut en profiter. L'expédition fut décidée pour le lendemain et confiée aux soins de Benjamin-Constant Le Moussu, dessinateur-graveur-mécanicien, dont la Commune avait fait un commissaire de police aux délégations judiciaires.
C'était une sorte de bellâtre, alors âgé de vingtcinq ans, grand buveur d'absinthe, phraseur prétentieux, rugissant de fureur à la vue d'un prêtre, fort
bête en somme et passablement violent. Sa haine contre ff les curés » étant connue, c'est lui que, dans plus d'une circonstance, on lâcha sur les églises, où Ton voulait découvrir la preuve des crimes du catholicisme, tluni d'ordres qu'on lui transmettait ou qu'il se donnait à lui-même, il envahit et ne respecta pas Notre- Dame-de-Lorette, Saint-Germain-l'Auxerrois, la Trinité, Notre-Dame-des-Vicloires; c'était dans ses attributions et dans ses goûts. On s'en fia à son énergie, tout en lui recommandant d'user de prudence au début, de n'effaroucher personne et de se glisser dans la place. C'était à lui de n'en plus sortir, lorsqu'une fois il y aurait pénétré.
Le 12 mai, un peu avant dix heures du matin, deux compagnies des Vengeurs de Flourens, sous la conduite du commandant Joseph Greffier, directement venu de la Préfecture de police, prirent position sur le trottoir qui fait face à la Banque. Le commandant Bernard fut prévenu. Il alla interroger les capitaines et leur demander dans quel but ils se réunissaient dans la rue de la Vrillière. Les capitaines répondirent que leurs compagnies s'étaient assemblées là en attendant le reste du bataillon, qui devait venir les rejoindre pour être dirigé ensuite sur un autre point. La réponse pouvait paraître satisfaisante, mais le commandant Bernard, rentré dans la Banque, fit armer ses hommes; chacun se prépara et l'on mit des cartouches dans les gibernes. H. de Plœuc avait couché à la Banque; il venait à peine d'être averti de la présence des Vengeurs de Flourens, lorsqu'on lui annonça l'arrivée d'un détachement de francstireurs qui, se présentant par la rue d'Aboukir, occupait la rue de Catinat et la rue de la Vrillière jusqu'à la jonction avec la rue Croix-des-Petits-Champs.
M. de Plœuc donna quelques ordres et s'éloigna; il avait compris que, s'il était arrêté, on nommerait un
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gouverneur à sa place, et que son devoir était de sous* traire aux recherches la plus haute autorité de la Banque de France. U se réfugia dans une maison voi- ^ sine, d*où il pouvait rester en communication avec son personnel. Peu après son départ, le 208* bataillon, appartenant à Hènilmontant, cernait la Banque par les rues Groix-des-Petits-Champs, Baillif et Radzivill. On fit fermer les portes. Le commandant Bernard sortit plusieurs fois, poussa quelques reconnaissances pour voir si de nouvelles troupes n'étaient point dirigées vers lui, et sans doute il pensa avec regret que Harigot n*était plus au Palais-Royal. Harigot en effet avait été jeté de force hors de la demeure où il aimait à vivre, et il y avait été remplacé par un marchand de vin nommé Boursier, renforcé de Napias-Piquet, qui devait avoir rhonneur d*étre le chef des « fuséens ». U n*y avait donc plus à compter sur le secours éventuel d*un bataillon ami, et le commandant Bernard put se demander si le moment de la lutte n'était point venu.
Ces mouvements de troupes qui pressaient la Banque de toutes parts avaient eu lieu par ordre direct de Le Moussu, ainsi qu'il résulte de la pièce suivante, dont l'original est sous nos yeux, o Commune de Paris; cabinet du commissaire de police. Paris, le 12 mai 1871. Le commissaire chargé par le Comité de salut public de la direction des hommes du 208* bataillon, des francs-tireurs et des Vengeurs de Flourens prie le colonel de vouloir bien enfermer ces hommes dans les bâtiments les plus proches de la mairie. Salut et fraternité. Le commissaire : Le Momsu. Commune de Paris. Commissaire aux délégations--— Parquet. (Timbre rouge.) » La mairie, on le sait, est située rue de la Banque, c'est-à-dire presque porte à porte avec l'hôtel de la Vrilliére.
