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ment de mauvaise humeur en menaçant de donner sa démission. Il venait de la libeller et de l'adresser au Comité de salut public. Elle est basée sur deux motifs sérieux : d'abord l'investissement de la Banque, qu'il considère « comme une désapprobation de sa conduite et de ses actes, et comme une mesure essentiellement préjudiciable à la Commune et à la République » ; ensuite la destruction de la maison de H. Tliiers, prescrite par un arrêté du 10 mai, mis à exécution. Charles Beslay proteste : a Entre la saisie et l'expropriation» avant jugement, et la démolition d'immeubles, il y a pour moi un abîme. Ne démolissons pas les maisons ; c'est un capital que nous anéantissons, et nous en avons besoin pour nous libérer des lourdes charges qui pèsent sur nous-*. »
La démission de Charles Beslay eût été fatale à la Banque; heureusement elle ne fut point acceptée par le Comité de salut public, qui (protesta que l'investissement de la Banque avait eu lieu à son insu, par suite d'ordres
' < Le Comité de salut public, vu Tafiiche du sieur Thlers se disantcfaef du pouvoir de la république française ; considérant que cette affiche, imprimée à Versailles, a été apposée sur les murs de Paris par les ordres dudit sieur Thiers ; que dans ce document il déclare que son armée ne bombarde pas Paris, tandis que chaque jour des femmes et des enfants sont victimes des projectiles fratricides de Versailles ; qu'il y est fait un appel à la trahison pour pénétrer dans la place, sentant l'impossibilité absolue de vaincre par les armes l'héroïque population de Paris, arrête • 1» Les biens meubles des propriétés de Thiers seront saisis par les soins de l'administration des domaines; 2° la maison de Thiers, située place Saint-Georges, sera rasée ; 5* les citoyens Fontaine, délégué aux domaines, et J. Ândrieu, délégué aux services publics, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution immédiate du présent arrêté. Les membres du Comité de salut public : Ant. Arnaud, Eudes, F. Gambon. G. Ranvier. Paris, le 21 floréal an 79. — 12 mai 1871 : Le citoyen Fontaine, directeur des domaines, met à la disposition des ambulances tout le linge trouvé au domicile de H. Thiers. Le linge du bombardeur doit r^rvir à panser les blessu* sures de ses victimes. »
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sans doute mal compris ou mal expliqués, expédiés par la sûreté générale. Quoique le Comité de salut public fût alors composé de Delescluze, de Gambon» d*Ant. Arnaud, d*Eudes et de Ranvier, quoique ces deux derniers fussent capables de toute mauvaise action, la protestation doit être sincère ; le Comité de salut public, malgré Taffirmation de Le Moussu, parait avoir ignoré la tentative dirigée contre la Banque. Beslay fut vivement pressé de conserver son poste de délégué à Thôtel de la Vrillière; mais peut-être eût-il maintenu sa démission, que justifiait le mauvais état de sa santé, si le marquis de Plœuc, se rendant près de lui et insistant avec ardeur, ne lui eût fait comprendre que le crédit public, profondément troublé, attendait le salut de son dévouement et de sa probité. C'était prendre Beslay par son faible; il tendit la main à M. de Plœuc : «Je resterai et TOUS verrez, malgré vos craintes, que nous réussirons à la sauver, notre pauvre Banque. » Il y avait un peu d'orgueil dans cette réponse ; mais il y avait surtout une volonté de bien faire que jamais on u*invoquait en vain. Sous ce rapport, le père Beslay fut irréprochable.
Un fait démontrera ce qu'il y avait de candeur chez cet homme que ses fausses théories avaient jeté dans un milieu qui l'eût épouvanté s'il avait pu en reconnaître la corruption. Le 12 mai, lorsqu'il venait d'expédier sa démission au Comité de salut public, il alla chez M. Harsaud et lui dit : a Je vais quitter la Banque; je n'y veux plus rester après l'insulte personnelle qui m'a été infligée ce matin ; je crois n'avoir pas été inutile, et je vous prie de me permettre d'emporter un souvenir de mon passage parmi vous. » M. Marsaud, tout en se figurant que le quart d'heure de Rabelais sonnait et qu'il allait falloir payer en belles espèces les services rendus, fit bonne conlenance et répondit : « Mon cher