Vers dix heures et demie le citoyen Le Moussu, ceint
d'une écharpe, demanda à parler au citoyen de Plœuc» sous-gouverneur, ou, en son absence, au citoyen Marsaud, secrétaire général. Le Moussu, escorté de deux estafiers, pénétra dans la cour; il y rencontra M. Marsaud, et M. Chazal, le contrôleur, et H. Hignot, le caissier principal, et H. de Benque, le secrétaire du conseil ; il y rencontra aussi une partie du bataillon massé, en armes, derrière son commandant; il entendit un murmure, comprimé aussitôt par Tordre : Silence dans les rangs I Le Moussu fut extrêmement poli ; il se fit reconnaître : — Commissaire aux délégations, mandataire de la Commune. Puis montrant un papier qu*il tenait en main et ne lâcha pas : a Je suis chargé de faire une perquisition dans les différents locaux de la Banque pour m*assurer que Ton n'y cache pas un dépôt d'armes clandestin. » H. Harsaud le regarda gaiement par-dessus ses lunettes et lui répondit : « Mais, mon cher monsieur, vous vous dérangés inutilement; nous n'avons point de dépôt d'armes; nous possédons le nombre de fusils correspondant au nombre d'hommes qui forment notre bataillon, pas un de plus, et notre bataillon est exclusivement composé de nos employés, ainsi qu'il est prescrit par le décret du 2 septembre 1792. »
Le Moussu prit un air conciliant et parlant à demivoix, comme lorsque l'on fait une confidence, il répliqua : « Je sais bien que vous n'avez pas d'armes; rajais, que voulez-vous, j'ignore qui vous a dénoncés, on est très soupçonneux à l'Hôtel de Ville, il faut donner satisfaction à ces gens-là; ce ne sera qu'une simple formalité et j'y mettrai, vous pouvez le croire, toute la réserve possible. » M. Chazal, qui, en sa qualité de contrôleur, avait la police intérieure de l'administration, intervint alors et dit : « Je me ferais un véritable plaisir de vous conduire moi-même dans la Banque
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tout entière si je ii*étais retenu par un scrupule que vous partagerez certainement. M. Charles Beslay, régulièrement délégué par la Commune près la Banque de France, est absent; je vais le faire prévenir et le prier de guider lui-même votre perquisition, à laquelle sa présence seule peut donner le caractère de légalité que vous êtes le premier à rechercher. » Le Moussu sembla hésiter; il avait affaire à plus fort que lui et se sentait deviné, a Hais le citoyen Beslay sera peut-être long avant d'arriver ici. — A peine une heure, répondit M. Marsaud. — Eh bieni alors, citoyen secrétaire général, dans une heure je reviendrai, puisque vous voulez bien me le permettre. » On se salua courtoisement. Le Moussu s*en alla et Ton referma la porte derrière lui.
M. Marsaud envoya un messager porter un mot d'avertissement à Charles Beslay; de son côté, M. de Benque expédiait au marquis de Plœuc un court billet : « Tentative de perquisition à la Banque pour y chercher des armes, soi-disant cachées. Le Comité de salut public a fait cerner la Banque par des forces considérables; le citoyen Le Moussu est chargé de la perquisition. » Sur la même feuille de papier, M. de Plœuc répondit : « Entendons-nous bien, faites-le savoir aux nôtres. S'il s'agit de ma personne, j'ai pour devoir de me mettre à l'abri; s'il s'agit d'autre chose, faitesle-moi savoir et je serai avec vous immédiatement. Je recommande une extrême prudence dans les rapports personnels, du calme et de la confiance. Je serai avec vous, je le répète, s'il s'agit d'autre chose que de moi. » Puis, sur une carte de visite, il écrivit au crayon : « Faites protestation contre la perquisition pour maintenir le droit; cela fait, ne vous y opposez pas, facilitez même. Je ne veux pas motiver de violences. Souvenezvous que si je mets ma personne à l'abri, ca n'est que
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pour assurer le gouvernement de la Banque. Au pré* mier péril, je serai avec vous. »
Nous avons dit que Charles Beslay était malade; il souffrait d*une infirmité assez fréquente chez les vieillards et avait, la veille, subi une opération douloureuse; il était couché et fort dolent, lorsque le message expédié par M. Marsaud lui parvint. U se jeta à bas de son lit avec une ardeur toute juvénile, déjà furieux et disant : « Nous allons voir ! » U prit à peine le temps de se vêtir, monta en voiture et se fit conduire rue de la ' Vrillière. Il reconnut qu'on ne Tavait pas trompé, que la Banque, en effet, était cernée par des troupes nombreuses qui, Tarme au pied, semblaient attendre Tordre d'agir. Dés qu'il fut entré dans la Banque, on s'aperçut qu'il était très irrité; l'acte que l'on tentait de commettre sans l'avoir averti était un fait d'usurpation contre son pouvoir; c'était en outre une sorte d'insulte qu'il était décidé à. ne point subir; on le vit à ses premiers mots : a Qui est-ce qui a apporté le mandat de perquisition? — Un commissaire de police nommé Le Moussu. — Le Moussu I un galopin; il est du Morbihan, je le connais. Est-ce qu'un Breton devrait se cliarger d'une telle besogne! »
lorsque Le Moussu, exact au rendez-vous fixé, se présenta, il fut fort mal accueilli par Charles Beslay : a Pourquoi tous ces soldats? pas un d'eux ne mettra le pied à la Banque, sachez-le bieni  quoi bon ce déploiement de forces contre im établissement financier qui vous empêche de mourir de faim?  quoi servent ces billevesées, sinon à inquiéter le crédit et à ébranler toute confiance? Dites à vos gardes nationaux de s'en aller, i Le Moussu dit qu'il était le mandataire de la Commune. Charles Beslay se récria : a La Commune, c*est moi, moi seul, entendez-vous? qui la représente à la Banque Allez-vous-en, jeune homme» c'est ce que vous avez de